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23 avril 2014 3 23 /04 /avril /2014 20:36
Extrait article paru dans « Le Monde » :
Nucléaire : voyage au pays des forçats de l'atome

LE MONDE | 09.04.2014 à 10h18 • Mis à jour le 10.04.2014 à 16h08 |Rémi Barroux

 

Gérard Teyssier connaît les sales boulots du nucléaire. Quinquagénaire robuste, adepte de la course de fond, cet employé de la sous-traitance a notamment décontaminé les sols « avec unemachinemonobrosse, mais souvent à la main, à quatre pattes, vêtu d'unecagoule, d'unecombinaison en papier et d'unepaire de gants en vinyle ».

Employé par la société Essor à la centrale de Cruas (Ardèche), Gérard est l'une des quelque 22 000 « petites mains » de l'atome, un nombre quasi équivalent à celui des agents EDF affectés au nucléaire. Sans ces « prestataires de service » ou « sous-traitants », qu'EDF appelle des « collaborateurs », voire des « partenaires » – ce qui fait sourire les intéressés –, les dix-neuf centrales françaises ne fonctionneraient pas. Sans eux, impossible aussi d'envisager la révision complète du parc nucléaire dans le cadre du projet Grand Carénage, avec les modifications demandées par l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) après la catastrophe de Fukushima. Ce programme pharaonique, évalué à 50 milliards d'euros d'ici à 2025, représentera une augmentation de l'activité de 70 %.

 « Les grands travaux visant à prolonger la vie du parc nucléaire vont accroître la pression, dit Michel Lallier, représentant de la CGT au Haut Comité pour la transparence et l'information sur la sécurité nucléaire. Tout comme les contraintes de temps, parce qu'il n'est pas possible d'arrêter une centrale trop longtemps. Orles prestataires n'ont pas assez de monde pour répondre aux attentes d'EDF. Ce qui obligera à embaucher, abaissera le niveau de compétences et augmentera le risque d'accident. »

La direction d'EDF, elle, est confiante. « Je ne doute pas que l'on trouve les bonnes personnes pour ces grands chantiers, estime Dominique Minière, directeur délégué production ingénierie à EDF. Nous sommes en phase de renouvellement des compétences, dans la maintenance notamment. Quant à annoncer zéro accident demain, c'est impossible, mais nous devrions pouvoir progresser. » Les entreprises sous-traitantes du nucléaire, qu'elles soient de taille moyenne ou très importantes, comme Areva, Alstom, GDF Suez, Endel et Essor, vont elles aussi devoir faire un appel renouvelé à l'intérim. « Cette division du travail reste une contradiction insoluble pour EDF, qui est obligé de faire appel à des prestataires et d'exposer des gens », juge Annie Thébaud-Mony, directrice de recherche à l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm).

Rarement hostiles au nucléaire, et pour cause, ces salariés témoignent tous des dangers encourus. « J'ai commencé en 1995 comme “agent de servitude” – c'était l'expression –, on faisait toutes les tâches difficiles, raconte Gérard Teyssier. J'ai sorti mon premier générateur de vapeur en 2000 à la centrale du Tricastin . Puis je suis devenu pontier et je me suis éloigné de la dose. »

La dose : c'est l'outil de mesure des sous-traitants du nucléaire, leur étalon à eux. Le dosimètre, qu'ils portent sur eux pendant les interventions, enregistre le niveau d'exposition aux radiations. Dans le séjour de sa maison, au Teil (Ardèche), sur les rives du Rhône, Gérard raconte comment il a plongé dans l'atome. Parce que ses copains qui travaillaient à la centrale avaient « les mains propres » et semblaient, à l'apéro en fin de journée, moins fatigués que lui, qui fabriquait des dalles de béton. Parce que son entreprise a fermé, qu'il attendait un enfant, qu'EDF embauchait et que, disaient à l'époque les recruteurs, « travailler dans le nucléaire, c'est pas plus dangereux que de regarder la télévision ».

 « ENTRE NOUS, ON S'APPELAIT LES SAUCISSES À GRILLER »

Les sous-traitants effectuent les trois quarts des opérations de maintenance. A eux l'exposition la plus importante aux risques d'irradiation, les accidents du travail parfois dissimulés, la pression pour réduire la durée des chantiers, les déplacements de plusieurs milliers de kilomètres par an pour ceux qu'on appelle les « nomades », mais aussi la différence de statut avec les agents EDF, vécue souvent comme discriminatoire, « alors qu'on prend la dose à leur place », disent les plus chagrins.

