LE PARISIEN 77
4/1/2014
ADENCA
Association de Défense de l'ENvironnement de Claye-Souilly et ses Alentours

"Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le
mal,
mais par ceux qui les regardent agir et qui refusent d'intervenir."
Albert Einstein
LE PARISIEN 77
4/1/2014
Si on parlait de ces 2 enfants en bas âge qui viennent de passer leur 1er Noël sans leur maman, décédée quelques mois plutôt à l’âge de 35ans d’un cancer et qui a vécu de nombreuses années à Fresnes sur Marne près de la décharge.
Si on parlait de ce petit garçon de 3ans, élevé à Villeparisis et atteint d’un cancer du rein, au chevet duquel la maman et la mamie se relaient en permanence pour l’aider à supporter ses séances de chimio et ses transfusions sanguines.
Si on parlait de ses enfants atteints de leucémie à Courtry et à Compans.
Si on parlait de cet ado, en chimio à l'hôpital de Meaux, si heureux de recevoir la visite de ses copains.
Si on parlait de ces enfants atteints de problèmes respiratoires et même parfois cardiaques, dont les problèmes s’estompent dès qu’ils quittent la région.
Si on parlait de cette dame de moins de 45 ans, habitante de Villeparisis, atteinte de son 2ème cancer et qui trop fatiguée a dû retourner vivre chez ses parents.
Si on parlait à Claye-Souilly de ces femmes atteintes de cancer du sein ou de ces hommes atteints de cancers de la prostate.....
Si on parlait de ces rues à Fresnes et à Villeparisis où on nous annonce un nombre de cancers élevé.
Associations
« n’ameutez pas » la population,
laissez la situation se dégrader encore et encore
pour ne pas gêner les élus.
Le 24/11/11, par Jean-Luc Martin-Lagardette
Selon Claude Danglot, médecin et ingénieur hydrologue, il faudrait maintenant étudier la toxicité de l’eau potable et ne pas se contenter, comme aujourd’hui, de savoir si elle respecte les normes de potabilité. La méthode existe, mais pas la « volonté politique » de l’utiliser. Trop fiable, sans doute.
« Contrairement à ce qui est souvent affirmé, la qualité des eaux n’est pas terrible en France, s’exclame Claude Danglot, aujourd’hui à la retraite. En effet, on cherche seulement à s’assurer que les niveaux de pollution restent en deçà des normes de potabilité. Mais on n’étudie jamais sa toxicité !
« J’étais naïf, regrette-t-il en parlant de l’époque où il dirigeait la recherche en biologie au Laboratoire (public) de contrôle et de recherches des eaux de Paris (Crecep). Alors que nous avions mis au point une méthode rapide, reproductible, très fiable et très sensible, pour déterminer la toxicité de l’eau, nous n’avons pas été suivis. La méthode, testée sur les eaux potable, d’aqueducs, de rivière ou industrielles, et largement validée, n’est pas entrée dans la batterie des tests courants. Elle est restée lettre morte. J’ai compris, bien tardivement, que personne nes’intéressait à vérifier effectivement la toxicité de l’eau potable. Pas même le ministère de la santé ! On dépense beaucoup d’argent et d’énergie pour rechercher un certain nombre de polluants, de façon à être en règle avec la réglementation. On fait de gros efforts pour déceler des traces d’Escherichia coli, alors qu’on est pratiquement sûr de ne pas en trouver. Et ainsi sur plusieurs paramètres distincts. En fait, l’eau distribuée est juste au niveau des normes mais ces normes sont seulement des limites inférieures de potabilité. Notre méthode, normalisée au niveau communautaire depuis plus de trente ans, constitue un test d’alerte très efficace. Trop, sans doute ! Car, en ayant recours à elle, on s’apercevrait que beaucoup de nos eaux de robinet, déclarées potables, ont en réalité des impacts biologiques non négligeables. Donc on préfère ne pas en mesurer la toxicité… »
C’est donc à un véritable changement de paradigme – la mesure de la toxicité globale d’une eau plutôt que l’analyse systématique d’un certain nombre de paramètres – qu’en appellent Claude Danglot et le Criieau afin de mieux protéger la santé des consommateurs buveurs d’eau……
Dans l’affaire de la contamination radioactive de Saint-Maur-des-Fossés, la CRIIRAD a décidé de porter plainte contre le centre CEA de Valduc en Côte d’Or. Le laboratoire indépendant évoque la violation de plusieurs prescriptions sanitaires et de dispositions du code de l’environnement.
