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9 octobre 2011 7 09 /10 /octobre /2011 13:56

Paru sur le site Romandie News :

 

Allemagne: la chambre haute rejette un projet de loi sur le stockage de CO2


BERLIN - La chambre haute du Parlement allemand (Bundesrat), où sont représentés les Etats régionaux, a rejeté vendredi un projet de loi sur le stockage du dioxyde de carbone, et fait capoter la nomination d'un très important magistrat.

Le gouvernement avait eu le plus grand mal en avril à rédiger un texte sur l'expérimentation à grande échelle du stockage de CO2, censé compenser les émissions des centrales à charbon encore nombreuses dans le pays.

Le projet de loi prévoyait l'installation de quelques sites-tests et une évaluation des résultats en 2017.

Une clause avait été ajoutée qui permet aux Etats régionaux de refuser d'abriter sur leur territoire ou partie de leur territoire de telles installations.

Elle n'a pas suffi aux Etats du nord du pays, où se trouvent la plupart des sites potentiels de stockage, et qui restent hostiles à cette technologie.

La technologie CCS (carbon capture and storage) permet de liquéfier le CO2 émis par les centrales au charbon et de l'enfouir sous terre, afin de limiter ses effets sur le climat. Des caves qui servaient anciennement à stocker du gaz naturel sont le plus souvent utilisées à cette fin.

L'Union européenne avait adopté en 2008 une directive sur le stockage de CO2, dont le projet de loi allemand est la transposition.

Mais en Allemagne nombre de groupes écologistes et associations de riverains craignent les effets sur la nature d'une technologie qui selon eux n'a pas encore fait ses preuves.

Les centrales au charbon représentent environ la moitié de la production allemande d'électricité.

Le gouvernement d'Angela Merkel n'a plus la majorité au Bundesrat, ce qui lui complique la tâche.

Vendredi, la chambre haute aurait par exemple dû également valider la nomination d'un nouveau procureur fédéral, un poste très stratégique souvent qualifié de premier chasseur de terroristes du pays.

Mais le Bundesrat a annoncé un report du vote, après que les Etats régionaux aux mains de l'opposition social-démocrate ont mis leur veto au candidat du gouvernement, Johannes Schmalzl, membre du parti libéral FDP.


(©AFP / 23 septembre 2011 13h47)

Lien vers l’article :

http://www.romandie.com/news/n/_Allemagne_la_chambre_haute_rejette_un_projet_de_loi_sur_le_stockage_de_CO2230920111309.asp

 

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21 septembre 2011 3 21 /09 /septembre /2011 13:31
Captage et Stockage de Gaz Carbonique CO2 
Après Veolia à Claye-Souilly
Un second projet  en Seine et Marne ?
 
Total en quête d’un site :
Pourquoi pas en Seine et Marne
à Grandpuits 
seule raffinerie d’Ile de France de Total ? 
Après les décharges, le projet d’exploration du pétrole de schiste pourquoi ne pas continuer…
                                   Les seine et marnais doivent-ils  servir  de cobayes ?
Paru sur GoodPlanet.Info :
Captage et stockage de CO2 : il faudra aussi convaincre les populations

20/09/2011 3:29 pm

PARIS (AFP) - Convaincre les populations d'accepter que le CO2 soit stocké sous leur pieds pour éviter qu'il ne réchauffe l'atmosphère : c'est l'un des enjeux identifiés mardi par des industriels français qui développent des prototypes de cette technique encore expérimentale.

"L'acceptabilité est un sujet important, très fort en Europe, et un sujet-clé, car la filière ne se fera pas si on ne résout pas cette question", a reconnu Gérard Moutet, directeur climat-énergie de Total, qui expérimente un tel procédé depuis janvier 2010 sur son site de Lacq (Pyrénées-Atlantiques).

"Il faut que le débat ait lieu, et, pour que ce débat ait lieu sur des bases concrètes, il faut faire des démonstrateurs", a-t-il insisté en marge d'une table ronde organisée à Paris par Enerpresse.

Dans le cadre de son projet "France-Nord", Total est en quête d'un site, dans le bassin géologique parisien, qui permettrait de stocker, d'ici 5 ans environ, des grandes quantités de CO2 dans des sous-sol très profonds et étanches.

Pour lutter contre le changement climatique, "le CCS (captage et stockage de CO2) n'est pas l'outil le moins bien placé", a souligné Jean-Pierre Birat, expert d'Arcelor Mittal, qui a présenté les projets du groupe sidérurgiste à Florange (Moselle) où un démonstrateur devrait être opérationnel en 2016.

En matière de recherche, les Etats-Unis, le Japon et l'Europe "sont en pointe", selon Hervé Quinquis, responsable du sujet à l'Institut français du pétrole/Energies nouvelles (IFPEN). Une vingtaine de projets de taille industrielle sont recensées en Europe, a-t-il précisé.

La filière "est à un stade de démonstration", a rappelé François Moisan, directeur exécutif de l'Ademe (Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Energie), soulignant que cette technique n'est actuellement pas économiquement viable.

Selon le Global CCS Institute, un organisme qui promeut cette technique, plus de 230 projets d'expérimention de captage et/ou stockage du CO2 (CCS) étaient en cours ou en prévision à la fin 2010.

Jugée incontournable par certains dans le cadre de la lutte contre le réchauffement, cette technique est décriée par certaines ONG qui jugent qu'elle retarderait la transition vers des énergies propres.

© AFP

Lien vers l’article :

http://www.goodplanet.info/Contenu/Depeche/Captage-et-stockage-de-CO2-il-faudra-aussi-convaincre-les-populations

 

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18 septembre 2011 7 18 /09 /septembre /2011 13:09
Extrait article paru sur le site Yonne Lautre :
"Le piégeage et le stockage du carbone ne sont toujours pas une option à retenir" par Jeffrey H. Michel

 

 

 

 

Traduction et compléments de Jacques Hallard

dimanche 18 septembre 2011 par Michel Jeffrey H. , Hallard Jacques

ISIS Climat Energie
Le piégeage et le stockage du carbone ne sont toujours pas une option à retenir
Carbon Capture and Storage : Still Not An Option
Rapport ISIS en date du 07/04/2011
L’élimination du carbone émis par les centrales électriques, fonctionnant avec des matières fossiles non renouvelables, est d’un prix prohibitif et elle est en outre contre-productive vis-à-vis de l’environnement. Jeffrey H. Michel

NDLR : Ceci est unemise à jour importante de notre évaluation précédente [1] Carbon Capture and Storage A False Solution (SiS 39) * * Version en français intitulée "Piégeage et stockage du carbone : une mauvaise solution " par le Dr. Mae-Wan Ho, traduction, définitions et compléments de Jacques Hallard ; accessible sur le site http://yonne.lautre.net/spip.php?ar... On peut également se reporter à l’article "Les énergies renouvelables comparées au piégeage et au stockage du carbone " par le Dr. Mae-Wan Ho, traduction et compléments de Jacques Hallard : « Une étude, commandée par le gouvernement fédéral allemand, considère que le piégeage et le stockage du carbone émettent dix à quarante fois plus de gaz à effet de serre que les énergies renouvelables, comme le solaire et l’éolien, et qu’ils n’offrent aucune garantie contre la hausse du coût des combustibles fossiles. Voir sur http://yonne.lautre.net/spip.php?ar...