Plus vulnérables, plus exposés et moins protégés. Les statistiques d'EDF le montrent : le taux de fréquence (le rapport entre le nombre d'accidents et le nombre d'heures travaillées) était de 4,2 en 2012 pour les prestataires, et de 2,7 pour les agents de l'entreprise publique. En baisse chez EDF entre 2011 et 2012, ce taux a augmenté pour les sous-traitants.

De fait, le fossé est grand entre ceux qui assurent les « servitudes nucléaires », rebaptisées « logistique » par EDF, ceux qui sont chargés de l'entretien, du tri des déchets ou de la décontamination des piscines, entre ceux qui posent les tabliers de plomb pour permettre à d'autres d'intervenir en étant mieux protégés, et les travaux plus qualifiés. Cette division se traduit par des tensions sur le terrain. « Il n'y a pas de raison que l'on fasse 80 % de l'activité, que l'on prenne 80 % de la dose et qu'on n'ait pas les mêmes avantages que ceux d'EDF », proteste Charles Rumaux, 50 ans, lui aussi chez Essor.

Aux vexations des inégalités de statut, comme ces restaurants d'entreprise ou ces parkings interdits aux sous-traitants, s'ajoute l'incompréhension de voir de jeunes agents EDF venir contrôler un travail qu'ils ne connaissent pas. « Il y a beaucoup de jalousie, de frustration par rapport à nous, reconnaît Elisabeth Pozzi, d'EDF, responsable SUD-Energie à la centrale de Dampierre-en-Burly (Loiret). J'ai même vu des graffitis “EDF enculés” dans les vestiaires. »

Après avoir été l'une des premières femmes en France à grimper aux poteaux électriques pour l'entreprise publique, Elisabeth Pozzi, 46 ans, est entrée dans les générateurs de vapeur pour poser les « bouchons » – qui obturent les tuyaux reliant le générateur au réacteur. « Jumper », c'est le poste le plus exposé. L'opération ne doit pas durer plus de deux minutes, tant l'irradiation est forte. « En trente secondes, tu prends entre 100 et 200 millirems . On s'entraînait beaucoup pour ne pas perdre de temps et on découpait l'action pour répartir la dose entre nous, raconte-t-elle. En deux ans, j'avais pris 250 millisieverts. Entre nous, on s'appelait les saucisses à griller. »

Quand elle a annoncé qu'elle voulait un enfant, le médecin du travail l'a mise au vert d'autorité. « On a un bon suivi médical, mais ce n'est pas le cas des sous-traitants, insiste Elisabeth Pozzi, qui a maintenant deux grandes filles. Si on est au maximum de la dose, on va travailler hors zone, dans un atelier, et on garde notre salaire. Les prestataires, s'ils sont au taquet, ils rentrent chez eux et beaucoup n'ont alors plus rien. » Ce qui peut les inciter à tricher…

Faut-il alors aller jusqu'à titrer, comme le numéro de décembre 2013 du mensuelTerra eco, « Les sous-traitants de l'atome se cachent pour mourir » ? José Andrade, responsable syndical dans l'entreprise sous-traitante SPIE-DEN et membre de la direction de la Fédération nationale des mines et de l'énergie (FNME) de la CGT, ne le pense pas. « Il faut plutôt dire “Ces sous-traitants qu'EDF cache pour ne pas savoir s'ils meurent”. Ce sont eux qui sautent dans la marmite et qui se retrouvent contaminés. EDF a externalisé le risque sanitaire etsocial. »

Résultat : atteints de cancers, certains meurent sans que la responsabilité de l'entreprise puisse être établie. « Si, dans quinze ans, on me dit que je suis atteint d'un cancer, contre quelle entreprise vais-je me retourner ? Qui sera responsable? », s'émeut Eric Barbier, qui travaille pour Essor à la centrale de Cruas. Depuis vingt-sept ans dans le nucléaire, il a changé plusieurs fois d'entreprise.

