Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
22 octobre 2020 4 22 /10 /octobre /2020 11:03

 

Paru dans le Journal de l’Environnement :

 

La PAC pas si verte des ministres européens de l’agriculture

Le 21 octobre 2020 par Stéphanie Senet

Le plafonnement des aides reste pour l'instant facultatif

S’il comporte de nouveaux «écorégimes» obligatoires pour tous les Etats membres, l’accord trouvé dans la nuit du 20 au 21 octobre par le Conseil des ministres de l'UE sur la PAC post-2020 maintient un plafonnement des aides et un paiement redistributif facultatifs.

«Cet accord répond à l’aspiration d’une PAC plus verte, plus juste et plus simple», assure la ministre allemande de l’agriculture et de l’alimentation Julia Klöckner. La ministre peut se féliciter de n’avoir pas dépassé sa ligne rouge : le caractère obligatoire des éco-régimes (eco-schemes) a été approuvé à une majorité qualifiée des ministres. Ce qui n’était pas gagné puisque la plupart des pays d’Europe de l’Est y étaient opposés, de crainte de devoir enclencher une transition écologique à marche forcée. Seule la Lituanie a voté contre tandis que la Lettonie, la Roumanie et la Bulgarie se sont abstenues. L’Allemagne, qui pilotait les débats, et la France ont largement œuvré pour les rendre obligatoires, sachant qu’une période transitoire de 2 ans a été actée, entre 2023 et 2025.

20% DES AIDES DIRECTES BLOQUÉES

L’accord trouvé par le conseil dote aussi ces nouveaux dispositifs de 20% des aides directes de la PAC (1er pilier). «C’est une énorme victoire vu l’état des négociations la semaine dernière», s’est félicité le ministère français de l’agriculture. A noter qu’une souplesse a été concédée aux Etats qui investissent beaucoup d’argent dans les aides du second pilier (développement rural), comme l’Autriche ou la Finlande. Ceux-ci pourront attribuer par exemple 5% seulement des aides directes aux éco-régimes s’ils investissent 15% des aides du second pilier dans les MAEC[1].

De son côté, le Parlement européen, qui votera définitivement sur sa position le 23 octobre, s’avère favorable à 30% au moins d’aides directes pour les éco-régimes, selon le compromis trouvé entre les trois groupes majoritaires (PPE, S&D et Renew). Au total, la PAC dispose du premier budget de l’UE avec 387 milliards d’euros pour sept ans.

DES ÉCO-RÉGIMES DÉFINIS PAR LES ETATS MEMBRES

Pourtant, ces dispositifs incitatifs restent encore flous. Le conseil les définit seulement comme «des aides financières supplémentaires pour les agriculteurs qui vont au-delà des exigences de base en matière d’environnement» et cite, comme exemples, l’agriculture de précision, l’agroforesterie et l’agriculture biologique. En réalité, leur contenu devra être défini au niveau national, dans le cadre des plans stratégiques nationaux qui seront soumis par chaque Etat membre à la Commission européenne. La France doit rendre sa copie en mai prochain, pour échange avec Bruxelles d’ici à fin 2021.

Le collectif Pour une autre PAC plaide pour l’inclusion d’au moins 4 paiements pour services environnementaux et climatiques (prairies permanentes, agriculture bio, infrastructures agroécologiques comme les mares et les haies, et gestion de l’assolement) et 2 pour le bien-être animal (absence de mutilation et accès à un extérieur pour les volailles et maternité libre et non en cage pour les truies).

AUCUNE AVANCÉE SUR LE PLAFONNEMENT

Autre bémol: le plafonnement des aides et le paiement redistributif (un paiement découplé favorisant les exploitations de petite taille) restent optionnels. Ce qui permet aux grandes exploitations de conserver, potentiellement, toutes leurs prérogatives. A noter que les aides couplées, qui représenteront 15% des aides directes, pourront être utilisées pour développer la culture de protéines végétales, et réduire ainsi les importations de maïs et de soja d’Amérique du Sud.

