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2 août 2020 7 02 /08 /août /2020 17:20
2.8.2020 14 h Messy

2.8.2020 14 h Messy

 

Paru sur le site de la préfecture 77 :

Mesures de limitation des usages de l'eau

Mise à jour le 30/07/2020

Situation climatique des rivières et des nappes d’eau souterraine
Mesures de restrictions et de vigilance

La semaine qui vient de s’écouler a été, comme les précédentes, chaude et sèche. La nuit de samedi à dimanche a été légèrement pluvieuse, mais sans amélioration réelle concernant la sécheresse en cours. Plusieurs stations météorologiques du bassin pourraient enregistrer leurs cumuls les plus faibles pour un mois de juillet. En effet, aucune pluie (ou très peu) n’est annoncée pour la semaine à venir, avec des températures très élevées certains jours.

La situation est quasi semblable à celle de l’année 2019 à la même époque, et elle va encore se dégrader d’un point de vue hydrologique, avec des débits toujours à la baisse……

http://www.seine-et-marne.gouv.fr/Politiques-publiques/Environnement-et-cadre-de-vie/Eau/Gestion-de-crise/Secheresse/Mesures-de-limitation-des-usages-de-l-eau

2.8.2020 14h Messy

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31 juillet 2020 5 31 /07 /juillet /2020 21:29

Paru dans le journal de l’environnement :

Néonicotinoïdes: le gouvernement sous pression des betteraviers

Le 30 juillet 2020 par Romain Loury

 

Frappée par une rare crise de jaunisse, maladie véhiculée par des pucerons, la filière betteravière exhorte le ministre de l’agriculture de lui accorder le droit d’employer des néonicotinoïdes. Problème: ces pesticides, nocifs pour les pollinisateurs, sont interdits depuis septembre 2018.

 

En vertu de la loi biodiversité d’août 2016, les néonicotinoïdes (par ailleurs aussi interdits au niveau européen) ne sont plus autorisés en France depuis septembre 2018, en raison de leur impact avéré sur les pollinisateurs. Quelques rares exceptions subsistent sur des usages pour lesquels l’Anses, dans son volumineux rapport de mai 2018, n’avait pas identifié d’alternatives.

Parmi ces exceptions ne figure pas la betterave. Or c’est tout l’enjeu du bras de fer qui se joue depuis quelques semaines, suite à la forte poussée de jaunisse que connaît la culture de betteraves cette année. Liée à des virus véhiculés par le puceron vert du pêcher (Myrzus persicae), cette crise, sans précédent depuis 15 ans, est liée à la pullulation de ces insectes, suite à un hiver doux.

 

FORTE BAISSE DE PRODUCTION EN VUE

Une fois introduit dans la plante, le virus a pour effet de bloquer la photosynthèse, ce qui se manifeste par un jaunissement des feuilles. La production de sucres par la plante est fortement freinée, ainsi que la croissance de la racine récoltée.

Selon un bilan publié le 20 juillet par l’Association interprofessionnelle de la betterave et du sucre (AIBS), la production devrait baisser «d’au moins 40% dans les zones les plus touchées». Si la maladie progresse partout, elle connaît un fort gradient nord-sud: dans la région Centre (sud de la zone betteravière), entre 80% et 100% des surfaces sont touchées, contre 1% à 5% dans le Nord et le Pas-de-Calais, 5% à 10% dans les départements alsaciens. La production nationale de sucre pourrait baisser de 580.000 à 840.000 tonnes en 2020, estime l’AIBS.

Pour se prémunir de la jaunisse, les betteraviers recouraient jusqu’en 2018 à l’enrobage des semences par les néonicotinoïdes, en particulier le thiamétoxam et l’imidaclopride -98% des surfaces françaises étaient traitées, selon l’Anses. La plante étant ainsi protégée de manière systémique, les producteurs avaient rarement besoin de recourir à des insecticides d’application foliaire.

 

LA RÉPONSE AMBIGUË DU GOUVERNEMENT

Or du fait de l’hiver clément, les pucerons sont survenus d’emblée en grand nombre, cinq semaines avant les coccinelles qui s’en repaissent. Face aux dégâts, la Convention générale des planteurs de betteraves (CGB, affiliée à la FNSEA[i]) est montée au front, demandant au ministère une dérogation afin que les betteraviers puissent de nouveau employer des néonicotinoïdes –comme d’autres pays européens, par exemple la Belgique, la Pologne ou l’Autriche.

Si les néonicotinoïdes ne seront, en raison de leur modalité d’application, d’aucun secours cette année, la campagne bat son plein sur les réseaux sociaux, sous le hashtag #LaBetteraveEnPéril. Mercredi 29 avril, la CGB a livré une conférence de presse en présence de dirigeants des conseils régionaux concernés (Hauts-de-France, Grand-Est, Ile-de-France, Normandie).

Face à cette levée de bouclier, le nouveau ministre de l’agriculture, Julien Denormandie, avait assuré, mardi 28 juillet devant l’Assemblée nationale, que «jamais, jamais, jamais, [il] n’abandonnera[it]» la filière betteravière.

Le ministre s’est en revanche montré ambigu quant à une éventuelle dérogation. «On a un double choix: on change la loi [pour réautoriser les néonicotinoïdes, ndlr] ou on met une filière avec énormément de soutien financier, ce sur quoi nous travaillons avec le Premier ministre (…)», a déclaré Julien Denormandie.

Déplorant la «réponse pas très claire» du ministre, le directeur de Générations futures, François Veillerette, estime auprès du JDLE qu’«un retour en arrière serait extraordinaire. On pensait que le dossier était clos». Selon lui, il s’agit d’«une grosse manipulation des betteraviers et de plusieurs régions, pour faire plier le nouveau ministre de l’agriculture», tout juste nommé début juillet.

Interrogée par le JDLE sur l’éventualité d’un soutien financier, mais sans dérogation sur les pesticides, l’AIBS estime que «sans solution technique sérieuse, cela ne marchera pas. Ce n’est pas ça qui va rassurer les producteurs», dont nombre songeraient à se détourner de la betterave de crainte d’une nouvelle crise.

UNE SEULE ALTERNATIVE CHIMIQUE, SELON L’ANSES

Au-delà des difficultés rencontrées cette année par la filière, pourquoi l’Anses a-t-elle interdit l’emploi de néonicotinoïdes sur les betteraves s’il n’existe aucune alternative, comme l’affirment les betteraviers (qui s’étaient d’emblée érigés contre l’interdiction de 2018)? En fait, il en existe au moins une, de nature chimique, le mélange d’un pyréthrinoïde (la lambda-cyhalothrine) et d’un carbamate (le pirimicarbe), selon le rapport de mai 2018.