BATAILLES JUDICIAIRES LONGUES ET ÉPROUVANTES

Responsable de l'association Santé sous-traitance nucléaire-chimie, à Fécamp (Seine-Maritime), Philippe Billard, 48 ans, travaille dans le nucléaire depuis près de trente ans, surtout dans les centrales normandes de Paluel et Penly. Durant sa longue carrière, il a été jumper, décontamineur, mécanicien de maintenance. Lui aussi a été employé par plusieurs sociétés, au gré des pertes de marché, des fusions et des acquisitions. « A chaque fois, je perdais mon ancienneté, mes avantages, tout repartait de zéro », dit-il. Tout sauf sa santé et le risque qui augmentait. « On côtoie la mort pendant des années mais, lorsque la maladie arrive, qu'une personne est contaminée, son dossier a été perdu, son histoire professionnelle est difficile à reconstituer et il devient impossible d'établir une responsabilité dans son exposition aux rayonnements du nucléaire. » Parfois, même, l'entreprise affirme que c'est le salarié qui est en tort, ajoute Philippe Billard.

S'ensuivent des batailles judiciaires longues et éprouvantes. Rares, aussi, parce qu'elles exigent des moyens importants face à ceux de l'entreprise. Chaque année, de seize à vingt cas de maladies professionnelles liées à l'exposition aux radiations sont reconnus – des chiffres stables depuis une dizaine d'années, mais qui pourraient augmenter avec l'avancée en âge des salariés. Eugénie Verronneau a perdu son mari le 10 septembre 2012. Après une trentaine d'années dans le nucléaire, Christian, 57 ans, mécanicien pour l'entreprise Endel (groupe GDF Suez) à la centrale de Nogent-sur-Seine (Aube), a succombé à un cancer du poumon dû aux expositions à des rayonnements ionisants. Si sa maladie a été reconnue d'origine professionnelle, Christian n'a pas eu le temps de faire condamner son employeur pour « faute inexcusable ». Il est mort avant.

« Il adorait son travail et, quand il a appris qu'il avait le cancer, il espérait encore retourner en centrale, dit Mme Verronneau. Il s'est toujours battu. A la fin, il a mis toute son énergie à faire en sorte que son entreprise lui verse les indemnités auxquelles il avait droit. » Eugénie Verronneau poursuit la bataille et ne comprend toujours pas pourquoi EDF, principal responsable selon elle, est absent. « Pas même une gerbe le jour de l'enterrement ! »

Chaque chantier semble être l'occasion de petites tricheries, de dissimulations d'accidents par les entreprises sous-traitantes. On demande par exemple au salarié blessé de sortir de la zone pour aller consulter un médecin de ville, afin que l'accident du travail ne soit pas comptabilisé. « La pression est très forte, raconte Vincent, 31 ans (il a souhaité conserver l'anonymat), qui travaille sur les tuyauteries et les changements de pompe chez GADS, à la centrale de Dampierre. Si tu refuses de faire ce que dit ton chef, si tu ne veux pas faire deweek-end, par exemple, on t'envoie faire le tour de France. Mon chef m'a dit : “Tu peux changer les pneus de ta voiture.” Cela signifiait qu'il allait m'envoyer sur des chantiers lointains. »

Eric (encore en activité, son identité a été changée) est depuis 1996 dans le nucléaire et depuis 2004 à plein temps pour la centrale de Belleville-sur-Loire (Cher), après avoir été intérimaire. Il est technicien de radioprotection pour l'entreprise Kaefer Wanner, spécialisée dans l'échafaudage et la décontamination. Il gère les vestiaires en zone contrôlée. « Il y a des prises de risque liées à la méconnaissance du matériel, notamment de radioprotection. L'incendie est aussi un risque majeur, dit-il. Avec la pression, de nombreuses activités se font en parallèle et le contrôle devient impossible. Quand je reprends un collègue mal équipé, il m'envoie bien souvent sur les roses. Beaucoup estiment qu'il y a trop de tracasseries, trop de temps perdu. »................

http://www.lemonde.fr/a-la-une/article/2014/04/09/nucleaire-voyage-au-pays-de-la-dose_4398075_3208.html

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17 avril 2014 4 17 /04 /avril /2014 20:36

 

 

FORT DE COURTRY/ VAUJOURS

où iront les déchets de démolition des casemates ? 

