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4 novembre 2021 4 04 /11 /novembre /2021 15:27

Paru sur le site Reporterre

Méthanisation : faire plus petit, pour voir plus grand

Méthanisation : faire plus petit, pour voir plus grand

28 octobre 2021 à 15h23Mis à jour le 1er novembre 2021 à 18h14

Durée de lecture : 5 minutes

La biomasse agricole peut contribuer de façon efficace, économe et écologique aux objectifs de mix énergétique de la France, soutient l’auteur de cette tribune. Ne reste qu’à réguler la méthanisation et à valoriser l’énergie produite.

Dominique Potier est député PS de Meurthe-et-Moselle, spécialiste des questions agricoles et rurales.


 

La dérive que nous observons actuellement dans le développement de la méthanisation est un cas d’école de l’absence d’une ligne claire en matière de déploiement des énergies renouvelables dans notre pays. Elle illustre plus largement et de façon caricaturale le risque d’une incohérence entre les fins et les moyens dans l’action publique.

Portée par des pionniers aussi passionnés d’innovation que soucieux d’éthique, la méthanisation a été initialement pensée en vue de la valorisation énergétique de la biomasse issue notamment des effluents d’élevage [1], des déchets organiques de l’agroalimentaire, de la part fermentescible des déchets ménagers et des stations d’épuration, et de façon plus marginale de l’entretien des espaces verts et des accotements routiers.

Or, et de façon paradoxale, la géographie actuelle des méthaniseurs est relativement indifférente à celle de ces ressources, mais correspond largement à celle des entreprises disposant des capacités financières les plus importantes et à celle des réseaux de transport d’énergéticiens devant souscrire à l’obligation d’intégrer du gaz « vert ».

Un désordre écologique

Les conséquences sur nos territoires sont facilement observables :

  • une prédation de ressources qui fragilise au long cours notre sécurité alimentaire commune ;
  • une concurrence déloyale qui accélère le phénomène d’accaparement des terres par l’usage ou la propriété au détriment des systèmes de polyculture-élevage et du renouvellement des générations d’agriculteurs ;
  • un désordre écologique avec des effets incalculables sur la santé des sols, de l’eau, la biodiversité et enfin une inquiétude grandissante quant à l’impact logistique sur les infrastructures rurales.

Cette situation ubuesque est le fruit d’un déphasage absurde entre un niveau d’aide publique élevé (aide à l’investissement, tarif de rachat) et l’absence de contrôles effectifs des installations. L’État délivre des autorisations sans disposer ni des ressources humaines ni des instruments permettant de vérifier la réalité des intrants (ce qui entre dans le méthaniseur) et de l’épandage des digestats (ce qui sort du méthaniseur).

Un méthaniseur en Ille-et-Vilaine. © Julie Lallouët-Geffroy/Reporterre

Un méthaniseur en Ille-et-Vilaine. © Julie Lallouët-Geffroy/Reporterre

La méthanisation peut être bénéfique

Le temps est venu, au nom de l’intérêt général, de stopper cette dérive. En premier lieu, un éclairage est attendu de la science sur deux points : d’une part, évaluer si la jauge actuelle de 15 % de ressources alimentaires méthanisable est globalement soutenable et, d’autre part, quels sont les effets du développement exponentiel des cultures intermédiaires à vocation énergétique [les cultures que l’on peut mettre dans les méthaniseurs pour produire de l’énergie] sur les cycles de fertilité.

Deux voies complémentaires doivent ensuite être explorées afin que la biomasse agricole contribue de façon efficace, économe et écologique aux objectifs de mix énergétique de notre pays.

La première voie vise une normalisation des pratiques : une certification garantie par l’autorité publique, un niveau d’exigence des autorisations administratives d’installation proportionné aux enjeux environnementaux, une politique tarifaire sélective en faveur des projets les plus vertueux et enfin un minimum de planification à l’échelle, par exemple, des intercommunalités (SCOT).

Une seconde voie, plus radicale, mérite également d’être explorée. 70 000 unités de stockage des effluents d’élevage (fosses à lisier) ont été bâties à partir des années 1990 en application de la directive nitrate. C’est, à l’échelle nationale, une immense ressource quasiment inexploitée de 13,7 millions de tonnes de CO2 qui pourraient être valorisées en énergie.

« Une équation économique est possible, permettant de consolider le revenu des agriculteurs. »

Même à technologie constante, les retours d’expérience dont nous disposons nous enseignent que pour une part des élevages bovins et porcins, une équation économique est possible, permettant de consolider le revenu des agriculteurs, dès lors que l’énergie produite peut être valorisée. En effet, si ces effluents produisent moins d’énergie que certaines cultures, les investissements à réaliser sont en contrepartie sans commune mesure avec ceux du modèle actuellement dominant.