Interrogé à ce sujet, Vincent Laudinat, directeur de l’Institut technique de la betterave (ITB[ii]), reconnaît qu’il existe «quelques produits», mais ils ont une «durée d’action courte, comprise entre 8 et 14 jours, ce qui fait qu’on peut louper des créneaux de traitement», indique-t-il. Et ce à la différence des néonicotinoïdes, dont il suffit juste d’enrober les semences.

Résultat: le coût de traitement est «multiplié par quatre, et la filière est en très fort péril», explique Vincent Laudinat, qui précise que l’ITB «n’a jamais conseillé ces produits». De plus, 100% des pucerons seraient désormais résistants aux pyréthrinoïdes, 50% à 60% aux carbamates, affirme-t-il. Ce qui, selon lui, n’était pas le cas avant l’arrivée des néonicotinoïdes dans les années 1990.

Cette assertion va toutefois à l’encontre du rapport de l’Anses, selon lequel le mélange pyréthrinoïdes/carbamates serait justement moins à risque de résistances que les néonicotinoïdes. Ce rapport «repose sur une science qui n’était probablement pas celle des dernières publications», avance le directeur de l’ITB –l’institut a lui-même participé à la rédaction du rapport de l’Anses, note-t-on.

 

DES RECHERCHES EN COURS

L’agence évoquait par ailleurs des pistes non chimiques de lutte contre les pucerons, telles que des méthodes génétiques, culturales ou biologiques (par micro-organismes ou macro-organismes), mais aucune n’est encore opérationnelle. La sélection génétique se heurte par exemple au fait que la jaunisse est liée à au moins quatre virus différents, issus de trois familles virales, explique Vincent Laudinat.

Autre possibilité, agir non pas sur la résistance virale, mais sur l’apparence de la plante, par exemple en accroissant la dureté ou la couleur de la feuille, ou sur la présence de poils, afin d’en détourner les pucerons. Parmi les autres approches étudiées par l’ITB, «une refonte du paysage», en favorisant «un équilibre naturel qui permettrait de contrôler la présence de pucerons».

En l’attente de ces solutions, la filière n’aurait pas d’autre choix, dans l’immédiat, que de recourir aux néonicotinoïdes, juge le directeur de l’ITB, qui appelle à «une dérogation très particulière, très encadrée» pour une durée de cinq ans. «Pour la filière, c’est la seule réponse aujourd’hui», indique-t-il.

 

UN RISQUE FAIBLE?

Quant au risque pour les pollinisateurs d’une application restreinte aux betteraves, Vincent Laudinat l’estime faible. Semées en mars, récoltées en octobre-novembre, ces plantes bisannuelles ne produisent des fleurs que tous les deux ans - les producteurs les récoltent avant qu’elles aient le temps de produire de fleurs. De plus, il s’agit d’une plante anémophile (pollinisée par le vent), peu attractive pour les insectes pollinisateurs.

Si les betteraves ont autant de succès avec les pollinisateurs qu’à la cantine, la forte rémanence environnementale des néonicotinoïdes pose clairement problème, rappelle François Veillerette. Une fois dans le sol, ces pesticides peuvent imprégner les cultures suivantes, qui peuvent être attractives pour les abeilles (comme le colza), ou tout simplement les plantes en bordure de parcelle.

«Dans 95% des cas, la succession repose sur une céréale non attractive l’année suivante, et nous conseillons même de ne pas replanter la même parcelle en betterave avant l’année N+3», rétorque Vincent Laudinat. Dans sa dérogation, la Belgique oblige ainsi de ne pas faire suivre une culture de betterave par celle d’une espèce attractive pour les pollinisateurs.

 

LA CHIMIE COMME RÉPONSE UNIVERSELLE

Selon François Veillerette, l’enrobage de semences par les néonicotinoïdes constitue «le degré zéro de l’agriculture. Il faut d’abord faire de la prévention, puis de la surveillance. Au lieu de cela, [les producteurs] s’en remettent complètement à la chimie. Ce genre de traitement d’assurance [qui consiste à enrober des semences sans savoir à l’avance quelle sera la pression de pucerons, ndlr] n’est plus possible. Il faut avoir une autre vision, ne pas penser pesticide dès qu’on a un problème».

Pour le directeur de Générations futures, cette demande de dérogation «n’est pas motivée par l’urgence. S’il ne s’agit que d’un soutien financier, ce serait plutôt une bonne chose. Mais il faudrait d’abord s’interroger sur les conditions de culture de la betterave. Avec ce système de culture intensive, la biodiversité n’existe plus. Et les bestioles qui y demeurent sont plutôt solides».

 


[i] Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles

[ii] L’ITB est l’un des 18 instituts techniques agricoles fédérés sous la bannière de l’Association de coordination technique agricoles (ACTA)

 

http://www.journaldelenvironnement.net/article/neonicotinoides-le-gouvernement-sous-pression-des-betteraviers,108388?xtor=EPR-9#email=aleflo@club-internet.fr

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7 juillet 2020 2 07 /07 /juillet /2020 09:40
caricature humoristique de l'un de nos adhérents

caricature humoristique de l'un de nos adhérents

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27 mai 2020 3 27 /05 /mai /2020 13:43

 

Paru dans le Journal de l’environnement, pour extrait :

 

 

Informer sur l’agroalimentaire: mission impossible en Bretagne?

Le 26 mai 2020 par Valéry Laramée de Tannenberg

Ne pas évoquer les problèmes n'aidera pas à les résoudre.

Une pétition signée par 300 journalistes souligne l’impossibilité d’informer sereinement sur l’industrie agroalimentaire en Bretagne. Un mouvement inédit qui intervient sur fond de contestation des pratiques de l’agriculture conventionnelle.

C’est une drôle de pétition qui circule sur les réseaux sociaux. Dans cette lettre ouverte, les auteurs demandent au conseil régional de Bretagne «de contribuer à la création d'un observatoire régional des libertés de la presse».

Il s'agit, précisent-ils, «de réunir les conditions d'une information transparente et intelligible par tous les Breton.nes» et de «permettre l'écoute et la protection de journalistes qui viendraient à être inquiété.es pour leurs travaux».

Issus de la presse nationale, régionale et locale, les 300 signataires dénoncent la quasi-impossibilité d’informer librement sur l’industrie agroalimentaire dans la première région agricole de l’Hexagone.

PRESSIONS SUR LA PRESSE

«Des journalistes sont poursuivi.es en diffamation ou mis.es au placard pour leurs enquêtes, tandis que d'autres, précaires, peinent à retrouver des emplois. Des articles sont censurés, des sujets pas abordés de peur de fâcher les annonceurs, et des subventions municipales sont coupées, comme ce fut le cas pour une radio en pleine émission sur l'élevage intensif», détaille le courrier.

