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24 juillet 2014 4 24 /07 /juillet /2014 10:44

Paru sur le site monde académie planète :

Le mâchefer, des ordures incinérées sous le bitume

avr 21st, 2014 @ 11:20 › mondeacplanete

Résidu issu de l’incinération des ordures ménagères, le mâchefer est utilisé comme matériau alternatif pour la réalisation de sous-couches routières. Une technique de recyclage qui peine à être connue et dont le modèle économique demeure fragile. 

 

A la sortie des fours d'incinération, à Saint-Thibault-des-Vignes (77) © Adrien Barbier

Que vos poubelles soient grises, vertes ou brunes selon les agglomérations, une bonne partie de leur contenu est incinéré, soit 33% des ordures ménagères ramassées en France par les services municipaux. Après un passage en « centre de valorisation énergétique » - l’autre désignation des incinérateurs - , les ordures servent à produire électricité et chaleur. Mais également, en sortie de four, du mâchefer, une boue grisâtre étrangement peu odorante.

Transformés en « graves de mâchefer » au terme d’un processus de retraitement long de plusieurs mois, ces résidus peuvent servir dans les chantiers de travaux publics, se substituant aux matériaux naturels comme le sable ou le gravier. Le plus souvent, les mâchefers s’utilisent en technique routière dans les sous-couches sur lesquelles le bitume est posé, mais ils peuvent également servir en remblai de tranchée ou de voirie, ou sous les carrières des centres équestres.

Cette technique de recyclage ne date pas d’hier, et aurait, selon les sources, près de deux siècles. La société Yprema, basée en Seine et Marne (77), commercialise du mâchefer depuis 1995. Avec un argument économique de taille : « Cela coûte quatre fois moins cher à la collectivité de le recycler que de l’envoyer en décharge », avance Antoine Pereira, chargé de développement de l'entreprise.

Alors que les procédés issus de l’économie circulaire ont le vent en poupe, l’activité mâchefer de cette PME, reconnue dans le secteur, est pourtant en difficulté : « Nous produisions 250 000 tonnes de mâchefer en 2005 sur notre site de Lagny-sur-Marne (77), et nous n’en vendons désormais plus que 50 000 tonnes », explique M. Pereira. En 2013, la branche mâchefer ne correspondait plus qu'à 10% de l’activité totale de l’entreprise.

La filière mâchefer en manque de déchets ?

A Reims, sur le deuxième site que la société Yprema exploite, le centre de valorisation a enregistré, depuis son ouverture en 2006, une diminution de 33% de l’arrivée de nouveaux mâchefers. Une baisse qui s’explique, pour Didier Gueniffrey, responsable des déchets de Reims Métropole, par le succès des campagnes de sensibilisation aux collectes sélectives : « On remarque également une augmentation de la fréquentation des déchetteries, où les rebuts sont directement recyclés et ne passent donc plus par l’incinérateur ».

 

A l'intérieur du centre 'Trivalfer' de triage des emballages de Reims Métropole © Adrien Barbier

La diminution des journaux publicitaires gratuits, l’optimisation des emballages, la multiplication des vide-greniers, ou encore la baisse de la consommation des ménages liée à la crise économique, sont autant d'éléments qui ont un impact sur les volumes d'ordures ménagères traités par les agglomérations. Ainsi, d'après les chiffres d'Eurostat, l'office statistique de l'Union, le volume de déchets par habitant ramassés par les services municipaux est en stagnation voire en diminution depuis 2007.

Yprema impute surtout ses problèmes de débouchés à une réglementation défavorable, qui rendrait les professionnels du BTP frileux quant à l’utilisation de matériaux recyclés à partir de déchets. Le mâchefer souffre ainsi de la mauvaise image de l’incinération auprès de l’opinion publique. « Nous ne souhaitons pas encourager la valorisation du mâchefer, qui doit être considéré comme un déchet ultime », explique Edouard Van Heeswyck, du Centre national d'information indépendante sur les déchets (Cniid), craignant que cette valorisation soit un prétexte pour soutenir l’incinération.

Pour l'association écologiste, le caractère non flexible de l'incinération – la dimension des fours nécessite un flux continu de déchets – conduit inexorablement à limiter les efforts de tri en amont. De fait, le Centre d’incinération de Saint-Thibault-des-Vignes (77), qui recueille les déchets ménagers de 31 communes d’Ile-de-France, est obligé de passer des contrats avec de grosses entreprises comme Aéroport de Paris ou Disneyland pour pouvoir tourner à pleines capacités. « Les fours ont été dimensionnés en pensant que la ville nouvelle de Marne-la-Vallée compterait beaucoup plus d’habitants qu'aujourd'hui», explique Lydie Vincent du Sietrem, le syndicat de gestion des déchets pour l’agglomération.

Le Cniid s'inquiète aussi des conséquences environnementales de l'utilisation d'un matériau qu'ils jugent comme étant un concentré de polluants (voir encadré ci-dessous). La réglementation en vigueur depuis 2011 vise d'ailleurs à durcir les seuils de toxicité à respecter pour que le mâchefer soit valorisable. « Le mâchefer des années 1980 n'est pas le mâchefer d'aujourd'hui », assure Lydie Vincent, faisant valoir qu'aucun cas de pollution n'a été constaté en plus de vingt ans.

L'amélioration de l'image du mâchefer auprès des professionnels du BTP ne pourra donc faire l'économie d'un intense travail de sensibilisation et de démarchage. Nicolas Garnier de l'association Amorce, qui représentait les collectivités lors du Grenelle de l'environnement, se veut confiant : « Près de 50% des conseils généraux se déclarent désormais prêts à l'utiliser. » Pour lui, les débouchés potentiels sont énormes. « Au-delà du mâchefer, le monde du BTP doit davantage intégrer les matériaux issus du recyclage, qui ne représentent que 2 à 3% des utilisations en remblais », estime-t-il.

