Overblog Tous les blogs Top blogs Environnement & Bio
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
15 janvier 2020 3 15 /01 /janvier /2020 14:06

 

Extrait du communiqué de Béatrice Abollivier, préfète de Seine et Marne :

 

Cet observatoire de 1'« agribashing » doit permettre, notamment au moyen de réunions régulières, de disposer d'un état des lieux exhaustif des problématiques de sécurité rencontrées par les agriculteurs et d'élaborer des solutions communes, efficaces et concertées.

 

Il veillera plus particulièrement à :

 détecter les menaces, évaluer leur intensité et leur évolution potentielle Dans ce cadre, le service départemental de renseignement territorial, en coordination avec la police et la gendarmerie nationales, s'engagera dans l'identification des phénomènes d'« agribashing » et de leurs auteurs. Un dialogue constant avec les syndicats agricoles, la veille des réseaux sociaux et le suivi des groupuscules radicaux doivent notamment permettre de mieux anticiper les menaces ;

 

 agir en vue de prévenir et de neutraliser toute menace

 

Les actions dans ce domaine s'articulent autour de trois volets

 

1. Un volet prévention complété par des contacts et des patrouilles renforcés dans le cadre de la Police de sécurité au Quotidien (PSQ) : les référents sûreté de la police et de la gendarmerie seront engagés au profit des agriculteurs. Les modes opératoires des délinquants et les attentes de tous les acteurs feront l’objet d’échanges. Site internet www.seine-et-marne.gouv.fr / @Prefet77 2/3

 

2. Un volet information (en s'appuyant notamment sur les réseaux sociaux institutionnels et la presse quotidienne régionale, etc.), portant notamment sur les actions de prévention réalisées.

 

3. Un volet judiciaire (recoupements, utilisation de moyens de captation, aide au dépôt de plainte), en lien avec les procureurs de la Républiques compétents. Pour lutter contre le phénomène d'« agribashing », les forces de sécurité pourront s'appuyer sur la cellule DEMETER, cellule nationale de renseignement et de rapprochement judiciaires créée par la gendarmerie nationale. La cellule DEMETER a vocation à analyser les menaces à l'encontre de la filière agricole et à coordonner la réponse des forces de sécurité.

 

Lien vers le communiqué de presse complet http://www.seine-et-marne.gouv.fr/content/download/41408/312121/file/Cp%20Agribashing.pdf

 

 

 

Article paru sur le site "Nous voulons des coquelicots"

 

 

19-12-19

CASTANER VEUT FLIQUER LES COQUELICOTS

 

 

Attention, ce n’est pas une blague. Et si c’en était une, elle ne serait pas drôle. Le 13 décembre, Christophe Castaner s’est rendu dans le Finistère (cliquer), accompagnée par sa grande amie Christiane Lambert, présidente de la FNSEA, qu’on ne présente pas ici . Le déplacement s’inscrivait dans le cadre d’une convention signée en toute simplicité par le ministère de l’Intérieur – l’État, donc, l’intérêt public, donc – et la FNSEA. On en apprend tous les jours.

 

Que venait faire le ministre? Installer une cellule – quel joli nom – de la gendarmerie nationale appelée à lutter contre l’agribashing. Si. Rappelons que la FNSEA – ne jamais oublier qu’elle ne représente, via les élections aux chambres d’Agriculture, que 25% des paysans de France – a inventé ce terme (cliquer) pour encore grappiller subsides et soutiens de l’appareil d’État. Il faut avouer que cela marche. L’idée est qu’une coalition de vilains mène une entreprise de dénigrement systématique des paysans.

 

La cellule gendarmique porte le nom souverain de Demeter, déesse grecque des moissons et, au passage, nom d’une marque prestigieuse de l’agriculture biodynamique qu’exècre la FNSEA. Elle aura vocation à traquer, partout en France, les marques d’hostilité à l’encontre de…De quoi, d’ailleurs? De la FNSEA, du modèle agricole, de l’élevage concentrationnaire, de l’omniprésence des pesticides? On ne le saura pas, car l’objectif est évidemment de faire peur à tout le monde.

 

Dans les textes officiels du ministère, on trouve des phrases prodigieuses (cliquer ici). L’édito du ministre commence ainsi par cette phrase d’anthologie : «Depuis quelques années, un phénomène grandit, inacceptable. De plus en plus, nos agriculteurs sont visés par des intimidations, des dégradations, des insultes». Précisons à ce stade que c’est pure foutaise, toute révérence gardée à la personne de ce cher Castaner. Nul en France, pas même la police ou la gendarmerie, n’est capable de prouver par des faits qu’un «phénomène grandit». On ne sait pas de quoi on parle, on ne dispose d’aucun chiffre, ni même d’un nombre de plaintes en hausse. Du vent.

 

Mais cela n’empêche pas la politique, cette politique-là du moins. Dans un mélange extravagant, Castaner définit le périmètre de la cellule Demeter en y inscrivant les vols, les cambriolages, les dégradations diverses, les installations de «gens du voyage» sur des terres agricoles, les actions anti-fourrure, anti-chasse, les tournages de vidéos «clandestines». Cela serait déjà effarant, mais le ministre va plus loin encore en visant «des actions de nature idéologique, qu’il s’agisse de simples actions symboliques de dénigrement du milieu agricole ou d’actions dures ayant des répercussions matérielles ou physiques».