Ces accusations ne sont pas nouvelles. Voilà des décennies que la presse peine à travailler sur les impacts sanitaires et environnementaux de la production porcine bretonne, par exemple. En cause, l’omniprésence de l’industrie agroalimentaire dans la région.

Les 1.100 entreprises de l’agroalimentaire breton génèrent un volume d’affaires supérieur à 19 milliards d’euros, soit 12 % du chiffre d’affaires national du secteur. Et 22% du PIB régional. Avec 55.000 agriculteurs et 68.000 ouvriers et techniciens, la filière emploie 9% des actifs bretons………

CRITIQUES SOCIÉTALES

La réaction des journalistes fait écho à la montée des critiques sociétales, parfois violentes, portées contre le monde agricole. Un nombre croissant d’acteurs dénoncent certaines conditions d’élevage et d’abattage inacceptables, ainsi que la pulvérisation sans précaution de produits phytosanitaires.

Signée par plus d’un million de Français, la pétition Nous voulons des Coquelicots appelle à l’interdiction de tous les pesticides de synthèse. De son côté, la FNSEA fait état d’une hausse du nombre de violences contre les agriculteurs. Un message entendu par l’Etat.

Sous la pression des syndicats agricoles majoritaires (FNSEA et JA), le ministère de l’Intérieur a créé des observatoires des actes de malveillance subis par les agriculteurs. Rapidement baptisées «observatoires de l’agribashing», de telles cellules sont opérationnelles dans une vingtaine de préfectures, dont celles de Gironde, de la Drôme ou du Pas-de-Calais.

LES GENDARMES DEMETER

Depuis quelques mois, les agriculteurs favorables à une sortie de l’agriculture conventionnelle et les associatifs opposés aux pesticides reçoivent également la visite de gendarmes des cellules Demeter. Officiellement, les pandores ne viennent pas pour intimider ces empêcheurs d’épandre tranquille, mais pour détecter les «signaux faibles» de contestation.   

Pour détestables quelles soient, ces tensions risquent de s’exacerber. Les difficultés que connaissent nombre d’agriculteurs ont été accrues par les conséquences de la crise sanitaire. Or, la demande sociale pour un changement des pratiques agricoles risquent de se multiplier. La multiplication des appels à la construction de mondes d’après risquent de relancer les débats sur la fin du glyphosate.

Les stratégies européennes de protection de la biodiversité et de l'amélioration du système de production alimentaire, présentées la semaine passée, appellent à une baisse de l'usage des pesticides, un triplement des surfaces cultivées en bio et à une diminution de l'utilisation d'intrants azotés. De quoi conforter le syndrome de la forteresse assiégée dont souffrent, depuis des lustres, les responsables des syndicats agricoles majoritaires. Mais une heureuse surprise est toujours possible.

http://www.journaldelenvironnement.net/article/informer-sur-l-agroalimentaire-mission-impossible-en-bretagne,106329?xtor=EPR-9#email=aleflo@club-internet.fr

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16 avril 2020 4 16 /04 /avril /2020 18:07

 

Paru sur le site Reporterre :

 

Pendant le confinement, les épandages de pesticides autorisés près des habitations

Durée de lecture : 7 minutes

6 avril 2020 Marie Astier (Reporterre)
Le ministère de l’Agriculture a permis que les distances de sécurité entre les habitations et les pulvérisations de pesticides soient réduites au minimum possible, dès le début de la saison des épandages. Le tout sans concertation, crise sanitaire due au Covid-19 oblige.

En ce printemps, il n’y a pas que le coronavirus qui essaime. Les plantes aussi se multiplient, et les agriculteurs sortent semences, tracteurs, fertilisants (qui seraient, selon certains, responsables d’une pollution aggravant les effets du Covid 19)... et bientôt pesticides.

Le gouvernement n’a pas décidé de les confiner, au contraire. Par une série de décisions, notamment justifiées par la crise sanitaire due au Covid-19, le ministère de l’Agriculture a permis que les distances de sécurité entre les habitations et les pulvérisations de pesticides soient réduites au minimum possible, dès le début de la saison des épandages. Et ce sans concertation, comme c’était prévu au départ.

Pour rappel, après un intense débat, le gouvernement avait adopté fin décembre un arrêté définissant ces « zones de non traitement ». Les distances entre les épandages de pesticides et les limites de propriété des habitations bordant les champs avaient été fixées à :

  • dix mètres pour les cultures hautes tels que les arbres fruitiers ou les vignes ;
  • cinq mètres pour les autres cultures comme les grandes cultures (blé, maïs, colza, légumes, etc.),
  • vingt mètres, quel que soit le type de culture, pour les substances les plus dangereuses.

Adopté en même temps, un décret demandait à chaque département d’adopter des « chartes d’engagements des utilisateurs ». Une fois adoptées, elles permettent la réduction de ces distances à :

  • cinq mètres pour les vignes et l’arboriculture,
  • trois mètres pour les autres cultures,
  • les vingt mètres restant de rigueur pour les substances les plus dangereuses.

Le tout à condition que les agriculteurs utilisent des « systèmes anti-dérive » (épandeurs plus précis).

 

Ces distances (réduites ou pas) avaient été considérées comme largement insuffisantes par les associations environnementales et de riverains. Mais le gouvernement a décidé de permettre aux agriculteurs d’appliquer les distances réduites avant même l’adoption des chartes. Ce alors que ces documents sont censés être discutés et adaptés au contexte local, et que leur contenu final ne devrait donc pas être connu à l’avance. L’affaire s’est passée en deux temps.

« Tout est fait pour appliquer le minimum réglementaire sous couvert de dialogue »

Tout d’abord, une circulaire du 3 février 2020, passée relativement inaperçue, a introduit une première dérogation : « Les utilisateurs engagés dans un projet de charte soumis à concertation publique (…) peuvent, à titre individuel, appliquer ces réductions de distance ». En clair : pas besoin d’attendre les remarques et retours de la concertation autour de la charte, ni l’approbation du texte par le préfet. Il suffit que la concertation autour de la charte soit engagée pour que les distances minimales soient appliquées. Le document, adressé par la Direction générale de l’alimentation (DGAL) du ministère de l’Agriculture aux préfets, précise en outre que cette dérogation est valable jusqu’au 30 juin 2020. Il s’agissait de « ne pas pénaliser les agriculteurs qui, dès le 1er janvier 2020, respectaient les conditions réglementaires à même de réduire les distances », nous a expliqué le ministère de l’Agriculture.