Sur le plan écologique, le bénéfice de cette économie circulaire et totalement décarbonée dans sa mise en œuvre permettrait d’atteindre un objectif majeur en matière de réduction des gaz à effet de serre en captant un méthane (CH4) dont les scientifiques du Giec et de l’Inrae nous rappellent son pouvoir de réchauffement vingt-cinq fois supérieur à celui du CO2.

Produire de l’énergie par la valorisation du méthane disponible, avec un meilleur partage de la valeur et en préservant intégralement notre sécurité alimentaire, serait de nature à sortir des controverses actuelles.

Un effort de recherche inédit devra, demain, viser une performance accrue de tels systèmes. Mais, dès aujourd’hui, il est essentiel pour le débat démocratique de mesurer le bénéfice social, économique et environnemental de la réorientation des crédits publics actuellement consacrés à la méthanisation vers une vision renouvelée de celle-ci.

Dans le cas de la méthanisation, comme pour toutes les autres énergies renouvelables, la construction d’une doctrine claire et une puissance publique jouant pleinement sa fonction régulatrice et d’aménagement du territoire serait de loin la meilleure alliée de l’entrepreneuriat et de l’initiative locale au service du bien commun.

 

https://reporterre.net/Methanisation-faire-plus-petit-pour-voir-plus-grand

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28 octobre 2021 4 28 /10 /octobre /2021 16:06

 

Paru sur le site « La Marne »

 

La méthanisation divise les agriculteurs en Seine-et-Marne

La Confédération paysanne d'Ile-de-France s'inquiète du fort développement des méthaniseurs et réclame un moratoire. Elle parle de "dérives".

Par Audrey GruazPublié le 28 Oct 21 à 7:13 

La méthanisation divise les agriculteurs en Seine-et-Marne

 

Rien qu’en Seine-et-Marne, 33 unités de méthanisation sont en fonctionnement ou sur le point de l’être selon la Confédération paysanne. (©RSM77)

 

 

Pour la Confédération paysanne d’Ile-de-France, les méthaniseurs sont un non-sens pour le monde de l’agriculture. Ses membres dénoncent l’utilisation de produits agricoles pour faire fonctionner ces méthaniseurs, « alors que la région Ile-de-France est très loin d’être autonome pour couvrir les besoins alimentaires de sa population ».

En Ile-de-France, 39 unités de méthanisation fonctionnent ou sont en projet. Et la Seine-et-Marne est championne en la matière avec 33 unités rien que pour notre département. Il faut dire qu’avec ses surfaces agricoles, la Seine-et-Marne a de quoi séduire les pro-méthanisation.

 

La méthanisation, un complément de revenu pour les agriculteurs

La Région Ile-de-France encourage l’installation de ces unités. Une façon de verdir l’image de l’Ile-de-France en produisant du biogaz et d’assurer un revenu de complément aux agriculteurs franciliens. La région cofinance en effet avec l’Ademe la création d’unités de méthanisation. Une stratégie adoptée dès 2015 et qui se poursuit.

 

La Seine-et-Marne se tourne vers la méthanisation

Avec ses grandes surfaces cultivées, la Seine-et-Marne a largement profité de l’opportunité de la méthanisation. Plusieurs dizaines d’unités de méthanisation fonctionnent et de nouveaux projets sont en cours d’élaboration chaque mois.

 

Comment ça marche ?

La méthanisation consiste dans un premier temps à valoriser des déchets organiques. Il s’agit notamment de déchets issus de cultures intermédiaires à vocation énergétique (CIVE), mais également de silos. Les agriculteurs récupèrent également des pulpes de betterave. Sur une année, près de 10 900 tonnes d’intrants peuvent ainsi être valorisées dans une usine.

C’est cette décomposition végétale qui permet la production de biogaz. Ce gaz naturel alimente en chauffage et en eau chaude des milliers d’habitants. Enfin, le digestat récupéré à la fin du processus de méthanisation sert d’engrais aux cultures des exploitants.

 

« Jeter des cultures alimentaires »

Mais pour la Confédération paysanne, les agriculteurs seraient incités à « jeter » dans leurs méthaniseurs des cultures tout à fait comestibles. « Le modèle prôné dans la région consiste à faire pousser des cultures alimentaires, à grand renfort d’engrais et de produits de synthèse, et à jeter directement la récolte dans les méthaniseurs pour produire du gaz » assurent les membres de la Confédération.