 

Y a-t-il besoin d’une traduction? Les actions symboliques, c’est NOUS, les Coquelicots. Comme seule la gendarmerie et la FNSEA disposent de la définition du «dénigrement», il n’y a aucun doute que notre mouvement, constamment non-violent, est dans le viseur. On cherche à disqualifier, puis à réprimer la critique de l’agriculture industrielle, qui tue les hommes, les bêtes, les plantes.

 

Comme il n’est pas encore interdit de se moquer, notons que le même document policier évoqué plus haut détruit sans s’en rendre compte son pauvre échafaudage. Énonçant ses propres statistiques, Castaner livre quelques chiffres censés appuyer son propos. En 2019, il y aurait eu «14.498 faits enregistrés» au «préjudice du monde agricole». Un toutes les deux heures ! Ce chiffre «terrible» a été aussitôt repris par les bons amis médiatiques de M.Castaner, mais il faut chausser ses lunettes pour comprendre la manipulation.

Les «faits» en question couvrent les cambriolages, les vols – ceux avec violence ont chuté de…31,4% -, les vols de voitures, le vol de gros matériel agricole, etc. Sur la base de 440.000 «exploitations agricoles», les chiffres précis paraissent simplement loufoques : 314 tracteurs volés! 24 vols avec violence! 657 voitures dérobées!  Moi qui ai grandi en Seine-Saint-Denis, en partie dans la cité de Montfermeil Les Bosquets, je ne peux constater qu’une chose: la plupart des paysans n’ont jamais croisé le moindre vilain. En revanche, ils disparaissent un à un, par la grâce d’une politique plébiscitée par la FNSEA.

 

Comment conclure? On verra, certes, mais ne nous trompons pas: c’est grave. La cellule Demeter, selon les mots même du ministre, devra permettre, avant tout, «d’améliorer [la] coopération avec le monde agricole et de recueillir des renseignements». Le (gros) mot est lâché. Renseignement. Sans sombrer dans une parano inutile, ce mot signifie, dans l’univers policier, les filatures, les écoutes téléphoniques, voire les infiltrations. On tâchera de s’en souvenir, mais sans aucun doute, nous voila en face d’une nouvelle inquiétude.

 

Fabrice Nicolino, président de l’association Nous voulons des coquelicots

 

 

https://nousvoulonsdescoquelicots.org/2019/12/19/castaner-veut-fliquer-les-coquelicots/

Partager cet article
Repost0
18 décembre 2019 3 18 /12 /décembre /2019 19:31

 

 

 

Paru dans le journal de l'environnement :

 
 
                                                                        Les pesticides dans l’air, un risque méconnu

Le 18 décembre 2019 par Romain Loury

Les pesticides sont omniprésents dans l’air, avec des variations selon les régions et les saisons, révèlent les résultats de 15 ans d’analyse publiés mercredi 18 décembre par Atmo France. L’association appelle à intégrer ces substances dans la surveillance réglementaire de la qualité de l’air.

 

Si la présence des pesticides dans l’eau et le sol est bien étudiée, il est un compartiment largement peu exploré: l’air. Or, au-delà des riverains exposés au premier chef, les pesticides, dont la France est le deuxième consommateur européen après l’Espagne, sont bien présents dans l’air, y compris dans les grandes villes.

C’est ce que révèle la base de données PhytAtmo, qui regroupe les résultats d’analyse de l’air menés depuis 2002 par diverses associations agréées de surveillance de la qualité de l’air (Aasqa), fédérées dans l’association Atmo France. Dans sa version actuelle (sous format Excel), qui sera réactualisée en fonction des nouvelles données, PhytAtmo porte sur 321 substances actives, mesurées lors de 6837 prélèvements sur 176 sites en France métropolitaine et en Martinique.

DES VARIATIONS SPATIALES ET TEMPORELLES

Les résultats montrent l’omniprésence des pesticides dans l’air, avec des concentrations de l’ordre du nanogramme par m3[i], évidemment plus marquée dans les zones agricoles qu’en milieu urbain. De plus, PhytAtmo révèle des variations au cours de l’année: dans les zones de grandes cultures, les herbicides connaissent un pic en novembre-décembre. Dans les zones viticoles, les fongicides et les insecticides prédominent en été.

Montparnasse, bougie d’anniversaire d’Airparif. Afin de fêter les 40 ans d’Airparif, la tour Montparnasse est illuminée chaque soir, de lundi 16 au vendredi 21 décembre, aux couleurs de l’indice de qualité de l’air dans la capitale, allant du vert au rouge.

Ces mesures ont été menées au cas par cas par les Aasqa, sur la base du seul volontariat, les pesticides n’étant pas des substances réglementées pour la surveillance de la qualité de l’air -contrairement aux oxydes d’azote NOx, aux particules fines et à l’ozone. Face à la présence de ces pesticides, Atmo France appelle à «la mise en œuvre d’un suivi territorial et national pérenne», avec un «financement sécurisé», comme le préconisait la Cour des comptes en 2015, ainsi que deux rapports parlementaires (ici et là).