Suite logique, l’épidémie et le confinement sont venus offrir une nouvelle occasion de dérogation. « Compte tenu de la difficulté à mener la concertation publique, dans le contexte en cours de la crise Covid-19 »a annoncé le ministère de l’Agriculture fin mars, « il suffit pour appliquer les réductions de distance de s’engager à « mener la concertation dès que le contexte Covid-19 le permettra ». Même plus besoin, donc, d’avoir entamé la concertation autour de la charte, il suffit que la chambre d’agriculture ou le syndicat agricole majoritaire (dans la plupart des cas, la FNSEA) promette au préfet de le faire... dès que possible.

Dans un courriel que Reporterre a pu consulter, adressé à toutes les directions régionales de l’agriculture, la DGAL explique cette décision : il s’agit d’un « arbitrage » rendu à la suite des « demandes de la profession agricole de pouvoir appliquer les réductions de distance même si les chartes ne sont pas soumise à concertation ».

« Les chartes resteront indispensables au-delà de juin 2020. (…) L’objectif du gouvernement est bien d’instaurer ce dialogue, entre riverains et exploitants », assure à Reporterre le ministère de l’Agriculture, en réponse à nos questions.

« De telles combines ne vont pas apaiser les tensions. Tout est fait pour appliquer le minimum réglementaire sous couvert de dialogue », regrette Thibault Leroux, chargé de mission agriculture à France Nature Environnement. Ces chartes avaient été dénoncées par les associations environnementales et de riverains dès le départ. Elles regrettaient qu’elles soient rédigées par les agriculteurs, et rapportaient ne pas être écoutées dans les processus de concertation. Le fait que le gouvernement décide en plus de s’en passer jusque fin juin « donne vraiment l’impression qu’elles sont factices », indique Thibault Leroux.

« Une concertation sans réunions est un non sens ! »

Cependant, certaines chambres d’agricultures ont maintenu la concertation malgré le confinement. En effet, rien n’interdit de tout faire en ligne. Une méthode de concertation tout à fait satisfaisante, d’après les chambres d’agriculture que Reporterre a pu joindre. « Dès le départ, on n’avait pas prévu de réunion publique, nous précise-t-on dans l’Hérault. Donc le confinement n’était pas gênant ! » « On a fait une publicité dans le journal départemental, Sud Ouest. Les gens sont informés », estime-t-on dans les Landes. « Nous avions déjà organisé deux réunions publiques avant le confinement », nous précise-t-on en Indre-et-Loire.

Reporterre a pu constater que des concertations se poursuivaient en ligne également dans l’Indre, le Nord-Pas-de-Calais, le Loir et Cher, le Loiret, en Gironde, dans la Drôme. Autrement dit, des départements ou grandes cultures ou vignes, des cultures consommatrices de pesticides, dominent.

Pourtant, la Commission nationale du débat public invitait, le 1er avril, « à suspendre les concertations car le 100 % numérique ne permet à tous de participer ».

CNDP Débat Public@CNDPDebatPublic

Communiqué des décisions de la CNDP qui s’est réunie hier (en Visio évidemment). Signalé : les débats publics sont suspendus et nous invitons à suspendre les concertations car le 100% numérique ne permet à tous de participer. https://www.debatpublic.fr/sites/cndp.portail/files/documents/communique_des_decisions_1avril2020_final1_1.pdf …

« Poursuivre les concertations c’est considérer que les jeux sont faits, appuie Gabriel Ullmann, docteur en droit de l’environnement. Dans la concertation, un des aspects importants c’est justement de se concerter. Le faire sans réunions est un non sens ! »

Dans une lettre au Premier ministre, l’association de lutte contre les pesticides Générations futures demande par conséquent le report de ces concertations en attendant la fin du confinement. Mais même prise, cette mesure n’aurait pas d’impact sur les distances entre épandages de pesticides et habitations, toujours réduites au minimum par dérogation.

 

Les riverains de zones agricoles, confinés chez eux, risquent de devoir resté fenêtres fermées.

L’association souligne la difficulté des riverains de zones agricoles, qui confinés chez eux risquent en plus de devoir rester fenêtres fermées et jardin condamné en raison des épandages de pesticides. « Nous suggérons (…) à l’ensemble des syndicats agricoles de s’engager volontairement à demander à leurs adhérents d’éloigner les pulvérisations de pesticides des domiciles des riverains des zones cultivées. »

On doute que l’appel soit entendu. Pourtant, les pollutions, entre autres aux pesticides, renforcent notre vulnérabilité face au virusL’expertise collective de l’Inserm sur les pesticides avait relevé les effets de plusieurs substances sur le système immunitaire.

 

Puisque vous êtes ici…

… nous avons une faveur à vous demander. La crise écologique ne bénéficie pas d’une couverture médiatique à la hauteur de son ampleur, de sa gravité, et de son urgence. Reporterre s’est donné pour mission d’informer et d’alerter sur cet enjeu qui conditionne, selon nous, tous les autres enjeux au XXIe siècle. Pour cela, le journal produit chaque jour, grâce à une équipe de journalistes professionnels, des articles, des reportages et des enquêtes en lien avec la crise environnementale et sociale. Contrairement à de nombreux médias, Reporterre est totalement indépendant : géré par une association à but non lucratif, le journal n’a ni propriétaire ni actionnaire. Personne ne nous dicte ce que nous devons publier, et nous sommes insensibles aux pressions. Reporterre ne diffuse aucune publicité ; ainsi, nous n’avons pas à plaire à des annonceurs et nous n’incitons pas nos lecteurs à la surconsommation. Cela nous permet d’être totalement libres de nos choix éditoriaux. Tous les articles du journal sont en libre accès, car nous considérons que l’information doit être accessible à tous, sans condition de ressources. Tout cela, nous le faisons car nous pensons qu’une information fiable et transparente sur la crise environnementale et sociale est une partie de la solution.

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Source : Marie Astier pour Reporterre


https://reporterre.net/Pendant-le-confinement-les-epandages-de-pesticides-autorises-pres-des-habitations

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1 mars 2020 7 01 /03 /mars /2020 18:35

 

 

COMMUNIQUÉ DE PRESSE de

France Nature environnement

 

JEUDI 27 FÉVRIER 2020

 

AGRICULTURE : 27 ASSOCIATIONS DEMANDENT LA DISSOLUTION DE LA CELLULE DEMETER

A l’occasion de l’ouverture du Salon de l’Agriculture le 20 mars, le Président de la République l’a annoncé : « Je ne tolérerai aucune violence à l'égard des agriculteurs ». Le mouvement France Nature Environnement ne peut qu’approuver un tel message, que ce soit à l’égard des agriculteurs ou de toute autre population. En revanche, lorsque le Ministère de l’Intérieur établit une convention avec deux syndicats agricoles dont l’un des objectifs est de dénoncer des « actions de nature idéologique », les associations de protection de l’environnement ne peuvent que le condamner. Avec 26 associations, France Nature Environnement dénonce cette mise à disposition de moyens publics et demande dans un courrier au Premier Ministre la dissolution immédiate de la cellule Demeter.