Le ministère de l’agriculture s’est par ailleurs félicité d’avoir obtenu un «droit à l’erreur» pour éviter des sanctions aux agriculteurs qui se seraient trompés dans leur déclaration. Il a ajouté que toute fraude restait en revanche sanctionnée dans le cadre de la clause de contournement, applicable dès que les conditions d’attribution d’une aide ont été créées de façon artificielle par un exploitant.

UN «IMMOBILISME COUPABLE»

Au contraire, les 40 associations du collectif Pour une autre Pac estiment que «l’accord présenté comme très vert ne répond à aucune des nombreuses attentes sociétales» et dénoncent «l’immobilisme coupable du Conseil qui condamne la prochaine PAC à servir un modèle agricole obsolète»«Si 30% des aides du 2nd pilier doivent être dédiées à l’environnement, celles-ci pourront désormais comprendre des aides à l’investissement, quelles qu’elles soient (comme l'achat de pulvérisateurs performants de pesticides, ndlr). Par ailleurs, l’agriculture biologique ne bénéficie pas non plus de nouvelles mesures. Un Etat n’a toujours aucune obligation de la soutenir. Il peut décider de ne rien y verser du tout», observe Aurélie Catallo, coordinatrice de la plateforme. Alors que la Commission européenne vise, dans sa stratégie Farm to fork, au moins 25% de la SAU de l’UE en bio en 2030, et une division par deux de l’utilisation des pesticides à la même échéance. Ce qui prouve la déconnexion de cette PAC post-2020 vue par les ministres du Pacte vert lancé par la Commission européenne.

Dès que le Parlement aura arrêté sa position, les négociations en trilogue pourront commencer. Un accord final est attendu début 2021, pour une entrée en vigueur de la future PAC au 1er janvier 2023.

 


[1] Mesures agro-environnementales et climatiques

 

https://www.journaldelenvironnement.net/article/la-pac-pas-si-verte-des-ministres-europeens-de-l-agriculture,110573?xtor=EPR-9#email=aleflo@club-internet.fr

 

 

Partager cet article

Repost0
2 octobre 2020 5 02 /10 /octobre /2020 21:05
30.9.2020  VALFRANCE Villenoy

30.9.2020 VALFRANCE Villenoy

26.9.2020 VALFRANCE Esbly

26.9.2020 VALFRANCE Esbly

Préserver l'environnement et les riverains qui côtoient leurs sites devrait être la préoccupation principale des entreprises.

 

Or nous avons découvert cette semaine que la coopérative agricole Valfrance stockait à l’air libre  sur ces sites d’Esbly et Villenoy des amas de poudre dans des conditions présentant un risque pour les populations avoisinantes et l’environnement (risques d’envols de poussières ......).

 

Pour mémoire la circulaire du 23/2/2007 a classé les silos d’Esbly et de Villenoy de cette coopérative à enjeux très importants. 

 trèshttps://aida.ineris.fr/consultation_document/files/aida/file/text4599.pdf

 

Nous remercions les agents de la DRIEE 77 qui sont intervenus en urgence auprès de Valfrance qui a, sans délai, évacué ses déchets illégalement stockés à l’air libre.

 

 

Partager cet article

Repost0
29 septembre 2020 2 29 /09 /septembre /2020 11:52
26.9.2020 Coopérative Valfrance Esbly stockage à l'air libre de poussières récoltées par les filtres des silos

26.9.2020 Coopérative Valfrance Esbly stockage à l'air libre de poussières récoltées par les filtres des silos

Préserver l'environnement et les riverains qui côtoient leurs sites devrait être la préoccupation principale des entreprises.

 

Or nous apprenons que la coopérative agricole Valfrance d’Esbly stockait à l’air libre des poussières de grains récoltées  par les filtres des silos, dans des conditions présentant un risque pour les populations avoisinantes et l’environnement (risques d’envols de poussières ......).