Adrien Barbier (Monde Académie)

http://mondeacplanete.blog.lemonde.fr/2014/04/21/le-machefer-des-ordures-incinerees-sous-le-bitume/

 

 

 

 

 

 

 

 

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23 juillet 2014 3 23 /07 /juillet /2014 20:00

 

 

Pas de contrôles = pas de problèmes ?

A vous de juger 

 

Le réseau d’intérêt départemental RID (1)

Géré par le Conseil Général 77

 

Le Conseil Général 77

supprime en 2013 des points de contrôles

sur plusieurs rivières de Seine et Marne 

 

 

Sur des communes où sont implantées des décharges ou ancienne décharge :

- Brie Comte Robert (les 2 points de contrôles sont supprimés)

- Château Landon

- Moissy-Cramayel

 

Sur une commune où est implantée une carrière remblayée par des déchets :

- Ecuelles (carrière Piketti remblayée pour partie par des pneus usagés non réutilisables) 

 

Sur le ru de Chantereine à Brou sur Chantereine

 qui reçoit les eaux de ruissellement de la décharge de déchets dangereux  SEVESO à hauts risques Sita FD  Villeparisis et de l’ancien site du CEA Vaujours/Courtry

 

 

Pour plus d’informations

contactez :

Le Conseil Général de Seine et Marne 

 

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22 juillet 2014 2 22 /07 /juillet /2014 21:15

Et que fait

Airparif

pour la Seine et Marne ?

Pas de points de contrôle fixe de la qualité de l’air

près des stades

où s’entraînent  nos enfants

à Villeparisis

au bord de la Francilienne

à Mitry-Mory

au bord de la zone industrielle

Pourquoi ?

La santé de nos enfants serait-elle moins importante

que celle

des populations des quartiers huppés de la capitale ?

Pour mémoire Airparif n’a implanté aucuns points de contrôle fixe

des particules PM10 et des oxydes d’azote

au nord-ouest 77

Pour toute information complémentaire contactez

M. Bernard Corneille,

conseiller général du canton de Dammartin en Goële

et membre du conseil d’administration d’Airparif

Paru sur le site Airparif :

Sud-Ouest Parisien : ouverture d’une nouvelle station de mesure

Le jeudi 10 juillet 2014

Afin de maintenir une mesure de qualité de l’air dans le sud-ouest parisien, Airparif vient d’ouvrir une nouvelle station dans le stade Suzanne Lenglen à Paris (15e arrondissement).

Cette station mesure en continu deux des polluants problématiques de la région : les oxydes d’azote et les particules PM10. Les données enregistrées sont mises à disposition du public sur le site internet de l’association, et contribuent quotidiennement à la prévision de la qualité de l’air et des épisodes de pollution.

Cette station de fond (éloignée des voies de circulation) permet d’évaluer la pollution générale, représentative de cette partie de l’agglomération parisienne. C’est pourquoi elle n’est ni impactée par le Boulevard périphérique, ni par l’héliport d’Issy-les-Moulineaux. 

En revanche, ces mesures contribuent à apporter des informations quant à l’exposition lors de la pratique du sport en milieu urbain.

http://www.airparif.asso.fr/actualite/detail/id/115

 

pour plus d’informations :

 http://www.evous.fr/Centre-Sportif-Suzanne-Lenglen,1118822.html

 

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21 juillet 2014 1 21 /07 /juillet /2014 19:30

 

Paru sur le site Bagnolet en Vert :

Collectif 3R

COMMUNIQUÉ DE PRESSE DU 20 JUILLET 2014

PROJET DU SYCTOM D’USINE D’INCINÉRATION DES DÉCHETS ET D’USINE DE TRI MÉCANO-BIOLOGIQUE AVEC MÉTHANISATION À IVRY-PARIS 13


Nous apprenons aujourd’hui que la Commission d’Appel d’Offres du Syctom, se prononcera le 25 juillet prochain sur l’attribution du marché de nouvelle usine de traitement des déchets d'Ivry-Paris-13 suite à la procédure de « dialogue compétitif » engagée en 2011. Cette décision est scandaleuse à plus d’un titre.

Premièrement parce-que ce point n'était pas inscrit à l'ordre du jour du Conseil syndical du Syctom du 25 juin dernier et on peut se demander ce qui motive une inscription aussi précipitée un 25 juillet ! On voudrait passer en force sur ce projet tant contesté par la population et les associations depuis 5 ans que l'on ne s'y prendrait pas autrement.

Deuxièmement parce que lors du Débat public de l'automne 2009, c'est un projet global incluant une nouvelle usine d’incinération et une usine de Tri-mécano-biologique avec méthanisation qui a été présenté à la population. Cette usine d’incinération devait être alimentée également par les résidus d’une usine de TMB similaire à Romainville. Or, grâce au travail effectué par les associations Arivem et le Collectif 3R, qui ont démontré que ces usines de TMB/Méthanisation étaient non seulement une aberration écologique mais qu’elles présentaient des risques et des nuisances graves pour la population, le conseil municipal d'Ivry-sur-Seine s'est prononcé contre l'implantation de ce type d'usine sur son territoire

et l'association Arivem a obtenu auprès du tribunal administratif de Montreuil que le projet de Romainville soit entièrement revu, ce qui hypothèque fortement son avenir.

Est-ce ce projet global de deux usines TMB+ incinération dont décidera le Syctom le 25 juillet ? Ou bien n’est-ce que de sa partie « incinération » ? S’il ne s’agit que de sa partie « incinération », comment le Syctom peut-il se prononcer sur un nouveau projet dont aucune des associations, parties prenantes du Débat public et de la concertation de 2010-2011, n’a été informée depuis juin 2011 ! Quel impact urbain sur les quartiers d'Ivry-sur-Seine et du 13ème arrondissement de Paris ? Quelles modifications technologiques, forcément essentielles, intervenues entre-temps ? A moins qu’il n’y ait pas de « nouveau projet » et que le Syctom s’obstine dans son double projet, ce qui serait d'une irresponsabilité terrifiante sachant que le même type d'usine a été détruite aux 2/3 par un incendie en novembre dernier à Fos Sur Mer.