La Commission de Recherche et d’Information Indépendantes sur la Radioactivité a saisi le 8 décembre, le Procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance de Créteil d’une plainte contre le Centre nucléaire de Valduc, en Côte d’Or, et contre toute personne, physique ou morale, dont l’instruction établirait la responsabilité dans la contamination des locaux et de l’environnement de la société
2M Process, à Saint-Maur-des-Fossés.
Malgré des investigations qualifiées de « lacunaires » des autorités de sûreté nucléaire, la CRIIRAD considère que les informations disponibles sont suffisantes pour caractériser la violation des prescriptions du code de la santé publique et du code du travail relatives à la prévention des risques sanitaires liés aux rayonnements ionisants ; la violation des prescriptions du code de l’environnement relatives à la gestion des matières radioactives ainsi qu’à la protection de l’air et de l’eau ; et enfin la violation des dispositions du règlement relatif au transport des matières nucléaires et radioactives.
http://www.enviro2b.com/2010/12/10/radioactivite-la-criirad-porte-plainte-contre-le-cea/
Pourquoi les populations meurent-elles
plus tôt
en Seine et Marne
que dans les autres départements
d’Ile de France ?
Etude Office Régional de Santé IDF Période 2007 à 2009
http://www.ors-idf.org/dmdocuments/2013/profil_77.pdf
Pourquoi
le taux de mortalité générale en Seine et Marne
est supérieur de 3%
à la moyenne nationale ?
Pourquoi
le taux de mortalité par cancer du sein
est supérieur à la moyenne nationale ?
Pourquoi
les taux d’admission en Affections Longue Durée
diabète, maladies cardio-vasculaires et Alzheimer
sont supérieurs à la moyenne nationale ?
Pourquoi
le taux de mortalité par cancer du poumon
est supérieur à la moyenne nationale ?
Une étude sanitaire de zone a été engagée dans les Yvelines : Val de Seine, étude financée entre autres par l’ETAT et le Conseil Régional Ile de France.
Pourquoi cette même étude a été refusée dans le nord-ouest 77 dans le cadre du Plan Régional Santé environnement d’Ile de France (étude demandée par ADENCA)?
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30/05/2013 | Unevoixoff | Autres | Lu 1383 fois | 4 commentaires
Notre médiacratie dispose de ce quelque chose d’assez étonnant. On passe du superficiel ou spectaculaire au conflit majeur, au terrorisme, aux frasques d’un ancien ministre, du repentir à la confession dans une succession d’images et de sons dont on ne sait vraiment si, derrière ce bruit, il y a une logique, une ligne rédactionnelle, une envie de bien faire, ou de faire savoir et comprendre. Dans la profonde crise éthique et morale que traverse la presse française, crise dont il est difficile d’imaginer une sortie honorable pour les journalistes tant qu’ils n’auront pas repris le pouvoir économique de leurs entreprises de presse, le superficiel côtoie donc les drames humains.
Néanmoins chacun peut se demander pourquoi on parle un peu du procès du Mediator et pas du tout de la procédure en cours dans le scandale de l’amiante. Loin de nous l’idée de penser qu’il y aurait une sorte de parti pris contre une entreprise plus qu’une autre. Quoique... Quand on lit les différentes retombées du procès qui s’est ouvert à Nanterre contre les laboratoires Servier, nous serions en droit d’attendre une autre couverture médiatique du scandale de l’amiante.