Une affirmation rejetée par les agriculteurs engagés dans ce processus de fabrication de biogaz. « Nous utilisons des sous-produits agricoles, le résidu de nos cultures. Et pour compenser entre deux récoltes, nous faisons pousser des CIVE en fonction de ce dont nos terres ont besoin afin de ne pas les appauvrir. Nous vivons de la terre et nous voulons que cela dure » explique Pierre, propriétaire d’un méthaniseur en Seine-et-Marne.

Devant le développement quasi exponentiel des méthaniseurs en Ile-de-France, et davantage encore en Seine-et-Marne, la Confédération paysanne réclame « la mise en place imminente d’un moratoire et la réalisation d’un premier bilan ». Pour ses membres, les méthaniseurs feraient peser un risque de « pollution des sites ». Ils dénoncent également les nuisances pour les riverains, et « des investissements de plusieurs millions d’euros » financés en grande partie par les pouvoirs publics.

https://actu.fr/societe/la-methanisation-divise-les-agriculteurs-en-seine-et-marne_46028733.html

 

 

 

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14 octobre 2021 4 14 /10 /octobre /2021 13:45

Sur cette commune de moins de 600 âmes 2 méthaniseurs de déchets se sont installés et une station de rebours GRDF pour renvoyer le gaz chez les autres, dans d’autres départements français si besoin.

 

En effet Marchémoret n’a pas besoin d’autant de gaz pour sa consommation personnelle et les villages voisins de Montgé en Goële, Cuisy, Rouvres…. ne sont pas raccordés au réseau du gaz de ville.

 

 

Nous nous pencherons aujourd’hui sur le cas du méthaniseur Plaines de France Energie.

Carte présentée à la préfecture dans le dossier cas par cas, complétée par Adenca aux endroits marqués d'une flèche

Carte présentée à la préfecture dans le dossier cas par cas, complétée par Adenca aux endroits marqués d'une flèche

 

Plaine de France Energie est un groupement de 3 associés qui vont exploiter un méthaniseur de déchets sur le territoire de Marchémoret, au lieudit La Crouillère, en face du hameau de Lessart.

Guillaume Thierry le président de cette société exploite la ferme de Chantemerle à Lagny le Sec dans l’Oise, les autres associés exploitent des fermes à Moussy le Vieux et Villeneuve sous Dammartin.

Avant de donner son autorisation la préfecture avait sollicité l’avis du conseil municipal de Marchémoret mais celui-ci n’a pas souhaité répondre, les populations apprécieront.

 

L’autorisation qui vient d’être accordée par le préfet Lionel Beffre porte sur un méthaniseur qui devrait utiliser 3 fois plus de déchets que le projet initial.

 

Pour nourrir le méthaniseur les déchets de cultures agricoles CIVE produites aux alentours ne suffiront pas. Les agriculteurs feront venir par camions des déchets de l’Oise et même de l’Aube, mais pas seulement des déchets de glycérine viendront des Yvelines.

 

Il faut bien comprendre que le département des Yvelines possède peu de méthaniseurs, il faut bien qu’ils envoient leurs déchets quelque part, pourquoi pas chez vous ?

 

Pour faire court l’entreprise chimique des Yvelines « Ecogras Service Dielix Sas », récupère des huiles de fritures alimentaires usagées pour les transformer en carburant dit « biodiesel » mais le processus produit aussi des déchets de glycérine dont l’industriel souhaite se séparer.

 

Une « opportunité » pour les exploitants de méthaniseur car la glycérine aurait, semble-t-il,  un impact favorable sur la production du biogaz.

 

Quant aux risques pour la population et l'environnement de l'épandage sur les terres agricoles des déchets de méthanisation (digestats) contenant éventuellement des résidus de ce produit,  pour l’instant il semblerait que peu d’études  se soient penchées sur le sujet ?

 

Lien vers l’arrêté préfectoral :

https://www.seine-et-marne.gouv.fr/Politiques-publiques/Environnement-et-cadre-de-vie/ICPE-carrieres/Enregistrement/MARCHEMORET-77230-societe-SAS-PLAINES-DE-FRANCE-ENERGIE-AP-ENREGISTREMENT-du-24-septembre-2021

 

pour aller plus loin :

http://adenca.over-blog.com/2021/04/marchemoret-des-dechets-d-une-industrie-chimique-des-yvelines-pour-nourrir-en-partie-le-methaniseur-de-plaine-de-france-energie-qu-e

 

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28 septembre 2021 2 28 /09 /septembre /2021 14:14
Augmentation de 57 % du prix du gaz en 2021 : le contribuable paye-t-il les avantages somptueux dont bénéficient les agriculteurs qui implantent un méthaniseur ?