 

Pour mémoire la circulaire du 23/2/2007 a classé les silos de cette coopérative d'Esbly à enjeux très importants. https://aida.ineris.fr/consultation_document/files/aida/file/text4599.pdf

 

Pour mémoire le site Géorisques indique que cette coopérative peut stocker de l'engrais à base de nitrate d'ammonium jusqu'à 1249 tonnes.

 https://www.georisques.gouv.fr/risques/installations/donnees/details/0065.00982?url=etablissement=valfrance#/

 

Pour mémoire cette coopérative est située :

  • Au bord de la voie ferrée Paris/Meaux
  • A côté d’un complexe sportif municipal comportement terrains de foot, de tennis, de tir à l’arc…
  • A côté d’une salle polyvalente municipale
  • A proximité du centre ville d’Esbly
  • Au bord du Canal de Chalifert et du chemin menant de Coupvray à Esbly, fréquenté par des familles avec enfants en bas âge.

 

 

Les services de la DRIEE 77 suivent ce dossier avec la plus grande attention

et nous les en remercions.

 

 

 

25.9.2020 quai de chargement de la coopérative Valfrance d'Esbly au bord du canal de Chalifert

25.9.2020 quai de chargement de la coopérative Valfrance d'Esbly au bord du canal de Chalifert

Partager cet article

Repost0
19 août 2020 3 19 /08 /août /2020 18:53
19.8.2020 Messy

19.8.2020 Messy

19.8.2020 Messy

19.8.2020 Messy

19.8.2020 Messy

19.8.2020 Messy

Partager cet article

Repost0
15 août 2020 6 15 /08 /août /2020 21:08
15.8.2020 dans l'après-midi à Messy

15.8.2020 dans l'après-midi à Messy

15.8.2020 dans l'après-midi à Messy (près de Gressy)

15.8.2020 dans l'après-midi à Messy (près de Gressy)

 

Paru sur le site de la Préfecture : 

 

Mesures de limitation des usages de l'eau

 
 
Mesures de limitation des usages de l'eau

 

Situation climatique des rivières et des nappes d’eau souterraine
Mesures de restrictions et de vigilance

La dernière quinzaine et plus généralement le mois de juillet ont été particulièrement secs et chauds. L’ensemble des cours d’eau est impacté et connaît une baisse généralisée des débits.

La semaine à venir va rester sèche et chaude. Les débits vont donc poursuivre leur baisse. Dans ce contexte, une attention particulière est à porter aux volumes d’eau consommés.

Grandes rivières :

Les grandes rivières continuent leur baisse. Le soutien d’étiage a débuté sur la Seine le 22 juin, et le 1er juillet sur la Marne, conformément à la gestion théorique. Malgré ce soutien d’étiage, la Marne franchit le seuil de vigilance, tandis que la Seine s’en approche de plus en plus.

Petites rivières :

La situation s’aggrave de nouveau sur les petites rivières du département. Si seule l’Orvanne a franchi un nouveau seuil dans les sept derniers jours, passant en alerte, les autres rivières n’en continuent pas moins de tendre vers leurs propres seuils de restriction.

Deux nouvelles rivières passent par ailleurs sous le seuil de vigilance : l’Essonne et la Thérouanne. La majorité du département est à présent couverte par des mesures de vigilance ou de restrictions.......

 

http://www.seine-et-marne.gouv.fr/Politiques-publiques/Environnement-et-cadre-de-vie/Eau/Gestion-de-crise/Secheresse/Mesures-de-limitation-des-usages-de-l-eau

Partager cet article

Repost0
7 août 2020 5 07 /08 /août /2020 10:16

Paru sur le site Générations Futures :

 

Dérogations pour les insecticides tueurs d’abeilles: Générations Futures réagit et s’insurge!

Le 6 août 2020

neonicotinoide

Générations Futures

Fin juillet notre association s’insurgeait contre l’attitude de quatre vice-présidents élus dans des régions betteravières (Hauts-de-France, Grand Est, Ile-de-France et Normandie) qui s’exprimaient aux côtés de plusieurs représentants de la CGB (planteurs de betteraves) lors d’une conférence de presse le 29 juillet 2020, demandant à retoucher à la loi pour permettre, par dérogation, l’usage des néonicotinoïdes en protection de semences (lire notre CP ici ).

