Paru sur le site Sénart Citoyens:
ADENCA
Association de Défense de l'ENvironnement de Claye-Souilly et ses Alentours

"Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le
mal,
mais par ceux qui les regardent agir et qui refusent d'intervenir."
Albert Einstein
Paru sur le site Sénart Citoyens:
Décharge REP VEOLIA CLAYE-SOUILLY
1er plus gros émetteur français
de gaz méthane
dans l'air
en 2011 et 2008 (1)
A grand renfort de médias Rep Veolia Claye-Souilly annonçait en 2009 l’installation de la 1ère unité de production de biométhane carburant.
Qu’en est-il 5 ans après
de ce projet financé pour
300 000 €
par nos deniers publics?
D’après les quelques informations que nous avons pu recueillir auprès de l’exploitant lors de la dernière Commission de suivie de site du 18/12/2013 concernant le stockage du biométhane, seule une petite partie est stockée puisque le biométhane carburant utilisé dans la journée correspond à celui produit la nuit.
Il semblerait que seuls quelques véhicules utilisés par Rep Veolia fonctionnent avec ce type de carburant.
Affaire à suivre........
(1) http://www.irep.ecologie.gouv.fr/IREP/index.php
Paru dans le journal de l’environnement :
Le 23 septembre 2014 par Stéphanie Senet
La justice environnementale au bout du clic
Citizen case: c’est le nom de la première plate-forme de financement participatif, lancée ce 23 septembre à Paris par le Rassemblement pour la planète[1], pour un meilleur accès à la justice environnementale.
[1] Le Rassemblement pour la planète est constitué de 5 ONG: Ecologie sans frontière, Respire, réseau Environnement Santé, Générations futures et Robin des toits
La class action à la française n’est pas encore possible contre les dommages sur la santé et l’environnement? Qu’importe! Une mobilisation s’est constituée pour lever un obstacle de taille lorsqu’un collectif souhaite déposer un recours en justice: trouver les fonds pour payer l’avocat, l’expert, l’huissier, les frais de justice, voire un chargé de mission à temps plein… Le montant de la facture s’élève souvent entre 2.000 et 10.000 euros.
«L’idée est née en mars 2012 lors des prémisses du projet de loi Hamon sur la consommation. On s’est rendu compte que la santé publique, l’environnement et les droits sociaux allaient être exclus du champ de l’action de groupe (voir JDLE). Alors on a réfléchi à une solution alternative permettant de favoriser les recours en justice dans ces domaines», raconte Sébastien Vray, coordinateur de Citizen Case et président de l’association Respire.
UNE PLATE-FORME DESTINÉE AUX ASSOCIATIONS
Ouverte à toute association, la plate-forme permet d’abord de déposer un dossier présentant le projet de recours, les dommages, et les preuves. Une fois sélectionné par Citizen case, il est diffusé sur le site web (citizencase.org) pour ouvrir l’appel à contributions. Deux recours ont déjà été financés sur ce mode, dont celui des habitants du Pays rochefortais contre l’autorisation d’exploiter un méga-incinérateur de déchets ménagers à Rochefort-Echillais (Charente-Maritime) (recours soutenu par l’association Zero Waste France). 12.688 € ont été récoltés à ce jour.
L’association L214 a de son côté récolté des fonds pour former un recours contre le gavage des oies, à travers lequel elle souhaite faire condamner une entreprise de production de foie gras pour mauvais traitements, sévices graves et actes de cruauté envers des animaux.
Actuellement, la plate-forme recherche des financements pour le recours de l’association Halte à la pollution (Lot-et-Garonne) contre l’installation d’une centrale d’enrobés à chaud dans une zone inondable proche d’habitations et de maraîchers. De nouvelles affaires devraient bientôt rejoindre Citizen case: une action contre une usine d’équarrissage dans le Var et un nouveau recours contre le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes…
«Plus largement, le site permet de faire prendre conscience aux associations et aux citoyens qu’il existe un droit à la justice environnementale. Même si l’on perd, il ne faut pas laisser passer ce droit», rappelle Sébastien Vray.