 

 

 

Les agriculteurs encaissent

La population trinque ?

 

 

 

La double peine pour les finances des contribuables ?

 

L’argent de nos impôts utilisé pour :

  • Verser des subventions somptueuses pour « aider » les agriculteurs à implanter des méthaniseurs de déchets
  • L'achat par l’ETAT du biogaz aux agriculteurs 5 à 10 fois plus cher que le gaz naturel. (1)

 

Et en même temps l’augmentation du prix du gaz pour les particuliers de 57 % en 2021

 

 

 

Du côté subventions, en moyenne en IDF les agriculteurs qui implantent un méthaniseur perçoivent 800 000 € (du conseil régional IDF et de l’ETAT (Ademe), c’est le salaire brut mensuel de plus de 500 salariés payés au SMIC.

 

 

 

 

 

(1) Compte-rendu de la mi méthanisation :

Dans son audition du 12/5/2021 au Sénat Barbara Pompili indique :

« Aujourd'hui, l'État achète le biogaz cinq à dix fois plus cher que le gaz naturel. »

«  Près de 800 dossiers de nouveaux projets ont été déposés et ont fait l'objet d'un contrat d'achat de production de biogaz. Si ces projets se réalisent et si les installations correspondantes sont bel et bien construites et mises en service, nous dépasserons nos objectifs pour 2023, avec un engagement de l'État de 18 milliards d'euros, soit près de trois fois ce que nous mettons sur la table pour la stratégie hydrogène. »

http://www.senat.fr/compte-rendu-commissions/20210510/mi_meth.html

 

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20 septembre 2021 1 20 /09 /septembre /2021 17:54
La méthanisation un sujet qui fâche : les populations de Seine et Marne vont-elles devoir réduire leur consommation d’eau potable pour permettre aux agriculteurs d’arroser l'été les cultures CIVE pour « nourrir »  leurs méthaniseurs ?

Qu’est-ce qu’une culture CIVE ( culture intermédiaire à vocation énergétique) ?

 

C’est une culture qui n’est pas destinée à nourrir la population mais à « nourrir » un méthaniseur de déchets pour produire du gaz.

 

Produire du gaz pour les autres comme à Charmentray, Vinantes ou May en Multien des communes non raccordées au réseau de gaz de ville ou à Marchémoret (2 méthaniseurs) et Oissery (3 méthaniseurs), des communes qui n’ont pas besoin d’autant de gaz pour leur consommation personnelle.

 

Mais pour mener à bien leurs cultures CIVE les agriculteurs ont besoin de beaucoup d’eau à certaines périodes et notamment lorsqu’ils sèment des graines de maïs en plein été.

 

Pour exemple des agriculteurs ont demandé l’autorisation d’effectuer des forages sur les communes suivantes :

  • à Marchémoret 2 forages
  • à Coulombs en Valois 2 forages
  • à Chevry Cossigny
  • à Vinantes
  • à May en Multien
  • à Thieux
  • à Gesvres le Chapitre
  • à Plessis aux Bois
  • à Monthyon.

 

C’est soit pour fournir en eau un méthaniseur de déchets comme à Marchémoret, Coulombs en Valois et Chevry-Cossigny ou bien pour arroser, entre autres des "cultures variées" qui peuvent être de la CIVE.

 

 

 

Pourquoi s'en priver

l'eau d'un forage pour l'irrigation

ne coûte pas chère !

 

La redevance n'est pas due si la totalité des prélèvements annuels

est inférieure à 7 000 m3. (1)

 

soit la consommation annuelle moyenne  d'eau potable

d'une famille (2 adultes, 2 enfants)

pendant plus de 40 ans

 

 

(1) http://www.eau-seine-normandie.fr/les-aides-et-redevances/les-redevances/prelevement-pour-irrigation

 

 

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15 septembre 2021 3 15 /09 /septembre /2021 08:35
Nord 77 : Des méthaniseurs de déchets pour fournir du gaz aux autres

 

 

Pendant que de nombreux villages du nord 77 ne sont pas raccordés au réseau du gaz de ville comme : Rouvres, Montgé en Goële, Cuisy, Gesvres le Chapitre , Forfry, Marcilly, Douy la Ramée, Puisieux, Charmentray, St Mesmes, Vinantes, Le Plessis L’évêque, Le Plessis aux Bois, Nantouillet, Iverny….