UN RAPPORT ATTENDU EN 2020

En juin 2018, l’Anses[ii] a annoncé le lancement d’une campagne de mesure des pesticides dans l’air, en collaboration avec l’Ineris et Atmo France, et financée dans le cadre du dispositif de phytopharmacovigilance de l’agence. Achevée en juin, elle a porté sur 80 substances mesurées sur 50 sites (52% en milieu urbain et périurbain, 48% en milieu rural), reflétant l’ensemble des grandes productions françaises (grandes cultures céréalières, viticulture, arboriculture, maraîchage, etc.). Ses données, actuellement en cours d’analyse, devraient donner lieu à un rapport en septembre 2020.

Contactée par le JDLE, Atmo France dit regretter que la surveillance des pesticides dans l’air soit exclue du futur Plan national santé environnement (PNSE4, 2020-2024), qui verra le jour début 2020[iii], alors qu’elle figurait dans le PNSE3 (2015-2019). Cette mesure demeure incluse au Plan national de réduction des émissions de polluants atmosphériques (Prepa), mais «nous perdrons un outil en 2020», déplore Atmo France.

 

[i] Un nanogramme est un milliardième de gramme.

[ii] Anses: Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail; Ineris: Institut national de l’environnement industriel et des risques.

[iii] Le PNSE4 devrait être soumis à consultation publique en janvier 2020 pour une durée d’un mois, avant une publication finale en mars.

 

http://www.journaldelenvironnement.net/article/les-pesticides-dans-l-air-un-risque-meconnu,101986?xtor=EPR-9#email=aleflo@club-internet.fr

Partager cet article
Repost0
28 novembre 2019 4 28 /11 /novembre /2019 11:04
St Mesmes : école maternelle et primaire implantée au bord des champs cultivés par l'agriculture intensive

St Mesmes : école maternelle et primaire implantée au bord des champs cultivés par l'agriculture intensive

Fresnes sur Marne : école maternelle et primaire et centre aéré implantés au bord des champs cultivés par l'agriculture intensive

Fresnes sur Marne : école maternelle et primaire et centre aéré implantés au bord des champs cultivés par l'agriculture intensive

 

 

 

Dans des communes rurales du 77 certains agriculteurs qui pratiquent l’agriculture intensive ont décidé de distribuer dans les boîtes aux lettres des habitants leur chartre de bon voisinage.

 

Comme vous pourrez le constater dans l’article de la FDSEA qui suit, cette chartre n’a pas été signée par des associations de riverains d'espaces agricoles, de défense de l’environnement ou de consommateurs, tout simplement parce que ces associations n’ont pas été conviées à participer à l’élaboration de cette chartre.

 

 

Mettre à l’écart les habitants

des villages ruraux

était-ce vraiment

la solution ?

 

A vous de répondre à cette question

 

 

Pour en revenir à l’agriculture intensive qui consomme des pesticides et qui cultive les champs au bord de certaines de nos écoles comme à St Mesmes, Fresnes sur Marne...., pour essayer de calmer les tensions, si on rêvait un peu, si près de ces écoles les agriculteurs faisaient des essais d’agriculture bio, d’agroforesterie.....

 

 

 

Qu’en pensez-vous ?

 

 

Un choix difficile pour certains agriculteurs mais pas impossible pour d’autres.

 

 

 

 

 

Paru sur le site de le FDSEA :

 

LA CHARTE DE BON VOISINAGE SIGNÉE EN SEINE-ET-MARNE

 

 

La 74ème assemblée générale de la FDSEA77 ayant pour thème « Agriculture et société : cohésion ou cohabitation ? », s’est tenue ce mardi 28 mai à Brie-Comte-Robert devant plus de 450 personnes.

 

St Mesmes, Fresnes sur Marne : si on rêvait un peu et que l’agriculture intensive se transforme en agriculture bio près de nos écoles

Après les échanges et prises de paroles de la Préfète, la charte de bon voisinage a été signée officiellement par :

  • Béatrice Abollivier, préfète de Seine-et-Marne,
  • Cyrille Milard, président de la FDSEA,
  • Sébastien Guérinot, président JA77,
  • Christophe Hillairet, président le chambre d’Agriculture de région Ile-de-France,
  • Olivier Lavenka, vice-président du Conseil départemental de Seine-et-Marne,
  • Guy Geoffroy, président de l’Union des maires de Seine-et-Marne.

 

Dans un souci du « bien vivre ensemble », cette charte vise à favoriser le dialogue entre les habitants, les élus locaux, les collectivités locales et les agriculteurs sous l’égide de l’administration départementale et à répondre aux enjeux de santé publique liés à l’utilisation de produits phytopharmaceutiques en agriculture, particulièrement à proximité des lieux habités.

Elle concerne les applications de produits phytosanitaires, y compris ceux utilisés en agriculture biologique, bénéficiant d’une autorisation de mise sur le marché.

