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24 janvier 2022 1 24 /01 /janvier /2022 17:48

Paru sur le site ARIA 

la référence du retour d’expérience sur accidents technologiques

 

Déversement de digestat dans une installation de méthanisation

 

N° 53584 -  29/03/2019 -  FRANCE - 85 - LES HERBIERS

E38.21 - Traitement et élimination des déchets non dangereux

 

Vers 13h30, dans une installation de méthanisation, un sous-traitant alerte l’exploitant d’un débordement de digestat au niveau de la lagune située en bas du site vers le LONGUENAIS. Le chef d’équipe arrête la pompe de transfert alimentant la lagune en digestat et demande l’intervention d’une société de pompage et de nettoyage. Le digestat est confiné sur le site à l’aide d’un barrage de sacs de sel. L’écoulement vers la rivière est stoppé vers 14 h. L’ensemble de la zone est pompé jusqu’au cours d’eau, ainsi qu’au niveau du puits de pompage de la lagune incriminée. Les secours, arrivés sur les lieux vers 14h10, surveillent le cours d’eau. Des échantillons sont prélevés pour analyse. L’exploitant prévient les riverains à proximité et surveille une éventuelle mortalité aquatique pendant 48 h. Le digestat est récupéré par décapage de la terre végétale pour un réemploi agricole. Un gravillonnage est effectué sur l’ensemble de la zone curée.

Au total, 60 m³ se sont déversés dans la rivière. Lors d’une visite quelques jours plus tard, l’inspection des installations classées constate une mortalité aquatique sur 14 km (20 poissons morts tous les 10 m sur les 3 premiers kilomètres). D’après la presse, une couleur inhabituelle est perceptible (substance noire et odorante). La fédération locale de pêche porte plainte.

Vers 8h30, le chef d’équipe, lors du tour du site, avait constaté que le niveau maximum de la lagune du bas du site était atteint (gyrophare avec voyant rouge). Il avait considéré que le niveau de remplissage de la lagune était conforme au standard (30 cm du bord) et qu’il ne fallait pas rajouter de digestat. Aucune consigne à ce sujet n’avait été transmise aux opérateurs. Vers 9h30, un opérateur a démarré la pompe de transfert du digestat reliant la lagune du haut (5 000 m³) à celle du bas (2 000 m³), sans en informer le chef d’équipe et sans avoir préalablement vérifié le niveau de remplissage de la lagune inférieure. L’opérateur est ensuite parti en pause déjeuner sans surveiller le transfert. La vérification du niveau de la lagune et la surveillance du transfert faisaient pourtant partie des procédures en vigueur. L’alarme de niveau haut de la lagune inférieure n’a pas fonctionné. L’exploitant n’assure pas de contrôle régulier de cette alarme et ne sait pas indiquer depuis quand elle était en panne. Une intervention de maintenance le mois précédent l’accident pourrait selon lui être à l’origine de la défaillance.

Un arrêté de mise en demeure est pris sur la base des différentes non-conformités constatées :

  • l’exploitant ne disposait pas de consigne sur la conduite à tenir en cas de débordement de la lagune ;
  • l’exploitant n’assure pas de contrôle régulier de l’alarme et ne peut identifier sa durée de dysfonctionnement ;
  • l’exploitant ne disposait pas de moyens de confinement adaptés (produits absorbants…) et a utilisé des moyens de fortune (sacs de sel prévus contre le gel de la voirie) ;
  • l’aménagement des lagunes, situées à l’amont du ruisseau dans une zone en pente, ne permet pas de limiter une pollution des eaux en cas de débordement.

Suite à l’événement, l’exploitant met en place un asservissement avec arrêt automatique de la pompe de transfert quand le niveau de remplissage cible est atteint. Il rédige un mode opératoire portant sur l’utilisation de la pompe lors des opérations de transfert. Une procédure est rédigée pour gérer les cas de déversement accidentel.

https://www.aria.developpement-durable.gouv.fr/accident/53584/

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20 janvier 2022 4 20 /01 /janvier /2022 15:04

 

 

Paru sur le site ARIA 

la référence du retour d’expérience sur accidents technologiques

 

Explosion et incendie d’un digesteur dans une installation de méthanisation

N° 53866 -  27/06/2019 -  FRANCE - 29 - PLOUVORN

E38.21 - Traitement et élimination des déchets non dangereux

 

Vers 14h40, une explosion suivie d’un incendie se produit dans un digesteur de 15 m de haut contenant 300 m³ de lisier. Une boule de feu est aperçue. Les pompiers réalisent des mesures d’explosivité et des mesures d’H2S dans l’enceinte. L’électricité est coupée dans la zone. L’incendie se propage dans les double-parois de la cuve dont l’isolant est constitué de laine de roche. Vers 19 h, les pompiers dégarnissent le toit du digesteur tout en poursuivant le refroidissement des parois. Son contenu est dépoté par des rotations de tonnes à lisier, puis transféré dans le post-digesteur voisin. Après ouverture dans la partie haute de la cuve, des relevés par caméra thermique sont réalisés. La température étant descendue à 30 °C, le dispositif de secours est levé à 21h30.