En effet
le futur plan local d’urbanisme de la commune
prévoit
de densifier une zone pavillonnaire
en bordure de la nationale 3, à Bois Fleuri
En 2006 la circulation était déjà estimée sur la RN3 à 35 050 véhicules/jour, circulation qui s’est accrue depuis ces 8 dernières années.
Densifier le tissu urbain en bordure de la RN3
- va à l’encontre du Grenelle 2 qui prévoit pour préserver la santé de lutter contre les nuisances sonores
- ferait prendre des risques aux populations résidentes.
étude Airparif (1)
zone d’impact des axes routiers de 30 000 véhicules par jour :
- dioxyde d’azote comprise entre 50 et 100m
- benzène 50 m
- particules 100 m
étude Office Régionale de Santé (1) et (2)
- la proximité du trafic routier est responsable d’environ 16% des cas d’asthme chez les moins de 17 ans
- les calculs pourraient être étendus à d’autres pathologies telles que les maladies cardiaques ou les bronchites chroniques
(1) n° 39 décembre 2012 Airparif
Voir page 2,3 et 8
http://www.airparif.asso.fr/_pdf/publications/NUMERO39.pdf
(2) voir page 15
http://www.ors-idf.org/dmdocuments/2012/Synthese_erpurs_EIS_trafic.pdf
Extrait article paru sur le site de l’OCDE :
21/05/14 – Du fait des décès prématurés et problèmes de santé qu’elle occasionne, la pollution de l’air urbain coûterait, selon les estimations, 3 500 milliards de dollars par an aux économies avancées, ainsi qu’à la Chine et à l’Inde. Si les pouvoirs publics ne font rien de plus pour limiter les émissions de CO2 des véhicules, ce coût ne cessera de croître, selon un nouveau rapport de l’OCDE.
Dans les pays de l’OCDE, les transports routiers sont responsables d’environ la moitié des coûts liés à la pollution, les véhicules diesel produisant les émissions les plus nocives....
Le rapport The Cost of Air Pollution: Health Impacts of Road Transport chiffre le coût à environ 1 700 milliards de dollars pour la société dans les 34 pays membres de l’OCDE, compte tenu de la valeur que les gens attribuent au fait de ne pas mourir précocement d’un cancer, d’une maladie cardiaque ou de problèmes respiratoires. Ce coût approche 1 400 milliards de dollars en Chine et 500 milliards de dollars en Inde.
Plus de 3,5 millions de personnes meurent chaque année de la pollution de l’air urbain. Entre 2005 et 2010, le taux de mortalité a augmenté de 4 % dans le monde…..
Montgé en Goële : site fermé par M. Olivier THOMAS
Sa biographie :
OLIVIER THOMAS
Né le 28/04/1963
Conseiller régional d'Île-de-France (mars 2004- )
Maire de Marcoussis (Essonne) (2002- )
Vice-président de la communauté d’agglomération Europ'Essonne, chargé de l'aménagement
Ancien premier secrétaire de la fédération du Parti socialiste de l'Essonne
Président de l’Agence des Espaces Verts.
Préfet de Seine et Marne du 9/2/2004 au 3/7/2007
Il autorisera :
- la poursuite d'exploitation de la décharge de déchets dangereux Sita Villeparisis
- l'extension temporaire du stockage de déchets dans les décharges :
Veolia Claye- Souilly de 300 000 tonnes annuelles supplémentaires en 2006 et 2007
Sita Soignolles
- le remblaiement de carrières par des déchets "dits inertes" :
Pécy, Barbey, La Chapelle la Reine, Chalautre la Petite
- l'implantation d'entrepôts SEVESO à Châtres et Combs la Ville
Pour la remercier de ses bons et loyaux services en Seine et Marne les plus hautes instances de l’ETAT lui offre une importante promotion, il devient Préfet de la Région Franche Comté, il cumule ce poste avec celui de préfet du Doubs.