Son objectif est aussi de formaliser l’engagement de l’ensemble des agriculteurs du département de Seine-et-Marne et des acteurs locaux à recourir aux bonnes pratiques de protection des cultures et à le faire-savoir.

L’État, représenté par la Préfète de Seine-et-Marne, apporte son soutien à cette charte et en favorise la promotion auprès de l'ensemble des acteurs concernés. Il s'assure du respect des dispositions réglementaires et facilite la mise œuvre des bonnes pratiques des organisations professionnelles d'agriculteurs et des élus locaux. L’État participera au comité de pilotage et servira d’intermédiaire auprès des signataires.

http://fdsea77.fr/toutes-les-thematiques/actus-en-seine-et-marne/actualites-syndicales/articles/la-charte-de-bon-voisinage-signee-en-seine-et-marne/

Partager cet article
Repost0
8 novembre 2019 5 08 /11 /novembre /2019 14:54
Paru sur le site Reporterre :

 

Malgré l’abandon d’EuropaCity, le béton menace toujours le triangle de Gonesse

Durée de lecture : 5 minutes

8 novembre 2019 / Entretien avec Bernard Loup
 


 

L’Élysée a annoncé hier jeudi 7 novembre l’abandon du projet de mégacentre commercial et de loisirs EuropaCity. Une satisfaction en demi-teinte pour Bernard Loup, opposant historique au projet : cette victoire n’écarte pas tous les projets d’urbanisation de ces terres agricoles au nord de Paris.

Finis, les projets d’allées paysagères bordées de boutiques, de complexes de loisirs et hôteliers, et les 30 millions de visiteurs annoncés par an : le gouvernement a confirmé la rumeur qui montait depuis le mois de septembre et annoncé, hier jeudi 7 novembre, à l’occasion du troisième Conseil de défense écologique, l’abandon définitif du projet de mégacentre commercial EuropaCity, qui était projeté à Gonesse, dans le Val-d’Oise.

Il était porté par la filiale d’immobilier commercial du groupe Auchan, Ceetrus, et le conglomérat chinois Wanda. Il aurait bétonné 80 hectares de terres agricoles parmi les plus fertiles d’Europe, à quelques encablures au nord de Paris. L’opposition à cet immense complexe s’était renforcée et étendue ces derniers temps.

La fin d’un long chemin ? Pas si vite, avertit Bernard Loup, président du Collectif pour le triangle de Gonesse et figure de la lutte contre EuropaCity. Il décrit à Reporterre les nombreuses incertitudes qui pèsent encore sur l’avenir du triangle, espace pour l’instant préservé de l’artificialisation.


Reporterre — Le projet EuropaCity est définitivement abandonné. Que pensez-vous de cette annonce du gouvernement ?

Bernard Loup — On s’attendait à cet abandon, surtout depuis notre rendez-vous du 26 septembre dernier avec la ministre de la Transition écologique, Élisabeth Borne. On ne voyait pas comment le président de la République pouvait tenir des discours sur le réchauffement climatique et dans le même temps valider EuropaCity. Il était donc temps que l’exécutif s’exprime de cette façon.

Bernard Loup, président du Collectif pour le triangle de Gonesse.

Maintenant, on va voir ce qu’il compte faire, et en particulier s’il maintient un projet d’urbanisation du triangle de Gonesse. Notre objectif n’était pas simplement de faire échouer EuropaCity, mais aussi l’urbanisation du triangle. Donc, c’est un pas important dans la lutte que l’on mène depuis 2010 mais on attend de voir ce qui vient après. On ne crie pas victoire.



L’Élysée a indiqué que « l’objectif n’est pas de remettre en cause la ligne 17 », soit la future ligne de métro du Grand Paris, qui prévoit une gare sur le triangle de Gonesse...

Si la gare est maintenue, le triangle sera bétonné. On continue donc à se préparer en cas de démarrage du chantier de la gare, et on réagira, même après l’abandon d’EuropaCity. On ne peut pas laisser faire la gare tant qu’on ne sait pas quel est le projet après EuropaCity. Donc, il faut que le gouvernement nous dise s’il souhaite urbaniser, comment, et s’il suspend les travaux de la gare.

Pour définir un nouveau projet pour le triangle de Gonesse, nous souhaitons une période de concertation qui remette le dossier à plat. Il faut que le gouvernement mette tout le monde autour de la table, que l’on parle avec le conseil régional, les élus de Seine-Saint-Denis, etc. pour avoir enfin la discussion qui n’a pas eu lieu quand il a été décidé, il y a des années, d’urbaniser le triangle de Gonesse. Maintenant, les conditions sont réunies pour un vrai débat. Et je suis convaincu que son issue sera très intéressante.

Concernant la gare, vous avez lancé des procédures devant le tribunal administratif de Montreuil afin de vous opposer à sa construction. Le rapporteur public a émis un avis allant dans votre sens. Êtes-vous confiant ?

Effectivement, nous avons eu une audience, mercredi 6 novembre, devant le tribunal administratif, concernant le recours que l’on a fait contre l’autorisation environnementale de la ligne 17 nord. Le rapporteur public a reconnu que l’étude d’impact était insuffisante. Il propose une période de dix mois pour que la société du Grand Paris complète son étude d’impact et il demande la suspension des travaux durant cette période. Mais ce n’est que l’avis du rapporteur public. Ce n’est pas le jugement, que l’on aura dans quinze jours ou trois semaines.