Un pompier est victime d’un coup de chaud et 2 personnes sont choquées. Le digesteur est déformé, la toiture a sauté, conduisant à l’éjection d’une faible quantité de lisier. Les sols impactés sont récupérés dans une benne pour envoi en traitement. Le digesteur doit être reconstruit.

Le digesteur de 2 500 m³ faisait partie d’une unité de méthanisation en cours d’installation. Les conduites de gaz n’étaient pas encore branchées, l’installation n’était pas encore réceptionnée par l’exploitant. Le dossier technique de sécurité à réaliser avant la mise en service n’avait pas été transmis à l’administration. Du lisier y avait toutefois déjà été stocké en non-conformité avec la réglementation applicable.

L’explosion est survenue alors que des sous-traitants raccordaient à la terre un appareil pour souder les conduites de gaz. L’exploitant affirme que les sous-traitants avaient été informés de la présence de lisier dans la cuve générant un risque d’atmosphère explosive mais qu’aucun zonage ATEX n’avait été réalisé.

Suite à la visite de l’inspection des installations classées, un arrêté de mise en demeure et un arrêté de mesures d’urgence sont pris. L’exploitant transfère le lisier du post-digesteur vers une cuve tampon aérée pour éviter la formation d’une atmosphère explosive.

L’accident révèle une sous-estimation des risques au regard des enjeux de sécurité de ce type d’installation. L’exploitant explique son empressement à démarrer le remplissage du digesteur par l’obligation d’honorer à une échéance proche un contrat de rachat d’électricité ainsi qu’un contrat de valorisation d’effluents en provenance d’agriculteurs. Suite à l’accident, il souhaite démarrer l’exploitation de l’unité de méthanisation avec le seul post-digesteur (situation envisageable pour gérer les cas de maintenance par exemple), sans attendre la reconstruction du digesteur. L’inspection exige la remise préalable du dossier technique de sécurité, la justification de la faisabilité technique du fonctionnement avec un seul digesteur sans dégradation des performances attendues et le cas échéant la proposition de mesures de sécurité appropriées pour gérer la phase de co-activité reconstruction du digesteur/exploitation du post-digesteur.

Suite à l’accident, l’exploitant rappelle les consignes et règles de prudence à son sous-traitant. Les responsabilités de chacun (exploitant/sous-traitant) en matière de contrôles à réaliser sont précisées.

Les travaux par point chaud ne pourront plus être réalisés in situ sur les équipements de l’installation mais dans une zone dédiée pour le positionnement des camions ateliers (poste à soudure, meuleuse, disqueuse…).

https://www.aria.developpement-durable.gouv.fr/accident/53866/

 

 

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17 janvier 2022 1 17 /01 /janvier /2022 13:36
Ussy sur marne : 2 accidents de méthaniseur de déchets répertoriés sur le site ARIA

 

N° 56934 -  16/03/2021 -  FRANCE - 77 - USSY-SUR-MARNE

E38.21 - Traitement et élimination des déchets non dangereux

Vers 6h30, dans une entreprise de méthanisation, une surpression provoque le débâchage du toit souple d’un des digesteurs. Du biogaz s’échappe à l’atmosphère. L’alerte est donnée par les riverains en raison de la forte odeur d'”oeuf pourri”, caractéristique du rejet d’H2S, présente dans l’atmosphère. Un mélange de mousse et de matières en cours de méthanisation est rejeté. L’ensemble est contenu dans la rétention étanche prévue autour du digesteur. Le site est sécurisé et mis à l’arrêt. Vers 13 h, l’installation est remise en fonctionnement à l’exception du digesteur accidenté. Ce dernier est vidangé.

L’exploitant indique ne pas avoir entendu la première alerte de surpression qui lui a été adressée dans la nuit, à 2 h. Un phénomène de moussage dans le digesteur est à l’origine de la surpression. La soupape de suppression est réglée pour se déclencher à 3,5 mbar mais la forte production de mousse aurait vraisemblablement empêché son bon fonctionnement. Cette dernière a été vérifiée 3 mois plus tôt. Une semaine avant l’événement, les intrants ont été modifiés et de la pulpe de pomme de terre a été introduite en complément des intrants habituels. De la mousse est apparue la veille de l’événement et la hauteur des agitateurs a été augmentée pour réduire sa production comme prévu par les procédures d’exploitation. La cause de cette surproduction de mousse n’est pas connue.

A la suite de l’événement, l’exploitant prévoit d’abaisser le niveau de matières dans les cuves. L’inspection des installations classées demande, par ailleurs, qu’une analyse des digestats issus des matières pompées dans la zone de rétention et réintroduites dans le processus de méthanisation soit effectuée avant épandage.

La remise en service du digesteur s’effectue 6 semaines après l’événement et génère des nuisances olfactives pour les riverains pendant 1 heure.