Depuis plusieurs années le Syctom communique sur une baisse sensible des déchets traités sur son territoire, ce qui va dans le sens de la tendance observée dans tous les pays développés. Malgré cela et malgré toutes les propositions alternatives avancées par les associations depuis 2009, le dimensionnement de l'usine d'incinération d’Ivry-Paris 13 est resté inchangé depuis le début de l'étude du projet en 2004.

Nous sommes en droit, en tant que citoyens, de nous poser des questions sur ce qui motive nos élus du Syctom à précipiter la réalisation d'un projet estimé dans le document initial du maître d'ouvrage à 800M€, réactualisé à plus d’un milliard , voire 1,2 milliard d’euros, alors que de très grandes villes comme Milan ou San Francisco ont mis en œuvre des politiques de réduction drastique de leur déchets et de recyclage, qui tendent avec succès vers le « zéro déchet ».

Ces élus défendent ils réellement l'intérêt général ? Au vu de la méthode employée et de l’absence de concertation, nous émettons de sérieux doutes !

Nous demandons à tous les élus, de toutes tendances politiques, quelque soit leur mandat électif, de considérer qu'il y a dans cette façon de procéder un déni grave de démocratie et un mépris de l'intérêt général de la population. Nous demandons un moratoire sur ce projet pharaonique qui engagera une politique dispendieuse de l'argent public au profit d'entreprises privées pour plusieurs années. Nous demandons que soit relancé avec une réelle volonté politique, un débat public incluant des propositions ambitieuses de réduction et de recyclage des déchets telles qu'elles ont été mises en place dans de nombreux pays développés.


Contacts : collectif3R@gmail.com Gérard Marcon 06 10 60 38 06 Anne Connan 06 81 75 89 97
  

 

 

 

http://www.bagnoletenvert.com/article-non-a-l-usine-d-incineration-et-de-tmb-methanisation-d-ivry-sur-seine-124197951.html

 


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21 juillet 2014 1 21 /07 /juillet /2014 19:26
Paru dans le journal de l’environnement :
Lyon: troublante série de cancers dans un laboratoire de recherche

Le 17 juillet 2014 par Romain Loury

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La bibliothèque de l'Insa, campus de la Doua (Villeurbanne)
DR

Un laboratoire de recherche de l’Institut national des sciences appliquées (Insa) de Lyon a connu ces 11 dernières années 9 cas de cancers et de tumeurs chez de jeunes chercheurs. Leur cause demeure indéterminée.

Regroupant environ 150 chercheurs, doctorants et post-doctorants, MATEIS, intégré à l’Insa de Lyon, est un laboratoire de recherche en sciences des matériaux, travaillant à l’élaboration et à la caractérisation de leur microstructure, notamment à l’échelle du nanomatériau. Parmi les applications, la santé, l’énergie, le transport et le bâtiment.

Or plusieurs cas de cancers et de tumeurs s’y sont produits ces dernières années: en 11 ans, 7 cas sont survenus chez des chercheurs âgés de 27 à 43 ans. Suite à l’apparition de 2 nouveaux cas portant le total à 9, son directeur a saisi la direction de l’Insa de Lyon et la délégation régionale du CNRS en juin, révèle un communiqué de l’Insa publié mercredi 16 juillet.

Si l’Insa s’est décidé à communiquer, c’est parce qu’un document interne à un autre laboratoire, l’Institut Lumière Matière (ILM, université Lyon 1/CNRS), a fuité sur internet. Dans ce courrier daté du 2 juillet, sa directrice, qui n’a pas souhaité répondre au JDLE, demande au personnel de l’ILM «de suspendre, dès à présent et jusqu’à nouvel ordre, les manipulations prévues au CLYM».

Situé dans le même bâtiment que MATEIS, le CLYM (Centre lyonnais de microscopie), plateforme ultramoderne de microscopie électronique, fait en effet l’objet de rumeurs quant à son rôle dans ces cas de cancers. Et ce bien que «certaines de ces personnes [tombées malades, ndlr] n’aient jamais eu à utiliser ces équipements», relève l’Insa.

Le CLYM hors de cause

A l’origine des soupçons, le fait que la microscopie électronique peut générer des rayonnements ionisants (gamma, X). Pour l’Insa, le doute semble levé de ce côté-ci: selon les résultats rendus le 9 juillet par la société Algade, spécialiste de la radioprotection, «les microscopes électroniques hébergés au laboratoire MATEIS n’émettent pas de rayonnements ionisants pouvant les incriminer dans les cas de cancers détectés parmi les personnels».

«Aujourd’hui, aucune origine professionnelle n’est avérée», indique l’Insa. «Aujourd’hui» certes, mais le doute est loin d’être levé quant à une fréquence aussi élevée de cancers chez de jeunes personnes travaillant dans un même bâtiment.

Ni la direction de MATEIS ni celle de l’ILM n’ont souhaité répondre aux questions du JDLE, renvoyant systématiquement au service de communication de l’Insa. En l’absence d’éléments nouveaux, l’Insa s’en tient à son communiqué. Impossible aussi d’en savoir plus aussi quant au type de cancers, couverts par le secret médical.

Interrogé sur le courrier interne de la directrice de l’ILM, l’Insa l’explique par «le principe de précaution» -les résultats d’Algade n’étaient pas encore connus-, estimant qu’il a été guidé par«beaucoup d’émotion».

http://www.journaldelenvironnement.net/article/lyon-troublante-serie-de-cancers-dans-un-laboratoire-de-recherche,48370?xtor=EPR-9

 

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20 juillet 2014 7 20 /07 /juillet /2014 20:09
Paru dans actu environnement :
Budget 2015 : le ministère de l'Ecologie de nouveau à la diète

Economie  |  10 juillet 2014  |  Actu-Environnement.com

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Pour respecter le plan triennal d'économies de 50 milliards d'euros du Gouvernement, les ministères devront à nouveau se serrer la ceinture. Le ministère de l'Economie et des Finances a transmis mercredi 9 juillet aux députés son document d'orientation des finances publiques présentant les grandes lignes du budget pour la période 2015-2017. Ce document détaille la contribution de 18 milliards d'euros de l'Etat au programme de 50 milliards d'économies sur 2015-2017. Les crédits aux ministères baisseront par rapport à 2014 de 1,8 milliard d'euros en 2015, puis de 2,1 milliards en 2016 et 2,3 milliards en 2017.