Force est de constater que notre colère face à la pression des betteraviers était légitime car nous venons d’apprendre que le ministère de l’Agriculture va accorder des dérogations permettant d’utiliser des néonicotinoïdes sur cette culture. Le Ministère annonce une modification législative cet automne pour permettre explicitement, pour la campagne 2021 et le cas échéant les deux campagnes suivantes tout au plus, le recours à l’article 53 du règlement européen n°1107/2009 pour pouvoir prendre au moment des semis une dérogation de 120 jours pour les semences enrobées.

Générations Futures est scandalisée par cette décision ministérielle qui constitue un recul important du gouvernement sur la question de ces insecticides ‘tueurs d’abeilles’. Cette décision est d’autant plus inacceptable pour l’association qu’il existe d’autres produits[1] homologués pour lutter contre le puceron de la betterave pour laquelle l’ANSES admettait dans un avis sur les néonicotinoides de 2018 qu’il n’y avait pas d’impasse[2] technique pour cette culture.

Pour rappel, ces substances parce qu’elles sont néfastes pour l’environnement (particulièrement les pollinisateurs, même longtemps après leur utilisation) ont été interdites en France par la Loi Biodiversité de 2016, interdiction étendue aux produits ayant le même mode d’action par la loi issue des Etats Généraux de l’Alimentation et grâce à la pression citoyenne (recours juridiques victorieux notamment de Générations Futures et du syndicat apicole UNAF).

« Ces dérogations pour un retour de l’emploi des néonicotinoïdes sur betterave constituent un recul inacceptable qui démontre que ce gouvernement plie aisément sous le poids des lobbies de l’agrochimie et de l’agriculture industrielle et a renoncé à être le leader de la lutte contre les insecticides tueurs d’abeilles en Europe ! ». Déclare François Veillerette, Directeur de Générations Futures . « Plutôt que de se battre pour que l’Europe fasse réellement appliquer ses décisions d’interdiction des principaux néonicotinoïdes et les étendent à toutes les substances de cette famille, c’est la biodiversité qui est sacrifiée sur l’autel d’une agriculture toujours plus industrielle. Nous ne pouvons pas admettre que l’on revienne à l’utilisation de ces insecticides en enrobage de semence car cela revient à traiter à priori les cultures de betterave, ce qui constitue le degré zéro de l’agronomie, alors que la Directive européenne sur l’utilisation des pesticides préconise ‘la lutte intégrée contre les ravageurs’, ce qui sous-entend que le traitement chimique ne doit intervenir qu’en dernier recours et non pas avant même l‘apparition d’un ravageur ! Nous ne manquerons donc pas d’employer toutes les voies de recours possibles contre cette décision inique. » Ajoute t’il

[1] Voir par exemple : https://ephy.anses.fr/ppp/afikill

[2] Voir : https://www.anses.fr/fr/content/risques-et-b%C3%A9n%C3%A9fices-des-produits-phytopharmaceutiques-%C3%A0-base-de-n%C3%A9onicotino%C3%AFdes-et-de-leurs

 

https://www.generations-futures.fr/actualites/derogations-neonicotinoide-betterave/https://www.generations-futures.fr/actualites/derogations-neonicotinoide-betterave/

Partager cet article

Repost0
2 août 2020 7 02 /08 /août /2020 17:20
2.8.2020 14 h Messy

2.8.2020 14 h Messy

 

Paru sur le site de la préfecture 77 :

Mesures de limitation des usages de l'eau

Mise à jour le 30/07/2020

Situation climatique des rivières et des nappes d’eau souterraine
Mesures de restrictions et de vigilance

La semaine qui vient de s’écouler a été, comme les précédentes, chaude et sèche. La nuit de samedi à dimanche a été légèrement pluvieuse, mais sans amélioration réelle concernant la sécheresse en cours. Plusieurs stations météorologiques du bassin pourraient enregistrer leurs cumuls les plus faibles pour un mois de juillet. En effet, aucune pluie (ou très peu) n’est annoncée pour la semaine à venir, avec des températures très élevées certains jours.