Des conflits d’intérêts sans commune mesure
En effet, dans l’affaire Mediator, 600 parties civiles, des lanceurs d’alerte comme Irène Frachon, un chiffre annoncé de 1 500 victimes environ sur les trente dernières années, deux procédures d’instruction (Paris et Nanterre), un quotidien comme le Figaro qui a radicalement affiché sa position contre Jacques Servier.
De l’autre, la cour d'appel de Paris qui a confirmé le 23 mai dernier, les mises en examen dans l'affaire Eternit, une des instructions du dossier amiante. Pourtant le caractère cancérogène de l'amiante est connu depuis les années 50, mais le premier décret réglementant son usage ne date que de 1977. En 2005, un rapport sénatorial avait accablé l'État pour sa "gestion défaillante" du dossier de l'amiante, jugé responsable par les autorités sanitaires de 10 à 20 % des cancers du poumon et qui pourraient provoquer 100 000 décès d'ici à 2025.
La longue saga de l'amiante commence en 1922 quand la société Eternit exploite l'invention d'un Autrichien, Ludwig Hatschek, et les qualités de l’amiante, une fibre minérale qui, mélangée à du ciment, permet la fabrication de multiples produits de construction durables. Les effets indésirables de l’amiante sont néanmoins rapidement identifiés puisque les particules d’amiante se fixent dans les poumons et la plèvre.
Dans les années 70, les études scientifiques démontrent les aspects cancérigènes de l’amiante. La société Eternit ainsi que Saint-Gobain s’unissent pour développer des opérations de lobbying afin de protéger une filière extrêmement rentable. C’est grâce au CPA (comité permanent amiante) qu’un combat d’arrière-garde est conduit contre toute nouvelle réglementation en particulier européenne.
Le schéma est le même que pour l’industrie du médicament. Le LEEM (les entreprises du médicament) fait pression depuis des années sur des parlementaires) pour temporiser toutes formes de règlementations contraignantes. Ainsi les Français n’obtiendront jamais dans leur pharmacie le nombre exact de comprimés qu’ils doivent prendre parce qu’il est plus intéressant financièrement pour les laboratoires de "packager" leurs produits que de les vendre à l’unité. Surtout quand c’est la sécurité sociale qui rembourse…
Des responsabilités partagées et identiques
Dans ces deux cas, les responsabilités des autorités politiques et administratives sont pointées du doigt :
- Qui a autorisé les renouvellements des autorisations de mises sur le marché du Mediator ?
- Qui a autorisé la poursuite de la commercialisation de l’amiante dans les années 80 alors que les premières études de l’INSERM sont alarmantes ?
De plus, la logique économique l’emporte toujours sur le seul bon sens. "Tout l'enjeu du dossier est de savoir si on reste cantonné au Code du travail ou si on s'attaque à la connivence des industriels, des scientifiques, des lobbyistes", a estimé François Desriaux, un des responsables de l'Andeva (Association nationale des victimes de l’amiante). L'Andeva accuse Eternit d'avoir été "l'un des artisans de la stratégie de lobbying mise en place par les industriels pour minimiser les dangers de l'amiante et retarder l'instauration de mesures réglementaires de protection des travailleurs et de la population".
L’ancien dirigeant d’Eternit mis en accusation, Joseph Cuvelier, explique le poids économique de l’amiante en France. Il l'expose à l’occasion de l’instruction. "La vigueur du combat que nous poursuivons en ce moment même contre les tentatives de bannissement de l'amiante dans le marché commun (il s'agit de l'Europe, NDLR) est exemplaire. (...) Il ne s'agit pas de préserver le marché, mais l'avenir industriel de tous. Il s'agit de se battre, de se battre... sans concession".
Il y souligne également ce que tous les responsables politiques mis en cause veulent oublier aujourd'hui : "Le gouvernement français, quelle que soit sa tendance politique, a toujours soutenu nos initiatives, notre dossier industriel, y compris dans le cadre des négociations internationales dures et difficiles." Ce sera une réussite puisqu'en 1995 la France est devenue la patrie du "magic mineral" : elle en est le premier importateur en Europe et le troisième au monde. Le 1er janvier 1997, l'amiante est interdit en France.