En juillet 2020, une réaction exothermique de charbon actif a eu lieu sur ce site (ARIA 56388).

https://www.aria.developpement-durable.gouv.fr/accident/56934/

 

 

Réaction exothermique de charbon actif

N° 56388 -  19/07/2020 -  FRANCE - 77 - USSY-SUR-MARNE

E38.21 - Traitement et élimination des déchets non dangereux

Un dimanche, une réaction exothermique se produit dans 2 big-bags de charbons actifs stockés sous un auvent dans une unité de méthanisation. De la chaleur, des fumées et une odeur de soufre sont émises. L’employé d’astreinte détecte le problème et décide d’intervenir en fin de journée. Il étale 1 m³ de charbons actifs avant de les recouvrir de terre. L’opération est effectuée entre 22 h et 1h30 le lendemain et est effectuée en concertation avec les services de secours.

https://www.aria.developpement-durable.gouv.fr/accident/56388/

 

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15 décembre 2021 3 15 /12 /décembre /2021 14:45

 

 

Subventionner un projet industriel

plutôt que d’aider des petites communes rurales du nord 77

 à rénover leur patrimoine

 cela semble être le choix

du Conseil Régional d’IDF et de l’ETAT ?

 

 

En effet, Bernard LENFANT, président de la SAS BiOGAZ Charmentray et ses associés ont bénéficié de 800 000 € de subvention  pour leur projet de méthaniseur de déchets privé  (500 000 € du conseil régional IDF  et 300 000 € de l’Ademe (ETAT).

 

 

Une partie de cette somme aurait été bien utile

à la commune de Lesches

pour réparer son église.

 

 

Paru sur le site La Marne :

Lesches : le clocher de l'église en partie détruit avant sa rénovation

La mairie mène des travaux d'ampleur à l'église de Lesches. Une nouvelle étape délicate a eu lieu le 1 décembre 2021, sous les yeux des habitants. Le gros des travaux démarre.

Lesches : ils attendaient des subventions pour réparer leur église mais le conseil régional IDF  et l’ETAT allouent 800 000 € pour « aider » des agriculteurs à financer un méthaniseur privé à Charmentray !

Mercredi 1 décembre 2021, la toiture et la charpente du clocher de la Sixtine, l’église de Leches, ont été retirées. (©D.R.)

Par Julia GualtieriPublié le 14 Déc 21 à 18:44 

 

Les habitants de Lesches étaient nombreux autour de l’église du village mercredi 1er décembre 2021. Depuis l’été 2020, celle-ci est en travaux. Mercredi, une opération assez spectaculaire se déroulait sous les yeux des badauds : la dépose successive de la charpente, de la cloche et de son beffroi.

L’opération était délicate mais elle a été menée à bien. « C’est le gros du chantier qui démarre », résume la maire de Lesches, Christine Gibert.

Dix mois de travaux à l’église de Lesches

Engagée sous l’ancienne mandature, la réhabilitation de l’église La Sixtine arrive à sa phase d’exécution. Le clocher, dépourvu de fondations, se désolidarise de l’édifice. La conséquence est bien visible : il penche de plus en plus. La rénovation doit permettre de le remettre d’aplomb.

En 2020, la dépose des peintures à l’intérieur de la nef avait nécessité le doigté d’artisans spécialisés. Pour procéder à la réhabilitation, il va falloir détruire le clocher pour moitié afin de créer des fondations. Il sera ensuite remaçonné et remonté avec sa charpente, sa cloche de 1849 et son toit d’ardoise. En tout, ces travaux doivent durer dix mois.

Mauvaise nouvelle : la charpente est plus abîmée que prévu et il faudra la refaire. Un coût supplémentaire pour un chantier chiffré à 800 000 €, déjà très lourd pour les finances de la commune. Les services de la mairie ont fait plusieurs demandes de subventions et proposé la commune au label « Village de caractère », pour alléger la facture. Mais rien n’est confirmé pour le moment même si Christine Gibert dit avoir bon espoir.

https://actu.fr/ile-de-france/lesches_77248/lesches-le-clocher-de-l-eglise-en-partie-detruit-avant-sa-renovation_47225204.html

 

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8 décembre 2021 3 08 /12 /décembre /2021 13:35

 

 

Paru sur le site « La Montagne » :

 

 

Plus de 500.000 € en jeu : pourquoi les sommes sont aussi élevées autour du procès des méthaniseurs cantaliens ?

Publié le 22/11/2021 à 10h55

‌Procès des méthaniseurs cantiliens : France Nature Environnement se porte partie civile

 

Les deux méthaniseurs de Saint-Bonnet-de-Salers et Sainte-Eulalie sont soupçonnés de polluer les environs et la Maronne en aval en relâchant du percolat, le jus concentré des méthaniseurs – sans qu'aucune solution ne soit trouvée entre 2019 et 2021. © Lucie PAULUS

 

Les chiffres sont énormes : au terme de 9 heures d'audience, les sommes évoquées autour des affaires de pollution des deux méthaniseurs cantaliens sont très élevées, autour de 300.000 € en dommages et intérêts, et 250.000 € requis. Pourquoi l'un des tout premiers procès de la méthanisation en France a fait exploser les enjeux ? Décryptage.

