L’implantation d’une décharge de déchets dangereux, près de Meaux, sur les communes de Villenoy/Isles les Villenoy pourrait-il avoir un impact économique négatif sur les ventes de fromage « Brie de Meaux » ?
Nous n’en savons rien.
Ce que nous savons c’est que les vignerons du Tricastin ont obtenu l’autorisation de rebaptiser leur appellation passant de « Côteaux de Tricastin » à « Grignan-Les Adhémar » (1), les vignerons cherchaient depuis de nombreuses années à se démarquer de la centrale nucléaire voisine.
Les vignerons du Tricastin vont rebaptiser leur AOC
Les vignerons du Tricastin ont obtenu mercredi 9 juin l'autorisation de rebaptiser leur appellation "Grignan-Les Adhémar", pour se démarquer de la centrale nucléaire voisine.
Le Monde.fr avec AFP | • Mis à jour le
Handicapés par la notoriété de la centralenucléairevoisine mais également par la petite taille du vignoble, les vignerons du Tricastin ont obtenu mercredi 9 juin l'autorisation derebaptiserleur appellation"Grignan-Les Adhémar". La cinquantaine de professionnels du vin composant l'Institut national des appellations d'origine (INAO) a émis un avis favorable sur cette demande déposée il y a presque deux ans, principale étape vers le changement de nom de l'appellation drômoise.
"La confusion avec la centrale, c'est la goutte d'eau qui a faitdéborderle vase. Mais ce n'était pas le seul problème de l'appellation", estime Brice Eymard, responsable des études chez Inter-Rhône, la structure chargée de promouvoir les vins des côtes du Rhône. Avec 50 000 à 60 000 hectolitres de vin par an, les 6 appellations d'origine contrôlée (AOC) du Tricastin pointent loin derrière les vins de Bordeaux (5 millions d'hectolitres) ou les côtes du Rhône (3 millions), souligne l'économiste."Dans la grande distribution, elles n'ont pas les volumes suffisants pourrivaliser. Dès que les prix des grosses appellations baissent, les petites, comme le Tricastin, le Ventoux ou le Languedoc, souffrent si elles ne peuvent pasmisersur leur image", explique-t-il.
UNE DÉCISION "EXCEPTIONNELLE"
Les viticulteurs du Tricastin, qui bénéficiaient d'une AOC depuis 1973, cherchaient depuis des années à se démarquer du complexe nucléaire implanté à partir de 1974-1975 dans trois communes voisines. Une série d'incidents sur ce site, à l'été 2008, a précipité leur décision. Malgré un cortège d'analyses démontrant l'absence de radioactivité suspecte dans le vignoble, l'appellation a perdu "40 % de son volume en deux ans" et les arrachages de vignes ont atteint 600 hectares en 4 ans, laissant 2 100 hectares pour l'AOC, a rappelé Henri Bour.
La nouvelle appellation d'origine contrôlée (AOC) fera pendant deux mois l'objet d'une"procédure nationale d'opposition", destinée à recueillir d'éventuelles contestations, avant d'être homologuée par un décret du ministre de l'agriculture."Je suis soulagé et très satisfait. Les vignerons avaient besoin de sedébarrasserde cette image qui leur collait injustement à la peau. Le boulet est enfin coupé, ça vadébloquerla situation", s'est réjoui le président de l'appellation, le viticulteur Henri Bour.
Il espère que le nouveau nom, tiré de la commune drômoise de Grignan (où résidait la marquise de Sévigné) et de la famille noble régnant sur la région au XIIesiècle, entrera en vigueur "dès la récolte 2010" pour les six vins concernés. Sur fond de réforme générale des appellations en Europe, les vignerons drômois comptent présenter"un nouveau cahier des charges avec un rendement abaissé, un encépagement déterminé, une interdiction depratiquerle désherbage total et une incitation audéveloppementde laculturebio", précise M. Bour.
L'INAO a souligné qu'il s'agissait d'une décision "exceptionnelle, qui n'a pas vocation àdevenirune doctrine".