 

le Conseil Régional IDF et l’ETAT utilisent l’argent de nos impôts pour verser des millions d’euros de subvention pour « aider » des agriculteurs à construire des méthaniseurs de déchets pour fournir du gaz aux autres.

 

Bénéficient de ces subventions, entre autres, des agriculteurs élus de communes rurales non raccordées au réseau du gaz de ville.

 

Comme pour le méthaniseur de Messy où certains des agriculteurs bénéficiaires de la subvention de 1 120  000 €  sont entre autres  respectivement maire du Plessis aux Bois et 1er adjoint au maire de St Mesmes, 2 communes non raccordées au gaz de ville.

 

Ou pour celui de Charmentray où l’un des agriculteurs bénéficiaire de la subvention de 800 000 €, est également le maire de cette commune non raccordée au gaz de ville.

 

Ou pour celui de St Soupplets où l’un des agriculteurs bénéficiaire de la subvention  de 850 000 € est également un conseiller municipal de Gesvres le Chapitre, une commune non raccordée au gaz de ville.

 

 

Des élus qui ont, semble-t-il, préféré demander des subventions pour satisfaire leurs intérêts personnels plutôt que de les solliciter pour permettre à leur population d’être raccordé au réseau de gaz de ville.

 

 

Paru dans le Journal « La Marne » :

Le gaz du nord Seine-et-Marne va alimenter le réseau national

Une installation de rebours vient de voir le jour à Marchémoret. L'objectif est de redirigeL’installation ne sera au maximum de ses capacités qu’à l’été prochain. (©Luc Marechaux/GRT Gaz)

 

 

Par Victor FernandezPublié le 1 Sep 21 à 11:25 

r le gaz produit localement vers le réseau national.

 

La Seine-et-Marne, championne de la méthanisation ? La construction d’un nouveau méthaniseur vient de débuter à Saint-Soupplets, et les projets de méthaniseurs se multiplient dans le département.

Une production de gaz au delà des besoins

La quantité de gaz produite est si importante qu’elle commence même à dépasser les besoins locaux à certaines périodes de l’année. L’été, la consommation diminue en raison du climat.

Pour ne pas perdre tout ce gaz produit, une installation de rebours a été mise en service par l’entreprise GRT Gaz à Marchémoret, depuis le début de l’été

« Elle ne sera pleinement opérationnelle que l’été prochain quand trois ou quatre projets de méthaniseurs supplémentaires auront abouti », prévient Rami Hariri, directeur territorial Ile-de-France Est de GRDF.

Deux réseaux de gaz distincts

« Le rebours permet de remonter le gaz du réseau de distribution jusqu’au réseau de transport national », explique Jennifer Do Couto, chargée de communication au sein de la délégation territoriale Val-de-Seine de GRT Gaz.

Le réseau gazier comporte en effet deux niveaux. Le gaz est tout d’abord transporté au niveau national sur de longues distances via le réseau de transport. Il est ensuite acheminé chez les particuliers via le réseau de distribution.

Remonter le gaz local vers le réseau national

Habituellement, le gaz voyage donc en sens unique du réseau de transport vers le réseau de distribution.

L’objectif de l’installation de rebours est de lui faire prendre le chemin inverse, pour que le gaz produit par les multiples méthaniseurs de Seine-et-Marne puisse alimenter d’autres foyers au niveau national.

« À première vue, cela peut paraître simple à faire mais en réalité cela implique des technologies assez complexes pour inverser le sens habituel de circulation du gaz », explique Jennifer Do Couto.

Le second rebours de Seine-et-Marne

Au niveau national, cinq rebours sont en service et 27 sont à l’étude ou en construction.

L’installation de Marchémoret est la seconde qu’accueille la Seine-et-Marne, une autre se trouvant à Mareuil-lès-Meaux. Selon l’Agence Régionale Climat d’Ile-de-France, la Seine-et-Marne compte 13 méthaniseurs en fonctionnement et 38 à l’état de projet.

Le département de Seine-et-Marne ambitionne de couvrir 75 % des besoins résidentiels locaux en gaz grâce à la méthanisation d’ici 2030, soit 2 500 GWh par an. L’installation de Marchémoret permettra, elle, de rediriger vers le réseau national l’équivalent de 557GWh de gaz par an, soit la consommation de 150 000 foyers se chauffant au gaz.

Des communes sans gaz

Si la production est supérieure aux besoins, c’est peut-être également car un certain nombre de communes seine-et-marnaises ne sont pas raccordées au gaz.