 

Dans la grande salle d'audience du tribunal judiciaire d'Aurillac, les prévenus regardent leurs chaussures. Surtout le PDG de la société Salers Biogaz, chargé d'exploiter les deux méthaniseurs de Saint-Bonnet-de-Salers et Sainte-Eulalie, soupçonnés de polluer les environs et la Maronne en aval en relâchant du percolat, le jus concentré des méthaniseurs – sans qu'aucune solution ne soit trouvée entre 2019 et 2021.

Autour de ce procès, les enjeux sont énormes, rarement vus dans le Cantal : 250.000 € d'amende ont été requises contre l'entreprise par le procureur Paolo Giambiasi, et plus de 300.000 € de dommages et intérêts ont été demandés par les parties civiles, riverains et associations. Pour comprendre, il faut bien diviser les demandes en deux catégories : le pénal, qui règle le litige entre la société et les prévenus, et le civil, pour le contentieux entre les habitants du secteur, et les personnes poursuivies – l'entreprise et ses trois cadres.

250.000 € d’amende requis contre l'exploitant des méthaniseurs du pays de Salers après plusieurs épisodes de pollution

Action publique

Concernant l'amende, le ministère public l'a souhaité élevée avec un objectif : créer une jurisprudence dans le Cantal. Tourné vers le tribunal, Paolo Giambiasi explicite sa pensée : « Les entreprises font un calcul de bénéfice/risque, en intégrant les possibles poursuites judiciaires. Si la réaction de votre tribunal est de mettre 500 € d'amende... [...] Vous fixez, dans le Cantal, l'appréciation du risque des entreprises susceptibles de polluer. Si le site continue, s'il y a de nouveau une pollution, le risque doit être connu. »

Une telle jurisprudence n'existe pas réellement dans le département : la seule affaire comparable est à trouver au Lioran, où la station d'épuration a mal fonctionné pendant 20 ans, détruisant l'Alagnon. 50.000 € d'amende étaient requises contre le syndicat mixte, 5.000 € d'amende avaient été prononcés. C'était en 2019, une éternité considérant le contentieux, écologique, qui prend une place de plus en plus importante dans la société : « L'environnement est devenu une valeur sociale à protéger », notait Me François Mazon, en défense. En septembre, le tribunal judiciaire d'Aurillac a justement organisé un colloque sur le sujet.

Quel droit pour la biodiversité ? Le tribunal judiciaire d'Aurillac (Cantal) ouvre le débat avec des scientifiques

Le procureur a également pris en compte à la fois de nombre « d'incidents » – juillet, octobre et décembre 2019, février et août 2020, janvier 2021 pour le site de Sainte-Eulalie, et une pollution constante suspectée à Saint-Bonnet-de-Salers malgré la fermeture du site – et l'incapacité de l'entreprise à trouver une solution.

Une incapacité qui peut être vue comme un manque de bonne volonté, ou comme une incapacité à gérer un tel site – tout au long des neuf heures d'audiences, les deux ont été évoqués. Salers Biogaz était poursuivi, en plus des pollutions, pour ne pas avoir su remplir les conditions administratives : là il manque un agrément, ici la déclaration en préfecture est incomplète. 

Plus grave : l'entreprise est également poursuivie pour avoir continué d'exploiter le site après le 23 décembre 2019. La préfecture a pourtant notifié la suspension de l'exploitation du site, mais les chargements de fumier arrivent encore à Sainte-Eulalie. Pour le parquet, « c'est la logique économique qui prévaut. Il faut exploiter, exploiter, exploiter. » « Il n'a pas pris la mesure de l'arrêté, estime plutôt Pierre Lacroix, alors qu'une réunion était prévue le 7 janvier en préfecture. On pensait que tout rentrerait dans l'ordre. J'appelle cela de l'optimisme ! »

Action civile

Les riverains

L'autre partie de la note a été gonflée par les riverains, représentés par Me Jacques Verdier et Me Manon Sergeant, du barreau d'Aurillac. Cette dernière a longuement listé les demandes de ses clients, à la fois des exploitants agricoles et des habitants : mauvaises odeurs, vaches qui avortent, fromages déclassés...

Avec près d'une trentaine de parties civiles, l'addition devient vite salée : pour les entreprises, elle demande systématiquement 10.000 € pour le préjudice financier, ajoute pour l'un une note de 60.000 € – il avait fait des travaux pour refaire tout son réseau d'eau, des travaux rendus obsolètes par les pollutions puisqu'il a fallu se brancher sur le réseau public, argumente-t-elle –, pour l'autre une note de 75.000 €, le coût pour se raccorder au réseau, justement. Enfin, elle joint une facture : un éleveur a racheté 8 vaches, pour 19.000 €.

