ADENCA
Association de Défense de l'ENvironnement de Claye-Souilly et ses Alentours

"Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le
mal,
mais par ceux qui les regardent agir et qui refusent d'intervenir."
Albert Einstein
St Martin du Boschet est un joli village rural de Seine et Marne de moins de 300 âmes situé entre la Ferté Gaucher et Esternay dans la Marne.
Paru sur le site du
Collectif Environnement Champenois en péril
https://ecep51.fr/consultation-publique-methaniseur-baleine/
Lien vers le dossier à consulter :
https://www.seine-et-marne.gouv.fr/Actions-de-l-Etat/Environnement-et-cadre-de-vie/ICPE-
175 000 m3 d’eau
c’est la consommation moyenne d'eau potable
de plus de 4000 personnes en un an.
https://www.drieat.ile-de-france.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/f01123p0066.pdf
Ce sont deux exploitants agricoles de céréales, associés des méthaniseurs de Beautheil-Saints et St Martin du Boschet, qui sollicitent la création d’un ou deux forages d’eau à Beautheil-Saints pour irriguer leurs cultures, mais quelles cultures ? Ils ne le disent pas.
Pourquoi après 12 ans d’exploitation Karine et Bertrand Fahy ont-ils besoin de 175 000 m3 d’eau supplémentaire pour irriguer leurs céréales ?
Mais en regardant de plus près on s’aperçoit que ces 2 exploitants sont associés dans les méthaniseurs de Beautheil-Saints et St Martin du Boschet, méthaniseurs qui utilisent en majorité de la CiVE (Culture intermédiaire à vocation énergétique) pour nourrir leurs méthaniseurs.
La méthode de la CIVE d'été est simple, les agriculteurs sèment des graines en pleine période de sécheresse fin juin/début juillet, en général du maïs, qu’ils doivent arroser abondamment tout l’été pour obtenir une récolte immature à l’automne, pas pour nourrir la population, mais pour nourrir leur méthaniseur.
Beautheil-Saints se trouve dans le bassin versant du Grand Morin pour lequel le Préfet a pris différents arrêtés sécheresse en 2022, dont un d’alerte renforcée, pour réduire la consommation d’eau. En mars 2023, suite à un déficit de pluviométrie de près de 4 mois, un nouvel arrêté préfectoral de vigilance a été pris sur ce bassin versant. L’état de la nappe souterraine dans ce secteur était encore très basse en février 2023 (Signy-Signets).
Ironie du sort on vient même d’apprendre que les associés du méthaniseur de St Martin du Boschet , dont Karine et Bertrand Fahy , demande l’extension de leur méthaniseur et pour le nourrir ils prévoient d’utiliser beaucoup plus de CIVE.
Pour aller plus loin :
https://www.societe.com/societe/scea-du-lavoir-fahy-bertrand-et-karine-529170334.html
Il est vrai que lorsque l’on a sur son territoire un incinérateur de déchets, une décharge de déchets de bâtiment que pourrait-on attendre de plus qu’une nouvelle entreprise de traitement de déchets ?
C’est effectivement ce que nous apprenons : une nouvelle entreprise de traitement de déchets du BTP devrait s’installer à la place de l’usine qui exploitait une carrière de Gypse au lieudit « Le Château Gaillard » le long de la RN 330 de 1968 à 2010 (Siniat puis Etex). La Sté Etex y produisait également des enduits, exploitation qui a cessé le 30/8/2017 sous le régime d’ICPE.
https://www.georisques.gouv.fr/risques/installations/donnees/details/0006513363
Sur combien d’hectares s’implantera cette entreprise ?
Quels types de déchets seront traités sur ce site ?
D’où viendront-ils ?
Combien de camions supplémentaires la RN 330, déjà saturée, devra supporter ?
Nous n’en savons rien.
Ce sera la surprise.
pour aller plus loin :
http://svt.ac-creteil.fr/?Les-Carrieres-de-gypse-a-Meaux
Extraits du rapport d'inspection
Lien vers le rapport complet
https://www.georisques.gouv.fr/risques/installations/donnees/details/0006507256
PARU SUR LE SITE EAU ILE DE FRANCE :
LES POLITIQUES DE L’UE N’EMPÊCHENT PAS LES AGRICULTEURS DE CONSOMMER TROP D’EAU
19 OCTOBRE 2021 ADMIN LAISSER UN COMMENTAIRE
Selon un rapport publié le 28 septembre par la Cour des comptes européenne, les politiques de l’UE ne permettent pas de garantir une utilisation durable de l’eau par les agriculteurs. L’impact de l’agriculture sur les ressources en eau est indéniable. Pourtant, les dérogations à la politique de l’UE dans le domaine de l’eau accordées aux agriculteurs sont trop nombreuses et vont à l’encontre des efforts déployés pour en garantir une utilisation raisonnée. Par ailleurs, les mesures prises dans le cadre de la politique agricole commune encouragent trop souvent à consommer plus qu’à consommer mieux. Communiqué de la Cour des comptes européenne.
