ADENCA
Association de Défense de l'ENvironnement de Claye-Souilly et ses Alentours

"Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le
mal,
mais par ceux qui les regardent agir et qui refusent d'intervenir."
Albert Einstein
Projet de « Campus IA » à Fouju en Seine-et-Marne
Ce projet est préjudiciable du point de vue environnemental et ne garantit en aucun cas notre souveraineté
Question écrite n° 08929
Mme Marianne Margaté attire l’attention de M. le ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique sur le projet de « Campus IA » à Fouju en Seine-et-Marne, pour lequel l’enquête publique unique est ouverte du 30 avril au 30 mai 2026. Ce projet prévoit l’implantation de dix à douze centres de données sur 70 à 73 hectares de terres agricoles, pour une puissance électrique de 1,4 gigawatt, ce qui équivaut à un réacteur pressurisé européen (EPR) et à une consommation annuelle de 10 TWh, soit 17 % de la consommation électrique francilienne. Il est financé à titre majoritaire par le fonds souverain émirati MGX, qui détient plus de 50 % du capital de la société par actions simplifiée (SAS) porteuse du projet. De ce fait, ce projet ne garantit en aucun cas notre souveraineté. En outre, l’absence de classement Seveso de ce projet est plus que douteuse. En effet, l’Autorité environnementale observe que si l’intégralité du site, qui fait relever chaque bâtiment d’un exploitant différent, avait été déclarée sur un seul dossier « Installations classées pour la protection de l’environnement » (ICPE), le site aurait reçu une classification Seveso. Que compte faire le Gouvernement face à cette tentative de subterfuge ? Au sujet de la maîtrise publique réelle, il est à noter que si la Banque publique d’investissement (Bpifrance) figure au capital de la SAS, le porteur de projet a invoqué le secret des affaires pour refuser de préciser la portée des « droits de blocage » dont elle est titulaire. De ce fait, quelles garanties juridiques contraignantes ont été ou seront inscrites pour assurer à l’État un contrôle effectif sur l’allocation de la puissance de calcul et les conditions d’hébergement des données publiques sensibles ? Au sujet de la planification des ressources collectives, de nombreuses interrogations subsistent également. La mission régionale d’autorité environnementale (MRAe) note par exemple que plus de 600 groupes réfrigérants sont prévus pour refroidir les unités de données, lesquels consomment beaucoup d’électricité, sont susceptibles de produire des polluants PFAS et dégagent à l’extérieur beaucoup de chaleur fatale (équivalent au chauffage de 200 000 foyers) pour laquelle le porteur de projet n’est pas en mesure de présenter une utilisation à la hauteur. La MRAe a pointé l’insuffisance des évaluations et demande des compléments d’enquête : le Gouvernement ne devrait-il pas les exiger avant toute décision préfectorale ? Par ailleurs, l’enquête publique de 31 jours portant simultanément sur l’autorisation environnementale, les permis de construire, le raccordement Réseau de transport d’électricité (RTE) et la mise en compatibilité du plan local d’urbanisme (PLU), apparaît manifestement insuffisante voire dérisoire, au regard de la complexité du dossier. Elle demande si le Gouvernement peut s’assurer, pour le moins, que ce projet ne soit pas qualifié de « projet d’intérêt national majeur » (PINM), procédure qui réduirait encore davantage les obligations de consultation des populations et des collectivités concernées et qui de plus ne serait pas en cohérence avec le total manque de maîtrise publique de ce projet. Au-delà des garanties procédurales, ce projet pose plus généralement la question de la maîtrise publique des infrastructures numériques stratégiques : elle souhaite savoir quelles mesures le Gouvernement compte prendre à ce sujet.
L’entreprise Univar est un distributeur de produits chimiques, elle est située à 800 m d’un terrain de sport et d’une école du quartier de Mory.
Depuis 14 mois, c’est le 3ème incident qui a été constaté par la Préfecture ( 25/2 et 5/8/5025, puis 23/4/2026).
La Préfecture a diligenté 5 inspections en 2025 et 2 inspections en 2026.
Depuis 2019 cette entreprise a reçu 5 mises en demeure de la Préfecture.