Côté particuliers, elle demande également 5.000 € pour huit voisins et termine : « On aurait pu croire que cela allait cessait, mais non. Soit le méthaniseur fonctionne dans les règles, soit il doit fermer définitivement. »

L'ensemble de ces demandes ont été balayées par la défense, qui a demandé un renvoi sur intérêt civil. En clair : ils souhaitent traiter ce sujet plus tard, le temps de vérifier certains éléments : « On est à la campagne, il n'y a quand même pas besoin d'aller près d'un méthaniseur pour que cela sente le fumier ! »

Les associations

La fédération de pêche et France nature environnement se sont portés partie civile : une association peut le faire quand elle est déclarée d'utilité publique, comme c'est le cas ici.

La Fédération de pêche œuvrant pour la protection des milieux aquatiques, cela correspond à sa mission : le ruisseau du Moncelle et la Maronne ont été durement touchés. Un peu moins de 15.000 € ont été demandés. « Ils se sont moqués du monde. Ils se disaient "on peut continuer à polluer, ce n'est pas grave tant que c'est rentable". »

France nature environnement s'est portée partie civile, à trois reprises, pour chaque échelon : France, Auvergne-Rhône-Alpes, et Cantal, compte tenu « de l'importance du dossier ». Ils demandent 20.000 € pour chaque échelon, s'inquiète que Chadasaygas, la maison mère de Salers Biogaz, continue d'ouvrir des méthaniseurs, « cela laisse craindre des projets aussi mal gérés. » Ils demandent la publication du jugement dans la presse, reprise dans les réquisitions du procureur et l'interdiction de gérer un projet en lien avec la méthanisation.

Au total, la note s'élève donc à plus de 500.000 €. Les 250.000 € d'amende ont été requis contre l'entreprise (35.000 € d'amende ont également été requis contre son PDG), et les parties civiles ont demandé, dans leur grande majorité, à ce que les prévenus soient condamnés à payer les dommages et intérêts solidairement.

Le délibéré sera rendu le 20 janvier.

Pierre Chambaud

https://www.lamontagne.fr/aurillac-15000/actualites/plus-de-500-000-en-jeu-pourquoi-les-sommes-sont-aussi-elevees-autour-du-proces-des-methaniseurs-cantaliens_14048555/

 

 

Pour aller plus loin arrêté préfectoral :

https://cpev63500.fr/images/cpev/documents/115_Incident_Salers_decembre-2019_arrete-prefectoral.pdf

 

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4 novembre 2021 4 04 /11 /novembre /2021 15:27

Paru sur le site Reporterre

Méthanisation : faire plus petit, pour voir plus grand

Méthanisation : faire plus petit, pour voir plus grand

28 octobre 2021 à 15h23Mis à jour le 1er novembre 2021 à 18h14

Durée de lecture : 5 minutes

La biomasse agricole peut contribuer de façon efficace, économe et écologique aux objectifs de mix énergétique de la France, soutient l’auteur de cette tribune. Ne reste qu’à réguler la méthanisation et à valoriser l’énergie produite.

Dominique Potier est député PS de Meurthe-et-Moselle, spécialiste des questions agricoles et rurales.


 

La dérive que nous observons actuellement dans le développement de la méthanisation est un cas d’école de l’absence d’une ligne claire en matière de déploiement des énergies renouvelables dans notre pays. Elle illustre plus largement et de façon caricaturale le risque d’une incohérence entre les fins et les moyens dans l’action publique.

Portée par des pionniers aussi passionnés d’innovation que soucieux d’éthique, la méthanisation a été initialement pensée en vue de la valorisation énergétique de la biomasse issue notamment des effluents d’élevage [1], des déchets organiques de l’agroalimentaire, de la part fermentescible des déchets ménagers et des stations d’épuration, et de façon plus marginale de l’entretien des espaces verts et des accotements routiers.

Or, et de façon paradoxale, la géographie actuelle des méthaniseurs est relativement indifférente à celle de ces ressources, mais correspond largement à celle des entreprises disposant des capacités financières les plus importantes et à celle des réseaux de transport d’énergéticiens devant souscrire à l’obligation d’intégrer du gaz « vert ».

Un désordre écologique

Les conséquences sur nos territoires sont facilement observables :

  • une prédation de ressources qui fragilise au long cours notre sécurité alimentaire commune ;
  • une concurrence déloyale qui accélère le phénomène d’accaparement des terres par l’usage ou la propriété au détriment des systèmes de polyculture-élevage et du renouvellement des générations d’agriculteurs ;
  • un désordre écologique avec des effets incalculables sur la santé des sols, de l’eau, la biodiversité et enfin une inquiétude grandissante quant à l’impact logistique sur les infrastructures rurales.

Cette situation ubuesque est le fruit d’un déphasage absurde entre un niveau d’aide publique élevé (aide à l’investissement, tarif de rachat) et l’absence de contrôles effectifs des installations. L’État délivre des autorisations sans disposer ni des ressources humaines ni des instruments permettant de vérifier la réalité des intrants (ce qui entre dans le méthaniseur) et de l’épandage des digestats (ce qui sort du méthaniseur).