2 défis à ne pas opposer : les conditions de vie des agriculteurs et la transition agro-écologique

Depuis plusieurs années, la situation économique et financière des paysans a fait l’objet de nombreuses études et communications. Comme l’ensemble de la société, nous estimons que la France doit être fière de ses paysans et que ceux-ci doivent percevoir des revenus décents.

Dénonçant systématiquement toute action violente et consciente de l’importance des mutations nécessaires, France Nature Environnement a toujours prôné le dialogue dans les territoires pour la nécessaire transition du modèle agricole. Les associations du mouvement défendent dans toutes les instances une agriculture respectueuse des agriculteurs et de leur santé, de la santé de l’ensemble de la population et de l’environnement. Un travail du quotidien, avec des associations paysannes, pour améliorer les conditions de vie des agriculteurs de ce pays : leur assurer un meilleur revenu, de meilleures conditions de travail et une plus grande reconnaissance du travail qu’ils mènent au quotidien.

La cellule Demeter criminalise le fait de remettre en question l’agriculture intensive

Le 13 décembre, lors de la mise en place de cette cellule spécialisée, Christophe Castaner déclarait : « Nous devons assurer la sécurité des agriculteurs et les défendre impérativement ». Mais le problème réside dans le périmètre d’action de cette cellule. Le Ministre de l’Intérieur précise que ceci concerne « des actions de nature idéologique, qu’il s’agisse de simples actions symboliques de dénigrement du milieu agricole ». Au-delà de l’affichage, il s’agit désormais de criminaliser l’expression d’une opinion, en contradiction formelle avec le principe de liberté d’opinion.

Dans une lettre ouverte adressée ce jour au Premier Ministre Edouard Philippe, 27 associations demandent la dissolution immédiate de la cellule Demeter, condition indispensable pour apaiser les relations avec le monde paysan.

Les associations signataires de la lettre ouverte :

  • Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme
  • France Nature Environnement
  • Groupe de Recherche sur les Cétacés
  • Humanité & Biodiversité
  • La Garance Voyageuse
  • Ligue des Droits de l’Homme
  • Ligue pour la Protection des Oiseaux
  • Société Française du Droit de l’Environnement
  • Société Nationale de Protection de la Nature
  • WWF
  • Combat Monsanto
  • Fonds d’Intervention Eco Pastoral, membre de France Nature Environnement
  • Fédération Bretagne Nature Environnement
  • France Nature Environnement Auvergne-Rhône-Alpes
  • France Nature Environnement Bourgogne-Franche-Comté
  • France Nature Environnement Centre-Val de Loire
  • France Nature Environnement Grand Est
  • France Nature Environnement Hauts-de-France
  • France Nature Environnement Ile-de-France
  • France Nature Environnement Languedoc-Roussillon
  • France Nature Environnement Midi-Pyrénées
  • France Nature Environnement Normandie
  • France Nature Environnement Nouvelle-Aquitaine
  • France Nature Environnement Pays de la Loire
  • France Nature Environnement Provence-Alpes-Côte d’Azur
  • Poitou Charentes Nature
  • U Levante

 

 

Lien vers le communiqué :

https://www.fne.asso.fr/communiques/agriculture-27-associations-demandent-la-dissolution-de-la-cellule-demeter

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21 février 2020 5 21 /02 /février /2020 11:41
Fresnes sur Marne : école et centre aéré (à gauche) au bord de champs cultivés par l'agriculture intensive et près de la décharge ISDI (à droite)

Fresnes sur Marne : école et centre aéré (à gauche) au bord de champs cultivés par l'agriculture intensive et près de la décharge ISDI (à droite)

Pour mémoire Jean Lefort est ce maire qui a fait construire il y a quelques années une école maternelle et élémentaire ainsi qu’un centre aéré près de champs cultivés par l’agriculture intensive et à quelques centaines de mètres d’une décharge ISDI.

Suite à un article paru dans le Parisien 77 dans lequel notre association s’inquiétait pour les risques de cette décharge sur la santé des petits enfants qui allait fréquenter cette école, le 16/10/2008 au matin la présidente d’ADENCA avaient été contactée par les renseignements généraux qui souhaitaient la rencontrer, elle s’était rendu l’après-midi au siège des RG à Meaux. 

Une fiche avait été constituée par les services de l'ETAT sur l’association ADENCA et sa présidente qui a décliné ses date et lieu de naissance, mariage, les associations dont elle était adhérente ainsi que son conjoint….

  

 

Oui dans ce pays si vous vous inquiétez pour les risques d’installations polluantes sur la santé des petits enfants d’une école maternelle, vous devenez une personne à surveiller.

 

Pour aller plus loin :

http://adenca.over-blog.com/2015/11/adenca-une-association-surveillee-par-les-renseignements-generaux.html

 

Paru dans le Parisien 77 :

Le maire agriculteur d’un village de Seine-et-Marne prié de cesser ses épandages près des maisons

A Annet-sur-Marne, une pétition a été lancée contre les pratiques de traitement du maire de la commune voisine de Fresnes-sur-Marne, dont les champs bordent de nombreux jardins.

 Illustration. Le texte, qui a déjà reçu 636 signatures ce jeudi après-midi, les riverains demandent à l’agriculteur, Jean Lefort, d’arrêter cet épandage aux abords de leurs jardins. LP/Sébastien Blondé

Par Hendrik Delaire avec Q.L.

Le 20 février 2020 à 16h58, modifié le 20 février 2020 à 17h11

Si aucun arrêté n'a été pris à Annet-sur-Marne, une pétition en ligne contre « l'épandage de pesticides nocifs » a été lancée par des riverains dont les habitations bordent les champs.

Dans ce texte, qui a déjà reçu 636 signatures ce jeudi après-midi, les riverains demandent à l'agriculteur, Jean Lefort, d'arrêter cet épandage aux abords de leurs jardins mais aussi de les prévenir des jours d'épandages et de leur indiquer les produits utilisés.

L'agriculteur n'est autre que le maire de Fresnes-sur-Marne, limitrophe d'Annet. Son exploitation de 300 hectares borde quasiment tous les habitants de la commune. Lui se dit las de l'agressivité à son égard de personnes ne connaissant pas l'agriculture.

