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7 octobre 2014 2 07 /10 /octobre /2014 14:15

 

Paru dans le journal de l’environnement :

Alain Liébard: le corps des Mines ne veut pas des énergies renouvelables

Le 26 septembre 2014 par Valéry Laramée de Tannenberg

 

Architecte et chaud partisan des énergies renouvelables, Alain Liébard quitte la fondation Énergies pour le monde et Observ’ER, l’observatoire des énergies vertes. Avant de se vouer à l’enseignement de l’architecture, il jette un coup d’œil rétrospectif sur l’histoire française du déploiement des énergies décentralisées. Une histoire épique.

Après 40 années passées à la tête de la fondation énergies pour le monde et d’Observ’ER, vous tirez votre révérence. Quel regard portez-vous sur le développement des énergies renouvelables?

Objectivement, elles ne sont plus ce qu’elles étaient il y a encore 10 ans: ces énergies décentralisées deviennent une réelle alternative aux énergies centralisées.

 

Est-ce vrai partout?

Il existe certes des différences selon les régions. Mais avec le développement fantastique que connaissent le photovoltaïque et l’éolien, notamment, ces sources d’énergie sont en passe de gagner. Désormais, ce sont plus de 20% de l’énergie finale mondiale qui est produite par les renouvelables. C’est considérable. Ce qui m’intrigue, en revanche, c’est la raison pour laquelle nous sommes aussi mal traités en France.

 

Que voulez-vous dire?

On l’a trop souvent oublié, la France a souvent été en pointe dans le domaine des énergies renouvelables. On parlait de maisons solaires dès les années… 1940. Dans les années 1970, les pouvoirs publics ont lancé de grosses expérimentations dans le domaine des énergies solaire et éolienne. A la même époque, on a initié une importante filière industrielle du solaire thermique. Et puis, faute de suivi politique, tout cela s’est écroulé, -pour être relancé par la suite. Avec les fluctuation que l’on a vues ces dernières années.

 

Comment l’expliquez-vous?

Fondamentalement, il y a des gens en France qui ne veulent pas d’énergie renouvelable.

 

Vous pensez aux anti-éolien…

Pas seulement et ce ne sont pas eux qui posent le plus de problème. Il y a dans notre pays une caste, les ingénieurs des Mines, dont la carrière tourne autour des cabinets ministériels, des organismes étatiques (CRE, DGEC[1]…). Aussi brillants soient-ils, ces hauts fonctionnaires, parfois détachés dans des grandes entreprises plus ou moins liées à l’état (EDF, RTE…), sont formatés. La plupart d’entre eux ont une vision jacobine de l’énergie: tout doit être produit par de grandes installations. Le tout contrôlé par l’état. Cela laisse peu de place aux énergies renouvelables, décentralisées par nature.

 

C’est Vincent Jacques le Seigneur qui succède à Alain Liébard à la tête de la fondation Energies pour le monde et d’Observ’ER. Ancien journaliste, il a été conseiller technique de la ministre de l’environnement Dominique Voynet, avant de prendre la tête de l’Institut français de l’environnement (Ifen). Il est actuellement secrétaire général de l’Institut national de l’énergie solaire (Ines).

 

Tout de même, on a vu des ingénieurs des Mines favorables aux renouvelables, notamment ceux qui ont contribué aux programmes Thémis.

On en voit effectivement. Mais ils ne restent jamais très longtemps à des postes décisionnaires. De plus, ils sont ingénieurs, donc favorables aux expérimentations. Mais jamais à la massification des énergies renouvelables. Comment expliquer, sinon, les échecs des plans Eole 2005 ou du premier appel d’offres éolien en mer, de… 2006. Je pense aussi au plan Maison solaire de 1982 qui prévoyait la construction de 5.000 logements. On les attend toujours.

 

Il y a pourtant eu la loi Nome, la PPI de 2009…

Qui fixent des objectifs que la France ne tiendra pas. En grande partie parce que les membres de cette caste ont distillé depuis des années de petites décisions, des normes qui, individuellement, ne portent pas à conséquence, mais mises bout à bout bloquent véritablement le développement des filières renouvelables. Avec pour conséquence la destruction de 18.000 emplois ces dernières années et l’empêchement pour de grands groupes français de se positionner efficacement sur des marchés en pleine croissance, mais à l’étranger.

 

Les ingénieurs des Mines ne sont pas responsables de la crise financière, ni de la révolution imputable aux gaz de schiste américains.