Tous les éléments sont donc réunis pour avoir droit à un procès sans précédent comme l’ont été ceux qui se déroulés en Italie, en Belgique et en Suisse où les dirigeants d’Eternit et les principaux membres des conseils d’administration ont été condamnés à 16 ans de prison. Mais rien en France. Notre pays serait-il épargné ? Non. Il suffit de relire les procès-verbaux des gendarmes et des inspecteurs du travail qui constatent que la protection des ouvriers "s'est faite de manière très précaire pendant des décennies".
En 1995, dans la seule usine de Thiant (Nord) ils relèveront plus de 278 cas de maladies professionnelles qui seront indemnisées. "Les installations sont poussiéreuses, les dispositifs de protection sont incomplets, souvent mal conçus, généralement mal entretenus. (...) L'entreprise ne recherche pas vraiment l'exposition minimum du personnel aux poussières d'amiante".
Il convient donc de relativiser, non de minorer le procès Mediator qui risque, de plus, de sombrer dans un méandre juridique avec les deux procédures en cours (Nanterre et Paris). On peut néanmoins s’étonner de la faible couverture médiatique du scandale de l’amiante. À moins que le lobby du bâtiment ne soit plus puissant que celui du médicament…
Amiante et Eternit : fortunes et forfaitures. Maria Roselli, trad. Marianne Enckell (2008).
Eternit et l’amiante 1922-2000 : aux sources du profit, une industrie du risque. Odette Hardy-Hemery (2005)
Mourir d’amiante. Texte de Brigitte Chevet, photos de Richard Volante.
La décharge de Brueil en Vexin dans les Yvelines
va fermer d’ici le 24 février 2014.
Où iront les déchets ?
mais bien entendu
en Seine et Marne à Soignolles.(1)
Les Yvelines
un département qui envoie ses ordures chez les autres
Ce département ne possède qu’une seule décharge
de déchets non dangereux
à Guitrancourt
qui peut stocker 220 000 T de déchets par an
Insuffisant pour les besoins de ce département.
Rappelons que fin juin 2013, on ne répertoriait aucune décharge de gravats de bâtiment dans ce département.
Rappelons également qu’en 2009, dans le cadre du PREDMA (2) le conseil régional IDF avait émis un avis défavorable concernant l’implantation de la décharge d’Attainville située dans les Yvelines.
Conséquence de cette décision c’est vers la Seine et Marne que vont venir une nouvelle fois les déchets.

Lettre de Mme Marie Richard conseillère régionale 77 et actuelle vice présidente du CG77
Souhaitons que ce même Conseil Régional d’IDF ne votera pas une nouvelle fois cette année un plan déchets PREDD Plan Régional d’ Elimination des Déchets de Chantier défavorable aux populations du 77.
Les élus protégeront-ils la Seine et Marne et en particulier le Bassin versant Beuvronne qui compte sur son parcours déjà 7 décharges de déchets du BTP, une décharge de déchets dangereux et une décharge de déchets non dangereux ?
Ce n’est pas ce que l’avant projet
voté à l’unanimité en septembre 2013
par ce conseil régional
prévoit
et nous le regrettons.
Pour faire avancer ce dossier nous vous conseillons de contacter les élus de Seine et Marne :
Mme Hamida Rezeg (UMP)
M. Éric Jeu nemaître (UMP)
Mme Chantal Brunel (UMP)
M. Gilles Battail (UMP)
Mme Claudine Thomas (UMP-PR)
M. Frédéric Valletoux (UMP)
Mme Marie-Pierre Badré (UMP)
M. Gérard Ruffin (Nouveau Centre)
M. Jean-Marc Brulé (Europe Écologie)
Mme Marie Richard (PS et app.)
M. Jean-Paul Planchou (PS et app.)
Mme Geneviève Wortham (PS et app.)