La version originale de l’article en anglais, avec toutes les références, est intitulée Capture and Storage : Still Not An Option ; elle est accessible par les membres de l’ISIS sur http://www.i-sis.org.uk/Carbon_Capt...
LE MATÉRIEL SUR CE SITE NE PEUT ETRE REPRODUIT SOUS QUELQUE FORME QUE CE SOIT SANS AUTORISATION EXPLICITE. POUR LES CONDITIONS et LES AUTORISATIONS DE REPRODUCTION, S’IL VOUS PLAÎT CONTACTEZ-ISIS . Lorsqu’u
neautorisation est accordée TOUS LES LIENS doivent rester inchangés http://www.i-sis.org.uk/GreenEnergi...
Green Energies 100% Renewables by 2050 - By Mae-Wan Ho, Brett Cherry, Sam Burcher & Peter Saunders

Le plafonnement des émissions de CO2 à partir des sources ponctuelles importantes

Un consensus général qui prévaut est que les émissions de CO2 (dioxyde de carbone), provenant de la combustion des combustibles fossiles, sont la cause la plus importante du changement climatique. La hausse des concentrations anthropiques de CO2 dans l’atmosphère font également diminuer les niveaux du pH dans les océans, mettant en péril les chaînes alimentaires aquatiques. Les équipements de chauffage et les véhicules automobiles sont les principaux responsables des émissions de CO2 (dioxyde de carbone), mais les émissions infinitésimales provenant de ces sources individuelles doivent encore être éliminées par des technologies alternatives. Par comparaison, les grandes centrales au charbon émettent collectivement des milliards de tonnes de CO2 (dioxyde de carbone) dans le monde entier, quantités qui pourraient être hypothétiquement capturées ou piégées à la source et stockées dans des dépôts de couches géologiques.

Des colonnes de lavage à base d’amines et des membranes de diffusion sélective sont déjà employées par l’industrie du gaz naturel pour éliminer le dioxyde de carbone provenant du gaz brut, afin de répondre aux exigences du marché. Ce CO2 récupéré peut être ensuite injecté dans les gisements de pétrole et de gaz pour augmenter les rendements d’extraction des gisements de ces matières fossiles. Plus de 6.000 kilomètres de pipelines ont été affectés à cela en Amérique du Nord depuis les années 1970, pour la distribution du CO2 à des têtes de puits existants, afin d’améliorer les taux de récupération du pétrole, et des hydrocarbures en général, qui sont en place dans les gisements. [Voir la rubrique ‘récupération assistée du pétrole’ dans la partie ‘Définitions et complément, in fine, à la suite de cet article].

Deux cent cinquante mille barils de pétrole sont extraits chaque jour dans les seuls États-Unis par les techniques de récupération assistée du pétrole, correspondant à environ 5% de la production nationale totale [2]. En moyenne, une ‘tonne courte’ [environ 907 kg] de CO2 injectée, permet un gain supplémentaire de 3,6 barils de pétrole à partir des réservoirs abandonnés après exploitation conventionnelle d’un forage [3].

Comme les prix du pétrole augmentent, des quantités encore plus grandes peuvent être récupérées en utilisant des techniques de production plus intensives. Jusqu’à 1,5 milliard de barils de pétrole pourraient finalement être produits par les champs pétroliers candidats pour une exploitation de ce type au Texas, avec 200 millions de tonnes de CO2 [4], réalisant un taux de récupération assistée du pétrole de 1 à 7,5. Au nord de la frontière canadienne à Weyburn, au Saskatchewan canadien, un ratio de production de 1,6 a été atteint à l’aide de dioxyde de carbone injecté avec des canalisations, à partir d’une usine de gazéification de lignite dans le Dakota du Nord, aux Etats-Unis.

Bien que certaines opportunités pour la récupération assistée du pétrole existent dans l’Union Européenne, la production offshore dominante permet des recettes pétrolières supérieures, qui ne rendent pas nécessaires la justification de lourdes dépenses d’investissement.

Toutefois, des programmes de six installations pilotes de capture, ou de piégeage et de stockage du carbone (en anglais CCS) sont actuellement subventionnés en Europe par le Plan stratégique des technologies énergétiques (plan SET) [5] afin de simplement réduire le fardeau de la réduction des émissions de CO2 (Emissions Trading Scheme (ETS). Les technologies de capture du carbone, qui ne sont pas employées pour la purification du gaz naturel, sont de plus en pluq développées. Le processus d’oxycombustion brûle du carbone dans l’oxygène pur, pour produire un flux de CO2 qui peut être directement capturé et récupéré.

Les usines équipées d’un cycle combiné de gazéification intégrée (GICC) convertissent les combustibles fossiles en hydrogène et en dioxyde de carbone pour la séparation des gaz de pré-combustion. Dans le processus du cycle du carbone et des carbonates, le CO2 effluant est combiné avec l’oxyde de calcium pour former du carbonate de calcium CaCO3, qui libère le dioxyde de carbone lorsqu’il est ensuite chauffé pour le recyclage de calcium.

Ces technologies à haute efficacité sont utilisées pour la construction d’une nouvelle usine. Pourtant, à moins que les revenus de la récupération assistée du pétrole ou que des subventions publiques soient disponibles, les frais de mise en œuvre du piégeage et du stockage du carbone ne peuvent pas être couverts par les coûts évités dans le cadre du négoce des émissions de carbone, et complétés si nécessaire par une augmentation des tarifs des services publics concernant l’électricité avec un objectif de réduction des émissions de CO2….

Jeffrey H. Michel, d’origineaméricaineet vivant à Hambourg en Allemagne, est un chercheur dans le domainede l’énergie. Ses thèmes de recherches incluent les questions de politique allemande en matière de lignite, ainsi que ce qui concernele piégeage et le stockage du carbone(CCS), la mesure du comptage électronique de la puissance électrique, ainsi que le déploiement des énergies renouvelables. Il est un collaborateur régulier auprès Secrétariat de la pollution atmosphérique et du climat à Göteborg, en Suède.