Extraits de la dernière mise en demeure :
Lien vers les mises en demeure et les inspections :
Pas d'argent pour la Seine et Marne
Cette 2ème phase consistait à faire des mesures plus approfondies dans l’environnement (pollution de l’air, de l’eau, des sols….).
Alors que l’ETAT a permis l’accumulation dans ce secteur de nombreux sites polluants ou dangereux et que les riverains doivent supporter l’accumulations de nuisances :
12.2 ICPE (1) au km2, classée 2ème en France pour ce triste record
- D’une seconde importante zone industrielle Chelles/Vaires sur Marne
De nombreux sites qui traitent ou « accueillent les déchets », dont entres autres :
Alors qu’une étude de Santé Publique France présentée en 2025 pointe une surmortalité tous cancers ainsi que pour les cancers respiratoires et digestifs autour de la zone industrielle de Mitry-Compans.
De l’argent pour les Yvelines
Car dans les Yvelines il en est tout autrement, la 2ème phase de l’étude de zone Vallée de Seine a pu être mise en place grâce aux financements de l’ETAT, des industriels et des collectivités.
Il faut savoir que dans Yvelines une structure dénommée SPI Vallée de Seine a été créée par la Préfecture en 1993. Adenca souhaitait qu’il en soit de même en 77, mais il y a déjà 20 ans la Préfecture 77 n’avait pas accepté, toujours faute d’argent.
Cette structure des Yvelines financée par L’ETAT, les industriels et les collectivités a pour objectif de favoriser, par l’information et la concertation, les actions tendant à :
- Maîtriser les pollutions et nuisances de toutes natures,
- Prévenir les risques technologiques majeurs des installations classées.
Afin de répondre à cet objectif, les missions du SPI Vallée de Seine sont doubles :
Pour aller plus loin consulter leur site : https://www.spi-vds.org/
(1) ICPE : activités industrielles ou agricoles susceptibles de créer des risques pour la santé, la sécurité ou l'environnement.
Extraits de l’inspection
Lien vers l’inspection complète
https://www.georisques.gouv.fr/risques/installations/donnees/details/0100302125
C’est en lisant l’avis de la mission environnementale MRAE du 26/3/2026 (1) que nous avons appris l’existence d’un projet de Veolia, d’implanter une sorte « d’usine à gaz » dénommée unité de pyrogazéification. Ce serait un procédé de traitement thermique de certains déchets, à haute température entre 250° et 1200° pour les transformer en Syngaz (gaz de synthèse), huile….
Les riverains
pourraient-ils, en quelque sorte,
servir de « cobayes ?
Lors de la CSS de jeudi dernier, qui avait débuté à 10 h, nous avons seulement pu apprendre de Veolia que ce procédé ne semblerait pas être utilisé en France au niveau industriel, ce qui voudrait dire que ce serait en quelque sorte « un essai grandeur nature ».
Nous comptions obtenir plus amples informations sur cette installation qui nous inquiète mais comme il était midi passé le Sous-Préfet Julien Kerdoncuf ne nous a pas permis, lors de la CSS, de poser les quelques questions qui nous auraient éclairé sur ce projet et nous le regrettons, il nous a renvoyé vers l’enquête publique qui devrait se tenir entre la mi-juin et la mi-juillet.
Il est vrai que le temps consacré aux CSS par la Préfecture dépasse rarement 2 heures et nous le regrettons.
Nos questions restées sans réponse :
Le cadre réglementaire est-il défini ?
Quels risques d’explosion ?
Quels résidus gazeux seront renvoyés dans l’air ?
Cette installation serait-telle classée SEVESO ?
Quelles conséquences d’une installation classée SEVESO près de chez vous ?
Entre autres :
Puisqu’on n’a pas voulu nous informer, nous avons donc recherché dans la littérature et avons appris que plusieurs « démonstrateurs de recherche » (2), réalisaient actuellement des essais en France, à l’échelon semi industriel (à petite échelle).
Nous avons même appris qu’un projet industriel de pyrogazéification, avait été abandonné l’année dernière, il s’agissait du projet Salamandre au Havre (3), un projet censé être le 1er à l’échelle industrielle en France.