Parmi les grands perdants, le ministère de l'Ecologie, du Développement durable et de l'E
nergie voit encore son budget raboter de plus de 400 M€ dès 2015 par rapport à la loi des finances initiale 2014 (-3,37%).

En juillet 2013, la coupe dans ces crédits avait provoqué la colère de l'ex-ministre Delphi
ne Batho et sonlimogeage. Les crédits du ministère passeront de 13,487 milliards en 2014 à 13,033 milliards en 2015 puis s'élèveront à 13,027 milliards en 2016 et 13,083 milliards en 2017. Bercy explique dans le document d'orientation que ces crédits seront "complétés par le programme d'investissements d'avenir et les ressources engagées dans le cadre du projet de loi pour un nouveau modèle énergétique".

S'agissant des transports : après le recul de l'écotaxe poids lourds, la mise en place d'un péage de transit poids lourds et l'affectation de recettes "complémentaires permettront d'assurer les recettes de l'agence de financement des infrastructures de transport de France (AFITF)", ajoute-t-il. Par ailleurs, "conformément à la priorité donnée" à l'entretien et à la modernisation des infrastructures existantes, les crédits d'entretien routier et les concours à Réseau ferré de France pour l'entretien du réseau ferré "sont préservés".

http://www.actu-environnement.com/ae/news/budget-2015-ministere-ecologie-baisse-22217.php4

 

 

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18 juillet 2014 5 18 /07 /juillet /2014 19:30
La Seine et Marne
va-t-elle devenir  la poubelle du monde ? 
En effet
les conseillers régionaux IDF
ont voté un  plan
qui autorise à « éliminer » en Ile de France
des déchets dangereux
en provenance de l’étranger 
Voir ce qui vient de se passer en Isère
Paru dans le journal de l’environnement :
Les déchets chimiques australiens ne seront pas incinérés en France

Le 18 juillet 2014 par Stéphanie Senet

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Les associations locales restent mobilisées en attendant la confirmation de l'annonce ministérielle

Les déchets australiens riches en hexachlorobenzène (HCB) ne seront pas traités dans l’usine d’incinération Tredi (groupe Séché Environnement), de Salaise-sur-Sanne (Isère). La ministre de l’écologie a annoncé, le 17 juillet, qu’elle avait demandé au préfet de l’Isère de ne pas accorder l’autorisation d’importation au groupe australien Orica.

Le ministère de l’écologie a expliqué son refus par deux raisons: le principe de précaution lié au risque de pollution marine, en cas d’avarie du navire, pendant le transport depuis l’Australie, ainsi que le principe de proximité, exigeant que les déchets soient traités à proximité de leur source de production. «Le transfert de déchets dangereux en provenance des antipodes constitue une aberration écologique», poursuit le communiqué du ministère de l’écologie.

Après un refus de l’Allemagne en 2007 et du Danemark en 2010, le groupe chimique australien Orica a tenté sa chance auprès de la France «pour faire incinérer, dans un premier temps, un stock de 132 tonnes de HCB, un composé chimique utilisé comme fongicide», précise Henri Petitgand, directeur de la communication du groupe Séché. Si le test s’avérait concluant, 9.000 tonnes au total de déchets industriels chimiques, actuellement stockés à Sidney, auraient été traités dans la région Rhône-Alpes. «Des déchets de HCB, on en traite régulièrement dans l’usine de Salaise-sur-Sanne, grâce à une installation utilisant des liquides organohalogénés, détruisant les déchets à une température de 1.100 degrés Celsius», assure le représentant de Séché. Selon l’exploitant, le groupe australien aurait essayé à plusieurs reprises d’autres techniques d’élimination que l’incinération, qui n’ont pas donné satisfaction.

Pour les associations locales de défense de l’environnement, l’opération est loin d’être anodine.«Nous ne contestons pas les compétences de Tredi à incinérer ces déchets, comme elle l’a fait avec les déchets du Probo Koala ou des résidus de pesticides provenant d’Ukraine. Mais nous estimons que l’Australie a les moyens de créer des installations de traitement alternatives», explique Chantal Gehin de la Frapna[1] Isère. «Il est possible de détruire des sous-produits de HCB selon le procédé de l’arc électrique sous plasma, à une température de 5 à 15.000°C, ou de les réduire en phase gazeuse, comme ce fut pratiqué à Spolana, en Tchéquie, au début des années 2000. Cumulées, ces techniques permettent de détruire totalement les déchets alors que l’incinération ne filtre que les polluants atmosphériques», précise Jean-Luc Perouze, de l’association Vivre.

«S’il n’existe pas encore de site de traitement satisfaisant en Australie, il est inconcevable de faire traverser la planète à 9.000 tonnes de déchets toxiques, avec les nombreux risques de contamination que l’opération comporte», estime Pierre Perras, de Greenpeace International.

Autre grief: l’incinération de déchets composés de HCB, un cancérogène probable pour l’homme (interdit en 1981 en Europe et en 2003 au niveau mondial par la convention de Stockholm sur les polluants organiques persistants) occasionnera en France une pollution de l’air supplémentaire dans une zone régulièrement exposée à des polluants atmosphériques, où résident 200.000 personnes. Les élus locaux, dont le maire de Salaise-sur-Sanne, se sont également montrés réticents, refusant que leur territoire ne devienne «la poubelle du monde».

Enfin, cette exportation ne règlera pas le devenir des déchets chimiques en Australie. «Outre ces 9.000 tonnes de déchets solides cristallins, riches à 50% de HCB, le groupe Orica détient toujours 20.000 tonnes de déchets de HCB sous d’autres formes, des terres, des vêtements et des équipements souillés», affirme Jean-Luc Girardin.

 

L’AUSTRALIE PEUT-ELLE OU NON TRAITER CES DÉCHETS?