M. Jean-François Pellissier (FG)
Mme Liliane Pays (Europe Écologie)
M. Pascal Marotte (Europe Ecologie)
Mme Brigitte Eude (PS et app.)
M. François Kalfon (PS et app.)
Mme Fatna Lazreg (Europe Écologie)
M. Philippe Sainsard (PS et app.)
Mme Julie Nouvion (Europe Écologie)
M. Philippe Camo (FG)
Mme Josette Mollet-Lidy (PRG)
M. Thibaud Guillemet (Europe Écologie)
Mme Roseline Sarkissian (PS et app.)
(1)article du Parisien 77 du 28/1/2014 déchets de Brueil en Vexin transféré vers Soignolles et Attainville
(2) PREDMA Plan d’élimination des déchets ménagers et assimilés
D’autres articles sur le même sujet :
http://adenca.over-blog.com/article-predec-la-qualite-de-l-air-en-question-120528957.html
Pollué = Payeur
Pourquoi l’agence de l’eau Seine Normandie nous facture le tarif maximum
concernant la lutte contre la pollution :
0.40 € le m3 ?
Cette agence module le taux en fonction des pollutions constatées et des efforts nécessaires pour les réduire, les éliminer et atteindre le bon état écologique des eaux.
A qui la faute : à tous ces élus
qui encore et encore ont donné des avis favorables
pour implanter des décharges autour de votre captage
d’eau d’Annet sur Marne ?
A vous de juger,
mais surtout à vous de payer
Pour comparer les tarifs pratiqués dans d’autres communes
Redevance lutte contre la pollution
Aujourd’hui vous payez 66% de plus qu’à Rambouillet dans les Yvelines
Et la note va s’alourdir dans les années à venir
En 2016 vous paierez 88.6 % de plus qu’à Rambouillet
En 2018 vous paierez 93 % de plus qu’à Rambouillet
Enfin
les comptes-rendus
de commission de suivie de site
sont en ligne
sur le site de la préfecture
Depuis de nombreuses années certaines préfectures avaient mis
en ligne ces comptes-rendus mais pas la Seine et Marne, les associations environnementales le demandaient depuis longtemps, elles ont enfin été entendues.
Lien vers le site de la préfecture
Site du Sénat :
II. L'ÉTAT « ANESTHÉSIÉ » PAR LE LOBBY DE L'AMIANTE
Pour M. François Malye, journaliste et auteur de Amiante : 100.000 morts à venir, la façon dont les différents ministères ont géré le dossier de l'amiante, « préférant le déléguer de fait à une structure de communication plutôt que de s'en emparer au travers de comités interministériels », est particulièrement critiquable.
De fait, si l'État s'est déchargé de sa responsabilité, le comité permanent amiante (CPA) s'est progressivement attribué le monopole de l'expertise sur ce dossier.
M. François Malye évoque, à propos du comité permanent amiante, « une formidable mécanique reposant sur le mensonge et la dissimulation ». Assurément, son action était d'autant plus habile que, réunissant quasiment tous les acteurs du secteur de l'amiante, industriels, ministères, scientifiques, organisations syndicales de salariés et d'employeurs, il a créé l'illusion du dialogue social.
Devant la mission, M. Dominique Moyen, ancien directeur général de l'INRS et « père » du CPA, a indiqué être « profondément blessé que l'on prétende que [il ait] pu faciliter la vie aux industriels de quelque manière que ce soit ».
Pour la mission, il est cependant indéniable que le CPA a joué un rôle particulièrement ambigu dans cette affaire et qui ne saurait être réduit à celui d'un simple promoteur de la prévention en matière de sécurité au travail, comme l'a peut-être un peu trop rapidement affirmé M. Xavier Bertrand, ministre de la santé et des solidarités, pour qui « le CPA a contribué à l'information et à la mise en oeuvre de mesures concrètes dont l'élaboration de brochures sur le diagnostic et sur le traitement des flocages à base d'amiante entre 1985 et 1990 ».