Etudes
Licencié en droit,
diplômé d'études supérieures de droit public et de sciences politiques de l'Institut d'études politiques de Paris
élève à l'E.N.A. (1972-1974) promotion Simone Weil
Décorations
Légion d’Honneur commandeur
ordre national du Mérite officier
Mérite agricole officier
chevalier des Arts et Lettres
Palmes académiques officier
Carrière
- administrateur civil de 2° classe au ministère de l'Intérieur (01/06/1974)
- sous-préfet, directeur de cabinet du préfet de l'Yonne (01/08/1974), des Côtes-du-Nord (24/01/1976)
- sous-préfet de Nontron (1978)
- administrateur civil de 1° classe (01/01/1979)
- secrétaire général de la Haute-Loire (01/02/1979)
- sous-préfet de 1° classe (01/11/1979)
- chargé de mission pour les affaires économiques
- adjoint au directeur de la Mission économique et sociale de la préfecture de région d'Île-de-France (17/03/1980) - maître de conférences à l'Institut d'études politiques de Paris (1980-1982)
;-sous-préfet de Libourne (17/03/1982)
- commissaire adjoint de la République d'Aix-en-Provence (12/09/1983)
- administrateur civil hors classe (25/04/1984),
- sous-préfet hors classe (01/11/1985)
- secrétaire général des Bouches-du-Rhône (25/11/1985)
- commissaire adjoint de la République de Mulhouse (30/10/1986)
- préfet des Hautes-Alpes titularisé préfet (1989-1991)
- Préfet des Landes (1991-1994)
-Préfet de Charente (1994-1998)
- Préfet des Côtes-d'Armor (1998-2001)
- Préfet du Maine-et-Loire (2001-2004)
- Préfet de Seine-et-Marne (2004-2007)
- Préfet du Doubs et de la région Franche-Comté (2007-2010)
- directeur de l’ouvrage Des intendants du roi aux préfets de la République, lauréat du prix Lucien Febvre (2009) ; préfet hors cadre
- conseiller d’État en service extraordinaire (08/04/2010) en mission sur le projet de loi réformant le fonctionnement des institutions locales en Polynésie française (05/2010)
- président du Conseil d’administration d’ADEMA (ex SONACOTRA) (04/2011) ;
pour aller plus loin :
http://www.macommune.info/article/l%E2%80%99ancien-prefet-jacques-barthelemy-dans-le-logement-social
Projet de carrière à ciel ouvert Placoplatre:
pourquoi
Mme Pélabère conseillère générale du canton de Claye-Souilly
ne répond-t-elle pas à notre courrier ?
Les élus ne doivent-il pas décider dans l'intérêt général et se justifier auprès des populations de leur prise de décision ?
A vous de juger
projet pont RD 105
Pourquoi Madame Ségolène Royal qui se mobilise contre le réchauffement climatique va-t-elle manifester à New York ou inaugurer le Refuge du Gouter dans le Massif du Mont Blanc et ne vient pas à la rencontre de l’industriel Rep Veolia Claye-Souilly, 1er plus gros émetteur français de gaz méthane dans l’air en 2011 et 2008 pour lui demander de prendre des mesures pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre.
Pourquoi Madame Ségolène Royal n’impose pas de prescriptions complémentaires à l’industriel Rep Veolia pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre ?
Pourquoi Madame Ségolène Royal ne vient pas en Seine et Marne à la rencontre des associations environnementales seine et marnaises ?
Paru dans le journal le Figaro :
Le méthane, un gaz aussi nuisible que le CO2
Par Marc Menne ssier
· Mis à jour le 29/02/2008 à 21:59 · Publié le 01/03/2008 à 21:58
Publié le 01/03/2008 à 21:58
Une étude française démontre que l'impact de ce gaz libéré par les ruminants, les déjections animales ou les décharges d'ordures ménagères est beaucoup trop sous-estimé aujourd'hui.
Dans un article publié dans La Recherche, trois spécialistes de l'énergie et du climat, Benjamin Dessus, Bernard Laponche et Hervé Letreut, lancent un pavé dans la mare. À force de se focaliser sur le gaz carbonique (CO2), et de négliger l'impact des autres gaz à effet de serre, comme le méthane (CH4) ou l'oxyde nitreux, les politiques de lutte contre le réchauffement risquent, selon eux, de tourner au fiasco. Ils ne remettent pas en question la réalité du réchauffement climatique, mais critiquent les options en matière de réduction.