 

Nous n’en savons rien 

 

 

Les populations de Seine et Marne se posent la question ?

 

Ces déchets

seront stockés où ?


 Dans des décharges de l’ANDRA (1) ?

 

Nous apprenons sur le site de l'ANDRA (1) qu’en France certains déchets radioactifs  sont provisoirement entreposés en attendant d’être stockés dans des centres existants ou en attendant la création d’un centre de stockage adapté.(2)

 

En effet il semblerait que l’ANDRA  recherche des sites pour stocker ses déchets radioactifs, mais comme personne n’en veut, la situation semble compliquée.

 

Le représentant de L’ETAT français a déjà permis  de stocker des déchets radioactifs (DRNR) dans la décharge de déchets dangereux, classée SEVESO à hauts risques, de  Sita Villeparisis , décharge voisine du site de l’ancien CEA Courtry/Vaujours.

 

L’ETAT français projetterait également d’autoriser le stockage des déchets radioactifs (DRNR) dans les décharges d’ordures ménagères comme Veolia Claye-Souilly.

 

Dans un souci de transparence, il serait souhaitable que

 Madame Nicole KLEIN, préfète de Seine et Marne

 informe les populations

sur les lieux et  conditions  de stockage des déchets

de démolition des casemates

de l’ancien site du CEA de Courtry-Vaujours

 

  

 

(1) Andra Agence Nationale pour la gestion des Déchets Radioactifs

(2)https://www.andra.fr/pages/fr/menu1/les-dechets-radioactifs/ou-sont-les-dechets-radioactifs-r-10.html

 

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4 mars 2014 2 04 /03 /mars /2014 11:01

 

 

Paru sur le site de l’association

de Défense de l’environnement de Pontfaverger et de sa région :

Fermeture du centre officiellement
le 01/01/2014
Dépollution ? to be or not to be ?

 

 

 

FR 3 ChampagneArdennevous propose  dans son édition régionale du 09/06/2013, uneenquête sur le centre d'expérimentation atomique de Moronvilliers, dans la Marne.

Voir ici 

Installé depuis 1958, le polygoned'expérimentation de Moronvilliers est une zonemilitaire. Dans ce centre, des tests sont effectués sur l'atome en vue de la réalisation de la bombe atomique. De nombreux tests été effectués à l'air libre dans les années 1960. Mais aujourd'hui, les tests sont réalisé à l'échelle de l'atome, dans un appareil de radiographie.
Le centre fermera ses portes à la fin de l'année. Mais avant de partir, le CEA doit se lancer dans la dépollution complète du site.

Reportage : Charles-Henry Boudet
Images : Paul-Antoi
neBoudet
Montage : Julien Baudart - Jean Gabriel Lécolier

 

 

Peut-on croire que les dizaines de tonnes d'uranium, tritium, béryllium dispersées sur les zones de tirs ou enfouis dans les puits seront un jour enlevées de cette terre de Champagne?

Peut-on croire que les dizaines de tonnes d'uranium, tritium, béryllium dispersées sur les zones de tirs ou enfouies dans les puits seront un jour enlevées de cette terre de Champagne ? 

Alors que des millions d'€ ont été investis sur ce site d'expérimentation, l'état a brutalement prévu de le fermer. Le projet EPURE (échange Franco/Britannique) transférera les machines pour un cout de 500 / 700 millions d'€ vers la région de Dijon. Officiellement cela a pour but de faire des économies aux con tribuables Français.

Ou peut être  parce que ce site, qui a réussi à cacher sa "virginité" depuis 50 ans, a finalement été découvert ?

On sait maintenant que :

1°/ Grâce au site BASOL (ministère de l'écologie, du développement durable et de l'énergie), le sol et la nappe sont pollués par des matières radioactives,

2°/ Que la loi TSN nes’applique pas à ces installations et donc, n’ont pas obligation de produire annuellement le document sur les rejets, déchets, incidents éventuels, dispositions de contrôle et de surveillance, 

 3°/ Que la DREAL ChampagneArdennen'est pas compétente sur cette installation qui relève de la DSND (délégation à la sûreté nucléaire et à la radioprotection pour les activités et installations  intéressant la défense).  