La situation est quasi semblable à celle de l’année 2019 à la même époque, et elle va encore se dégrader d’un point de vue hydrologique, avec des débits toujours à la baisse……

http://www.seine-et-marne.gouv.fr/Politiques-publiques/Environnement-et-cadre-de-vie/Eau/Gestion-de-crise/Secheresse/Mesures-de-limitation-des-usages-de-l-eau

2.8.2020 14h Messy

2.8.2020 14h Messy

Partager cet article

Repost0
31 juillet 2020 5 31 /07 /juillet /2020 21:29

Paru dans le journal de l’environnement :

Néonicotinoïdes: le gouvernement sous pression des betteraviers

Le 30 juillet 2020 par Romain Loury

 

Frappée par une rare crise de jaunisse, maladie véhiculée par des pucerons, la filière betteravière exhorte le ministre de l’agriculture de lui accorder le droit d’employer des néonicotinoïdes. Problème: ces pesticides, nocifs pour les pollinisateurs, sont interdits depuis septembre 2018.

 

En vertu de la loi biodiversité d’août 2016, les néonicotinoïdes (par ailleurs aussi interdits au niveau européen) ne sont plus autorisés en France depuis septembre 2018, en raison de leur impact avéré sur les pollinisateurs. Quelques rares exceptions subsistent sur des usages pour lesquels l’Anses, dans son volumineux rapport de mai 2018, n’avait pas identifié d’alternatives.

Parmi ces exceptions ne figure pas la betterave. Or c’est tout l’enjeu du bras de fer qui se joue depuis quelques semaines, suite à la forte poussée de jaunisse que connaît la culture de betteraves cette année. Liée à des virus véhiculés par le puceron vert du pêcher (Myrzus persicae), cette crise, sans précédent depuis 15 ans, est liée à la pullulation de ces insectes, suite à un hiver doux.

 

FORTE BAISSE DE PRODUCTION EN VUE

Une fois introduit dans la plante, le virus a pour effet de bloquer la photosynthèse, ce qui se manifeste par un jaunissement des feuilles. La production de sucres par la plante est fortement freinée, ainsi que la croissance de la racine récoltée.

Selon un bilan publié le 20 juillet par l’Association interprofessionnelle de la betterave et du sucre (AIBS), la production devrait baisser «d’au moins 40% dans les zones les plus touchées». Si la maladie progresse partout, elle connaît un fort gradient nord-sud: dans la région Centre (sud de la zone betteravière), entre 80% et 100% des surfaces sont touchées, contre 1% à 5% dans le Nord et le Pas-de-Calais, 5% à 10% dans les départements alsaciens. La production nationale de sucre pourrait baisser de 580.000 à 840.000 tonnes en 2020, estime l’AIBS.

Pour se prémunir de la jaunisse, les betteraviers recouraient jusqu’en 2018 à l’enrobage des semences par les néonicotinoïdes, en particulier le thiamétoxam et l’imidaclopride -98% des surfaces françaises étaient traitées, selon l’Anses. La plante étant ainsi protégée de manière systémique, les producteurs avaient rarement besoin de recourir à des insecticides d’application foliaire.

 

LA RÉPONSE AMBIGUË DU GOUVERNEMENT

Or du fait de l’hiver clément, les pucerons sont survenus d’emblée en grand nombre, cinq semaines avant les coccinelles qui s’en repaissent. Face aux dégâts, la Convention générale des planteurs de betteraves (CGB, affiliée à la FNSEA[i]) est montée au front, demandant au ministère une dérogation afin que les betteraviers puissent de nouveau employer des néonicotinoïdes –comme d’autres pays européens, par exemple la Belgique, la Pologne ou l’Autriche.