S’il y a une période de suspension de dix mois des travaux de la gare du triangle de Gonesse, cela nous convient, car cela laisse le temps de mener la concertation dont je parlais. Mais, aujourd’hui, le projet de la société du Grand Paris n’a pas changé et leur intention de démarrer le chantier de la gare dès maintenant est toujours réelle. Donc, attendons le jugement. Et tant que les travaux de la gare ne sont pas suspendus, on continue de préparer la résistance à ce chantier.



Où en est-il sur le terrain ?

Pour l’instant, seuls les réseaux — d’eau potable et d’eaux usées — et le réseau électrique, ont été installés. Rien d’irréversible. Mais si demain ils démarrent le chantier, qui s’étend sur vingt hectares, ils vont détruire le sol, et là, ils porteraient une atteinte irréversible.

Vous proposez déjà une alternative à l’urbanisation du triangle de Gonesse, le projet Carma (Coopération pour une ambition agricole, rurale et métropolitaine d’avenir).

Pour le résumer, c’est un projet qui s’organise en quatre pôles. Un pôle de production agricole avec une production de proximité de fruits et légumes ; un pôle de transformation des produits agricoles car on manque d’outils de transformation pour les productions d’Île-de-France ; un pôle que l’on appelle pôle de vie, avec des visites des exploitations et des investissements dans la formation agricole et la recherche ; et enfin un pôle dédié à la récolte des biodéchets des villes pour les retransformer en engrais pour les sols agricoles et éviter le recours aux engrais chimiques.



Ne craignez-vous pas que l’annonce de l’abandon du projet EuropaCity brise la dynamique militante ?

On va réorienter cette dynamique vers la popularisation du projet Carma. On ne va pas du tout se démobiliser. Ce n’est pas encore gagné. Cet abandon est une grosse satisfaction, une grosse étape, mais il y a d’autres étapes devant nous si l’on veut un projet digne du XXIe siècle, parce que les bétonneurs ne vont pas lâcher la gare comme cela, et la gare, on n’en a pas besoin.

https://reporterre.net/Malgre-l-abandon-d-EuropaCity-le-beton-menace-toujours-le-triangle-de-Gonesse

Partager cet article
Repost0
11 septembre 2019 3 11 /09 /septembre /2019 18:58

 

 

Paru dans le journal de l'environnement :

Pesticides: une bien timide distance de sécurité

Le 09 septembre 2019 par Romain Loury

>

  

 

Une distance qui oscillerait entre 3 et 10 mètres

Une distance qui oscillerait entre 3 et 10 mètres
DR

Le gouvernement soumet à consultation, lundi 9 septembre, un arrêté fixant une distance de protection des riverains vis-à-vis des épandages de pesticides, allant de 3 à 10 mètres selon les produits. Une mesure très largement insuffisante, déplorent les associations.

Revendication de longue date des associations, la mise en place de zones non traitées (ZNT) aux abords des habitations est en voie de devenir réalité. Une réalité au petit pied, si l’on en croit l’annonce faite samedi 7 septembre par les trois ministères concernés (agriculture, transition écologique et solidaire, santé).

DE 5 À 10 MÈTRES

Sur la base d’un rapport publié en juin par l’Anses[i], cette distance sera fixée à «10 mètres minimum pour l’épandage des substances les plus dangereuses», explique le gouvernement. Pour les autres produits, elle sera de «10m minimum pour les cultures hautes (viticulture, arboriculture notamment) et 5m minimum pour les cultures basses (céréales par exemple)».

Cette mesure de protection, une première en France pour les riverains, fait l’objet d’un arrêté mis en consultation lundi 9 septembre pour une durée de trois semaines, et censé entrer en vigueur le 1er janvier 2020. Il succède à l’arrêté du 4 mai 2017 relatif aux conditions d’application des pesticides, annulé le 26 juin après que le Conseil d’Etat a jugé qu’il ne protégeait pas suffisamment les riverains.

De l’avis des opposants aux pesticides, ces distances sont très nettement insuffisantes. Elles sont en effet très en-deçà de celle de 150 mètres fixée par l’arrêté publié en mai par le maire de Langouët (Ille-et-Vilaine), Daniel Cueff, texte qui a depuis fait une trentaine d’émules en France. Soutenus par les associations, plusieurs de ces arrêtés municipaux sont d’ores et déjà attaqués en justice par les préfectures concernées.

Ces distances de 5 à 10 mètres sont aussi très inférieures à celles proposées par la direction générale de l’alimentation (DGAL) dans une instruction datée du 21 janvier 2016, ayant trait aux établissements accueillant des personnes vulnérables (établissements de santé, scolaires, etc.): 50 mètres pour l’arboriculture, 20 mètres pour la viticulture, 5 mètres pour les cultures basses.