Le fond du débat réside dans la possibilité pour l’Australie de traiter ou non ses déchets chimiques, alors qu’elle s’est engagée à ne construire aucun incinérateur sur son territoire, a fortiori de déchets dangereux. Le groupe Orica assure que tous ses essais ont échoué, ce qui lui a permis d’obtenir de Canberra une autorisation d’exporter, en mai dernier. «Il revient à l’Australie de prévoir son propre système de traitement de déchets dangereux, comme l’exige l’article 4 de la convention de Bâle»,précise Pierre Perras de Greenpeace International. Par ailleurs, l’étendue des seuls stocks de déchets de produits chimiques détenus par le groupe Orica justifierait à elle seule la création d’une installation.

La mobilisation associative locale a pour l’heure porté ses fruits. Après avoir reçu une pétition, signée par plus de 25.000 personnes opposées au traitement des déchets chimiques à Salaise-sur-Sanne, le ministère de l’écologie a finalement pris position contre ce transfert. Ségolène Royal a ajouté que les technologies de traitement françaises pouvaient tout à fait être exportées en Australie pour permettre la réalisation d’unités de traitement adaptées. «C’est une grande avancée, mais nous maintenons la mobilisation jusqu’à ce que cette annonce soit confirmée», poursuit Jean-Claude Girardin. «Nous avons maintenu notre mobilisation, ce matin, lors du passage du Tour de France, où une équipe portait les couleurs d’Orica, et une autre celles de Bretagne Séché Environnement», précise Jean-Luc Perouze.



[1] Frapna: Réseau régional des associations pour l'environnement

 

 

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17 juillet 2014 4 17 /07 /juillet /2014 14:50

Claye-Souilly :

une commune pauvre

qui accepte toute activité, malgré les nuisances ?

 

A vous de juger

 

« Comme souvent, les opérateurs privés vont dans les endroits les plus pauvres et où il y a le moins d’activité économique, parce que ces communes sont prêtes à accepter toute activité qui demande à venir, malgré les nuisances », complète Corinne Rufet, »

(extrait article qui suit http://www.bastamag.net/Dechets)

 

extrait article PARU SUR LE SITE  Basta ! :

DÉCHARGES

Pourquoi l’Île-de-France n’arrive pas à trier et recycler ses montagnes de déchets

PAR FLORENT LACAILLE-ALBIGES 17 JUILLET 2014

Des montagnes de déchets totalisant 40 millions de tonnes chaque année. Un quasi monopole de Veolia et de Suez sur leur traitement. Des incinérateurs qui posent davantage de problèmes qu’ils n’en résolvent. Bienvenue dans les poubelles de l’agglomération parisienne. Où les ordures se mélangent et s’agglutinent, se brûlent puis se stockent, sans pour l’instant que soient imaginées d’autres alternatives. A quand une vraie filière de tri et de compostage ? La région Île-de-France osera-t-elle se lancer dans le mouvement « zéro déchet » ? Enquête.

Les environs de Claye-Souilly, au nord de la Seine-et-Marne, par un beau matin de printemps. Des effluves bien particulières. Pas celles de fromages de Brie fermentant au soleil, mais des décharges, nombreuses, qui entourent la ville. Elles accueillent chaque jour une noria de camions venus de toute l’Île-de-France pour déposer gravats, métaux ou déchets ménagers. La plupart des décharges de la région – poliment nommées installations de stockage – n’accueillent que des déchets dits inertes, c’est à dire des terres, des bétons ou des briques, issus des chantiers franciliens.

Ces déchets sont utilisés pour remblayer d’anciennes carrières ou forment des petites collines dans le paysage des plaines de la Brie. Claye-Souilly a également la chance de partager avec deux villes voisines la plus grande décharge francilienne de déchets ménagers – « installation de stockage de déchets non-dangereux » en langage technique (ISDND). Le monstre, propriété de Veolia Propreté, s’étale sur 289 hectares, soit la taille du 10ème arrondissement de la capitale. Et peut accueillir annuellement 1,1 million de tonnes de déchets.

481 kg de déchets par habitant

Plus d’un million de tonnes de déchets dans une seule décharge ! Le chiffre a de quoi donner le tournis. En fait, parler des déchets en Île-de-France, c’est toujours parler de chiffres astronomiques. Un million de tonnes, correspond plus ou moins au poids des déchets ménagers collectés en un an à Paris intramuros. L’ensemble des Franciliens rejettent annuellement 5,7 millions de tonnes d’ordures ménagères, soit 481 kg par habitant. Aux poubelles des habitants s’ajoutent des déchets d’activité économique, parmi lesquels on distingue les déchets de chantier et les déchets de l’industrie, des services et du commerce.

Les premiers représentent l’immense poids de 30 millions de tonnes, constitué à 88 % de déchets inertes et très largement mis en décharge. La seconde catégorie ne représente « que » 5 à 6 millions de tonnes, mais produit tout de même l’essentiel des déchets dangereux d’Île-de-France. Cependant, on observe d’immenses disparités entre les différentes activités : un employé de boucherie génère ainsi en moyenne 65 kg de détritus par semaine, alors qu’un employé de boulangerie n’en jette que neuf. Au total, l’Île-de-France produit donc annuellement un peu plus de 40 millions de tonnes de déchets ! L’équivalent de ce que produit la France en blé !