© 1999-2011 The Institute of Science in Society
Contact the Institute of Science in Society MATERIAL ON THIS SITE MAY NOT BE REPRODUCED IN ANY FORM WITHOUT EXPLICIT PERMISSION.
FOR PERMISSION, PLEASE CONTACT ISIS

Définitions et compléments

http://isias.transition89.lautre.ne...

Traduction, définitions et compléments :

Jacques Hallard, Ing. CNAM, consultant indépendant.
Relecture et corrections : Christiane Hallard-Lauffenburger, professeur des écoles honoraire.
Adresse : 19 Chemin du Malpas 13940 Mollégès France
Courriel : jacques.hallard921@orange.fr
Fichier : ISIS Climat Energie Carbon Capture and Storage : Still Not An Option French version.3 allégée

Lien vers l’article complet : http://yonne.lautre.net/spip.php?article5001

 

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14 septembre 2011 3 14 /09 /septembre /2011 12:22

 

 

 

Paru sur le site Basta !

 

 

Technologie

Après les gaz de schiste, Total expérimente l’enfouissement industriel de CO2...

Par Sophie Chapelle (14 septembre 2011)

 


Capter et enfouir le CO2 émis par les usines et centrales. C’est le rêve de toute industrie polluante pointée du doigt à cause du réchauffement climatique. Un rêve que Total tente de réaliser à Lacq, dans les Pyrénées-Atlantiques. Côté pile : des risques non négligeables pour les populations environnantes, une absence de concertation, et un coût probablement astronomique qui sera assumé par les contribuables. Après les déchets nucléaires, bienvenue dans l’ère des déchets de CO2.

Les habitants de Lacq, petite commune des Pyrénées-Atlantiques, connaissent bien l’extraction du gaz naturel. Depuis la découverte en décembre 1951 d’un gisement de gaz exploité par Elf – devenu Total –, ils ont vu leur région rurale se transformer en un important bassin industriel. Torchères et cheminées ont poussé comme des champignons au milieu des vignobles et des champs de maïs. En 1960, le gisement de gaz de Lacq représentait 90 % de la production nationale. Un demi-siècle plus tard, 700 salariés poursuivent l’extraction et le traitement du gaz béarnais pour la multinationale. Une extraction en voie d’extinction.

Capter et enfouir le CO2 : un marché de 600 milliards d’euros !

La fin inévitable du gisement est prévue pour 2013, année durant laquelle Total prévoit de céder le champ gazier de Lacq au groupe canadien Vermilion. La fin ? Pas tout à fait. Car après avoir consciencieusement vidé le sous-sol de Lacq de son gaz, Total mène une ultime expérimentation : le captage et stockage du CO2 (CSC). Cette technologie est expérimentée au nom de la lutte contre le réchauffement climatique, assure Total. Les compagnies proposent ainsi de capter le dioxyde de carbone (CO2) produit par leurs raffineries ou leurs centrales (notamment au charbon) puis de l’enfouir dans des strates géologiques ayant contenu du gaz, du pétrole ou du charbon. La promesse de réduire leur impact sur l’effet de serre s’accompagne cependant d’une perspective bien plus attrayante. La captation et la séquestration du CO2 représenterait « quelques 600 milliards d’euros à l’horizon 2030 », selon Valérie Létard, ex-secrétaire d’État auprès du ministre de l’Écologie.

Le procédé consiste d’abord à capter le dioxyde de carbone. Pour cela, les équipes de Total ont converti l’une des cinq chaudières existantes de l’usine de Lacq en chaudière à oxycombustion. La chaudière servait jusque-là à produire de la vapeur, entraînant un alternateur pour générer de l’électricité grâce à la combustion de gaz extrait du site. Avec l’oxycombustion, ce n’est pas de l’air mais de l’oxygène pur qui est utilisé pour brûler le combustible. Cela permet d’accroître la concentration de CO2 dans les fumées rejetées – jusqu’à 95 % – facilitant ainsi son piégeage. Une fois comprimé, le CO2 est transporté par des pipelines, longs de 27 km, jusqu’au site de la Chapelle-de-Rousse, à Jurançon, pour y être enfoui (« séquestré »). C’est dans un ancien puits d’extraction de gaz naturel, désormais à sec, que Total stocke le CO2. Et ce, jusqu’à 4.500 mètres de profondeur. Après avoir obtenu l’autorisation préfectorale en mai 2009, Total projette d’enfouir en deux ans 120.000 tonnes de CO2, pour un coût de 60 millions d’euros. Pourquoi un tel investissement ?

Unetechnique qui permet de continuer à polluer tranquillement

La recherche autour du captage et stockage de carbone s’est débridée. Il existe actuellement environ 140 projets dans le monde. L’Agence internationale de l’énergie table sur 850 installations d’ici à 2030. Des milliards de tonnes de CO2 pourraient ainsi être récupérées chaque année et injectées dans les sous-sols. Les émissions de CO2 peuvent augmenter de plus belle, puisqu’on le récupère ! Mieux, depuis les négociations climat de Cancún (Mexique) en décembre 2010, de tels projets peuvent bénéficier de « crédits carbone » au titre du « Mécanisme de développement propre ». Exemple : un gros émetteur européen finance l’installation de la récupération de CO2 sur une centrale à charbon chinoise. En échange de ces « émissions évitées », l’industriel européen aura droit à autant de crédits carbone. Donc continuer à polluer tranquillement, sans aucun effort. D’où l’intérêt, pour des grands groupes, de maîtriser cette technologie pour compenser ailleurs leurs autres émissions et éviter de devoir acheter des crédits carbone.

L’enjeu pour Total à Lacq est clair : revendiquer à terme la maîtrise d’une chaîne industrielle complète portant sur le captage, le transport et le stockage de CO2. Puis en déposer le brevet. Car c’est la première fois au niveau européen que les trois étapes se réalisent simultanément sur un même site [1]. Ce n’est que le début. « D’ici à 2100, 15 à 55 % des émissions anthropiques pourraient être captées géologiquement », assure l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe). Elle finance d’ores et déjà quatre projets de captage-stockage du CO2, à hauteur de 45 millions d’euros. Des projets porté par des entreprises dans le besoin : Alstom, Arcelor-Mittal, EDF et Total.

Quel risque environnemental et sanitaire ?