Il a au contraire entretenu la confusion « entre le travail scientifique d'évaluation des risques liés à des substances, le travail épidémiologique de mesure des expositions et des impacts sur la santé et le travail réglementaire et administratif de conception des textes et de contrôle de leur mise en oeuvre », dénoncée par M. Jacques Barrot, ancien ministre du travail et des affaires sociales.
Dans un ouvrage paru en 1999, intitulé Les sombres précurseurs, une sociologie pragmatique de l'alerte et du risque26(*), MM. Francis Chateauraynaud et Didier Torny, sociologues et chercheurs à l'Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS), écrivent que « l'existence du CPA permet de continuer la transformation et l'usage de l'amiante en convoquant les différents intérêts en présence : ceux des producteurs, ceux des salariés qui sauvent leurs emplois et ceux des médecins ou des représentants de l'État qui peuvent exercer un contrôle normatif sur l'usage d'un produit tout en développant des programmes d'études et de recherches sur un certain nombre de maladies ».
Ils notent également : « On peut aussi faire l'hypothèse que tous les acteurs ne « voyaient » pas la même chose dans le fonctionnement du CPA ». Des divergences d'interprétation demeurent d'ailleurs, encore aujourd'hui, sur le rôle exact qu'a joué le CPA.
1. La mission initiale du CPA : des divergences d'interprétation
Sur la base des comptes rendus de ses travaux, disponibles sur Internet à l'initiative du professeur Claude Got, le comité permanent amiante, dans ses différentes formations - réunion plénière et groupes de travail - s'est réuni 98 fois entre le 20 septembre 1982 et le 25 septembre 1995. Au cours de cette dernière réunion, en effet, les représentants des différents ministères ainsi que ceux des organisations syndicales ont indiqué qu'ils ne siègeraient plus au sein du CPA.
Lors de son audition, le professeur Claude Got a rappelé le rôle et les circonstances de la création du CPA, en 1982 : « C'était un organisme informel ; le comité permanent amiante est une création de M. Moyen, directeur de l'INRS de l'époque, après un congrès sur l'amiante qui avait eu lieu à Montréal. Le lobby de l'amiante assurait qu'il s'agissait d'un produit merveilleux, mais qu'il valait mieux le gérer pour en réduire le risque. M. Moyen avait dit aux industriels et à quelques médecins : « Il faudrait que l'on ait une structure informelle où tous les gens qui ont à débattre du problème de l'amiante se réunissent périodiquement, fassent le point et améliorent la gestion de l'amiante ». Ils se sont mis d'accord et on a retrouvé autour de cette table les industriels, les ministères du travail et de la santé, les syndicats, sauf FO. [...] On demandait à l'INRS de voter des crédits pour participer à des congrès, pour faire fonctionner le CPA et surtout pour payer des frais de déplacement. En effet, le comité permanent amiante - et c'est déjà en soi une anomalie - était hébergé dans des locaux d'une société de communication payée par les industriels de l'amiante ! ».
Cette société de communication, qui existe toujours, s'appelle Communications économiques et sociales, dont les bureaux se trouvaient rue de Messine, dans le VIIIe arrondissement de Paris. Elle était alors dirigée par Marcel Valtat, décédé depuis.
A l'origine, la création du CPA aurait été motivée par un souci de prévention des maladies professionnelles provoquées par cette fibre.
M. Dominique Moyen a relaté sa version des circonstances de la création du CPA : « En 1982, j'ai présidé une réunion organisée par le ministère du travail, qui réunissait des représentants patronaux et syndicaux du secteur de l'amiante. Je me souviens avoir conclu en regrettant que ce colloque [celui de Montréal] se termine car il constituait une belle occasion de se parler, de progresser techniquement et de dissiper les malentendus et idées reçues. [...] J'avais donc jugé pertinent de mettre en place une organisation qui nous permette de nous retrouver et de débattre sans engager les uns et les autres, afin de faire progresser la situation ». Selon lui, « le CPA n'a pas été un lieu où se manifestait la pression des industriels ».