Les ordures : des emplois dans les zones délaissées

Ce matin-là, le soleil des premiers beaux jours illumine les montagnes de déchets de Claye-Souilly. Une odeur de poubelle se diffuse sur les champs avoisinants. Cette balade dans les plaines de la Brie oblige à se poser une question : pourquoi ce petit bout d’Île-de-France, coincé entre la Marne et l’aéroport Charles-de-Gaulle accueille-t-il autant de décharges – sans compter les installations de traitement de déchets dangereux présentes dans les villes voisines de Mitry-Mory et Villeparisis ? « D’après les entreprises du secteur, le nord de la Seine-et-Marne cumule plusieurs avantages : la proximité avec Paris, peu de protections territoriales (parc régionaux par exemple), la présence d’axes de transport fluvial et des élus locaux favorables », répond Helder de Oliveira, directeur de l’Observatoire régional des déchets d’Île-de-France (ORDIF). Corinne Rufet, vice-présidente du Conseil régional à l’environnement, l’agriculture et l’énergie, ajoute : « C’est un endroit où il y a des terres vastes, assez peu d’activité économique et où les agriculteurs ont accepté de vendre leurs terres. »

À Claye-Souilly, les militants de l’Association pour la défense de l’environnement (Adenca) confirment ce diagnostic. Ils croient savoir que les exploitants de décharges offrent plus que les promoteurs immobiliers pour le rachat de terrains. Nombreux sont les agriculteurs en reconversion qui ont vendu leurs terres. « Comme souvent, les opérateurs privés vont dans les endroits les plus pauvres et où il y a le moins d’activité économique, parce que ces communes sont prêtes à accepter toute activité qui demande à venir, malgré les nuisances », complète Corinne Rufet, tristement réaliste. Dans ses plans d’élimination des déchets, la région Île-de-France invite justement à un meilleur équilibrage territorial des installations de traitement. Mais cet équilibrage peine à être mis en œuvre. D’ailleurs les communes qui vivent grâce à cette activité ne sont pas forcément enthousiastes à l’idée de voir partir des emplois, pénibles et déconsidérés……

Quand l’incinération alimente les décharges

Cette réglementation reste toujours insuffisante pour le Centre national d’information indépendante sur les déchets (CNIID) qui relève que plus de 2000 molécules sortent des cheminées des incinérateurs alors que l’arrêté ne porte que sur une vingtaine de produits. « Les effets de certaines de ces molécules restent encore inconnues, d’autant plus que les effets sur la santé et l’environnement peuvent être potentiellement décuplés par l’effet "cocktail", lorsque des substances agissent en interaction avec d’autres », prévient l’association.

 

L’Ademe et le CNIID sont au moins d’accord sur un point : les fumées ne représentent qu’une très faible portion des sorties d’incinérateurs. Après quelques heures de combustion, l’essentiel des déchets quitte l’usine sous forme de résidus d’incinération représentant environ 30 % du poids de départ, sous forme de poussières et de cendres extrêmement concentrées en dioxines et en métaux lourds. Ces poussières rejoignent immédiatement des installations de stockages spécialisées dans les déchets dangereux. Quant aux résidus, ou mâchefers, ils représentent encore une masse importante. Une partie est réutilisée (notamment dans les sous-couches routières), mais une fraction importante échoue dans les décharges de déchets non-dangereux, aux cotés des ordures ménagères non-incinérées.

Des incinérateurs trop chers et trop gourmands

La boucle est ainsi bouclée et nos déchets, même réduits par l’incinération, rejoignent quand même d’autres montagnes de déchets. À Claye-Souilly, ce sont ainsi presque 140 000 tonnes de mâchefers qui sont entrées sur la décharge en 2011, dont plus de 60 % venant de l’incinérateur d’Issy-les-Moulineaux. Loin de représenter une alternative au « stockage », l’incinération nécessite donc la présence de décharges.

L’autre gros désavantage de l’incinération c’est son manque de souplesse : un incinérateur qui ne fonctionne pas au maximum de ses capacités coûte très cher. C’est pourquoi, selon la dernière synthèse de l’ORDIF, un peu plus de 3,6 millions de tonnes de déchets ont été incinérés en 2011, pour une capacité d’environ 4 millions de tonnes (soit une utilisation de 91 % des capacités). En comparaison – avec 2,6 millions de tonnes de déchets non-dangereux stockés – les capacités des décharges sont utilisées à 81 %. Quant aux centres de tri, ils ne sont utilisés qu’à 43 % de leurs capacités ! Mais comment croire qu’une filière de recyclage ambitieuse se mettra en place, alors qu’il faut alimenter les 19 incinérateurs franciliens, dont les trois principaux (tous héritiers des quatre premiers de 1900, à l’exception de celui de Romainville qui a fermé) totalisent une capacité de 1,7 millions de tonnes. Ailleurs en Europe, certains pays, confrontés à ce problème, avaient même choisi d’importer des déchets.

Empêcher toute alternative

Sans oublier que les critères économiques ne sont pas à l’avantage du recyclage.« Fiscalement, la TVA est la même pour l’incinération, le stockage ou le recyclage, alors que le processus de recyclage est plus cher. Il est donc moins coûteux de mettre en décharge ou d’incinérer. Les centres de tri souffrent aussi de l’instabilité de leurs revenus, liés aux cours boursiers des différents matériaux, alors que les revenus de l’incinération, sous forme de vente de chaleur et d’électricité, sont très réguliers », explique Helder de Oliveira.

L’Île-de-France oublie ainsi très largement les alternatives au stockage et à l’incinération dans le traitement de ses déchets, toujours sous l’œil bienveillant de quelques multinationales, spécialisées dans la délégation de service public. Au quasi-monopole de Veolia sur le stockage des déchets non-dangereux, Suez répond par l’exploitation, via sa filiale Novergie, du plus gros incinérateur francilien à Ivry-sur-Seine. Suez détient également une participation à l’incinérateur d’Issy-les-Moulineaux en partenariat avec la société TIRU (pour traitement industriel des résidus urbains), opérateur historique des usines d’incinération limitrophes de Paris et détenue à 51 % par EDF....