Problème à Lacq : c’est aussi une première en zone habitée et cultivée. Qui pose inévitablement la question du risque : car enfouir des centaines de milliers de tonnes de CO2 est-il sans danger ? Autour de lacs volcaniques, des remontées massives de gaz carbonique ont déjà provoqué l’asphyxie et la mort des populations environnantes, comme lors de la catastrophe du lac Nyos, au Cameroun, en 1986. Total se veut bien évidemment rassurant, rappelant que du gaz naturel « a été naturellement piégé pendant 35 millions d’années » sur le site, en théorie géologiquement étanche : « Au-dessus de ce réservoir, on rencontre uneformation d’argile et de marne, le flysch, étanche au gaz et à l’eau, épaisse de plus de 2.000 mètres. » Le CO2 serait par ailleurs stocké à l’état de gaz liquide, à une pression de 60 bars, bien inférieure à la pression initiale de 480 bars de l’ancien gisement. Peu de risque, donc, de catastrophe industrielle.

Restent les impacts moins spectaculaires, et l’absence habituelle de toute concertation. « Nous n’avons aucuneinformation, même pas la date de début de l’injection », s’insurge Jean-Bernard Larrieu, viticulteur près de la Chapelle-de-Rousse, situé en zone AOC. « Outre les risques de fuites, il est avéré qu’il y a, dans le temps, des risques d’acidification du milieu, de remontée gazeuse vers unenappe d’eau potable, voire de dégazage brutal qui pourrait avoir des effets délétères. Nous ne voulons pas être des cobayes de ce caprice industriel », dénonce-t-il.

Des fuites de CO2 dans les nappes phréatiques ?

Ces craintes sont-elles justifiées ? La technique CSC ne recueille pas l’assentiment de toute la communauté scientifique. D’après les rapports de l’Ineris – Institut national de l’environnement industriel et des risques – publiés en mars et en décembre 2010, le CSC comporterait des risques de fuites ponctuelles ou diffuses de CO2. Parmi les scénarios d’accident envisagés, « il est possible que le ciment et les tubages en acier qui constituent le puits se corrodent au cours du temps sous l’effet de l’agressivité du CO2 dissous ».

L’Ineris évoque également des risques de sismicité et de mouvements de terrain, ainsi que d’acidification des nappes phréatiques et des sols. Le CO2 stocké contiendrait des traces de métaux comme le mercure, le plomb ou le nickel, ou encore des traces de dérivés chlorés qui, en cas de fuite, pourraient contaminer l’air et l’eau avoisinante. Enfin, l’Institut constate « le faible retour d’expérience de la filière CSC, dont le plus ancien site de stockage date de 1996, alors que la durée de vie d’un site de stockage géologique de CO2 se compte en centaines, voire en milliers d‘années ».

Unetechnique inefficace et coûteuse

À la question des risques vient s’ajouter celle de l’efficacité énergétique. Total reconnaît le besoin de « travailler à réduire la pénalité énergétique du captage ». Car pour pouvoir capter le CO2, il faut le comprimer à haute température. Ce qui nécessite beaucoup d’énergie et réduit d’autant l’efficacité énergétique. Mais le groupe assure que le bilan environnemental demeure largement positif. Greenpeace conteste : « Cette technologie consomme entre 10 et 40 % de l’énergie produite par une centrale. L’adoption du CSC à grande échelle risquerait d’annuler les gains d’efficacité des cinquante dernières années et d’augmenter d’un tiers la consommation des ressources », estime l’ONG dans un rapport.

Et la technique coûte cher. 20 à 40 % pour une centrale électrique au charbon. L’Union européenne, dans le cadre du Paquet climat-énergie, a créé un fonds de 9 milliards d’euros pour financer ces expérimentations. Un choix là aussi contesté par l’association France Nature environnement, pour qui « les financements publics doivent être réservés uniquement à l’amélioration de l’efficacité énergétique, et aux modes de production d’énergie renouvelable et les moins impactants ».

Uneabsence de démocratie

Dans une lettre au Parlement européen, Coclipau – le collectif climat de Pau – estime que le projet de Lacq « a été mené selon des procédures opaques, non conformes aux exigences d’unevéritable consultation citoyenne ». Le lieu de stockage n’aurait pas été communiqué « de manière explicite ». Et l’enquête publique, menée de juillet à septembre 2008, aurait révélé une forte opposition de la population locale au projet. L’association CJE (Coteaux de Jurançon environnement) a réussi à se procurer avec difficulté les résultats des suffrages de cette enquête : « 82 % des personnes qui se sont exprimées ont refusé le CSC [et] 9 % étaient pour, sous réserves de modifications. » Étrangement, les conclusions de l’enquête publique ne reflètent pas cette opposition des habitants et donnent un avis favorable au lancement de l’expérimentation.

« Une quarantained’entretiens » auraient été menés auprès des administrations, élus, associations et acteurs économiques, ainsi que « trois réunions de concertation ». L’association CJE nuance : « Nous avons proposé en 2008 à chaque maire des communes échelonnées de Gan à Lacq, en passant par Pau, d’organiser des réunions publiques d’information. Aucun maire n’a accepté, mais tous ont reçu Total pour des séances réservées aux conseils municipaux où le groupe industriel a fait la promotion de sa haute technologie pétrolière. » Ces réunions ont été l’occasion pour Total de faire miroiter aux quinze communes traversées par le gazoduc une aide globale tournant autour de 5 millions d’euros. Peu après le lancement de l’expérimentation, Total fait volte-face, réduisant l’aide à 3 millions d’euros, dont la moitié est attribuée à la construction d’une maison de retraite dans la commune de Jurançon. Malgré le mécontentement des maires, la multinationale poursuit actuellement ses injections. 20.000 tonnes de CO2 ont ainsi été stockées dans le sous-sol de la Chapelle-de-Rousse depuis janvier 2010.

Les bénéfices pour Total, les coûts pour le contribuable

Cette opération d’enfouissement devait durer deux ans et se terminer en janvier 2012. Mais des problèmes techniques inattendus se sont multipliés ces derniers mois. Entre difficultés à comprimer le CO2 à haute température avant transport, problèmes de corrosion rapide des métaux et défaillance de sondes chargées de détecter d’éventuels microséismes, les retards accumulés ont poussé Total à demander la prolongation de l’expérimentation de 18 mois. La direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal) devrait apporter une réponse en septembre.

Du côté des riverains, ces soucis techniques posent la question du dispositif de surveillance dans les prochaines décennies. Comme le souligne le Giec (Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat), « les questions de responsabilité mondiale à long terme – dans le cas, par exemple, d’un rejet accidentel dans l’atmosphère – et les questions locales liées à l’impact sur l’environnement n’ont pas encore été examinées ». La responsabilité sur le court terme est également posée puisque Total prévoit de se désengager du site de Rousse en 2013. « L’arrêté préfectoral transfère à l’État la responsabilité de la maintenance et de la sécurité du site et des puits au bout de cinq ans seulement, précisent les Amis de la Terre. C’est alors sur fonds publics que la sécurité des riverains devra être assurée. »

Ailleurs, trois projets expérimentaux similaires ont été abandonnés (en Allemagne, aux Pays-Bas et aux États-Unis). « Les trois ans de retard pris par le projet de captage-stockage de CO2 ainsi que l’absence complète de soutiens locaux nous contraignent à stopper le projet », déclarait ainsi Maxime Verhagen, le ministre des Affaires économiques néerlandais, il y a un an. Un dénouement auquel plusieurs associations écologistes aspirent dans le bassin de Lacq.