M. Philippe Huré, responsable du département risques chimiques et biologiques à l'INRS, rappelant qu'« en 1982, les experts commençaient à prendre conscience que la valeur limite d'exposition professionnelle n'était pas une protection infaillible contre le risque de cancer », a noté que « Dominique Moyen a eu l'idée de rassembler les parties prenantes autour de l'INRS et d'animer une discussion. Il souhaitait impliquer les pouvoirs publics, les organisations syndicales, les industriels spécialisés dans la fabrication d'amiante et les scientifiques sur les thèmes des risques et de la situation française. C'est ce qui a donné naissance au CPA. Dominique Moyen, je puis en témoigner, poursuivait, à travers la constitution de cet organisme, un véritable objectif de prévention ». Ainsi, selon lui, l'objectif prioritaire du CPA était de veiller à la bonne application de la réglementation de 1977, en vertu de laquelle les industriels devaient effectuer des contrôles dans leurs entreprises de manière à repérer les zones d'empoussièrement et les valeurs atteintes en comparaison des valeurs limites.
La Compagnie Saint-Gobain continue d'ailleurs de défendre cette position. Ainsi M. Claude Imauven a-t-il indiqué qu'« il y avait autour de la table [du CPA] les personnes ad hoc pour apporter cette information ». C'est sans doute pour cette raison que le CPA « devait être le lieu où le groupe [Saint-Gobain] devait se tenir informé de l'évolution de la connaissance médicale sur le sujet ».
On notera que M. Claude Imauven s'exprime avec prudence sur le CPA, comme s'il parlait d'unestructure qu'il neconnaissait pas autrement qu'à travers ce qu'il en avait lu ou entendu dire : « Je pense que le CPA n'avait pas d'existence juridique particulière qui lui donneuneautorité pour fixer quoi que ce soit, mais je pense que c'était un lieu de dialogue. Si j'ai bien compris, il y avait autour de la table les professionnels, les représentants des ministères et autres syndicats ». Il a toutefois oublié de préciser que, d'après les comptes rendus des réunions du CPA, il avait rencontré unedélégation de ce dernier, composée notamment du Pr Brochard et de Marcel Valtat, alors qu'il était chef du service des matières premières et du sous-sol au ministère de l'industrie, le 1er mars 1991. Il devait donc bien connaître le rôle - et les revendications - du CPA !
| La véritable mission du CPA : « ne réveillez pas le chat endormi » Au lendemain de la conférence internationale des organisations d'information sur l'amiante, qui s'est tenue à Londres les 24 et 25 novembre 1971, le président britannique de la conférence rédigeait un commentaire final27(*) dans lequel il exprimait son propre point de vue. Il est d'abord rappelé que la conférence s'est déroulée « à un moment critique de l'histoire de l'industrie de l'amiante. En Amérique du Nord, en Grande-Bretagne et dans d'autres pays européens de graves attaques contre l'amiante et ses utilisations sont relayées par la presse, la radio et la télévision ». Ce document mentionne notamment les points suivants : - « en écoutant parler des problèmes auxquels se confronte de plus en plus l'industrie de l'amiante [...], j'ai l'impression que les pressions vont s'accroître à plus ou moins long terme dans tous les domaines. Et à mon avis, cela risque de se produire bientôt. Je ne peux donc que vous inviter très sérieusement à vous préparer dès maintenant à faire face à une plus grande intervention des autorités publiques et à des attaques de plus en plus violentes » ; - « en ce qui concerne les réglementations gouvernementales à venir, il me semble tout à fait souhaitable que vous cherchiez à participer à leur élaboration à travers vos organisations. [...] sans le Conseil [de recherche sur l'asbestose], qui a été créé de toutes pièces par l'industrie de l'amiante, les réglementations britanniques auraient été bien plus draconiennes » ; - « je vous invite tous à préparer votre défense dès maintenant. [...] avez-vous un comité d'action disposant des fonds nécessaires, mais aussi d'une expertise technique et médicale ? [...] êtes-vous en contact avec des consultants en relations publiques capables de vous donner de bons conseils ? » ; - « la maxime « ne réveillez pas le chat endormi » est tout à fait appropriée lorsque les choses vont lentement et que l'intérêt du public et de la presse reste faible. Mais les chats endormis peuvent se réveiller brutalement, faire entendre leur voix et montrer leurs griffes. [...] Vous devez vous préparer à l'avance ». Onze ans avant sa création, tous les ingrédients du CPA étaient réunis. |
Le CPA a su convaincre certains scientifiques de se joindre à ses travaux et, ce faisant, de lui fournir une caution scientifique incontestable.