Ils démontrent, chiffres et courbes à l'appui, que la récupération de la majeure partie du méthane (CH4) dégagé par la décomposition des décharges d'ordures ménagères aurait plus d'impact sur la réduction du réchauffement climatique que la construction de trois réacteurs nucléaires de type EPR (voir l'infographie). Ou, plus concret encore, qu'elle aurait le même effet que l'isolation thermique de 400 000 logements anciens par an pendant vingt-cinq ans.Le tout à moindres frais, en valorisant une ressource énergétique pouvant servir aussi bien à produire de l'électricité qu'à chauffer des immeubles ou à faire rouler des bus ou des voitures…
Pour illustrer leur propos, les chercheurs s'appuient sur la résolution du Conseil des ministres de l'Environnement de l'Union européenne, en date du 30 octobre 2007. Pour éviter un réchauffement planétaire de plus de 2 °C, le texte préconise, en effet, de « stabiliser la concentration des gaz à effet de serre dans l'atmosphère à environ 450 ppm d'équivalent CO2» en procédant par étape. Les émissions devront « atteindre leur maximum dans les dix ou quinze ans qui viennent» avant de revenir « d'ici à 2050» à «un niveau inférieur d'au moins 50 % à celui de 1990».
Fort bien. Sauf que «seuls les efforts de réduction du CO2 sont cités, déplorent nos trois experts.Les gaz à effet de serre autres que le CO2 (méthane, oxyde nitreux, etc.) ne font l'objet d'aucune mention spécifique». Même constat en France : «Lors du “Grenelle de l'environnement”, toutes les mesures prononcées concernaient la réduction des émissions de CO2 sans qu'une seule fois, dans le document final, ne soit jamais mentionné le méthane.»
Pourquoi un tel oubli ? Essentiellement pour des raisons pratiques répondent les auteurs. La conversion en «tonnes équivalent CO2» permet, en effet, de comptabiliser plus facilement la contribution des différents gaz responsables de l'effet de serre. Mais du fait de la «généralisation de son emploi […], tout se passe comme si l'on avait affaire à un seul gaz, “équivalent CO 2” dont il s'agit de réduire les émissions.»
Plus grave : les calculs d'équivalence sont effectués de façon très approximative, ce qui contribue à sous-estimer l'impact du méthane, notamment. Il est ainsi couramment admis que l'émission d'une tonne de méthane dans l'atmosphère a le même effet que 21 tonnes de CO2. Sauf que cette équivalence n'est valable que sur une période de cent ans. Le temps de vie du méthane dans l'atmosphère étant beaucoup plus faible que celui du CO2, son impact climatique est d'autant plus élevé que la période de référence choisie est courte. Par exemple : à l'horizon 2050, date à laquelle l'Europe veut réduire de 50 % ses émissions de gaz à effet de serre par rapport à 1990, le «pouvoir de réchauffement global» du méthane n'est plus égal à 21 mais à 49.Et à cinq ans, une tonne de méthane fait autant de dégâts que 101 tonnes de CO2 !Conclusion : l'Europe ne pourra pas atteindre son objectif si elle n'intègre pas le méthane dans son programme de réduction d'émissions et si elle persiste à lui appliquer un coefficient d'équivalence inadapté.
Enfin, tout en maintenant «l'effort indispensable sur le CO2», la récupération et la valorisation énergétique du méthane présentent l'avantage de ne pas pénaliser le développement économique notamment dans les pays émergents. Bien au contraire !
Marc Mennessier
La forêt régionale de Montgé en Goële
va-t-elle disparaître ?
Après la fermeture du domaine régionale de St Thibaut à Montgé en Goële décidé par le Conseil Régional (AEV) en toute discrétion sans concertation avec les populations, l'inquiètude est grande.
Les élus du Conseil Régional se préoccupent-ils de l'intérêt général ?
A vous de juger
Domaine régionale de St Thibault à Montgé en Goële
Paru sur le site FNE :
Dans le cadre de la préparation du projet de loi de finances pour 2015, le modèle économique de la gestion des forêts publiques pourrait être sérieusement remis en cause. Pour FNE, les efforts légitimes de réduction des déficits ne doivent pas conduire à la destruction d’un système qui a été le garant d’une gestion équilibrée des forêts publiques depuis près de deux cent ans.