 

Sophie Chapelle

Notes

[1] Fin 2009, Alstom a mis en service une installation similaire en Virginie-Occidentale (États-Unis).

 

 

Lien vers l'article : http://www.bastamag.net/article1722.html

 

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25 août 2011 4 25 /08 /août /2011 21:36

Paru sur le site le Point.fr :

Total veut prolonger l'expérience de stockage de CO2 à Lacq

Le Point.fr - Publié le 22/08/2011 à 11:37

L'opération d'enfouissement du dioxyde de carbone (CO2), inaugurée en janvier 2010, devait durer deux ans.

 

Le groupe Total souhaite prolonger de 18 mois l'enfouissement du CO2 produit dans son site de Lacq (Pyrénées-Atlantiques), près de Pau, pour compléter une expérience pilote qui a subi divers retards, a-t-on appris, lundi, auprès de la direction du groupe.

L'opération d'enfouissement du dioxyde de carbone (CO2), inaugurée en janvier 2010 et qui devait durer deux ans, devra être poursuivie dix-huit mois pour atteindre tous ses objectifs, a indiqué Guy Zahan, porte-parole du groupe, confirmant une information parue dans La République des Pyrénées.

Compression à haute température

Une demande dans ce sens a été déposée par Total auprès de la direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement (Dreal), a précisé Guy Zahan. Les retards de l'expérience sont notamment dus à des difficultés apparues pour la compression du CO2 à haute température, avant la phase de transport et d'enfouissement, a-t-il dit.

L'expérience pilote de Total prévoyait initialement l'enfouissement de quelque 150 000 tonnes de CO2 à 4 500 mètres de profondeur, dans un champ gazier épuisé à Jurançon, dans la banlieue de Pau. C'est l'une des voies explorées pour contribuer à la diminution des émissions de gaz à effet de serre.

20 000 tonnes injectées

Des études sur la viabilité, la sécurité et "l'acceptabilité" de ce procédé sont conduites au cours de l'expérience, avant toute phase "industrielle réelle". Des associations de défense de l'environnement ont exprimé leurs inquiétudes pour la sécurité des riverains des sites de stockage, et leurs doutes sur la validité du procédé. Selon Guy Zahan, les enseignements à tirer de cette expérience pilote pourront être considérés comme complets après le stockage effectif de "80 000 à 100 000 tonnes" de dioxyde de carbone. Quelque 20 000 tonnes ont été à ce jour injectées, a-t-il indiqué.

Le CO2 récupéré dans une chaudière de Lacq est transporté par pipeline à 27 kilomètres de là, vers le site de Rousse à Jurançon, où il est enfoui dans un ancien puits d'extraction de gaz de Lacq. Le pipeline utilisé est celui-là même qui a servi dans l'autre sens, pendant 30 ans, à acheminer le gaz extrait vers l'usine de Lacq.

Lien vers l’article :

http://www.lepoint.fr/economie/total-veut-prolonger-l-experience-de-stockage-de-co2-a-lacq-22-08-2011-1364958_28.php

 

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3 juillet 2011 7 03 /07 /juillet /2011 11:35

 

Captage et stockage de gaz carbonique CO2

Les expérimentations avancent

Qui sera le prochain département choisi ?

La Seine et Marne?

Veolia Claye-Souilly peut-être bien ?

 

 

Après  Total à Jurançon Pyrénées Atlantiques c’est ArcelorMittal qui devrait expérimenter le stockage du gaz carbonique CO2 dans le sous-sol  des départements de la Meuse, de la Meurthe-et-Moselle et de la Moselle.

 

 

Paru sur le site du Ministère de l’Ecologie :

Projet d’arrêté accordant à la société ArcelorMittal Géo Lorraine un permis exclusif de recherches de formations souterraines naturelles aptes au stockage géologique de dioxyde de carbone à destination industrielle

1er juillet 2011 - Énergies et climat

 

La consultation est ouverte jusqu’au 31 juillet 2011.

 

Vous voudrez bien trouver, ci joint, un projet d’arrêté accordant à la société ArcelorMittal Géo Lorraine un permis exclusif de recherches de formations souterraines naturelles aptes au stockage géologique de dioxyde de carbone à destination industrielle, dit « Permis Ouest Lorraine », pour une durée de cinq années. Cette demande porte sur une partie des départements de la Meuse, de la Meurthe-et-Moselle et de la Moselle.

 

La notice d’impact du dossier de demande d’ArcelorMittal Géo Lorraine peut être consultée sur rendez-vous :

·                 Au Ministère de l’Écologie, du Développement Durable, des Transports et du Logement, Direction de l’énergie, Sous-direction de la sécurité d’approvisionnement et des nouveaux produits énergétiques, Bureau Exploration et Production des hydrocarbures, Arche de La Défense - Paroi Nord - 92055 La Défense Cedex. Téléphone 01 40 81 95 27 .

·                 A la Direction Régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement de Lorraine, Service Prévention des Risques, Division Risques miniers et sous-sol, Pôle exploitation minière et sous-sol - 15 rue Claude Chappe - Technopôle Metz 2000 -57000 Metz. Téléphone 03 87 56 42 20 ou 03 87 56 42 29.

Vos contributions et observations peuvent être adressées par courriel à l’adresse suivante :

Lien vers le site du MEDDTL :

http://www.developpement-durable.gouv.fr/spip.php?page=article&id_article=23413

 

 

 

 

D’autres articles sur le même sujet :

 

http://coteaux.de.jurancon.environnement.over-blog.com/

 

http://www.republicain-lorrain.fr/actualite/2011/06/27/ulcos-expose-a-bruxelles

 

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24 juin 2011 5 24 /06 /juin /2011 19:38

Paru sur le site La République des Pyrénées.fr :

 

L'association Coteaux de Jurançon veut préserver son environnement

Publié le 15 juin 2011 à 04h00
Mis à jour à 09h15

Voici le compte rendu de l'assemblée générale de l'association Coteaux de Jurançon Environnement présidée par Paulette Loustalet. Une association qui comprend à ce jour 105 membres.

