« La Beuvronnette »
C’était une bâtisse de caractère qui marquait le paysage, construite au bord du canal de l'Ourcq, au début du 20ème siècle, dans le noyau historique de Claye-Souilly, sur un parc arboré de trois hectares (18 rue A, Briand), en pierres meulières, sa façade était agrémentée de bandeaux, briques de céramique verte et blanche, d’encadrements et de soubassements, couverture en tuiles plates et zinc, pointes de faîtage en zinc travaillées à l’ancienne, cheminée en briques, gouttières en zinc, balcon en ferronnerie. A signaler un mur de clôture en pierres meulières et briques et une très belle grille en ferronnerie datant de la même époque.
Le sous-sol abritait la cave à vins et le fruitier.
L’escalier en fer forgé (Collection Breton)
Au rez-de-chaussée se trouvaient une entrée, deux salons, une salle à manger, un bureau et une cuisine, puis un très bel escalier avec rambarde en fer forgé début 20ème siècle conduisait au premier étage qui comprenait quatre chambres, une salle de bains, un cabinet de toilette, au 2ème étage il y a deux chambres et une salle de jeu.
Dans le jardin, coulait une source qui alimentait un petit bassin.
Sur le côté gauche se situaient deux grands garages et la maison des domestiques comprenant au rez-de-chaussée, cuisine, salle à manger, à l’étage 3 chambres (en 1926 il y avait une femme de chambre, une cuisinière, un chauffeur, un jardinier, une gardienne).
La Beuvronne serpentait au milieu du parc, deux petits ponts permettaient la traversée de la rivière (1) (dans la 2ème moitié du 20ème siècle la propriété est découpée et le lotissement «Domaine de la Beuvronne » voit le jour).
C'est Emile Mounier (1844-1906), notaire à Claye-Souilly de 1876 à 1901, qui la fera construire, son épouse y vivra jusqu'à sa mort en 1926, puis viendront y habiter leur fille Marie et son époux Pascale Greppe, notaire, qui avait pris la suite de son beau père à l'étude de Claye-Souilly, les époux Greppe prêtaient volontiers leur parc pour organiser diverses manifestations : kermesse paroissiale, compétition de tir à l’arc…..
Fervents catholiques ils reçurent Monseigneur Gaillard, Evêque de Meaux, à l'issue d'une cérémonie religieuse en l’église Saint Etienne de Claye-Souilly.
Vers 1940 c'est Jeanne Labrusse qui deviendra propriétaire, elle exploitait une entreprise de déménagement à Paris, elle y vivra avec ses fils Guy et Michel,
Vers 1953 la propriété sera revendue à la famille Breton (entreprise d'élevage de volailles),
Dans les années 60 c'est M, Soulier qui acquiert la propriété pour y implanter une maison de retraite « Les Jours Heureux » qui fermera en 2004,
Après sa fermeture le projet de Plan Local d'Urbanisme de 2006 fit déjà craindre le risque de démolition de cette propriété, c'est là qu'interviendra Yvonne Patron, une frêle octogénaire, née à Claye-Souilly, qui avait participé enfant aux fêtes organisées dans la propriété et qui voulait protéger ce patrimoine remarquable. Avec l'aide de ses amis, elle fit signer une pétition qui recueillit près de 200 signatures et qui permit d'attirer une attention particulière de la population sur cette propriété.
Dans le Plan Local d’Urbanisme actuel, elle était classée comme élément remarquable de notre patrimoine et aurait dû être conservée mais les élus ont autorisé il y a quelques mois sa destruction.
Un projet immobilier d’ampleur
devant
être implanté à sa place
Pour aller plus loin :
Pascal et Marie Greppe, bienfaiteurs de Claye-Souilly
http://claye-souilly-decouverte.over-blog.com/article-23745425.html
Biographie de Yvonne Patron :
http://adenca.over-blog.com/2015/03/claye-souilly-yvonne-patron-nous-a-quitte.html
Sources :
Archives privées de la famille Breton
Blog Claye-Souilly Découverte
AD 77 : dictionnaire des notaires et études de Seine et Marne (imprimerie département 77)