Florent Lacaille-Albiges

 

http://www.bastamag.net/Dechets

 

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16 juillet 2014 3 16 /07 /juillet /2014 20:47
Paru sur le site FNE :
09.01.2012 Gestion des déchets 
Mâchefers : un nouvel arrêté au service des intérêts de la filière Incinération - La nature comme substitut à la décharge

L’arrêté du 18 novembre 20111 se propose d’encadrer le « recyclage en technique routière des mâchefers d'incinération de déchets non dangereux ». France Nature Environnement a suivi de près l’élaboration du texte qui prétend répondre à un engagement du Grenelle. Le principal souci de la nouvelle réglementation (applicable à partir de juillet 20122) est en réalité de ne pas pénaliser la filière thermique en définissant des contraintes réglementaires facilitant, au nom de prétendus objectifs vertueux de « valorisation », l’élimination des cendres lourdes à moindre coût  pour les collectivités et les opérateurs économiques - en éludant la question du coût environnemental et sanitaire effectif de cette pratique. Ce qui n’empêche pas les acteurs de la filière travaux publics de pousser le Ministère à davantage de laxisme encore, réclamant pour les mâchefers la possibilité d’acquérir le statut de simples produits. Une telle surenchère en matière de dumping environnemental est particulièrement inquiétante dans un contexte où les affaires relatives à des usages frauduleux de mâchefers se multiplient.  


Après 17  ans d’attente, u
ne trahison des engagements du Grenelle et un texte-alibi avant tout protecteur des intérêts de l’incinération.

La France de l’incinération (ordures ménagères et déchets industriels banals) produit 3 millions de ton
nes de mâchefers par an, dont plus de 2 millions de tonnes sont « valorisées », essentiellement en sous-couches routières. Or, les mâchefers d’incinération d’ordures ménagères (MIOM) rebaptisés « mâchefers d’incinération de déchets non dangereux » (MIDND) concentrent une bonne part des polluants contenus dans les déchets incinérés, auxquels s’ajoutent en quantité variable des substances dangereuses (dioxines, HAP) engendrées par le process d’incinération.
L’utilisation des mâchefers en technique routière se fait depuis 1994 en référence aux recommandations d’u
ne simple circulaire, qui se donnait elle-même pour provisoire et insuffisante3, mais qui 17 ans plus tard reste le seul document de référence pour l’administration et les acteurs de la filière.

L’engagement 264 du Gre
nelle4 pouvait laisser espérer une prise en compte des enjeux grâce à l’adoption d’une réglementation digne de ce nom. Si le principe d’une utilisation des mâchefers n’avait pas été remis en cause par le Grenelle, il ressort des comptes rendus des travaux réalisés qu’une double exigence avait été formellement définie :
Procéder à u
ne meilleure expertise des impacts environnementaux et sanitaires de cette pratique (« réévaluation systématique des impacts », « connaissance fines des procédés » « évaluation des dangers et risques potentiels », « retour d’expériences » des autres pays, ...). L’une des ‘fiches descriptives des actions’ retenues par l’Atelier Intergroupes sur les Déchets qualifie la « maîtrise des impacts » des mâchefers de « condition indispensable » à leur utilisation.
Dans un second temps, définir, sur la base de l’expertise préalable, l’encadrement réglementaire adapté.

Or, le groupe de travail en charge de la mise en œuvre de l’engagement (dit « Groupe Mâchefers ») a, sous l’égide des représentants du Ministère, d’emblée délaissé la question des impacts environ
nementaux et sanitaires de l’utilisation des mâchefers au profit de considérations techniques relatives à leur traçabilité.
Le groupe de travail a en particulier été sollicité pour valider un projet de guide général relatif à  l’« acceptabilité de matériaux alternatifs en technique routières ». Ce guide SETRA (publié en mars 2011), destiné aux profession
nels des travaux publics, est bien antérieur au Grenelle et son but est de faciliter et promouvoir l’utilisation des matériaux alternatifs en techniques routières et non de répondre aux exigences en matière environnementale définies par le Grenelle. Les préoccupations géotechniques y priment sur les préoccupations environnementales5. Il ne prend pas en compte la spécificité des mâchefers d’incinération. C’est pourtant bien ce guide qui est à l’origine de l’arrêté du 18 octobre.

En définitive, au terme d’un parcours chaotique comprenant notamment u
ne nouvelle disposition du Code des douanes dispensant de TGAP6 les mâchefers non valorisables « techniquement » (donc voués au stockage), le Ministère a accouché d’un nouveau texte, qui, selon ses propres termes, constituent « une réponse aux demandes » (sic) des collectivités incinératrices et des industriels. Au nom du Grenelle dont il bafoue allègrement les engagements.

Le nouveau texte comprend quelques avancées, comme :
- l’augmentation du nombre de substances prises en compte,
- l’abaissement sensible de la grande majorité des seuils,
- l’incitation forte à passer par u
ne installation de maturation et d’élaboration (IME),
- le renforcement des exclusions (notamment en zo
nes Natura 2000),
- le renforcement des exigences de traçabilité.

En revanche, des insuffisances flagrantes demeurent :
- l’absence d’u
ne expertise basée sur des retours d’expérience et des études d’impact solides pour vérifier l’impact environnemental des mâchefers,
- la non prise en compte des flux,
- des valeurs limites insuffisantes et pour certai
nes fixées au « doigt mouillé »,
- l’absence de procédure pour s’assurer de la non-dangerosité des mâchefers7,
- l’absence de détermination de la te
neur intrinsèque pour la majorité des polluants (métaux, sels) et l’absence de prise en compte des interactions entre les mâchefers utilisés et le milieu récepteur,
- l’absence de suivi des chantiers et de contrôles a posteriori.

Sur certains points, le nouveau texte constitue même u
ne régression par rapport à la circulaire de 1994. En particulier, il favorise l’intensification des usages8, avec des risques de lixiviation accrus, et promeut le recours aux installations de maturation tout en supprimant les dispositions spécifiques qui s’y appliquaient.  


Conclusion

A vouloir favoriser pour des raisons économiques la dispersion des mâchefers dans l’environ
nement sans réel souci de prévenir et de contrôler l’impact sur l’environnement, le Ministère prend le risque d’accroître la défiance du public à l’encontre de l’incinération.

Les travaux du Gre
nelle sollicitaient le principe de précaution pour justifier l’exigence d’une bonne connaissance des impacts de la « valorisation » des mâchefers en préalable à l’adoption d’une nouvelle réglementation. Ce principe a été méconnu, tout comme l’obligation d’éliminer les déchets dans des conditions propres à éviter de porter atteinte à la santé de l’homme et à l’environnement9. Tout chantier utilisant des mâchefers pouvant potentiellement être considéré comme une décharge sauvage, les contentieux autour des mâchefers pourraient se multiplier.