Paulette Loustalet, la présidente, assistée de M. Pépin et Mme Lambert a participé à la seule réunion de la Commission Locale d'Information et de Suivi (CLIS) le 19 juillet 2010. Au cours de cette réunion, il a été dénoncé les pannes de compresseurs et de sondes sismiques. Ces sondes devaient être changées en octobre 2010. Ce qui a été fait en janvier 2011.

L'association a manifesté son refus du captage et stockage du CO2 au cours de l'inauguration du site à Lacq le 11 janvier 2010. Le 19 mars 2010 participation à la Fac de Pau à la conférence de Mme Lambert et d'un ingénieur de Total sur le réchauffement climatique.

En juin 2009, l'association a présenté un recours en annulation de l'Arrêté Préfectoral auprès du Tribunal Administratif de Pau par l'intermédiaire de Me Arnaud Gossement, du cabinet Corine Lepage de Paris. La clôture de l'instruction était fixée au 25 mai.

Gaz de schistes - La ministre Nathalie Kosciusko-Morizet vient de confier à Me Arnaud Gossement une mission relative au droit applicable à l'exploitation du sol et du sous-sol, dans un contexte législatif et réglementaire de réforme du nouveau code minier.

Prolongation d'exploitation du site de Rousse 1 - Total a déposé une demande de prolongation d'exploitation de 18 mois. Cette démarche démontre que la société rencontre des difficultés inattendues pour injecter les 120 000 tonnes de CO2 initialement envisagées. À ce jour, seulement 10 000 tonnes ont été stockées alors que les 120 000 tonnes devaient être injectées avant fin 2010.

Evolution des risques liés au stockage du CO2 et prise de conscience - le niveau de sismicité de la région a été relevé, il est passé de faible à moyen.

Le CSC détourne les financements de la recherche sur les énergies renouvelables - La ministre des Universités, Valérie Pécresse a, dans le cadre du label Institut Carnot, alloué à l'Université de Pau la somme de 800 000 € destinée à la recherche sur les énergies fossiles, dont le captage et le stockage du CO2, les résultats obtenus bénéficieront au groupe Total.

Jurançon  environnement

 

 http://www.larepubliquedespyrenees.fr/2011/06/15/l-association-coteaux-de-jurancon-veut-preserver-son-environnement,198866.php

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20 juin 2011 1 20 /06 /juin /2011 16:59
Extrait article paru sur le site GoodPlanet.info :
Stocker le CO2 sous terre: à Cancun, certains en rêvent, d'autres paniquent

 

08/12/2010 9:43 am

CANCUN (AFP) - Solution miracle au changement climatique pour les uns, cauchemar éveillé pour les autres: un possible coup de pouce en faveur du captage et stockage du CO2 (CCS) a réveillé les antagonismes pendant la conférence de l'ONU à Cancun.

Les négociations internationales sur le climat sont centrées sur la réduction, à la source, des émissions de CO2, grâce notamment aux énergies renouvelables, pour enrayer la hausse de la température du globe.

Mais l'idée de capter le principal gaz à effet de serre une fois émis par une raffinerie ou cimenterie, le transporter jusqu'à un champ gazier ou pétrolier épuisé, et l'enfouir à 2.000 mètres sous terre fait son chemin, y compris dans cette enceinte.

Aussi, un texte vient d'être posé sur la table des négociations: il prévoit que, sous certaines conditions, le CCS puisse devenir un projet financé dans le cadre du Mécanisme de développement propre (MDP) prévu dans le cadre du Protocole de Kyoto.

Le MDP est destiné à inciter les pays industrialisés - ou des entreprises - à investir dans des projets de technologies "propres" dans les pays en développement, et obtenir ainsi des crédits carbone qui leur permettront d'atteindre leurs objectifs de réduction d'émissions de CO2.

Discutée depuis 2005, et poussée par de nombreux pays comme récemment par l'Arabie saoudite, cette option n'a jamais été aussi clairement formulée, s'inquiète Greenpeace qui y voit le moyen d'assurer "une subvention cachée aux industriels des énergies fossiles".

"C'est le contraire de l'esprit de ce mécanisme qui est un outil censé promouvoir la transition énergétique des pays en développement, respectueuse de l'environnement", s'indigne la porte-parole de la branche française de l'ONG, Karine Gavand.

Et "cette technologie n'est ni propre, ni durable", assure Martin Kaiser, autre membre de l'ONG.

Encore expérimentale, elle suscite de nombreuses questions: comment s'assurer que les cryptes où sera stocké le CO2 ne fuiront pas? Que se passe-t-il en cas de tremblement de terre? Quels sont les risques de contamination des sources souterraines d'eau potable? Et que dire des solvants dangereux nécessaires pour extraire le CO2? ...

Mais tout le monde n'est pas vent debout contre cette technologie, encore extrêmement coûteuse, testée en Europe, en Australie, aux Etats-Unis, au Canada...

Pour certaines, comme la Fondation Bellona, dont le siège est en Norvège, ce serait une folie de se passer de cette technique qui, selon l'Agence internationale de l'Energie (AIE), pourrait contribuer à un cinquième des réductions d'émissions de CO2 dans le secteur de l'énergie.

"Je suis un guerrier climatique et le CCS est l'une des armes les plus puissantes", explique à l'AFP le Norvégien Paal Frisvold, président du comité d'administration de Bellona Europa….

Six à huit projets de démonstration à grande échelle sont attendus en Europe avant 2015. "Et il faut encore cinq ans pour vérifier leur bon fonctionnement, notamment au niveau du stockage", explique M. Frisvold….

Pour l'heure, toute décision en faveur de cette technologie à Cancun "est un signal très important pour l'industrie et les investisseurs", assure-t-il.

© AFP

 

Lien vers l’article :

http://www.goodplanet.info/Contenu/Depeche/Stocker-le-CO2-sous-terre-a-Cancun-certains-en-revent-d-autres-paniquent/(language)/fre-FR

 

 

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2 juin 2011 4 02 /06 /juin /2011 13:32

 

 

 

Article paru sur le site « Le Cercle  Les Echos » :

 

 

05/05/2011 | Daniel3 | Énergies & Environnement | Lu 239 fois | aucun commentaire

Captage et stockage de CO2 : un appel à candidature lourd de conséquences

Pas moins de quatre ministres pour annoncer le lancement d’un appel à candidatures par l’ADEME ! Il s’agit de contribuer à sauver le climat de la planète en capturant, transportant, stockant en sous-sol, et valorisant un peu de CO2. En jeu une part de € 1,35 milliard des fonds du « grand emprunt » du Programme français d’Investissement d’Avenir.