À proximité de Marchémoret, c’est par exemple le cas de RouvresMontgé-en-GoëleCuisyGesvres-le-Chapitre ou Forfry.

« Il y a des raisons historiques, explique Rami Hariri. Après la guerre, certaines communes ont été raccordées au gaz et d’autres non. Si le réseau passe dans une commune, il est possible pour la mairie de demander à être raccordée mais les procédures sont assez longues ».

Faute de pouvoir profiter du gaz produit à proximité par les méthaniseurs, ces communes devront donc se résigner à le voir s’échapper vers le reste de la France.

https://actu.fr/ile-de-france/marchemoret_77273/le-gaz-du-nord-seine-et-marne-va-alimenter-le-reseau-national_44534811.html

 

 

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8 septembre 2021 3 08 /09 /septembre /2021 14:23

 

Paru sur Ouest France :

 

Vendée. La pollution d’un cours d’eau jugée à La Roche-sur-Yon

La Fédération départementale de la pêche a déposé plainte contre l’entreprise Biogasyl des Herbiers pour la pollution d’un ruisseau. L’affaire a été jugée à La Roche-sur-Yon, ce jeudi 29 juillet.

Le 29 mars 2019, la gendarmerie, alertée par la Fédération départementale de pêche, est allée constater une pollution dans le ruisseau de Longuenais aux Herbiers. Elle proviendrait d’un débordement d’un fertilisant venant de l’unité de méthanisation Biogasyl. Basée à proximité du cours d’eau, l’entreprise collecte des déchets organiques et les transforme en biogaz. Les premiers éléments recueillis par la gendarmerie et l’office français de la biodiversité révèlent la présence d’un produit dans les profondeurs du ruisseau. De nombreux poissons sont morts. Une forte odeur est aussi constatée. La Fédération de pêche a porté plainte.

« Une faute humaine de surveillance »

L’entreprise était convoquée devant le tribunal de La Roche-sur-Yon, ce jeudi 29 juillet. Le responsable d’exploitation présent ce jour explique qu’un de ses employés, salarié depuis un an, « n’a pas bien surveillé une manœuvre de transfert d’un produit vers un autre bassin. Celui-ci a débordé ». Il reconnaît « une faute de surveillance, mais aussi l’absence de consignes écrites ». Selon la Fédération de pêche, près de 60 m3 de produits se seraient ainsi écoulés dans le ruisseau.

Le responsable de Biogasyl après avoir contesté la mort des poissons, est revenu sur ces propos. « Il y a eu confusion. Moi, j’ignorais cette mortalité, contrairement à l’entreprise ». Du côté, de la Fédération de pêche, on s’étonne de l’absence de consigne écrite. Le responsable de l’usine répond : « Nous sommes une petite structure avec trois salariés. Les consignes se faisaient par oral, c’était plus simple. »

L’entreprise mise en demeure par la préfecture

Mais l’avocat de la partie civile note « que Biogasyl fait partie d’un groupe allemand, d’environ 80 000 salariés » et rappelle qu’« aucune disposition n’a été prise, alors qu’un fait similaire s’était produit en 2017 ».

Depuis le dernier accident, la préfecture a mis en demeure la société afin qu’elle inscrive noir sur blanc les consignes de sécurité. Pour l’avocat de la défense, « Les consignes écrites n’auraient pas empêché le manque de vigilance de l’employé ». Ce dernier a, depuis, été licencié pour faute grave.

La procureure de la République estime que « l’infraction est caractérisée par l’enquête de l’office français de la biodiversité. » Elle requiert 8 000 € dont 2 000 € avec sursis d’indemnité pour la Fédération départementale de pêche, qui elle, réclame 20 000 €. De son côté l’avocat de la défense avance plutôt la somme de 5 000 €. La délibération sera rendue le 7 octobre 2021 en attendant une contre-expertise.

https://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/les-herbiers-85500/vendee-la-pollution-d-un-cours-d-eau-jugee-a-la-roche-sur-yon-a564058a-f074-11eb-9dfd-b6d2c08f691c

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30 août 2021 1 30 /08 /août /2021 15:08
carte de la CCPMF

carte de la CCPMF

Faute d’aides suffisantes allouées par le Conseil Régional IDF et l’ETAT les habitants de la CC Plaines et Monts de France ont vu ces dernières années le prix de leur taxe foncière et de leur eau potable augmenter.