Le régime forestier, garant de la gestion à long terme des forêts publiques
Le régime forestier s'applique à toutes les forêts publiques de l’Etat et des collectivités. Il constitue d’abord un ensemble de garanties permettant de préserver le foncier forestier mais également un véritable régime de gestion encadré par l’Etat dans le souci de l’intérêt général.
Il en résulte une cohérence de gestion pour toutes les forêts publiques (appartenant à l’Etat comme aux collectivités territoriales), assurée par l’Office National des Forêts, ainsi qu’une égalité entre les territoires, en permettant une redistribution des bénéfices des ventes de bois des régions où l’exploitation forestière est rentable vers les autres régions.
Ainsi que le précise le Code forestier, " les bois et forêts relevant du régime forestier satisfont de manière spécifique à des besoins d’intérêt général ", tels que la préservation de la biodiversité et l’accueil du public.
Un projet aux visées strictement budgétaires, incompatibles avec l’intérêt général
Dans deux communiqués publiés ce jour, la Fédération Nationale des Communes Forestières (FNCOFOR) d’une part et le Syndicat National Unifié des Personnels des Forêts et de l’Espace Naturel (SNUPFEN) d’autre part, alertent sur les discussions qui semblent se conduire au sein du Gouvernement. Selon ces sources, l’Etat souhaiterait compenser son désengagement partiel du financement de la gestion des forêts publiques en en transférant la charge aux communes forestières, propriétaires des forêts des collectivités et qui, par la loi, doivent en confier la gestion à l’Office National des Forêts (ONF). Le risque serait alors grand que les collectivités demandent à se soustraire à ce régime, conduisant à la privatisation de la gestion des forêts publiques.
Pour Hervé Le Bouler, responsable des politiques forestières à FNE : « Le projet dont il est fait mention, s’il s’avérait refléter réellement la volonté du Gouvernement, constituerait un recul sans précédent pour la politique forestière française. Il serait illusoire de croire que l’exemplarité de la gestion des forêts publiques, exigence que nous formulons régulièrement, puisse être atteinte en fragilisant l’établissement chargé de les gérer, l’ONF, et les collectivités qui les possèdent. »
En conséquence, FNE demande le retrait immédiat de ce projet et des garanties sur le maintien du régime forestier et la sécurisation du modèle socio-économique de gestion des forêts publiques.
http://www.fne.asso.fr/fr/vers-la-fin-des-forets-publiques.html?cmp_id=33&news_id=13838
Dans un référé publié ce mardi 23 septembre, la Cour des comptes dresse un constat accablant de la gestion des préfets, dont un sur deux seulement est affecté à un poste territorial. Les préfets “hors cadre” sont particulièrement visés.
Les préfets sont mal gérés. Ce n’est pas la première fois que la Cour des comptes le constate, mais le référé publié ce mardi 23 septembre enfonce le clou. En 6 pages, les magistrats de la Rue Cambon critiquent une situation pourtant connue, mais qui perdure. Des pratiques, pour ne pas dire des dérives, qui conduisent à disposer par exemple de deux fois plus de préfets qu’il n’y a de postes territoriaux à pourvoir. En 2013, sur 250 préfets gérés par le ministère de l’Intérieur, 127 étaient affectés à un poste territorial (préfet de département, préfet de région…), 37 étaient en position de détachement, 12 en disponibilité, 1 en dehors des cadres et surtout 75 “hors cadre”. Ces derniers n’étaient que 44 en 1987, mais déjà 69 en 2005, c’est dire si la situation n’est pas nouvelle…
Fonctions créées de toutes pièces
Parmi ces préfets hors cadre, on trouve des préfets en attente d’affectation – qui sont donc rémunérés à ne rien faire –, des préfets “exerçant des fonctions, en général pour plusieurs années, en dehors du ministère, mais restant payés par lui”, “des préfets exerçant des fonctions de responsabilité variées au ministère de l’Intérieur” et “certains préfets nommés en mission de service public”.