«Des riverains m'ont jeté des cailloux»

« Il m'arrive de pulvériser des pesticides mais, la majorité du temps, j'épands de l'engrais ou des boues d'épuration. De nos jours, dès que les gens me voient en tracteur dans les champs, ils pensent que j'épands du glyphosate. Un jour je traitais de l'orge et une dame m'a demandé si j'épandais du glyphosate… comme si je voulais brûler ma future récolte. Des riverains m'ont même jeté des cailloux car je moissonnais un samedi arguant qu'eux n'avaient pas le droit de tondre leur pelouse ce jour-là », se défend Jean Lefort.

Son voisin, le maire d'Annet-sur-Marne, a tenté de jouer les intermédiaires, en vain. « Je ne veux pas faire de démagogie en déposant un arrêté qui est systématiquement retoqué mais, après avoir été alerté par des habitants, j'ai demandé par écrit à Jean Lefort de me renseigner sur la nature des produits qu'il épand et de communiquer les dates auxquelles il le fait pour prévenir la population. Il m'a répondu qu'il n'avait pas à me le dire et qu'il utilisait des produits déclarés à la chambre d'agriculture », assène Christian Marchandeau (LR).

Prêt laisser une bande de 10 à 15 mètres de large sans culture

« Il est impossible de prévoir 48 heures à l'avance les conditions météorologiques et vent pour choisir le meilleur moment pour pulvériser. Quand je traite mes champs à 4 heures du matin, les gens disent que j'épands en cachette mais c'est pour bénéficier de la meilleure hygrométrie possible », rétorque Jean Lefort, qui se dit prêt à des aménagements.

« J'ai déjà mis des terres en jachère et je propose de planter du miscanthus (une plante vivace surnommée herbe à éléphant, NDLR) sur une bande de 10 à 15 mètres de large alors que la distance légale à respecter est de seulement 3 mètres ».

http://www.leparisien.fr/seine-et-marne-77/annet-sur-marne-le-maire-de-fresnes-sur-marne-prie-de-cesser-ses-epandages-de-pesticides-20-02-2020-8263761.php

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17 février 2020 1 17 /02 /février /2020 11:31

 

 

Paru sur le site 

FRANCE NATURE ENVIRONNEMENT

 

— COMMUNIQUÉS —

Choquant. La FDSEA vandalise la façade de France Nature Environnement Midi-Pyrénées

« Imposteurs », « per-verts », « sinon boom » … La nuit dernière en Haute-Garonne, la FDSEA 31 et les Jeunes Agriculteurs 31 s’en sont pris à France Nature Environnement Midi-Pyrénées à coups de lancers d’œufs, de poubelles, dépôt de paille et insultes. Une tentative d’intimidation qui intervient dans le cadre du « dialogue » réclamé par la FNSEA sur la mise en place de zones de non-traitement (ZNT) aux pesticides près des habitations. France Nature Environnement, qui a toujours œuvré pacifiquement à la défense du monde vivant, condamne fermement ces actes violents. C’est ce que vient également de faire Elisabeth Borne ; nous appelons les autres membres du gouvernement et la FNSEA à en faire de même et à agir pour y mettre fin.

 

vendredi 14 février 2020

Agriculture

 

 

Des violences répétées envers les associations environnementales

Venant de toute la Haute-Garonne, une centaine d’agriculteurs ont mené des opérations de vandalisme à Toulouse hier soir. D’abord rassemblés devant la préfecture de Toulouse, ils ont déversé de la paille et laissé des messages pour « maintenir la pression sur le gouvernement ». Ils se sont ensuite rendus devant les locaux de France Nature Environnement Midi-Pyrénées pour y jeter, paille, œufs, poubelles et messages d’insultes. Le tout sous le regard passif de la police, comme le montrent les images« Combien de milliers de tonnes de lisiers répandus dans les rues partout en France depuis des années, combien de milliers de pneus brûlés en toute impunité toujours et encore, aucune autre profession n'a autant dégradé, pas respecté les règles, que les tenants d'une agriculture productive, intensive faisant le jeu de l'agrochimie. Il est temps de passer à une autre agriculture, respectueuse de la nature et de l'environnement », a réagi Cécile Argentin, vice-présidente de France Nature Environnement Midi-Pyrénées.

Agressions à domicile, harcèlement téléphonique, menaces de mort, courriers anonymes… dans les territoires, les violences répertoriées à l’égard des militants écologistes, dont les associations du mouvement France Nature Environnement, sont nombreuses. Dernier exemple en date : un rassemblement de l’opération « Nous voulons des coquelicots » a été pris pour cible le 7 février dernier[1].

Agribashing ? La légitimité de la cellule « Déméter » en question

Depuis la création de la cellule Déméter, visant à « prévenir les atteintes au monde agricole », des associations environnementales reçoivent également des « visites » d’agents de l’Etat. C’est notamment le cas de l’association Alerte pesticides Haute Gironde[2], soupçonnée de « dénigrer le milieu agricole » car elle organise dans sa région des états généraux des riverains autour de la question des pesticides. Au programme : tables rondes, témoignages et exposition photo. Du dialogue, donc, pour avancer ensemble, de façon constructive.

Définie comme "protégeant les agriculteurs des violences", la création d’une telle cellule semble finalement avoir décuplé le sentiment d’impunité chez certains agriculteurs : pourquoi protéger spécifiquement cette profession, alors que certains agriculteurs sont eux-mêmes les agresseurs ? Il est temps de dissoudre cette cellule Demeter, témoin du clientélisme de l'État envers la FNSEA.

Dénonçant systématiquement toute action violente et consciente de l’importance des mutations nécessaires, France Nature Environnement a toujours prôné le dialogue dans les territoires pour la nécessaire transition du modèle agricole. Les associations du mouvement défendent dans toutes les instances une agriculture respectueuse des agriculteurs et de leur santé, de la santé de l’ensemble de la population et de l’environnement. Un travail du quotidien, avec des associations paysannes, pour améliorer les conditions de vie des agriculteurs de ce pays : leur assurer un meilleur revenu, de meilleures conditions de travail et une plus grande reconnaissance du travail qu’ils mènent au quotidien.

Zones de non-traitement aux pesticides : le « dialogue » selon la FNSEA ?

France Nature Environnement, aux côtés d’autres acteurs, de nombreux maires et citoyens, demande depuis plusieurs années la mise en place de zones de non-traitement près des habitations, zones où l’épandage de pesticides serait interdit pour protéger les riverains. La FNSEA a fait pression, avec succès, sur le Gouvernement pour que ces bandes soient réduites à peau de chagrin. Leur argument était qu’une réglementation contraignante n’était pas nécessaire et que le dialogue allait tout régler.