 

Aujourd’hui pour faire face à ses engagements la CC Plaines et Monts de France est obligée de renégocier la durée de ses prêts (5 ans supplémentaires), d’où des pénalités et une charge supplémentaire pour les habitants. (1)

 

7.5 millions d’euros  de subventions

 alloués

à une poignée d’agriculteurs 

soit plus de la moitié du budget principal de fonctionnement (2)

pour 2020

de votre communauté de communes !

 

 

Pendant ce temps le Conseil Régional IDF et l’ETAT ont utilisé l’argent de vos impôts pour accorder dans les villages ruraux de la CC Plaines et Monts de France des subventions à la pelle à une poignée d’agriculteurs  pour les « aider » à financer 8 méthaniseurs.

 

  • 3 à Oissery
  • 2 à Marchémoret
  • 1 à Messy
  • 1 à Charny
  • 1 à Vinantes et 1 à Charmentray (sur 2 communes qui ne sont même pas raccordées au gaz de ville)

 

 

La question du jour :

 

Considérez-vous que le Conseil Régional IDF et l’ETAT utilisent bien l’argent de vos impôts ?

 

(1) http://www.cc-pmf.fr/images/deliberations/2020_03_02_CR.pdf

(2) http://www.cc-pmf.fr/images/deliberations/CR_CC_2021_05_31_.pdf

 

 

pour aller plus loin : http://adenca.over-blog.com/2018/03/communaute-de-communes-plaines-et-monts-de-france-l-addition-est-salee-pour-les-23-500-habitants.html

 

 

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17 août 2021 2 17 /08 /août /2021 15:11

 

Extrait article paru sur le site le Monde :

 

En Bretagne, les projets de méthanisation suscitent de plus en plus de crispations

 

Dans la première région agricole de France, les unités de méthanisation agricole ont poussé comme des champignons depuis cinq ans. Aujourd’hui, les critiques se multiplient.

Par Nicolas Legendre(Rennes, correspondant)

Publié aujourd’hui à 04h44, mis à jour à 05h24 

 

 

« C’est l’énergie renouvelable la plus subventionnée, avec une approche complètement erronée de l’intérêt agroécologique. C’est grotesque, énorme, une hérésie ! Ça finira de façon scandaleuse. » Olivier Allain n’a pas de mots assez forts pour fustiger la méthanisation agricole, procédé consistant à transformer lisiers, fumiers, matières végétales et résidus agroalimentaires en énergie. Il y a quelques années pourtant, le « monsieur agriculture » d’Emmanuel Macron durant la campagne présidentielle de 2017, vice-président de la région Bretagne chargé de l’agriculture de 2015 à 2021, considérait cette technologie comme prometteuse. Mais l’éleveur costarmoricain, qui a exercé des responsabilités à la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA), a changé d’avis. Le développement rapide de la filière, sous perfusion d’argent public, et son impact sur le monde agricole ont eu raison de son enthousiasme. Il n’est pas le seul à s’alarmer.

 

Dans la première région agricole de France, les unités de méthanisation, infrastructures massives et coûteuses, souvent adossées à des fermes de grande taille ou exploitées par de grandes coopératives, voire par des collectivités locales, ont poussé comme des champignons depuis cinq ans. Les organisations professionnelles concernées en recensent 153 actuellement en fonctionnement, contre moins d’une dizaine il y a dix ans. En outre, 130 projets sont en cours d’étude. A l’origine du phénomène : un alignement des planètes économiques et politiques favorables.

 

Au milieu des années 2010, le gaz « vert » est présenté par de nombreuses entreprises énergétiques, ainsi que par l’Etat et la FNSEA, comme une solution à de nombreux maux. Il doit permettre de diversifier le bouquet énergétique français, et donc d’atténuer la dépendance envers d’autres pays. Il est aussi censé contribuer à diminuer les quantités d’effluents d’élevage épandus sur les sols, principaux responsables des trop-pleins de nitrates dans les masses d’eau – alors que ce procédé de dégradation des matières organiques en milieu fermé conserve l’azote, les nitrates donc, et le phosphore. Il doit enfin fournir aux paysans concernés des revenus complémentaires, dans un contexte de crises agricoles à répétition, alors que les prix d’achat de la viande, des céréales et autres produits laitiers sont compressés par l’agro-industrie et la grande distribution.