Écrit par

Daniel3

Pas moins de quatre ministres (Environnement, Economie, Recherche, Industrie & Energie) et un Commissaire (à l’Investissement) pour annoncer le lancement d’un appel à candidatures par l’ADEME ! L’affaire est d’importance, puisqu’il s’agit de contribuer à sauver le climat de la planète en capturant, transportant, stockant en sous-sol, et valorisant, un peu de CO2. En jeu une part de € 1,35 milliard des fonds du « grand emprunt » du Programme français d’Investissement d’Avenir.

Capturer et stocker le carbone, (carbon capture and sequestration – CCS), en fait plus précisément le CO2, est un pan essentiel des politiques de maîtrise des émissions de CO2. La pertinence de telles politiques climatiques ne sera pas évoquée dans ce post qui se limite à l’évaluation du projet de développer le CCS. Ce dernier fait partie des initiatives de ‘géo-ingénierie’ imaginées pour prévenir un réchauffement climatique qui dépasserait la limite mythique de 2° C. Parmi les autres initiatives figurent rien de moins que la projection de soufre dans l’atmosphère, la fertilisation des océans à la limaille de fer, la réflexion des ardents rayons solaires via la mise sur orbite de gigantesques miroirs au-dessus de l’équateur. L’ensemble dégage une impression d’œuvre du Dr Folamour.

Le volet captage & stockage du CO2 (CCS) peut consister à favoriser la création de nouveaux ‘puits’ organiques (par exemple des micro-algues placées en sortie d’usine qui permettraient en plus de produire des bio-carburants), mais sa modalité qui concentre les attentions et les financements est le stockage ‘géologique’. Coûts élevés garantis, mais programme européen déjà en place (sur 10% des émissions de CO2 de l’Union Européenne).

Les risques créés par le stockage de CO2

Le stockage souterrain de CO2 n’est pas forcément un projet anodin : en effet, comme le CO2 à très haute dose peut être toxique et dangereux, son stockage nécessite une sécurité dans l’étanchéité entre la cavité de stockage et la surface terrestre. En cas de porosité, par exemple, les conséquences en surface peuvent être spectaculaires comme le montre le site du Horseshoe Lake près de Mammoth Mountain au sud-ouest de Long Valley Caldera en Californie, sous lequel existe, selon toute probabilité, une importante poche naturelle de CO2.

La concentration y est si élevée que les arbres meurent de l’excès de gaz, et des précautions doivent être prises pour y éviter la divagation des enfants et des chiens.

 

Les problèmes d’étanchéité à long terme du stockage de CO2 sont-ils résolus ? Ce n’est pas entièrement clair compte tenu de toutes les annonces qui se succèdent. Comme le rappelle Bridges (2011), une fuite de 0,5% l’an correspond à 64% de fuites cumulées sur 200 ans !

L’injection de CO2 dans le sous-sol est aussi une technique qui intéresse les pétroliers pour accroître le taux de récupération  des gisements. En janvier 2011, au Saskatchewan (Canada), la presse locale relaie les préoccupations d’un couple de fermiers : le CO2 injecté dans le champ pétrolier de Weyburn semble fuir depuis 2005, provoquant l’apparition d’algues et de mousses colorées dans une gravière au bord de laquelle de petits animaux sont retrouvés morts. Apparemment, le suivi environnemental du projet aurait cessé en 2005 : il est temps de le reprendre !

Abandons successifs de projets de capture et stockage de CO2

Il est aisé de suivre l’avancement des projets de CCS : un site web s’y consacre, CaptureReady.com. Ainsi, pour la seule Europe :

- Norvège : un projet important de stockage souterrain du CO2 issu d’une centrale électrique au gaz naturel a été suspendu le 30 avril 2010 pour quatre ans par le gouvernement. Lancé en 2006, situé à Mongstad, près de Bergen, ce projet se monte à € 1 milliard. L’origine de la décision de suspension réside dans la technologie employée qui inclut le rejet d’amines dans l’atmosphère, c'est-à-dire de composés organiques dérivés de l’ammoniac, qui peuvent être impliqués dans des réactions chimiques dans l’air et former de nouvelles substances : l’Institut de Santé Public norvégien a signalé en mai 2009 que ces substances pourraient être cancérigènes, et qu’il fallait examiner dans des études expérimentales les effets sur la santé des nitramines. Début octobre 2010, il apparaît que le gouvernement est à la recherche d’alternatives à la poursuite du projet en l’état. En mars 2011, le gouvernement prévient qu’il pourrait reporter l’investissement de 2014 à 2016.

- Finlande : Fin octobre 2010, les producteurs finlandais d’électricité Fortum et TVO annoncent l’abandon de leur projet Fincapp en raison de l’importance des investissements nécessaires.

- Pays-Bas : Royal Dutch Shell annonce le 5 novembre 2010 l’abandon de son projet de stockage de CO2, à 1500 mètres sous la ville de Barendrecht aux Pays-Bas : la Commission indépendante MER avait signalé en avril que les questions de sécurité n’étaient pas traitées suffisamment. En février 2011, le gouvernement écarte trois autres sites ; il abandonne tout plan de stockage souterrain dans le Nord du pays, et concentre ses travaux sur la réutilisation des gisements de gaz naturel épuisés du sous-sol maritime.

- Royaume-Uni : L’engagement public budgétaire est réduit en octobre 2010 par le gouvernement Cameron : £ 1 milliard au lieu de deux. Eon se retire des projets de CCS au Royaume-Uni. Début décembre, Powerfuel, société développant à Hatfield (Royaume-Uni) un projet de capture et séquestration de carbone jumelé à une centrale à charbon, a été placée sous administration judiciaire, faute de réunir les £ 635 millions nécessaires pour mener à bien le projet de construction de la 1ère centrale à charbon britannique propre. Début 2011, la roadmap britannique en matière de CCS est repoussée à l’automne

- Allemagne : Le sujet du CCS fait face à une opposition importante, y compris d’églises et d’ONG environnementales locales. Début 2011, le projet de loi allemand transposant la directive européenne est bloqué sur les compétences respectives de l’Etat fédéral et des Länder : ces derniers, notamment ceux du nord, veulent un droit de veto. Le projet de Vattenfall (€ 1,5 milliard) est suspendu dans l’attente d’un contexte juridique clarifié. Mi avril, les Länder obtiennent ce droit de veto.

Le coût énergétique élevé du captage de CO2

L’un des ‘petits’ inconvénients du CCS est d’affecter l’efficacité des centrales : selon le consultant McKinsey (2008), c’est rien moins qu’une baisse de 10% de l’efficacité de la conversion des hydrocarbures en électricité qui résulte du processus, soit pour une centrale au charbon dernier cri (efficacité de 50%) une baisse de 1/5, qui passe même à 30% pour la moyenne du parc américain (efficacité de conversion de 33% environ). Le déploiement du CCS pourrait ainsi accélérer l’épuisement des ressources d’hydrocarbures, sauf à rationner l’électricité (Owens et al. 2010). Et coûter des fortunes au consommateur, particulier ou entreprise, puisqu’il faudrait lui bien répercuter – via la hausse du prix du courant -  la baisse de l’efficacité de conversion.