 4°/ Que les sous-traitants ont obligation d'être informés des risques professionnels suite à l'action de l'association de défense de l'environnement de Pontfaverger et de sa région

 5°/ Que l'ASN (Autorité de la Sécurité Nucléaire) n'a pas autorité sur ce centre car il s'autocontrôle !!!

 6 °/ Que l'ANDRA (agence national des déchets radioactifs) a recensé en 2007, 1000 tonnes de déchets radioactifs (uranium).

 7°/ Que la ministre de l'écologie et du développement durable,  Nathalie Kosciusko-Moriset, le sénateur Yves Détraigne, le conseiller régional Jean Paul Bachy n'ont jamais eu de réponse de la part du ministère de la défense, du préfet ...sur les inquiétudes vis à vis de ce site d'expérimentations nucléaires (voir courriers joints).

 

http://pontfaverger-environnement.jimdo.com/centre-d-exp%C3%A9rimentation-atomique/fermeture-et-d%C3%A9pollution-du-site/

 

 

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3 mars 2014 1 03 /03 /mars /2014 09:56

Paru sur le site Observatoire du nucléaire :

 

 

Observatoire du nucléaire - Communiqué - 28 février 2014

http://observ.nucleaire.free.fr/abandon-epr-finlande.htm  

 

SCOOP - Le réacteur EPR de Finlande est en cours
d'abandon par Areva qui retire ses salariés...
 

 

Le crash de l'industrie nucléaire française
précède celui de l'ensemble de la filière...

 


Le quotidien économique finlandais Kauppalehti a confirmé (*) ce vendredi 28 février 2014 les informations qui circulaient depuis quelques temps au sujet du chantier du réacteur EPR situé à Olkiluoto (Finlande) : le constructeur du réacteur, le français Areva, vient de mettre un terme aux contrats de travail d'une cinquantaine de contremaîtres, les derniers encore en poste devant suivre la même voie fin mars.

Il s'agit donc d'une véritable bérézina pour Areva qui abandonne le chantier de ce réacteur, commencé en 2005, désormais pratiquement à l'arrêt, et sous peu totalement stoppé. Officieusement, la mise en service de l'EPR serait repoussée à 2018 voire 2020, c'est à dire 15 ans après le début d'un chantier qui devait être bouclé... en 4 ans et demi !

Mais le plus probable désormais est que l'EPR finlandais rejoigne les différents exemples de réacteurs achevés mais jamais mis en service, comme à Lemoniz (Espagne), Zwentendorf (Autriche), Bataan (Philippines) ou Kalkar (Allemagne). Il est même possible qu'il ne soit jamais terminé mais, dans tous les cas, il s'agit d'un désastre pour l'industrie nucléaire française.

Il est d'ailleurs grand temps que l'opinion publique découvre que :

- 54 des 58 réacteurs nucléaires "français" sont en réalité américains (les licences ayant été payées - fort cher - par EDF à Westinghouse au début des années 70

- la nouvelle usine "française" (Georges Besse2) d'enrichissement de l'uranium utilise des centrifugeuses achetées (fort cher à nouveau) par Areva à son concurrent européen Urenco

- les rares réalisations vraiment françaises sont des échecs cuisants (réacteurs graphite-gaz des années 60, Superphénix, EPR)

Il est aussi grand temps que les "élites" françaises cessent de vénérer Mme Lauvergeon, responsable du désastre de l'EPR, mais aussi d'autres opérations aventureuses comme les investissements ruineux et inutiles aux USA ou, bien entendu, l'affaire Uramin dans laquelle la "justice" s'est curieusement dépêchée de ne rien faire malgré les éléments accablants pour "Atomic Anne".

Il faut aussi noter que EDF ne fait guère mieux puisque le chantier EPR de Flamanville (Manche) connait lui aussi des retards et surcouts gigantesques, d'inquiétantes malfaçons et des défauts plus ou moins couverts par l'Autorité de sûreté. Si ce réacteur est un jour achevé, en 10 ans (ou plus) au lieu de 4 et demi, pour 10 milliards (ou plus) au lieu de 2,8 (le premier prix annoncé par EDF), sa mise en service entrainera de fait la mise en danger extrême de la population française et même européenne.