Un méthaniseur en Ille-et-Vilaine. © Julie Lallouët-Geffroy/Reporterre

Un méthaniseur en Ille-et-Vilaine. © Julie Lallouët-Geffroy/Reporterre

La méthanisation peut être bénéfique

Le temps est venu, au nom de l’intérêt général, de stopper cette dérive. En premier lieu, un éclairage est attendu de la science sur deux points : d’une part, évaluer si la jauge actuelle de 15 % de ressources alimentaires méthanisable est globalement soutenable et, d’autre part, quels sont les effets du développement exponentiel des cultures intermédiaires à vocation énergétique [les cultures que l’on peut mettre dans les méthaniseurs pour produire de l’énergie] sur les cycles de fertilité.

Deux voies complémentaires doivent ensuite être explorées afin que la biomasse agricole contribue de façon efficace, économe et écologique aux objectifs de mix énergétique de notre pays.

La première voie vise une normalisation des pratiques : une certification garantie par l’autorité publique, un niveau d’exigence des autorisations administratives d’installation proportionné aux enjeux environnementaux, une politique tarifaire sélective en faveur des projets les plus vertueux et enfin un minimum de planification à l’échelle, par exemple, des intercommunalités (SCOT).

Une seconde voie, plus radicale, mérite également d’être explorée. 70 000 unités de stockage des effluents d’élevage (fosses à lisier) ont été bâties à partir des années 1990 en application de la directive nitrate. C’est, à l’échelle nationale, une immense ressource quasiment inexploitée de 13,7 millions de tonnes de CO2 qui pourraient être valorisées en énergie.

« Une équation économique est possible, permettant de consolider le revenu des agriculteurs. »

Même à technologie constante, les retours d’expérience dont nous disposons nous enseignent que pour une part des élevages bovins et porcins, une équation économique est possible, permettant de consolider le revenu des agriculteurs, dès lors que l’énergie produite peut être valorisée. En effet, si ces effluents produisent moins d’énergie que certaines cultures, les investissements à réaliser sont en contrepartie sans commune mesure avec ceux du modèle actuellement dominant.

Sur le plan écologique, le bénéfice de cette économie circulaire et totalement décarbonée dans sa mise en œuvre permettrait d’atteindre un objectif majeur en matière de réduction des gaz à effet de serre en captant un méthane (CH4) dont les scientifiques du Giec et de l’Inrae nous rappellent son pouvoir de réchauffement vingt-cinq fois supérieur à celui du CO2.

Produire de l’énergie par la valorisation du méthane disponible, avec un meilleur partage de la valeur et en préservant intégralement notre sécurité alimentaire, serait de nature à sortir des controverses actuelles.

Un effort de recherche inédit devra, demain, viser une performance accrue de tels systèmes. Mais, dès aujourd’hui, il est essentiel pour le débat démocratique de mesurer le bénéfice social, économique et environnemental de la réorientation des crédits publics actuellement consacrés à la méthanisation vers une vision renouvelée de celle-ci.

Dans le cas de la méthanisation, comme pour toutes les autres énergies renouvelables, la construction d’une doctrine claire et une puissance publique jouant pleinement sa fonction régulatrice et d’aménagement du territoire serait de loin la meilleure alliée de l’entrepreneuriat et de l’initiative locale au service du bien commun.

 

https://reporterre.net/Methanisation-faire-plus-petit-pour-voir-plus-grand

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28 octobre 2021 4 28 /10 /octobre /2021 16:06

 

Paru sur le site « La Marne »

 

La méthanisation divise les agriculteurs en Seine-et-Marne

La Confédération paysanne d'Ile-de-France s'inquiète du fort développement des méthaniseurs et réclame un moratoire. Elle parle de "dérives".

Par Audrey GruazPublié le 28 Oct 21 à 7:13 

La méthanisation divise les agriculteurs en Seine-et-Marne

 

Rien qu’en Seine-et-Marne, 33 unités de méthanisation sont en fonctionnement ou sur le point de l’être selon la Confédération paysanne. (©RSM77)

 

 

Pour la Confédération paysanne d’Ile-de-France, les méthaniseurs sont un non-sens pour le monde de l’agriculture. Ses membres dénoncent l’utilisation de produits agricoles pour faire fonctionner ces méthaniseurs, « alors que la région Ile-de-France est très loin d’être autonome pour couvrir les besoins alimentaires de sa population ».

En Ile-de-France, 39 unités de méthanisation fonctionnent ou sont en projet. Et la Seine-et-Marne est championne en la matière avec 33 unités rien que pour notre département. Il faut dire qu’avec ses surfaces agricoles, la Seine-et-Marne a de quoi séduire les pro-méthanisation.

 

La méthanisation, un complément de revenu pour les agriculteurs

La Région Ile-de-France encourage l’installation de ces unités. Une façon de verdir l’image de l’Ile-de-France en produisant du biogaz et d’assurer un revenu de complément aux agriculteurs franciliens. La région cofinance en effet avec l’Ademe la création d’unités de méthanisation. Une stratégie adoptée dès 2015 et qui se poursuit.