Evidemment non. Mais si l’on regarde sur l’autre rive du Rhin, que constate-t-on? Que la transition énergétique a été lancée il y a une quinzaine d’années, parce qu’il y avait un consensus pour le faire. Aujourd’hui, l’Energiewende connaît des difficultés. Les autorités allemandes, qui ont d’abord fixé des objectifs considérables en matière d’éolien et de solaire, ajustent leur politique, en modifiant les tarifs d’achat. Les technologies deviennent de plus en plus compétitives, il est donc normal qu’elles soient moins aidées. C’est du réalisme. En France, on se fixe un objectif de 25.000 mégawatts éoliens et, dans la foulée, on établit des ZDE, des SRCAE, des SRRER[2], la règle des 5 mâts, des provisions pour le démantèlement des turbines, etc. En Allemagne, les décideurs, politiques et économiques, ont une vision à long terme. Ce n’est pas le cas ici.

 

Et pourtant, ça avance.

Oui, ces énergies de terroir deviennent compétitives par rapport aux modes classiques de production d’électricité. Et cela devrait bouleverser le paysage énergétique, même en France. Le projet de loi sur la transition énergétique va d’ailleurs dans le bon sens, en donnant la possibilité aux régions de s’investir davantage dans la production d’énergie.

 

Cela ne suffira pas.

Non, bien sûr. Ce qu’il faut comprendre, c’est que la transition énergétique n’est pas seulement le remplacement d’une énergie par une autre. Si l’on prend l’exemple d’une maison à énergie positive, son fonctionnement mobilise les expertises des maitres d’œuvre et d’ouvrage et de nombreux prestataires. C’est beaucoup plus complexe que de raccorder simplement un logement au réseau électrique, comme on le fait maintenant. Cette transition est un projet qui va changer la société, comme l’internet l’a fait il y a une décennie.

 

Pourtant, les politiques ne la considèrent pas comme un projet de société.

Effectivement. Ils confondent les avancées pour la société, comme le mariage pour tous, avec les projets de société, qui sont initiés par le progrès technique. De même qu’ils n’ont pas vu arriver la révolution digitale, ils passent totalement à côté du changement de paradigme énergétique que nous vivons.


[1] CRE: Commission de régulation de l’énergie. DGEC: Direction générale de l'énergie et du climat

[2] ZDE : zone de développement éolien. SRCAE : schéma régional climat air énergie. SRRER:schéma régional de raccordement au réseau des énergies renouvelables

http://www.journaldelenvironnement.net/article/alain-liebard-le-corps-des-mines-ne-veut-pas-des-energies-renouvelables,50430?xtor=EPR-9

 

 

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4 janvier 2011 2 04 /01 /janvier /2011 12:35

 

 

Article paru sur le blog NE77 :

 

 

Les habitants de 157 communes ne bénéficiaient toujours pas au 31 décembre 2009 d'une eau de qualité conforme aux normes. Parmi celles ci, 42 étaient toujours en restrictions d'usage ! voir la carte  http://nature.environnement.77.over-blog.com/ext/http://www.asmsn.org/Liens/carteEau.pdf

 

Si vous habitez l'une de ces communes, pensez à vérifier si l'information parait bien dans vos bulletins municipaux et si l'affichage en mairie est permanent et demandez à votre maire de fournir de l'eau en bouteilles aux personnes sensibles (femmes enceintes, nourrissons, jeunes enfants) qui ne doivent pas consommer cette eau

 

Lien vers l’article :

http://nature.environnement.77.over-blog.com/article-qualite-de-l-eau-en-seine-et-marne-encore-de-gros-progres-a-faire-64237011.html

 

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29 juillet 2010 4 29 /07 /juillet /2010 14:50

 

article paru dans le journal de l'environnement :


Energies vertes en Ile-de-France: un potentiel encore mal exploité

Le 21 juillet 2010 par Thérèse Rosset

La région parisienne se déclarait en 2009 « première éco-région » d’Europe. Abus de langage ou réalité ? La publication du rapport d’activité de l’Agence régionale de l’environnement et des nouvelles énergies (Arene) d’Ile-de-France permet de faire le point sur la situation énergétique francilienne. Les efforts pour diversifier les sources d’énergie sont appréciés des acteurs associatifs. Mais ils regrettent un manque de dynamisme de la part des collectivités.

L’Arene, crée en 1994, véritable « bras armé-environnement » du Conseil régional (subventionnée à 95% par ce dernier) consacre la plus grande partie de son action au secteur de l’énergie. Poste de travail essentiel lorsque l’on sait que l’Ile-de-France représente à elle seule 15% de la consommation d’énergie française.