DES DONNÉES DES ANNÉES 1980

Autre critique, le caractère obsolète des méthodes de calcul de ces distances de sécurité. Comme le note l’Anses dans son rapport, «l’évaluation de l’exposition des personnes présentes et des résidents repose sur des données limitées issues d’études effectuées dans les années 1980 et sur les données de l’US EPA», l’agence américaine de protection de l’environnement.

Or des travaux d’actualisation de ces méthodes d’évaluation de l’exposition sont actuellement en cours à l’autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa), dont les résultats devraient être connus en 2021, rappelle l’Anses. Ce qui revient à dire que les distances annoncées par le gouvernement, certes reposant sur le rapport scientifique de l’Anses, sont déjà dépassées[ii].

Dans l’attente du rapport de l’Efsa, Générations futures «demande au gouvernement de prendre ses responsabilités en prenant en compte ces faiblesses importantes, en augmentant de manière très significative les distances de sécurité entre les zones de pulvérisation et les zones habitées», déclare son directeur François Veillerette dans un communiqué.

DES DISTANCES ENCORE PLUS FAIBLES GRÂCE AUX CHARTES

Outre l’arrêté, un décret est mis en consultation lundi 9 septembre, ayant trait quant à lui aux chartes départementales d’engagements entre les agriculteurs, les riverains et les élus. Ces chartes, qui prendront aussi effet le 1er janvier 2020, sont l’une des mesures fixées dans la loi EGAlim d’octobre 2018, issue des Etats généraux de l’alimentation de 2017.

Or ces chartes prévoient une distance minimale encore plus faible: «ces distances minimales pourront être ramenées à 3 mètres pour les cultures basses et la viticulture et à 5 mètres pour les autres cultures, à la condition d’avoir recours à des matériels de pulvérisation les plus performants sur le plan environnemental», indique le gouvernement.

Les chartes départementales d’engagements, qui devront être notifiées au préfet, seront élaborées par des organisations représentant les utilisateurs des pesticides, en collaboration avec les personnes habitant à proximité de zones susceptibles d’être traitées ainsi qu’avec des associations œuvrant au niveau du département concerné. Elles devront également faire l’objet d’une consultation publique.

LA CRAINTE DE L’AMPUTATION

Interrogé samedi 7 septembre sur RTL, le ministre de l’agriculture Didier Guillaume a rappelé sa ferme opposition à la distance d’exclusion de 150 mètres mise en place dans plusieurs communes. Faisant montre d’une phobie de l’amputation, il y a estimé que «s’il fallait amputer les champs français de 150 mètres partout, entre 20% et 30% de la surface agricole cultivée serait amputée (…) ce serait un drame, ça amputerait la production agricole».

Comme la ministre de la transition écologique, Elisabeth Borne, Didier Guillaume vante les distances d’exclusion proposées par l’arrêté, expliquant que la France deviendrait ainsi le premier pays européen à en mettre en place. Faux, si l’on en croit le rapport de l’Anses, qui cite trois pays européens ayant mis en place des mesures de protection (Slovénie, Belgique wallonne, Allemagne). Dans ce dernier pays, la distance n’est que de 2 mètres pour les cultures basses, de 5 mètres pour les cultures hautes.

 


[i] Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail.

[ii] Ces distances pourront «le cas échéant être adaptées à l’avenir, après expertise de l’Anses et au regard des nouvelles données scientifiques et des techniques d’application des produits», explique le gouvernement.

 

 

 

 http://www.journaldelenvironnement.net/article/pesticides-une-bien-timide-distance-de-securite,99169

 

 

 

 

Partager cet article
Repost0
13 août 2019 2 13 /08 /août /2019 11:17
Ecole de St Mesmes au fond de l'image, au bord des champs cultivés par l'agriculture intensive

Ecole de St Mesmes au fond de l'image, au bord des champs cultivés par l'agriculture intensive

Ecole de Fresnes sur Marne à gauche, au  bord des champs cultivés par l'agriculture intensive et près de la décharge ISDI (au fond à droite)

Ecole de Fresnes sur Marne à gauche, au bord des champs cultivés par l'agriculture intensive et près de la décharge ISDI (au fond à droite)

Un exemple à suivre.....

Les élus de la charmante commune d'Us dans le val d'oise viennent d'interdire l'épandage des pesticides à moins de 150m de l'école,

Les maires de Fresnes sur Marne et St Mesmes vont-ils faire de même ?

 

Pas si sûr car le conseil municipal de St Mesmes compte 2 agriculteurs dans ses rangs et à Fresnes sur Marne c'est le maire qui est agriculteur.

 

Un petit espoir tout de même, si ces conseils municipaux ne le font pas, les prochains le feront-ils peut-être l'année prochaine.

Paru dans la Gazette du Val d'Oise :
Val-d’Oise. Les pesticides bannis près des habitations à Us

Mercredi 26 juin, la municipalité d'Us (Val-d'Oise) a validé la promulgation d'un arrêté pour interdire l'épandage de pesticides à moins de 150 m des habitations et de l'école.

Publié le 6 Juil 19 à 20:56

 

Une bouffée d’oxygène pour les habitants concernés.

 

Mercredi 26 juin, le conseil municipal d’Us (Val-d’Oise) a validé, à l’unanimité, la promulgation d’un arrêté pour une interdiction d’épandage à moins de 150 m des lieux d’habitation et de l’école du village.