 

La Seine-et-Marne se tourne vers la méthanisation

Avec ses grandes surfaces cultivées, la Seine-et-Marne a largement profité de l’opportunité de la méthanisation. Plusieurs dizaines d’unités de méthanisation fonctionnent et de nouveaux projets sont en cours d’élaboration chaque mois.

 

Comment ça marche ?

La méthanisation consiste dans un premier temps à valoriser des déchets organiques. Il s’agit notamment de déchets issus de cultures intermédiaires à vocation énergétique (CIVE), mais également de silos. Les agriculteurs récupèrent également des pulpes de betterave. Sur une année, près de 10 900 tonnes d’intrants peuvent ainsi être valorisées dans une usine.

C’est cette décomposition végétale qui permet la production de biogaz. Ce gaz naturel alimente en chauffage et en eau chaude des milliers d’habitants. Enfin, le digestat récupéré à la fin du processus de méthanisation sert d’engrais aux cultures des exploitants.

 

« Jeter des cultures alimentaires »

Mais pour la Confédération paysanne, les agriculteurs seraient incités à « jeter » dans leurs méthaniseurs des cultures tout à fait comestibles. « Le modèle prôné dans la région consiste à faire pousser des cultures alimentaires, à grand renfort d’engrais et de produits de synthèse, et à jeter directement la récolte dans les méthaniseurs pour produire du gaz » assurent les membres de la Confédération.

Une affirmation rejetée par les agriculteurs engagés dans ce processus de fabrication de biogaz. « Nous utilisons des sous-produits agricoles, le résidu de nos cultures. Et pour compenser entre deux récoltes, nous faisons pousser des CIVE en fonction de ce dont nos terres ont besoin afin de ne pas les appauvrir. Nous vivons de la terre et nous voulons que cela dure » explique Pierre, propriétaire d’un méthaniseur en Seine-et-Marne.

Devant le développement quasi exponentiel des méthaniseurs en Ile-de-France, et davantage encore en Seine-et-Marne, la Confédération paysanne réclame « la mise en place imminente d’un moratoire et la réalisation d’un premier bilan ». Pour ses membres, les méthaniseurs feraient peser un risque de « pollution des sites ». Ils dénoncent également les nuisances pour les riverains, et « des investissements de plusieurs millions d’euros » financés en grande partie par les pouvoirs publics.

https://actu.fr/societe/la-methanisation-divise-les-agriculteurs-en-seine-et-marne_46028733.html

 

 

 

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14 octobre 2021 4 14 /10 /octobre /2021 13:45

Sur cette commune de moins de 600 âmes 2 méthaniseurs de déchets se sont installés et une station de rebours GRDF pour renvoyer le gaz chez les autres, dans d’autres départements français si besoin.

 

En effet Marchémoret n’a pas besoin d’autant de gaz pour sa consommation personnelle et les villages voisins de Montgé en Goële, Cuisy, Rouvres…. ne sont pas raccordés au réseau du gaz de ville.

 

 

Nous nous pencherons aujourd’hui sur le cas du méthaniseur Plaines de France Energie.

Carte présentée à la préfecture dans le dossier cas par cas, complétée par Adenca aux endroits marqués d'une flèche

Carte présentée à la préfecture dans le dossier cas par cas, complétée par Adenca aux endroits marqués d'une flèche

 

Plaine de France Energie est un groupement de 3 associés qui vont exploiter un méthaniseur de déchets sur le territoire de Marchémoret, au lieudit La Crouillère, en face du hameau de Lessart.

Guillaume Thierry le président de cette société exploite la ferme de Chantemerle à Lagny le Sec dans l’Oise, les autres associés exploitent des fermes à Moussy le Vieux et Villeneuve sous Dammartin.

Avant de donner son autorisation la préfecture avait sollicité l’avis du conseil municipal de Marchémoret mais celui-ci n’a pas souhaité répondre, les populations apprécieront.

 

L’autorisation qui vient d’être accordée par le préfet Lionel Beffre porte sur un méthaniseur qui devrait utiliser 3 fois plus de déchets que le projet initial.

 

Pour nourrir le méthaniseur les déchets de cultures agricoles CIVE produites aux alentours ne suffiront pas. Les agriculteurs feront venir par camions des déchets de l’Oise et même de l’Aube, mais pas seulement des déchets de glycérine viendront des Yvelines.

 

Il faut bien comprendre que le département des Yvelines possède peu de méthaniseurs, il faut bien qu’ils envoient leurs déchets quelque part, pourquoi pas chez vous ?

 

Pour faire court l’entreprise chimique des Yvelines « Ecogras Service Dielix Sas », récupère des huiles de fritures alimentaires usagées pour les transformer en carburant dit « biodiesel » mais le processus produit aussi des déchets de glycérine dont l’industriel souhaite se séparer.