Des drapeaux de la FNSEA flottant partout sur cette opération d’intimidation, France Nature Environnement interpelle la présidente du syndicat Christiane Lambert : cette tentative d’intimidation est-elle réellement soutenue par le syndicat agricole dont elle assure la présidence ? Est-ce ainsi que la FNSEA conçoit le dialogue qui selon elle suffit à protéger les riverains ?

Michel Dubromel, président de France Nature Environnement, conclut : « J’apporte tout mon soutien à notre fédération de Midi-Pyrénées. Nous demandons au gouvernement d’arrêter le deux poids-deux mesures : d’un côté, les associations qui défendent l’intérêt général font l’objet d’agressions et subissent en plus des contrôles de l’Etat de leurs activités pacifiques. De l’autre, la FNSEA, dont certains membres commettent ouvertement ces agressions, se voit soutenue en ayant une police spéciale à leur service ; et continue de réclamer avec succès qu’on lui fasse confiance pour tout régler avec le dialogue. C’est intolérable ! Nous demandons au gouvernement de ne plus recevoir la FNSEA tant qu'ils n'ont pas officiellement condamné cette action. »


[1] Rassemblement organisé par l’association Collectif Environnement Val d’Authion 49

[2] Association qui ne fait pas partie du mouvement France Nature Environnement

https://www.fne.asso.fr/communiques/choquant-la-fdsea-vandalise-la-fa%C3%A7ade-de-france-nature-environnement-midi-pyr%C3%A9n%C3%A9es

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15 janvier 2020 3 15 /01 /janvier /2020 14:06

 

Extrait du communiqué de Béatrice Abollivier, préfète de Seine et Marne :

 

Cet observatoire de 1'« agribashing » doit permettre, notamment au moyen de réunions régulières, de disposer d'un état des lieux exhaustif des problématiques de sécurité rencontrées par les agriculteurs et d'élaborer des solutions communes, efficaces et concertées.

 

Il veillera plus particulièrement à :

 détecter les menaces, évaluer leur intensité et leur évolution potentielle Dans ce cadre, le service départemental de renseignement territorial, en coordination avec la police et la gendarmerie nationales, s'engagera dans l'identification des phénomènes d'« agribashing » et de leurs auteurs. Un dialogue constant avec les syndicats agricoles, la veille des réseaux sociaux et le suivi des groupuscules radicaux doivent notamment permettre de mieux anticiper les menaces ;

 

 agir en vue de prévenir et de neutraliser toute menace

 

Les actions dans ce domaine s'articulent autour de trois volets

 

1. Un volet prévention complété par des contacts et des patrouilles renforcés dans le cadre de la Police de sécurité au Quotidien (PSQ) : les référents sûreté de la police et de la gendarmerie seront engagés au profit des agriculteurs. Les modes opératoires des délinquants et les attentes de tous les acteurs feront l’objet d’échanges. Site internet www.seine-et-marne.gouv.fr / @Prefet77 2/3

 

2. Un volet information (en s'appuyant notamment sur les réseaux sociaux institutionnels et la presse quotidienne régionale, etc.), portant notamment sur les actions de prévention réalisées.

 

3. Un volet judiciaire (recoupements, utilisation de moyens de captation, aide au dépôt de plainte), en lien avec les procureurs de la Républiques compétents. Pour lutter contre le phénomène d'« agribashing », les forces de sécurité pourront s'appuyer sur la cellule DEMETER, cellule nationale de renseignement et de rapprochement judiciaires créée par la gendarmerie nationale. La cellule DEMETER a vocation à analyser les menaces à l'encontre de la filière agricole et à coordonner la réponse des forces de sécurité.

 

Lien vers le communiqué de presse complet http://www.seine-et-marne.gouv.fr/content/download/41408/312121/file/Cp%20Agribashing.pdf

 

 

 

Article paru sur le site "Nous voulons des coquelicots"

 

 

19-12-19

CASTANER VEUT FLIQUER LES COQUELICOTS

 

 

Attention, ce n’est pas une blague. Et si c’en était une, elle ne serait pas drôle. Le 13 décembre, Christophe Castaner s’est rendu dans le Finistère (cliquer), accompagnée par sa grande amie Christiane Lambert, présidente de la FNSEA, qu’on ne présente pas ici . Le déplacement s’inscrivait dans le cadre d’une convention signée en toute simplicité par le ministère de l’Intérieur – l’État, donc, l’intérêt public, donc – et la FNSEA. On en apprend tous les jours.

 

Que venait faire le ministre? Installer une cellule – quel joli nom – de la gendarmerie nationale appelée à lutter contre l’agribashing. Si. Rappelons que la FNSEA – ne jamais oublier qu’elle ne représente, via les élections aux chambres d’Agriculture, que 25% des paysans de France – a inventé ce terme (cliquer) pour encore grappiller subsides et soutiens de l’appareil d’État. Il faut avouer que cela marche. L’idée est qu’une coalition de vilains mène une entreprise de dénigrement systématique des paysans.

 

La cellule gendarmique porte le nom souverain de Demeter, déesse grecque des moissons et, au passage, nom d’une marque prestigieuse de l’agriculture biodynamique qu’exècre la FNSEA. Elle aura vocation à traquer, partout en France, les marques d’hostilité à l’encontre de…De quoi, d’ailleurs? De la FNSEA, du modèle agricole, de l’élevage concentrationnaire, de l’omniprésence des pesticides? On ne le saura pas, car l’objectif est évidemment de faire peur à tout le monde.

 

Dans les textes officiels du ministère, on trouve des phrases prodigieuses (cliquer ici). L’édito du ministre commence ainsi par cette phrase d’anthologie : «Depuis quelques années, un phénomène grandit, inacceptable. De plus en plus, nos agriculteurs sont visés par des intimidations, des dégradations, des insultes». Précisons à ce stade que c’est pure foutaise, toute révérence gardée à la personne de ce cher Castaner. Nul en France, pas même la police ou la gendarmerie, n’est capable de prouver par des faits qu’un «phénomène grandit». On ne sait pas de quoi on parle, on ne dispose d’aucun chiffre, ni même d’un nombre de plaintes en hausse. Du vent.

 

Mais cela n’empêche pas la politique, cette politique-là du moins. Dans un mélange extravagant, Castaner définit le périmètre de la cellule Demeter en y inscrivant les vols, les cambriolages, les dégradations diverses, les installations de «gens du voyage» sur des terres agricoles, les actions anti-fourrure, anti-chasse, les tournages de vidéos «clandestines». Cela serait déjà effarant, mais le ministre va plus loin encore en visant «des actions de nature idéologique, qu’il s’agisse de simples actions symboliques de dénigrement du milieu agricole ou d’actions dures ayant des répercussions matérielles ou physiques».