 

Début juin, un collectif, constitué d’habitants de la commune, avait rencontré des élus du conseil municipal, qui avaient exprimé leur soutien et pris en compte leur souhait… c’est désormais chose faite !

Partager cet article
Repost0
12 août 2019 1 12 /08 /août /2019 19:04
DROIT & DÉMOCRATIE 
Pétition : interdisons l'épandage de pesticides à côté des habitations

Avec France Nature Environnement, exigez le droit de vivre #LoinDesPesticides : signez la pétition pour interdire les épandages à proximité de nos habitations.

Se détendre en famille dans son jardin, respirer l'air frais de la campagne… puis être aspergé d'unpesticide qui pique les yeux et gratte la gorge. Cette situation, des milliers de Français·es l'ont déjà vécue car ils et elles vivent à côté de champs traités. Aucune distance minimale ne les sépare de ces traitements et pourtant...

Pourtant, l’utilisation de pesticides est à la hausse depuis plus de 10 ans en France (+12,4 %) et les preuves de leurs impacts toxiques sur la santé ne cessent de s’accumuler.

Pourtant, une étude récente de France Nature Environnement Tarn et Garonne, organisée par un ancien chef de service en hématologie, révèle que, sur les deux communes de l'enquête, les riverains de vergers ont davantage de cancers que la moyenne nationale.

Pourtant, le scandale du métam-sodium, pesticide hautement toxique, a conduit récemment à l'intoxication de 80 personnes près d'Angers.

Pourtant, il est attesté que les agriculteurs et agricultrices épandant des pesticides ont davantage de risques de développer certaines pathologies cancéreuses ou neurologiques telles que la maladie de Parkinson.

Pourtant, des centaines de milliers de personnes ont rejoint l'Appel des coquelicots pour demander une sortie rapide des pesticides.

Il est temps d'exiger le droit de vivre #LoinDesPesticides : signez la pétition pour que soient enfin définies des Zones de Non Traitement de pesticides à proximité des habitations qui permettent réellement de protéger la santé des voisin·es des parcelles traitées.

lien pour signer la pétition :

https://www.fne.asso.fr/node/514362

Partager cet article
Repost0
30 juillet 2019 2 30 /07 /juillet /2019 17:02

 

Sur les 11 circonscriptions de Seine et Marne

seul 4 députés ont voté pour le CETA

 

 

 

Rodrigue KOKOUENDO (LREM) le député de notre 7ème circonscription

 

Jean-Michel FAUVERGUE (LREM) 8ème circonscription

 

Michèle PEYRON (LREM) 9ème circonscription

 

Aude LUQUET (Modem) 1ère circonscription

 

 

 

Pour plus de détails voir l'article le Monde : 

https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2019/07/24/ceta-qui-a-vote-quoi-parmi-les-deputes_5493039_4355770.html

 

 

Partager cet article
Repost0
24 juin 2019 1 24 /06 /juin /2019 18:48
18.6.2019 des coquelicots au millieu des champs de blé aux alentours de St Valéry sur Somme

18.6.2019 des coquelicots au millieu des champs de blé aux alentours de St Valéry sur Somme

 

 

 

Pour bien s’entendre avec leurs voisins les agriculteurs de Seine et Marne ont établi une chartre de bon voisinage.

 

Ce n’est pas de la paperasse à signer que leur demande leurs voisins mais simplement de laisser pousser les coquelicots au milieu de leurs cultures.

 

Nous avons pu constater que certains agriculteurs de la Somme le faisaient et le blé n’avait pas l’air de s’en plaindre puisque les grains étaient de bonne qualité.

 

C’était comme une bouffée d’air pur qui poussait les passants à s’arrêter en nombre  et à prendre des photos au milieu de ces champs de coquelicots.

 

Leur seul regret c'était que les agriculteurs n'aient pas indiqué le nom de leur ferme pour qu'ils puissent aller les remercier.

 

 

Un exemple à suivre

18.6.2019 des coquelicots au millieu des champs de blé aux alentours de St Valéry sur Somme

18.6.2019 des coquelicots au millieu des champs de blé aux alentours de St Valéry sur Somme

Partager cet article
Repost0
17 juin 2019 1 17 /06 /juin /2019 12:07

 

Extrait d’un article paru sur le site Reporterre :
La méthanisation risque d’accélérer la concentration des fermes

25 janvier 2019 Julie Lallouët-Geffroy (Reporterre) 
 

 

 

 

Produire du gaz à partir de l’agriculture offre une nouvelle source de revenus pour les éleveurs, mais rebat aussi les cartes du monde agricole. Le développement des méthaniseurs bouscule le marché des déchets, intensifie la concurrence entre les cultures, pousse à la concentration des exploitations…

Cet article est le troisième et dernier de l’enquête de Reporterre sur la méthanisation. Retrouver la compilation des trois articles de notre enquête ici……


 « L’équivalent de trois départements seront consacrés à 100 % aux cultures intermédiaires (avoine, orge, etc.) pour alimenter les méthaniseurs »

Comme lui, ils sont de plus en plus nombreux à choisir la méthanisation au détriment de l’élevage. Aux vues des faibles revenus des éleveurs, des problèmes de surendettement, de la surcharge de travail, le choix est bien compréhensible. Mais, si on sort de l’échelle individuelle pour se placer à l’échelle régionale et nationale, les conséquences actuelles et à venir du développement de la méthanisation font froid dans le dos.