Entre un parc nucléaire dans un état avancé de délitement, que les investissements insensés prévus par EDF (100 à 200 milliards !) ne pourront réhabiliter, et le projet de construction (irresponsable et de toute façon hors de compétence pour EDF et Areva) de plusieurs EPR, la France va rapidement se retrouver dans une situation inextricable pour n'avoir pas su se lancer dans les alternatives (économies d'énergie, énergies renouvelables).

Il est grand temps de mettre un terme à la dramatique aventure du nucléaire qui a causé les pires catastrophes industrielles (Tchernobyl et Fukushima), qui produit des déchets radioactifs qui vont rester dangereux pendant des millions d'années, qui pille et contamine les pays où est extrait l'uranium (le Niger est ainsi exploité depuis 50 ans pour alimenter à bon compte les réacteurs français).

La part du nucléaire dans l'électricité mondiale est passée de 17% en 2001 à 11% en 2011 (**) et à 9% désormais. Cette chute fulgurante, commencée bien avant le début de la catastrophe de Fukushima, va continuer au fil des innombrables fermetures de vieux réacteurs (un tiers de la flotte mondiale a plus de 30 ans). 

L'industrie nucléaire est condamnée, mais elle peut cependant encore causer des drames et catastrophes, raison pour laquelle il faut au plus vite la mettre définitivement à l'arrêt : l'abandon probable de l'EPR finlandais montre clairement la voie à suivre.

(*) http://www.kauppalehti.fi/etusivu/areva+ajaa+olkiluodon+tyomaata+alas/201402652139 

(**) Agence internationale de l'énergie, Key world energy statistics 2003 et 2013, p24 : 

- http://observ.nucleaire.free.fr/2003-Keyworld-AIE.pdf 

- http://www.iea.org/publications/freepublications/publication/KeyWorld2013.pdf 

 

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26 février 2014 3 26 /02 /février /2014 11:09
Journal de l’environnement :
Les «irradiés métropolitains» de la bombe nucléaire contre le secret défense

Le 03 avril 2013 par Marine Jobert

 

Pendant 25 ans, l’armée française a employé des civils pour manipuler les têtes nucléaires des missiles balistique qui équipent les sous-marins nucléaires lanceurs d’engin. En tout, ce sont environ 130 personnes qui ont côtoyé quotidiennement et sans aucune protection ces ogives nucléaires à l’île Longue, dans la rade de Brest. Ce sont les premiers «irradiés métropolitains» de la bombe nucléaire française; pour une dizaine d’entre eux, leur maladie a été reconnue par l’armée, grâce à la persévérance de militants CGT. Annie Thébaud-Mony est chercheure en santé publique et spécialiste de la santé en lien avec le travail. Elle a fondé l’association Henri Pézerat, de nom d’un ancien toxicologue au CNRS, figure-clé dans le dossier de l’amiante. Elle est allée cette semaine à Brest pour rencontrer d’autres employés à la retraite des arsenaux militaires et créer une antenne régionale de l’association en Bretagne. Elle raconte au Journal de l’environnementl’histoire de cette contamination classée secret défense. 

JDLE - Qui sont ces «irradiés métropolitains» qui travaillaient dans les arsenaux militaires de Brest?

 

De 1972 à 1996, environ 130 personnes ont travaillé sans la moindre protection au contact direct des ogives nucléaires: pyrotechniciens, mécaniciens, appareilleurs, soudeurs ou électriciens. Et puis en août 1996, quelqu’un aurait oublié près des ogives des films sensibles à la radioactivité –l’histoire est rapportée par les pyrotechniciens- ce qui aurait mis en évidence la radioactivité et amené l’armée à réaliser, pour la première fois, des mesures de rayonnement. Et ce dans le plus grand secret. Car selon la «doxa» de l’époque, il n’y avait aucun risque. Même si le terme de «zones contrôlées»[1]existe depuis les années 1960 dans le monde nucléaire, il n’a été introduit que bien plus tard dans les arsenaux. L’armée disait que la radioactivité était «confinée». J’ai vraiment été stupéfaite des conditions complètement irresponsables dans lesquelles on les a laissé travailler. Car non seulement on ne leur a donné aucune information sur les risques, mais en plus on leur a dit qu’il n’y avait aucune émission radioactive. Or c’est faux: ces têtes de missiles contiennent du plutonium et du tritium. Pour vous donner une idée de l’état d’esprit qui régnait dans les ateliers, un ex des arsenaux nous racontait que, par exemple, quand il devait attendre un collègue, il prenait appui sur la tête des missiles (voir ce reportage de France 3-Bretagne)!