Si les néonicotinoïdes ne seront, en raison de leur modalité d’application, d’aucun secours cette année, la campagne bat son plein sur les réseaux sociaux, sous le hashtag #LaBetteraveEnPéril. Mercredi 29 avril, la CGB a livré une conférence de presse en présence de dirigeants des conseils régionaux concernés (Hauts-de-France, Grand-Est, Ile-de-France, Normandie).

Face à cette levée de bouclier, le nouveau ministre de l’agriculture, Julien Denormandie, avait assuré, mardi 28 juillet devant l’Assemblée nationale, que «jamais, jamais, jamais, [il] n’abandonnera[it]» la filière betteravière.

Le ministre s’est en revanche montré ambigu quant à une éventuelle dérogation. «On a un double choix: on change la loi [pour réautoriser les néonicotinoïdes, ndlr] ou on met une filière avec énormément de soutien financier, ce sur quoi nous travaillons avec le Premier ministre (…)», a déclaré Julien Denormandie.

Déplorant la «réponse pas très claire» du ministre, le directeur de Générations futures, François Veillerette, estime auprès du JDLE qu’«un retour en arrière serait extraordinaire. On pensait que le dossier était clos». Selon lui, il s’agit d’«une grosse manipulation des betteraviers et de plusieurs régions, pour faire plier le nouveau ministre de l’agriculture», tout juste nommé début juillet.

Interrogée par le JDLE sur l’éventualité d’un soutien financier, mais sans dérogation sur les pesticides, l’AIBS estime que «sans solution technique sérieuse, cela ne marchera pas. Ce n’est pas ça qui va rassurer les producteurs», dont nombre songeraient à se détourner de la betterave de crainte d’une nouvelle crise.

UNE SEULE ALTERNATIVE CHIMIQUE, SELON L’ANSES

Au-delà des difficultés rencontrées cette année par la filière, pourquoi l’Anses a-t-elle interdit l’emploi de néonicotinoïdes sur les betteraves s’il n’existe aucune alternative, comme l’affirment les betteraviers (qui s’étaient d’emblée érigés contre l’interdiction de 2018)? En fait, il en existe au moins une, de nature chimique, le mélange d’un pyréthrinoïde (la lambda-cyhalothrine) et d’un carbamate (le pirimicarbe), selon le rapport de mai 2018.

Interrogé à ce sujet, Vincent Laudinat, directeur de l’Institut technique de la betterave (ITB[ii]), reconnaît qu’il existe «quelques produits», mais ils ont une «durée d’action courte, comprise entre 8 et 14 jours, ce qui fait qu’on peut louper des créneaux de traitement», indique-t-il. Et ce à la différence des néonicotinoïdes, dont il suffit juste d’enrober les semences.

Résultat: le coût de traitement est «multiplié par quatre, et la filière est en très fort péril», explique Vincent Laudinat, qui précise que l’ITB «n’a jamais conseillé ces produits». De plus, 100% des pucerons seraient désormais résistants aux pyréthrinoïdes, 50% à 60% aux carbamates, affirme-t-il. Ce qui, selon lui, n’était pas le cas avant l’arrivée des néonicotinoïdes dans les années 1990.

Cette assertion va toutefois à l’encontre du rapport de l’Anses, selon lequel le mélange pyréthrinoïdes/carbamates serait justement moins à risque de résistances que les néonicotinoïdes. Ce rapport «repose sur une science qui n’était probablement pas celle des dernières publications», avance le directeur de l’ITB –l’institut a lui-même participé à la rédaction du rapport de l’Anses, note-t-on.

 

DES RECHERCHES EN COURS

L’agence évoquait par ailleurs des pistes non chimiques de lutte contre les pucerons, telles que des méthodes génétiques, culturales ou biologiques (par micro-organismes ou macro-organismes), mais aucune n’est encore opérationnelle. La sélection génétique se heurte par exemple au fait que la jaunisse est liée à au moins quatre virus différents, issus de trois familles virales, explique Vincent Laudinat.