Le méthaniseur, aussi appelé digesteur, se nourrit de plusieurs tonnes de substrat par jour. Le substrat se compose généralement d’une bonne part de déjections animales, suivies de cultures intermédiaires (avoine, orge, etc.), de déchets de l’agroalimentaire, de déchets verts (coupes de pelouse, de bords de route) et, parfois, de boues de station d’épuration. C’est le savant mélange de ces ingrédients qui permet de produire un maximum de méthane à réinjecter dans le réseau, mais aussi un digestat qui servira d’engrais…….

 

Il y a encore quelques années, l’agro-industrie payait pour se débarrasser de ses déchets. « Ça allait jusqu’à 90 euros la tonne, rappelle François Trubert, éleveur et producteur de gaz près de Rennes, maintenant, elle les vend jusqu’à 20 euros la tonne. » Dans l’équation économique, ça a de quoi changer la donne et renverser une rentabilité auparavant garantie. « Moi, je refuse d’acheter des déchets, je trouve que ce n’est pas normal. »

Stéphane Bodiguel, éleveur et producteur de gaz, fait lui le choix inverse : « Il n’y a presque rien qui vient de ma ferme. J’achète du fumier à mes voisins, des déchets céréaliers, des résidus d’huile de colza et de tournesol, du marc de pomme et de citron. » Ses dépenses pour acheter des déchets explosent, mais sa production de méthane lui permet de rester bénéficiaire….

 

Pierre Aurousseau est un agronome à la retraite, membre du Collectif scientifique national pour une méthanisation raisonnée (CSNM). Selon lui, si on continue dans cette voie, les méthaniseurs vont se multiplier et de nombreuses terres seront consacrées à la production de cultures destinées au digesteur. « Avec le CSNM, nous avons fait le calcul à partir des projections de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe). Si les objectifs gouvernementaux sont atteints, l’équivalent de trois départements seront consacrés à 100 % aux cultures intermédiaires (avoine, orge, etc.) pour alimenter les méthaniseurs. Et lorsque nous n’aurons plus assez de place pour les élevages, nous importerons des effluents à l’étranger. C’est ce qu’a fait l’Allemagne en achetant des effluents en Pologne. On marche sur la tête ! » Pierre Aurousseau cite à l’appui de ses propos un documentaire d’Arte diffusé en 2013. Et évoque le risque de concurrence entre les cultures pour nourrir les animaux et celles pour nourrir le digesteur……

 

 

Cette inversion des logiques avait déjà été dénoncée dans le cas emblématique de laferme-usine des Mille Vaches. Grâce aux subventions et au prix garanti pour le rachat du gaz, la méthanisation était devenue l’activité principale, à partir des effluents des bovins, et la production de lait, une activité secondaire.

Et Pierre Aurousseau, agronome retraité va même plus loin : « Avec une méthanisation rentable, il sera possible de tirer les prix de vente des porcs et du lait vers le bas. Ce qui va accélérer la disparition des fermes les plus fragiles et accroître la concentration des autres. » Si une exploitation tire son chiffre d’affaire de la méthanisation, à quoi bon se battre pour des prix élevés sur la partie élevage de l’activité ? À l’inverse, pourquoi pas tirer ces prix vers le bas et prendre de nouvelles parts de marché ? Sauf qu’à ce jeu, ceux qui vivent de l’élevage ne pourront pas s’aligner sur des prix tirés à la baisse, des prix déjà en-dessous du prix de revient. Ils seront poussés, par la force des choses, à mettre la clef sous la porte. De quoi libérer des terres, intéressantes à racheter pour agrandir des exploitations existantes……

 

Comme Bruno Mahé, de l’agence locale de l’énergie des Ardennes, l’expliquait déjà àReporterre en 2014 : « La méthanisation doit s’adapter aux moyens et à la taille de la ferme, et pas le contraire. » Des inquiétudes palpables pas plus tard que fin décembre 2018, lorsque la Confédération paysanne a envahi un site dans la Sarthe où doit s’implanter un méthaniseur. Le syndicat dénonce « les dérives de la méthanisation et d’un modèle industriel qui accaparent des terres, gaspillent des productions qui ne servent plus qu’à alimenter des méthaniseurs et non à nourrir des animaux ». Avant de prêcher pour « une méthanisation qui s’inscrive dans un projet qui rémunère les paysan-ne-s, leur permette de vivre de leur métier, et ce sans avoir besoin d’accaparer des terres. Face à la course en avant des pouvoirs publics, nous demandons que les aides publiques consacrées à la méthanisation soient plafonnées et dégressives ».

 

l'article complet :

https://reporterre.net/La-methanisation-risque-d-accelerer-la-concentration-des-fermes

 

 

Partager cet article
Repost0

Recherche