 

Risques environnementaux

Avec ses 110 millions d’animaux d’élevage et ses 1 500 établissements agroalimentaires, la Bretagne apparaît comme un eldorado. L’Allemagne, où la méthanisation a fait florès dès le début des années 2000, est alors citée comme exemple – depuis, le procédé y a été largement critiqué et son développement a été freiné par l’Etat. La France, elle, ouvre les vannes à partir de 2013. Les gouvernements successifs simplifient les procédures et subventionnent les infrastructures. Les tarifs de rachat du « biogaz », garantis par des contrats de quinze ans, oscillent entre 64 euros et 139 euros par mégawatt/heure, soit cinq à dix fois le coût moyen du gaz naturel en provenance de Norvège, de Russie, des Pays-Bas ou d’Algérie, principaux fournisseurs du marché de gros français....

https://www.lemonde.fr/planete/article/2021/08/17/en-bretagne-les-projets-de-methanisation-suscitent-de-plus-en-plus-de-crispations_6091612_3244.html

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17 août 2021 2 17 /08 /août /2021 14:24

 

 

Paru sur le site "La Marne" :

 

La méthanisation menace les animaux sauvages en Seine-et-Marne

 

En Seine-et-Marne, pourra-t-on préserver les animaux sauvages, menacés par les fauchages pour la méthanisation ?

La méthanisation menace les animaux sauvages en Seine-et-Marne

La méthanisation met en danger beaucoup d’animaux sauvages en Seine-et-Marne. La Fédération des chasseurs propose des solutions pour atténuer les dommages. (©Rob Sweers-patrijzen)

 

Par Bénédicte de ChivréPublié le 15 Août 21 à 19:33 

 

 

 

La Seine-et-Marne possède déjà quinze installations de méthanisation, et ce nombre va augmenter.

Le gaz vert, prôné par une partie des écologistes, a ses revers : celui notamment de décimer les animaux sauvages qui vivent en plaine.

 

En effet, l’alimentation en végétaux des méthaniseurs cause de graves dommages à la faune sauvage.

 

Les animaux sauvages décimés dans les plaines de Seine-et-Marne

La faune sauvage des plaines de Seine-et-Marne va payer un lourd tribut à la méthanisation.

En Seine-et-Marne, deux espèces emblématiques, la perdrix et le lièvre, en font les frais. Mais les renards, les sangliers, les faons seront également touchés.

« Les chasseurs retrouvent des cadavres broyés », constate Jérôme Thomas, responsable communication à la Fédération des chasseurs de Seine-et-Marne.

La Fédération des chasseurs de Seine-et-Marne va lancer des études de comptage pour évaluer les dégâts. « Nous allons survoler avec des drones pour compter les animaux avant le fauchage, ceux tués et ceux sauvés ».

 

Les cultures pour la méthanisation fauchées au plus mauvais moment

La plupart des méthaniseurs sont alimentés par des résidus végétaux et par des cultures intermédiaires « à vocation énergétique » (CIVE).

La première fauche intervient en pleine période de nidification, en juin.

Jérôme ThomasFédération de chasse de Seine-et-Marne.

 Tous les oiseaux de plaine sont touchés, mais la perdrix grise est plus affectée que le faisan, par exemple, car ce dernier a la possibilité de refaire son nid dans la saison. L’alouette des champs et le courlis (œdicnème criard) sont aussi très concernés.

 

Des cultures pour compenser

La Fédération des chasseurs de Seine-et-Marne préconise que chaque exploitant impliqué dans la méthanisation mette en place des cultures de compensation où les petits animaux pourront se réfugier.

Pour ce couvert qui aura un intérêt pour la faune et la flore, ce sera l’agriculteur qui fixera le prix, car c’est une perte de surface pour ses cultures.

La mise à disposition des parcelles devrait coûter aux chasseurs entre 400 € et 800 € par an et par hectare, une somme à laquelle s’ajoutent les semences.

Ces parcelles seront implantées plutôt au milieu de la plaine. « Si on a des insectes dans ces parcelles, on pense que les animaux suivront et s’y installeront ».

180 ha de cultures d’intérêt faunistique et floristique (CIFF) ont été installées en 2021 dans le département, entièrement financées par les chasseurs pour un coût moyen de 600 € l’hectare.

 

La plantation de haies continue

Par ailleurs, la Fédération de chasse continue de planter des haies. Pionnière en la matière, elle a une démarche très pragmatique : « on fait des zones pilotes, et on montre les résultats », conclut Jérôme Thomas.

Loin de dénigrer les agriculteurs, il souligne que ce qui se joue est la conséquence de la mondialisation et de la course à la productivité à laquelle le monde agricole est confronté.

 

https://actu.fr/societe/la-methanisation-menace-les-animaux-sauvages-en-seine-et-marne_44157718.html

 

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