1 Publié au JO le 30 novembre 2011
2 Date à laquelle la Circulaire 1944 devrait être abrogée. 
3 L’ADEME et le BRGM (« Mâchefers d’incinération des ordures ménagères, État de l’art et perspectives, 2008) précisent : « Il
ne fait aucun doute aujourd’hui que les résultats du test de lixiviation préconisé par la circulaire n’apportent, malgré sa pertinence, qu’une réponse partielle quant aux impacts environnementaux potentiels lors d’un usage en technique routière. » (p.10)
4 Engagement 264 : « Améliorer la gestion de certains déchets spécifiques » avec, notamment pour les mâchefers, « u
ne révision de la réglementation par l’Etat dans le cadre de discussions transparentes »
5 « C’est sur la partie 4, concernant l’évaluation environ
nementale, que manquent le plus d’éléments. » - le représentant de l’ADEME en séance du groupe Mâchefers du 13 mai 2009.
6 Taxe Générale sur les Activités Polluantes
7 L’incinération de déchets non dangereux peut engendrer des mâchefers dangereux – voir article 5 de l’arrêté. 
8 Il permet d’utiliser les mâchefers en remblai technique en bord de routes sur u
ne épaisseur de 6 m, avec seulement 30 cm de matériau naturel en recouvrement. 
9 Code de l’environ
nement, article L541-2


Pour approfondir ce sujet : un dossier présentant dans le détail les avancées, les insuffisances et les reculs du nouveau texte est téléchargeable :

Télécharger le document ###END_IF_FILE###

http://www.fne.asso.fr/fr/machefers-un-nouvel-arrete-au-service-des-interets-de-la-filiere-incineration-la-nature-comme-substitut-a-la-decharge.html?cmp_id=167&news_id=1259

 

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16 juillet 2014 3 16 /07 /juillet /2014 20:46
Paru sur le site de  la Fédération Rhône-Alpes de Protection de la Nature :
ACTIONS JURIDIQUES

Mâchefers de Bourgoin-Jallieu …. De bonnes nouvelles et de nombreuses questions en suspens (Mars 2013)

Un point complet de la situation du dossier de la plateforme de collecte et de maturation des mâchefers des usines d’incinération iséroises, MODUS VALORIS à Bourgoin-Jallieu, a été effectué avec les services de la DREAL. Suite à l’action menée localement par l’APIE avec le soutien de la FRAPNA Isère et de l’Union Régionale, à la fois sur le plan judiciaire et administratif, la situation qui était devenue sur le site intolérable est en passe d’être régularisée. Pour mémoire, s’accumulait sur les plateformes le double de volume de mâchefers autorisés, au mépris de l’arrêté préfectoral, entrainant des conséquences néfastes pour les riverains de l’installation, sans compter des risques sanitaires et environnementaux (pollution air, sols et eau) très importants.

 

 

La fermeture provisoire du site suite à une mise en demeure de l’administration au regard entre autres des éléments que nous avions accumulés a entraîné deux conséquences majeures :

1.                    l’enlèvement compliqué mais contrôlé des mâchefers en surnombre et la mise aux normes de l’installation en cours de finalisation qui devrait donc être autorisée prochainement à rouvrir et recevoir de nouveaux entrants dans les limites prévues par l’arrêté ;

2.                    Le blocage complet pendant plusieurs mois de la filière des mâchefers du Rhône et de l’Isère qui s’était structurée autour de la plateforme de Bourgoin-Jallieu et la nécessité pour les usines d’incinération ne disposant pas pour la plupart de plateforme provisoire de trouver des solutions urgentes (enfouissement essentiellement) et de se réorganiser plus profondément. Certaines auraient déjà annoncé leur intention de revoir leur contrat avec la société qui gère le site de Bourgoin, au vu des préjudices financiers qu’elles ont subis.

Devant la nécessité impérieuse de tirer globalement les enseignements de cette affaire qui devrait également connaître son épilogue judiciaire prochainement, la FRAPNA a proposé au Conseil général de l’Isère d’organiser une table-ronde en avril permettant de faire le point avec tous les intervenants, autour de l’idée essentielle : « Que faire de nos mâchefers ? ».

Dans ce contexte, la FRAPNA entend rappeler que :

·                       La législation sur les mâchefers, actuellement floue, va sans doute être amenée à se clarifier sous l’égide de la législation européenne. Les mâchefers restent pour le moment des déchets. Ils doivent être traités comme tels y compris quand ils sont valorisés dans des chantiers essentiellement routiers. Cette solution, rejetée en l’état actuel par FNE et la FRAPNA (Cf notre position), pose des problèmes de traçabilité et de suivi de ces chantiers qui devraient être traités comme des installations classées pour l’environnement (Cf travaux du Tram E ou ceux d’AREA à Satolas), ce qui n’est pas le cas. 
La sortie éventuelle des mâchefers du statut de déchets pour entrer dans celle de produits valorisables et donc commerçables via le mécanisme européen REACH pourrait représenter une autre étape qui risque de s’avérer longue au vu des polluants contenus dans ces sous-produits et des risques encourus.

·                       Le contexte enfin du Grenelle qui avec la généralisation prochaine de la redevance incitative tend à promouvoir la diminution de la production de nos déchets à la source (chez le producteur) et au développement du recyclage et de ses filières, freinées pendant des années par le choix prioritaire de l’incinération. La mise en place des Plans de Protection de l’Atmosphère rend l’incinération également plus compliquée, alors que se développent d’autres sources de valorisation énergétique comme la méthanisation ou la cogénération.

A l’heure de la transition écologique, les mâchefers nous donnent ainsi l’occasion de nous pencher, en partant d’une problématique locale, sur une réflexion globale et essentielle de nos sociétés modernes : la gestion des déchets.

 

 

http://www.frapna-38.org/index.php?option=com_content&view=article&id=90:machefers-bourgoin-jallieu&catid=23&Itemid=188

 

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