Concernant les fonctions de ces préfets “hors cadre”, la Cour estime que nombre d’entre elles pourraient être traitées par des bureaux et services de l’administration centrale. “Les confier à des préfets hors cadre apparaît plus comme uneconséquence de la nécessité de gérer un corps – en l’occurrence, de trouver uneoccupation à un préfet – que comme la meilleure réponse à un besoin du service public”, lit-on dans le référé. En clair, ces fonctions sont créées de toutes pièces pour “digérer” un nombre trop important de préfets ou pour justifier des nominations ou des promotions dans la préfectorale… Au passage, la Cour rappelle que “ni le décret statutaire ni, depuis 2006, les lois de finances neprévoient de limite au nombre de préfets en général, et donc à celui des préfets hors cadre en particulier”.
Promotion et cadeau
Entre les lignes, la Rue Cambon doute aussi de la compétence de certains préfets. Le ministère pourrait puiser dans ce vivier des “hors cadre” pour remplacer les nombreux départs à la retraite, mais ne le fait pas. La Cour avance une hypothèse : nombre de préfets hors cadre “nesont pas ou plus susceptibles d’exercer efficacement des fonctions de préfet territorial” !
Le référé s’attaque aussi à la situation de la dizaine de préfets en mission de service public (PMSP), qui peuplait – de 2005 à 2010 – essentiellement la présidence de la République et le cabinet du ministre de l’Intérieur. La plupart d’entre eux n’ont pas vocation à exercer en préfecture. De fait, il s’agit là, même si la Cour ne le dit pas en ces termes, d’une promotion ou d’un cadeau.
Promotion notamment lorsqu’il s’agit d’un sous-préfet méritant nommé “PMSP” peu avant son départ à la retraite, afin le faire bénéficier d’une pension de préfet. Compte tenu des dérives, de l’“opacité”, des “entorses à la Lolf” qui entourent les PMSP, la Cour des comptes recommande la suppression pure et simple de cette voie d’accès au corps des préfets. Pour l’anecdote, la Cour mentionne que dans un cas, le délai de deux ans avant titularisation n’a même pas été respecté…
Deux ans à peineen poste
Le référé critique aussi sévèrement la valse incessante des préfets avec une durée de plus en plus courte des affectations dans les préfectures : en moyenne deux ans, contre deux ans et demi en 2006. En cause, le nombre important de préfets à faire tourner, mais aussi les cabinets ministériels qui aspirent beaucoup de préfets, entraînant un jeu de chaises musicales dans les territoires.
Le phénomène s’est évidemment accéléré ces dernières années avec l’alternance et les nombreux remaniements ministériels.“Cette instabilité nuit à la continuité des politiques publiques et donc à leur efficacité, complexifie le partenariat entre État et collectivités territoriales”, écrit la Cour. “Elle va à l’encontre d’uneévaluation sereine et objective des résultats obtenus par les intéressés, ajoute-t-elle. Il est ainsi illusoire d’asseoir une part variable de la rémunération, comme c’est le cas aujourd’hui, sur les résultats de certaines politiques de long terme, comme la sécurité publique ou l’emploi”.
Parmi ses recommandations, la Cour des comptes propose de fixer l’objectif d’une durée minimale de fonctions de trois ans pour les préfets de département et de quatre ans pour les préfets de région et de “regrouper dans le temps, autant que possible, les nominations des préfets sous forme de mouvements cohérents”.
Cadre d’emplois fonctionnels
Perplexe quant aux marges de progrès, la Rue Cambon réitère avec force sa préconisation de 2005 de supprimer le corps de préfet. Il s’agirait de créer un cadre d’emplois fonctionnels pour pourvoir les postes de préfets territoriaux, “à l’instar des bonnes pratiques en vigueur pour les autres emplois de responsabilité, ce qui impliquerait la mise en extinction corrélative du corps dans sa définition actuelle”.
Dans sa réponse au référé, le Premier ministre, Manuel Valls, ne cache pas son intérêt pour cette formule, qui fait l’objet d’une étude en cours du ministère de l’Intérieur [lire article].
- Lire le référé de la Cour des comptes sur la gestion des préfets