 

Y a-t-il besoin d’une traduction? Les actions symboliques, c’est NOUS, les Coquelicots. Comme seule la gendarmerie et la FNSEA disposent de la définition du «dénigrement», il n’y a aucun doute que notre mouvement, constamment non-violent, est dans le viseur. On cherche à disqualifier, puis à réprimer la critique de l’agriculture industrielle, qui tue les hommes, les bêtes, les plantes.

 

Comme il n’est pas encore interdit de se moquer, notons que le même document policier évoqué plus haut détruit sans s’en rendre compte son pauvre échafaudage. Énonçant ses propres statistiques, Castaner livre quelques chiffres censés appuyer son propos. En 2019, il y aurait eu «14.498 faits enregistrés» au «préjudice du monde agricole». Un toutes les deux heures ! Ce chiffre «terrible» a été aussitôt repris par les bons amis médiatiques de M.Castaner, mais il faut chausser ses lunettes pour comprendre la manipulation.

Les «faits» en question couvrent les cambriolages, les vols – ceux avec violence ont chuté de…31,4% -, les vols de voitures, le vol de gros matériel agricole, etc. Sur la base de 440.000 «exploitations agricoles», les chiffres précis paraissent simplement loufoques : 314 tracteurs volés! 24 vols avec violence! 657 voitures dérobées!  Moi qui ai grandi en Seine-Saint-Denis, en partie dans la cité de Montfermeil Les Bosquets, je ne peux constater qu’une chose: la plupart des paysans n’ont jamais croisé le moindre vilain. En revanche, ils disparaissent un à un, par la grâce d’une politique plébiscitée par la FNSEA.

 

Comment conclure? On verra, certes, mais ne nous trompons pas: c’est grave. La cellule Demeter, selon les mots même du ministre, devra permettre, avant tout, «d’améliorer [la] coopération avec le monde agricole et de recueillir des renseignements». Le (gros) mot est lâché. Renseignement. Sans sombrer dans une parano inutile, ce mot signifie, dans l’univers policier, les filatures, les écoutes téléphoniques, voire les infiltrations. On tâchera de s’en souvenir, mais sans aucun doute, nous voila en face d’une nouvelle inquiétude.

 

Fabrice Nicolino, président de l’association Nous voulons des coquelicots

 

 

https://nousvoulonsdescoquelicots.org/2019/12/19/castaner-veut-fliquer-les-coquelicots/

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18 décembre 2019 3 18 /12 /décembre /2019 19:31

 

 

 

Paru dans le journal de l'environnement :

 
 
                                                                        Les pesticides dans l’air, un risque méconnu

Le 18 décembre 2019 par Romain Loury

Les pesticides sont omniprésents dans l’air, avec des variations selon les régions et les saisons, révèlent les résultats de 15 ans d’analyse publiés mercredi 18 décembre par Atmo France. L’association appelle à intégrer ces substances dans la surveillance réglementaire de la qualité de l’air.

 

Si la présence des pesticides dans l’eau et le sol est bien étudiée, il est un compartiment largement peu exploré: l’air. Or, au-delà des riverains exposés au premier chef, les pesticides, dont la France est le deuxième consommateur européen après l’Espagne, sont bien présents dans l’air, y compris dans les grandes villes.

C’est ce que révèle la base de données PhytAtmo, qui regroupe les résultats d’analyse de l’air menés depuis 2002 par diverses associations agréées de surveillance de la qualité de l’air (Aasqa), fédérées dans l’association Atmo France. Dans sa version actuelle (sous format Excel), qui sera réactualisée en fonction des nouvelles données, PhytAtmo porte sur 321 substances actives, mesurées lors de 6837 prélèvements sur 176 sites en France métropolitaine et en Martinique.

DES VARIATIONS SPATIALES ET TEMPORELLES

Les résultats montrent l’omniprésence des pesticides dans l’air, avec des concentrations de l’ordre du nanogramme par m3[i], évidemment plus marquée dans les zones agricoles qu’en milieu urbain. De plus, PhytAtmo révèle des variations au cours de l’année: dans les zones de grandes cultures, les herbicides connaissent un pic en novembre-décembre. Dans les zones viticoles, les fongicides et les insecticides prédominent en été.

Montparnasse, bougie d’anniversaire d’Airparif. Afin de fêter les 40 ans d’Airparif, la tour Montparnasse est illuminée chaque soir, de lundi 16 au vendredi 21 décembre, aux couleurs de l’indice de qualité de l’air dans la capitale, allant du vert au rouge.

Ces mesures ont été menées au cas par cas par les Aasqa, sur la base du seul volontariat, les pesticides n’étant pas des substances réglementées pour la surveillance de la qualité de l’air -contrairement aux oxydes d’azote NOx, aux particules fines et à l’ozone. Face à la présence de ces pesticides, Atmo France appelle à «la mise en œuvre d’un suivi territorial et national pérenne», avec un «financement sécurisé», comme le préconisait la Cour des comptes en 2015, ainsi que deux rapports parlementaires (ici et là).

UN RAPPORT ATTENDU EN 2020

En juin 2018, l’Anses[ii] a annoncé le lancement d’une campagne de mesure des pesticides dans l’air, en collaboration avec l’Ineris et Atmo France, et financée dans le cadre du dispositif de phytopharmacovigilance de l’agence. Achevée en juin, elle a porté sur 80 substances mesurées sur 50 sites (52% en milieu urbain et périurbain, 48% en milieu rural), reflétant l’ensemble des grandes productions françaises (grandes cultures céréalières, viticulture, arboriculture, maraîchage, etc.). Ses données, actuellement en cours d’analyse, devraient donner lieu à un rapport en septembre 2020.

Contactée par le JDLE, Atmo France dit regretter que la surveillance des pesticides dans l’air soit exclue du futur Plan national santé environnement (PNSE4, 2020-2024), qui verra le jour début 2020[iii], alors qu’elle figurait dans le PNSE3 (2015-2019). Cette mesure demeure incluse au Plan national de réduction des émissions de polluants atmosphériques (Prepa), mais «nous perdrons un outil en 2020», déplore Atmo France.

 

[i] Un nanogramme est un milliardième de gramme.

[ii] Anses: Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail; Ineris: Institut national de l’environnement industriel et des risques.

[iii] Le PNSE4 devrait être soumis à consultation publique en janvier 2020 pour une durée d’un mois, avant une publication finale en mars.

 

http://www.journaldelenvironnement.net/article/les-pesticides-dans-l-air-un-risque-meconnu,101986?xtor=EPR-9#email=aleflo@club-internet.fr

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