Les agriculteurs sont de grands consommateurs d’eau douce: un quart des captages d’eau dans l’UE provient en effet de l’agriculture. Les activités agricoles ont une incidence à la fois sur la qualité de l’eau (du fait de la pollution causée par les engrais ou les pesticides, par exemple) et sur sa quantité. L’approche actuelle de l’UE en matière de gestion de l’eau remonte à la directive cadre sur l’eau (DCE) de 2000, directive qui a mis en place des politiques portant sur l’utilisation durable de l’eau. L’objectif fixé dans la DCE était de parvenir à un bon état quantitatif pour toutes les masses d’eau dans l’ensemble de l’UE. La politique agricole commune (PAC) joue également un rôle important dans la gestion durable de l’eau. Elle propose des outils susceptibles d’aider à réduire les pressions sur les ressources en eau, par exemple en liant les paiements à des pratiques plus écologiques et en finançant des infrastructures d’irrigation plus efficaces.
«L’eau est une ressource limitée, et l’avenir de l’agriculture de l’UE dépend dans une large mesure de la capacité des agriculteurs à l’utiliser de manière rationnelle et durable», a déclaré Mme Joëlle Elvinger, la Membre de la Cour des comptes européenne responsable du rapport. «Cela dit, jusqu’à présent, les politiques de l’UE n’ont pas permis de réduire suffisamment l’impact de l’agriculture sur les ressources en eau.»
La DCE prévoit des mesures de sauvegarde contre une utilisation non durable de l’eau. Nombreuses sont cependant les dérogations pour les captages d’eau accordées par les États membres à des fins agricoles. Les auditeurs ont constaté que ces dérogations sont généreusement octroyées aux agriculteurs, y compris dans les régions en situation de stress hydrique. Par ailleurs, certaines autorités nationales ne sanctionnent que rarement les cas d’utilisation illégale de l’eau qu’elles détectent. La DCE fait également obligation aux États membres de souscrire au principe du pollueur-payeur. Mais l’eau reste moins chère lorsqu’elle est utilisée à des fins agricoles, et de nombreux États membres ne récupèrent toujours pas les coûts des services liés à l’utilisation de l’eau dans l’agriculture comme ils le font dans d’autres secteurs. Souvent, la consommation d’eau facturée aux agriculteurs ne correspond pas au volume effectivement utilisé, déplorent les auditeurs.
Dans le cadre de la PAC, le versement d’aides de l’UE aux agriculteurs n’est généralement pas subordonné au respect d’obligations qui encouragent une utilisation rationnelle de l’eau. Certains paiements permettent de soutenir des cultures nécessitant de grandes quantités d’eau telles que le riz, les fruits à coque ainsi que les fruits et légumes, sans restriction géographique, et donc également dans des zones en situation de stress hydrique. De plus, le mécanisme de conditionnalité de la PAC (qui consiste à subordonner les paiements au respect de certaines obligations environnementales) n’a que peu d’effet, constatent les auditeurs. Les exigences ne s’appliquent pas à tous les agriculteurs et, en tout état de cause, les États membres ne réalisent pas suffisamment de contrôles et de vérifications en bonne et due forme pour décourager toute consommation non durable de l’eau.
Outre les paiements directs, la PAC finance également certains investissements des agriculteurs ou des pratiques agricoles telles que les mesures de rétention d’eau. Celles-ci peuvent avoir une incidence positive sur l’utilisation de l’eau. Les agriculteurs qui ont recours à cette possibilité sont toutefois peu nombreux, et les programmes de développement rural soutiennent rarement des infrastructures de réutilisation de l’eau. Par ailleurs, la modernisation des systèmes d’irrigation existants ne se traduit pas toujours par une économie des ressources en eau, étant donné que l’eau économisée peut être réutilisée pour l’irrigation soit de cultures nécessitant de plus grandes quantités d’eau soit d’une zone plus vaste. De même, l’installation de nouvelles infrastructures qui permettent d’augmenter la superficie irriguée est susceptible d’accroître la pression sur les ressources en eau douce. Les auditeurs estiment ainsi que, de manière générale, l’UE a indubitablement financé des exploitations agricoles et des projets qui ne respectent pas le principe d’utilisation durable de l’eau.
En effet la SAS Plaine de France Energie qui exploite le méthaniseur de Marchémoret souhaite étendre les capacités de traitement de son installation et créer entre autres 2 lagunes déportées pour stocker les déchets liquides (digestats) de son méthaniseur à Villeneuve sous Dammartin et Moussy le Vieux.
Sans attendre l’autorisation préfectorale les agriculteurs ont construit la lagune déportée de Villeneuve sous Dammartin et même y ont stocké des déchets liquides (digestats) provenant du méthaniseur de Marchémoret.
Ce qui leur vaut aujourd’hui un rappel à la loi, suite à une inspection de la DRIEAT qui a constaté l’infraction. La préfecture leur impose de suspendre l’exploitation de la lagune et de retirer les déchets liquides (digestats) qu’ils y ont stockés.
Extrait de l'Arrêté Préfectoral
Lien vers l'AP complet :
Pour aller plus loin :