En février 2011, une étude polonaise conclut qu’avec le CCS, le coût d’investissement va augmenter de 60% pour les centrales électriques à charbon.

Les financements publics disponibles et une formidable conjonction d’intérêts continue à pousser dans le sens du CCS

Le CCS n’intéresse pas uniquement les fans de la lutte contre le changement climatique, ou les bureaucrates européens qui entendent y consacrer 7 milliards (dont 4,3 milliards ouverts à concours en novembre 2011). Mais l’abondance de financements publics crée une demande solvable et permet des travaux sur le développement de technologies, la création de sites pilote, etc. Et personne ne demande aux consommateurs (particuliers comme entreprises), ni aux contribuables, s’ils sont d’accord pour dépenser des milliards sur le stockage souterrain de CO2. La voie est libre pour les intéressés au premier chef, les entreprises impliquées.

C’est que la capture et la séquestration de CO2 sont déjà devenus aujourd’hui un vrai business, avec des promesses de financements par milliards d’euros faites pour des tests et expérimentations grandeur nature par la plupart des autorités gouvernementales : USA, Union Européenne (€ 7 milliards de subventions annoncés en novembre 2010) et ses pays membres (Allemagne, Espagne, Royaume-Uni, Pologne…), Norvège, Chine, Japon, Australie. On comprend que les pétroliers (ne serait-ce que pour ‘doper’ le taux de récupération dans les gisements actuels) et les industriels (Aker, Siemens, Statoil, Alstom ou Air Liquide par exemple) y tiennent : chaque projet à l’échelle opérationnelle représente € 1 milliard, et le marché global pourrait atteindre, selon l’Agence internationale de l’énergie, $ 6000 milliards sur 40 ans.

Bien sûr, le développement du CCS est obéré localement dès qu’on en passe aux choses concrètes, le choix d’un site, car les populations, leurs associations, y compris les branches locales des ONG environnementales, et aussi les élus locaux, s’y opposent souvent. OK sur le principe, mais pas chez moi ! Est-ce une répétition du film déjà connu sur le stockage de matières nucléaires ? ou sur l’exploitation du gaz de schiste ? Après tout, l’incertitude sur l’étanchéité, et les échelles de temps, ne sont-elles pas autant de points communs entre le stockage de CO2 et celui des déchets nucléaires ?

US_Geological_Survey.pdf

 

Lien vers l’article : http://lecercle.lesechos.fr/node/34935

 

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30 mai 2011 1 30 /05 /mai /2011 23:11

 

Article paru sur le site 20 minutes.fr :

Selon le Giec, les énergies renouvelables fourniront l'essentiel de l'énergie d'ici à 2050

 

Créé le 07/05/2011 à 12h04 -- Mis à jour le 09/05/2011 à 09h16

 

Des éoliennes à Dabancheng, en Chine. ZHANG YANHUI/SIPA

ENERGIE - Eoliennes, photovoltaïque ou biomasse peuvent et doivent représenter la plus grande partie de l'offre énergétique selon les experts...

Les renouvelables peuvent et doivent représenter la plus grande partie de l'offre énergétique d'ici 2050, indique un projet de rapport du Groupe intergouvernemental d'experts de l'ONU sur l'évolution du climat (Giec) obtenu par l'AFP. Le «résumé à l'intention des décideurs», issu d'un rapport de 1.500 pages, doit être présenté sous sa forme définitive lundi lors d'une réunion du Giec à Abou Dhabi. «La version finale pourrait être quelque peu différente dans la formulation, mais pas vraiment sur le fond», a indiqué à l'AFP un représentant de l'industrie qui a participé à ce rapport.

Cette évaluation, de loin la plus complète de l'ONU sur le potentiel de ces énergies «propres», compare 164 scénarios. En 2008, six types de renouvelables représentaient 12,9% de l'offre énergétique globale: la biomasse (10,2%), l'hydraulique (2,3%), l'éolien (0,2%), le solaire (0,1%), la géothermie (0,1%) et l'énergie issue de l'océan (0,002%). Mais en laissant de côté les usages traditionnels, comme le feu de bois pour cuire la nourriture ou le chauffage, ce chiffre tombait à 7%. Le charbon, pétrole et gaz représentaient 85% et le nucléaire 2%.

Les renouvelables, plus probables que le nucléaire ou le captage du CO2

Stimulées par des mesures gouvernementales, des coûts technologiques de plus en plus faibles et le prix croissant des énergies fossiles, «le déploiement des énergies renouvelables a augmenté rapidement ces dernières années», indique le texte. Elles ont représenté près de la moitié des 300 gigawatts générés par les nouvelles installations électriques dans le monde en 2008 et 2009, le reste était très largement couvert par le charbon.

Rédigé avant la crise de Fukushima, le projet de rapport estime qu'il est plus probable d'assister d'ici à 2050 à une vraie montée en puissance des renouvelables qu'à un scénario qui privilégierait le nucléaire et la capture et stockage de CO2 (CCS), une autre façon de lutter contre les émissions de gaz à effet de serre (GES). De manière générale, la majorité des scénarios montrent une «augmentation substantielle», de trois à vingt fois, «du déploiement des énergies renouvelables d'ici à 2030, 2050 et au-delà».

Jusqu’à 75% des besoins énergétiques

La part future de ces énergies varie énormément en fonction des scénarios, les plus ambitieux imaginant qu'elles pourraient couvrir les 3/4 des besoins. Ceci dit, de nombreux obstacles s'élèvent encore sur cette route, comme les subventions aux énergies fossiles ou l'absence de structures adéquates pour développer de nouvelles technologies. «Pour parvenir aux objectifs internationaux de réduction de GES, une réforme profonde de nos systèmes énergétiques va être nécessaire», est-il écrit. Et cela va demander beaucoup d'argent: 1,4 à 5,1 trillions de dollars pour la prochaine décennie, et de 1,5 à 7,2 trillions de dollars pour la période 2021-2030.

Le Giec, créé en 1988, est l'instance scientifique qui fait autorité en matière de réchauffement climatique. Ce rapport intermédiaire devrait contribuer à la rédaction du 5ème grand rapport, prévu en 2014.

© 2011 AFP

 

 

 

lien vers l’article : http://www.20minutes.fr/article/719681/selon-giec-energies-renouvelables-fourniront-essentiel-energie-2050

 

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