 

Une « opportunité » pour les exploitants de méthaniseur car la glycérine aurait, semble-t-il,  un impact favorable sur la production du biogaz.

 

Quant aux risques pour la population et l'environnement de l'épandage sur les terres agricoles des déchets de méthanisation (digestats) contenant éventuellement des résidus de ce produit,  pour l’instant il semblerait que peu d’études  se soient penchées sur le sujet ?

 

Lien vers l’arrêté préfectoral :

https://www.seine-et-marne.gouv.fr/Politiques-publiques/Environnement-et-cadre-de-vie/ICPE-carrieres/Enregistrement/MARCHEMORET-77230-societe-SAS-PLAINES-DE-FRANCE-ENERGIE-AP-ENREGISTREMENT-du-24-septembre-2021

 

pour aller plus loin :

http://adenca.over-blog.com/2021/04/marchemoret-des-dechets-d-une-industrie-chimique-des-yvelines-pour-nourrir-en-partie-le-methaniseur-de-plaine-de-france-energie-qu-e

 

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28 septembre 2021 2 28 /09 /septembre /2021 14:14
Augmentation de 57 % du prix du gaz en 2021 : le contribuable paye-t-il les avantages somptueux dont bénéficient les agriculteurs qui implantent un méthaniseur ?

 

 

 

Les agriculteurs encaissent

La population trinque ?

 

 

 

La double peine pour les finances des contribuables ?

 

L’argent de nos impôts utilisé pour :

  • Verser des subventions somptueuses pour « aider » les agriculteurs à implanter des méthaniseurs de déchets
  • L'achat par l’ETAT du biogaz aux agriculteurs 5 à 10 fois plus cher que le gaz naturel. (1)

 

Et en même temps l’augmentation du prix du gaz pour les particuliers de 57 % en 2021

 

 

 

Du côté subventions, en moyenne en IDF les agriculteurs qui implantent un méthaniseur perçoivent 800 000 € (du conseil régional IDF et de l’ETAT (Ademe), c’est le salaire brut mensuel de plus de 500 salariés payés au SMIC.

 

 

 

 

 

(1) Compte-rendu de la mi méthanisation :

Dans son audition du 12/5/2021 au Sénat Barbara Pompili indique :

« Aujourd'hui, l'État achète le biogaz cinq à dix fois plus cher que le gaz naturel. »

«  Près de 800 dossiers de nouveaux projets ont été déposés et ont fait l'objet d'un contrat d'achat de production de biogaz. Si ces projets se réalisent et si les installations correspondantes sont bel et bien construites et mises en service, nous dépasserons nos objectifs pour 2023, avec un engagement de l'État de 18 milliards d'euros, soit près de trois fois ce que nous mettons sur la table pour la stratégie hydrogène. »

http://www.senat.fr/compte-rendu-commissions/20210510/mi_meth.html

 

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20 septembre 2021 1 20 /09 /septembre /2021 17:54
La méthanisation un sujet qui fâche : les populations de Seine et Marne vont-elles devoir réduire leur consommation d’eau potable pour permettre aux agriculteurs d’arroser l'été les cultures CIVE pour « nourrir »  leurs méthaniseurs ?

Qu’est-ce qu’une culture CIVE ( culture intermédiaire à vocation énergétique) ?

 

C’est une culture qui n’est pas destinée à nourrir la population mais à « nourrir » un méthaniseur de déchets pour produire du gaz.

 

Produire du gaz pour les autres comme à Charmentray, Vinantes ou May en Multien des communes non raccordées au réseau de gaz de ville ou à Marchémoret (2 méthaniseurs) et Oissery (3 méthaniseurs), des communes qui n’ont pas besoin d’autant de gaz pour leur consommation personnelle.

 

Mais pour mener à bien leurs cultures CIVE les agriculteurs ont besoin de beaucoup d’eau à certaines périodes et notamment lorsqu’ils sèment des graines de maïs en plein été.

 

Pour exemple des agriculteurs ont demandé l’autorisation d’effectuer des forages sur les communes suivantes :

  • à Marchémoret 2 forages
  • à Coulombs en Valois 2 forages
  • à Chevry Cossigny
  • à Vinantes
  • à May en Multien
  • à Thieux
  • à Gesvres le Chapitre
  • à Plessis aux Bois
  • à Monthyon.

 

C’est soit pour fournir en eau un méthaniseur de déchets comme à Marchémoret, Coulombs en Valois et Chevry-Cossigny ou bien pour arroser, entre autres des "cultures variées" qui peuvent être de la CIVE.

 

 

 

Pourquoi s'en priver

l'eau d'un forage pour l'irrigation

ne coûte pas chère !

 

La redevance n'est pas due si la totalité des prélèvements annuels

est inférieure à 7 000 m3. (1)

 

soit la consommation annuelle moyenne  d'eau potable

d'une famille (2 adultes, 2 enfants)

pendant plus de 40 ans

 

 

(1) http://www.eau-seine-normandie.fr/les-aides-et-redevances/les-redevances/prelevement-pour-irrigation

 

 

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