Autre possibilité, agir non pas sur la résistance virale, mais sur l’apparence de la plante, par exemple en accroissant la dureté ou la couleur de la feuille, ou sur la présence de poils, afin d’en détourner les pucerons. Parmi les autres approches étudiées par l’ITB, «une refonte du paysage», en favorisant «un équilibre naturel qui permettrait de contrôler la présence de pucerons».

En l’attente de ces solutions, la filière n’aurait pas d’autre choix, dans l’immédiat, que de recourir aux néonicotinoïdes, juge le directeur de l’ITB, qui appelle à «une dérogation très particulière, très encadrée» pour une durée de cinq ans. «Pour la filière, c’est la seule réponse aujourd’hui», indique-t-il.

 

UN RISQUE FAIBLE?

Quant au risque pour les pollinisateurs d’une application restreinte aux betteraves, Vincent Laudinat l’estime faible. Semées en mars, récoltées en octobre-novembre, ces plantes bisannuelles ne produisent des fleurs que tous les deux ans - les producteurs les récoltent avant qu’elles aient le temps de produire de fleurs. De plus, il s’agit d’une plante anémophile (pollinisée par le vent), peu attractive pour les insectes pollinisateurs.

Si les betteraves ont autant de succès avec les pollinisateurs qu’à la cantine, la forte rémanence environnementale des néonicotinoïdes pose clairement problème, rappelle François Veillerette. Une fois dans le sol, ces pesticides peuvent imprégner les cultures suivantes, qui peuvent être attractives pour les abeilles (comme le colza), ou tout simplement les plantes en bordure de parcelle.

«Dans 95% des cas, la succession repose sur une céréale non attractive l’année suivante, et nous conseillons même de ne pas replanter la même parcelle en betterave avant l’année N+3», rétorque Vincent Laudinat. Dans sa dérogation, la Belgique oblige ainsi de ne pas faire suivre une culture de betterave par celle d’une espèce attractive pour les pollinisateurs.

 

LA CHIMIE COMME RÉPONSE UNIVERSELLE

Selon François Veillerette, l’enrobage de semences par les néonicotinoïdes constitue «le degré zéro de l’agriculture. Il faut d’abord faire de la prévention, puis de la surveillance. Au lieu de cela, [les producteurs] s’en remettent complètement à la chimie. Ce genre de traitement d’assurance [qui consiste à enrober des semences sans savoir à l’avance quelle sera la pression de pucerons, ndlr] n’est plus possible. Il faut avoir une autre vision, ne pas penser pesticide dès qu’on a un problème».

Pour le directeur de Générations futures, cette demande de dérogation «n’est pas motivée par l’urgence. S’il ne s’agit que d’un soutien financier, ce serait plutôt une bonne chose. Mais il faudrait d’abord s’interroger sur les conditions de culture de la betterave. Avec ce système de culture intensive, la biodiversité n’existe plus. Et les bestioles qui y demeurent sont plutôt solides».

 


[i] Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles

[ii] L’ITB est l’un des 18 instituts techniques agricoles fédérés sous la bannière de l’Association de coordination technique agricoles (ACTA)

 

http://www.journaldelenvironnement.net/article/neonicotinoides-le-gouvernement-sous-pression-des-betteraviers,108388?xtor=EPR-9#email=aleflo@club-internet.fr

Partager cet article

Repost0
7 juillet 2020 2 07 /07 /juillet /2020 09:40
caricature humoristique de l'un de nos adhérents

caricature humoristique de l'un de nos adhérents

Partager cet article

Repost0
27 mai 2020 3 27 /05 /mai /2020 13:43

 

Paru dans le Journal de l’environnement, pour extrait :

 

 

Informer sur l’agroalimentaire: mission impossible en Bretagne?

Le 26 mai 2020 par Valéry Laramée de Tannenberg

Ne pas évoquer les problèmes n'aidera pas à les résoudre.

Une pétition signée par 300 journalistes souligne l’impossibilité d’informer sereinement sur l’industrie agroalimentaire en Bretagne. Un mouvement inédit qui intervient sur fond de contestation des pratiques de l’agriculture conventionnelle.