 

JDLE – Qu’est-ce qu’ont démontré les analyses menées par l’armée?

 

On aimerait bien le savoir! En novembre 1996, quand le Comité d’hygiène et sécurité et des conditions de travail (CHSCT) de l’île Longue est convoqué par la Direction des constructions navales (DCN, devenue DCNS), la réalité des radiations est annoncée officiellement. Deux jours plus tard, la DCN annonce que des mesures de radioprotection vont enfin être prises. Une enquête finit par être diligentée, mais on n’en connaîtra jamais les résultats, car ils sont couverts par le secret défense! Du coup, c’est grâce au travail de militants, comme Francis Talec de la CGT –qui était déjà très impliqué dans la lutte contre l’amiante sur les sites des travailleurs de l’Etat pour la marine à Brest- que la vérité des maladies professionnelles a émergé peu à peu, même s’ils manquaient cruellement d’information sur ce qu’on leur faisait vivre. Très concrètement, sur environ 130 salariés qui ont été exposés, une dizaine de malades ont été identifiés. La majorité a développé une leucémie, d'autres des cancers de la prostate ou du rectum; une petite moitié d’entre eux sont décédés. Certaines de ces maladies ont été reconnues comme des maladies professionnelles, et dans 4 cas au moins, la faute inexcusable de l’employeur -l’armée via le ministre de la défense- a été reconnue. Cela veut dire que l’armée, en toutes lettres, a admis ses torts. Mais nous allons malheureusement découvrir d’autres cas encore: l’un d’entre eux nous a expliqué que 10 de ses collègues étaient morts entre 55 et 60 ans. On a eu un choc en entendant cela. D’autant que je m’interroge aussi sur les conditions actuelles de travail. C’est pourquoi nous demandons qu’une enquête sur les conditions de travail et d’exposition passées et actuelles soit diligentée, car je reste perplexe.

 

JDLE – Quelle est la nature du combat que va mener l’antenne régionale de l’association Henri Pézerat, qui vient d’être créée à Brest?

 

Nous allons d’abord nous bagarrer contre le secret défense. Je rappelle que nous ne savons rien des résultats des campagnes de mesures menées par l’armée. Les effets sanitaires des rayonnements ionisants sont bien connus. Il y a des effets immédiats pour les très fortes doses. Pour les faibles doses, il existe trois types d’effets: les effets cancérogènes, les mutations génétiques (à une ou deux générations) et les perturbations du système immunitaire et endocrinien. Le gros problème de la radioactivité, c’est que les effets ne sont pas spécifiques. Mais à Brest, j’ai entendu parler de cas de leucémie foudroyante, en quelques semaines ou quelques mois, ce qui signe des irradiations ou des contaminations radioactives fortes sur un temps très court. C’est ce qu’on appelle les pics d’exposition, avec d’une part une exposition à très bas bruit –ce qui fait déjà des dégâts- et d’autre part un rayonnement neutronique très fort. Mais on en est au stade des hypothèses, à cause du secret défense.

Par ailleurs, il s’agit de s’interroger sur le sort de tous ces travailleurs de la bombe, civils comme militaires, qui ont été exposés sur quantité de sites. Et sur le sort des riverains de certains de ces sites. Exemple: le fort de Vaujours, en Seine-Saint-Denis, où ont eu lieu des tirs à l’uranium dans des casemates, mais aussi à l’air libre. Le site est aujourd’hui fermé, mais pas décontaminé. Un ancien ingénieur du CEA a témoigné, dans un journal, de la présence de plusieurs kilos d’uranium dispersés dans la nature, en dehors des limites du fort. Or nous avons été contactés il y a quelques temps par des riverains inquiets à cause de la recrudescence de cancers précoces. Il y a du travail!

 

Annie Thébaud-Mony a publié le texte de son intervention, intitulée «Santé des travailleurs et sûreté nucléaire au risque de la sous-traitance», prononcée lors du colloque «Radioactivité et santé: risques et radioprotection» organisé à Bruxelles en mars 2012.