La région francilienne ne cesse de réfléchir au développement des énergies renouvelables. Et l’Arene part régulièrement à la recherche des « bonnes pratiques » aux quatre coins de France, mais aussi d’Europe, dans le but d’appliquer ces méthodes innovantes en Ile-de-France.

«Nous travaillons avant tout sur la sobriété et l’efficacité énergétique par la sensibilisation avant de mettre en place des installations d’énergies renouvelables », explique Marie-Laure Falque Masset, chargée de mission Energie de l’Arene.

Animé par l’Agence, le Réseau d’observation statistique de l’énergie en Ile-de-France (ROSE) regroupe 12 institutions [1] qui mettent en commun leurs données de consommation énergétique. Objectif : mesurer l’impact des économies d’énergies.

L’Agence, qui travaille en étroite collaboration avec l’Ademe et les agences locales de l’énergie, s’enthousiasme du boom du photovoltaïque : + 64% entre septembre 2009 et mars 2010 dans la région. « Mais il ne faut oublier que l’on partait de très loin par rapport à d’autres régions », fait remarquer la chargée de mission. Cette explosion s’explique par les nombreuses mesures incitatives mises en place comme le crédit d’impôt ou le tarif d’achat élevé.

Le maire de Paris, Bertrand Delanoë, a annoncé l’objectif de 200.000 m² de panneaux solaires (équivalents à 20 mégawatts) installés d’ici 2014. « La ville dispose aujourd’hui seulement d’1 MW », rappelle Yannick Regnier, chargé de mission politique locale de l’énergie au Comité de liaison énergies renouvelable (Cler). Les associations sont persuadées que le photovoltaïque est un enjeu d’avenir, mais dans le long terme.

Il en va différemment de l’éolien, amené à se développer plus rapidement, à en croire Yannick Regnier. L’énergie éolienne produit 0,06 MW en Ile-de-France, autant dire quasi-rien. Jean-Louis Borloo, le ministre chargé de l’environnement a fixé l’objectif de 19.000 MW en France pour 2020, ce qui équivaudrait aux alentours de 800 MW par région. L’Ile-de-France est donc très loin du compte . « L’éolien n’a pas bonne presse dans la région, et rencontre plus d’oppositions que le solaire. Beaucoup de communes font preuve de conservatisme », regrette l’expert du Cler. L’Arene a pourtant remarqué un certain dynamisme des collectivités, qui cherchent à s’informer sur les possibilités de l’éolien urbain (hélice de petite taille placée sur le toit). «Il est certain que l’éolien ne représente pas le potentiel le plus élevé d’Ile-de-France », concède Marie-Laure Falque Masset.

« La géothermie est très adaptée à la région. Sa forte densité permet de rentabiliser les installations souterraines », estime Yannick Regnier, du Cler, qui affiche de grands espoirs. Cette énergie issue de la terre alimente déjà 7% des besoins en chaleur de la région (voir JDLE du 20 juillet ). Avec une trentaine de réseaux thermiques fournissant 150.000 équivalents logements, l’Ile-de-France est une des régions prometteuses (avec l’Aquitaine). En tout, 125 réseaux de chaleur (comprenant entre autre la géothermie, la combustion des déchets, ordures ménagères, …) sont en marche.

Si la production d’énergie hydraulique n’est pas adaptée à la géographie parisienne, il n’en va pas de même pour la biomasse, promue également à un bel avenir, selon le Cler. « Les forêts de la petite couronne offrent un potentiel », constate le chargé de mission énergie. La chaufferie au bois de Cergy-Pontoise (lancée en 2009), d’une capacité de 25 MW, est la plus grande de France. « Mais un plus gros effort reste à faire en matière de biomasse », conclut Yannick Regnier.

L’Arene, comme le Cler s’attendent à ce que ces questions évoluent suite à l’élection en mars dernier de la vice-présidente du conseil régional, Hélène Gassin (Europe Ecologie) « écologiste convaincue ».

lien vers l'article : http://www.journaldelenvironnement.net/article/energies-vertes-en-ile-de-france-un-potentiel-encore-mal-exploite,18268?xtor=EPR-9



[1] Conseil régional d'Île-de-France, ADEME, AIRPARIF, ARENE, CRCI, DRIRE, EDF, GDF SUEZ, IAU, SIGEIF, SIPPEREC, STIF



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9 mars 2009 1 09 /03 /mars /2009 11:09


QUELQUES SITES :

Généraliste : http://environnementdurable.net/



Seine et Marne : http://www.adeva-villebeon.org/

 

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