C’est une drôle de pétition qui circule sur les réseaux sociaux. Dans cette lettre ouverte, les auteurs demandent au conseil régional de Bretagne «de contribuer à la création d'un observatoire régional des libertés de la presse».

Il s'agit, précisent-ils, «de réunir les conditions d'une information transparente et intelligible par tous les Breton.nes» et de «permettre l'écoute et la protection de journalistes qui viendraient à être inquiété.es pour leurs travaux».

Issus de la presse nationale, régionale et locale, les 300 signataires dénoncent la quasi-impossibilité d’informer librement sur l’industrie agroalimentaire dans la première région agricole de l’Hexagone.

PRESSIONS SUR LA PRESSE

«Des journalistes sont poursuivi.es en diffamation ou mis.es au placard pour leurs enquêtes, tandis que d'autres, précaires, peinent à retrouver des emplois. Des articles sont censurés, des sujets pas abordés de peur de fâcher les annonceurs, et des subventions municipales sont coupées, comme ce fut le cas pour une radio en pleine émission sur l'élevage intensif», détaille le courrier.

Ces accusations ne sont pas nouvelles. Voilà des décennies que la presse peine à travailler sur les impacts sanitaires et environnementaux de la production porcine bretonne, par exemple. En cause, l’omniprésence de l’industrie agroalimentaire dans la région.

Les 1.100 entreprises de l’agroalimentaire breton génèrent un volume d’affaires supérieur à 19 milliards d’euros, soit 12 % du chiffre d’affaires national du secteur. Et 22% du PIB régional. Avec 55.000 agriculteurs et 68.000 ouvriers et techniciens, la filière emploie 9% des actifs bretons………

CRITIQUES SOCIÉTALES

La réaction des journalistes fait écho à la montée des critiques sociétales, parfois violentes, portées contre le monde agricole. Un nombre croissant d’acteurs dénoncent certaines conditions d’élevage et d’abattage inacceptables, ainsi que la pulvérisation sans précaution de produits phytosanitaires.

Signée par plus d’un million de Français, la pétition Nous voulons des Coquelicots appelle à l’interdiction de tous les pesticides de synthèse. De son côté, la FNSEA fait état d’une hausse du nombre de violences contre les agriculteurs. Un message entendu par l’Etat.

Sous la pression des syndicats agricoles majoritaires (FNSEA et JA), le ministère de l’Intérieur a créé des observatoires des actes de malveillance subis par les agriculteurs. Rapidement baptisées «observatoires de l’agribashing», de telles cellules sont opérationnelles dans une vingtaine de préfectures, dont celles de Gironde, de la Drôme ou du Pas-de-Calais.

LES GENDARMES DEMETER

Depuis quelques mois, les agriculteurs favorables à une sortie de l’agriculture conventionnelle et les associatifs opposés aux pesticides reçoivent également la visite de gendarmes des cellules Demeter. Officiellement, les pandores ne viennent pas pour intimider ces empêcheurs d’épandre tranquille, mais pour détecter les «signaux faibles» de contestation.   

Pour détestables quelles soient, ces tensions risquent de s’exacerber. Les difficultés que connaissent nombre d’agriculteurs ont été accrues par les conséquences de la crise sanitaire. Or, la demande sociale pour un changement des pratiques agricoles risquent de se multiplier. La multiplication des appels à la construction de mondes d’après risquent de relancer les débats sur la fin du glyphosate.

Les stratégies européennes de protection de la biodiversité et de l'amélioration du système de production alimentaire, présentées la semaine passée, appellent à une baisse de l'usage des pesticides, un triplement des surfaces cultivées en bio et à une diminution de l'utilisation d'intrants azotés. De quoi conforter le syndrome de la forteresse assiégée dont souffrent, depuis des lustres, les responsables des syndicats agricoles majoritaires. Mais une heureuse surprise est toujours possible.

http://www.journaldelenvironnement.net/article/informer-sur-l-agroalimentaire-mission-impossible-en-bretagne,106329?xtor=EPR-9#email=aleflo@club-internet.fr

Partager cet article

Repost0

Recherche