Le professeur Patrick Brochard, aujourd'hui chef du service de médecine du travail et de pathologie professionnelle au CHU de Bordeaux et professeur des universités en épidémiologie, économie de la santé et prévention à l'université Bordeaux II, présente ainsi sa participation aux réunions du CPA et y limite son rôle à celui d'expert : « J'ai rejoint le comité amiante relativement jeune, puisque j'étais alors chef de clinique. Mon responsable, le professeur Bignon28(*), m'avait demandé d'y participer de manière informelle. Il nous avait été demandé de fournir des informations sur l'état des connaissances relatives au dossier amiante, de 1988 à 1995. De nombreux scientifiques participaient à ce comité. J'y appartenais au titre de la médecine du travail. Le Professeur Valleron y siégeait par exemple en qualité d'épidémiologiste. Notre rôle était de donner des informations sur l'état des connaissances ainsi que sur les nombreux congrès qui se succédaient sur le sujet. Bien entendu, nous n'intervenions que sur la partie médicale du dossier ».
Il ajoute : « Notre rôle était de déterminer des valeurs limites d'exposition permettant de continuer à utiliser ce matériau en limitant les risques, dans l'attente d'une éventuelle interdiction gouvernementale. [...] Notre intervention au sein du comité amiante n'avait donc pas pour objet de prononcer une interdiction de l'amiante. Elle était destinée à assurer la protection de la population dans les conditions prévues par la réglementation française de 1977. Progressivement, cette dernière a évolué ».
En présentant de façon aussi anodine le rôle des scientifiques qui siégeaient au CPA, le professeur Patrick Brochard a d'abord paru donner du crédit à la politique de l'usage contrôlé de l'amiante, défendue à l'époque par les industriels, comme s'il continuait de croire au bien-fondé de cette approche.
En revanche, certains acteurs de l'époque, qui ont participé aux réunions du CPA, continuent de défendre le bien-fondé de celui-ci. Ainsi, M. Daniel Bouige a estimé que « l'existence du CPA était, à [son] sens, tout à fait utile et répondait à une nécessité » et que « le CPA était une idée bonne et motrice dans une perspective de prévention ». Il s'agissait de réduire le risque à défaut de pouvoir le supprimer.
* 26 Editions de l'Ecole des hautes études en sciences sociales.
* 27 Ce document est reproduit dans l'ouvrage de M. François Malye, Amiante : 100.000 morts à venir (annexe 4).
* 28 Dans leur ouvrage précité, MM. Francis Chateauraynaud et Didier Torny notent que « le professeur Jean Bignon apparaît comme un des acteurs décisifs du dossier de l'amiante. Mais ce qui est frappant dans son cas, c'est le changement de position qu'il opère entre les deux périodes, changement qui est rapporté, selon les critiques, à sa participation au CPA au cours des années quatre-vingt. Car à la fin des années soixante-dix, il semble clairement relayer les inquiétudes en reprenant à son compte l'annonce d'une épidémie de mésothéliomes ». Avançant une tentative d'explication, ils indiquent que « les porte-parole, militants et défenseurs de cause ont autre chose à faire que de maintenir la pression en payant directement de leur personne. On retrouve ici le schéma classique dans lequel une mobilisation s'arrête après avoir imposé l'inscription sur l'agenda politique d'une cause collective ».