[1] Zone soumise à une réglementation spéciale pour des raisons de protection contre les rayonnements ionisants et de confinement de la contamination radioactive et dont l’accès est réglementé. Source: Ineris.

 

http://www.journaldelenvironnement.net/article/les-irradies-metropolitains-de-la-bombe-nucleaire-contre-le-secret-defense,33967

 

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20 février 2014 4 20 /02 /février /2014 18:32
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18 février 2014 2 18 /02 /février /2014 22:05
La « Gerboise bleue » cela vous dit quelque chose ? 
Mais si rappelez-vous  c’est sur  le fort de Vaujours qu’a été développé le détonateur de la première bombe atomique française : la gerboise bleue.
Le Ministère de la Défense a déclassifié plus de 200 documents concernant l’explosion de cette bombe en Algérie dans les années 60.
Et concernant les essais sur le fort de Vaujours
va-t-on déclassifié
 les documents Secret-Défense ? 
 
Circulez, y’a rien à voir 
§§§
Paru dans le  Parisien :
Le document choc sur la bombe A au Sahara remue Alger

 

Publié le 18.02.2014, 15h26 | Mise à jour : 15h54

 

 

Le 13 février 1960, Gerboise bleue, la première bombe atomique française, explose dans le Sahara. Ce document détaille les retombées nucléaires radioactives dans les jours suivants.

Zoom

 «Mensonge d’État et vérité historique» pour le très proche du pouvoir et historique journal algérien El-Moudjahid, «document choc» selon le quotidien indépendant Liberté, «une carte qui fait froid dans le dos» pour l'autre grand quotidien francophone El-Watan... 

Ces réactions, qui suscitent encore des remous, intervien
nent après la publication, vendredi dans nos éditions, d'une carte de l'armée française de 1960 prouvant que les retombées radioactives du premier essai nucléaire français dans le Sahara algérien ont été beaucoup plus importantes que celles admises à l'époque. 

Selon ce document déclassifié en 2013 et publié en exclusivité par Le Parisien, elles s'étendaient à toute l'Afrique l'ouest et au sud de l'Europe,

Alger réclame la révision de la loi d'indemnisation

Cette carte montre que, jusqu'au treizième jour suivant l'explosion aérien
ne, le 13 février 1960, de Gerboise Bleue, la première bombe française, les retombées radioactives se sont étendues à toute l'Afrique de l'Ouest et au sud-est jusqu'à la Centrafrique. On constate aussi que 13 jours après le tir ... des retombées radioactives atteignent les côtes espagnoles et recouvrent la moitié de la Sicile.

Resté silencieux un premier temps, le pouvoir algérien a fini par réagir. Le ministre des Combattants, Mohamed Cherif Abbes, a d'abord affirmé dimanche que le règlement de ce dossier des essais nucléaires et leurs conséquences, ainsi que la récupération des archives de la période coloniale, restent un «thème à débat jusqu'à obtention par l'Algérie de tous ses droits». Le ministre algérien a également évoqué la possibilité de «coordon
ner» les actions avec les pays voisins touchés, à l'époque, par ces essais.

L'ambassadeur de
 France à Alger souligne la «volonté de transparence» de Paris

Dans le même temps, le président de la Commission nationale consultative de promotion et de protection des droits de l'Homme, Me Farouk Ksentini, a appelé le Parlement français à «la révision de l'ancien
ne loi pour indemniser les victimes». Selon lui, «ces documents prouvent que les dangers de radioactivité sont toujours là».

Lundi, l’ambassadeur de France en Algérie, André Parant, qui se trouvait en déplacement a Oran, a voulu apaiser la situation. «La carte sur laquelle est fondé l’article du Parisien fait partie d’un groupe de 158 documents qui ont été déclassifiés par décision du ministre de la Défense, a indiqué le diplomate français. Il y avait déjà u
ne cinquantaine de documents qui avaient été déclassifiés auparavant. Tout ceci témoigne, de la part des autorités françaises, d’une volonté de transparence sur ce dossier».

LeParisien.fr

http://www.leparisien.fr/international/le-document-choc-sur-la-bombe-a-au-sahara-remue-alger-18-02-2014-3602389.php

 

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18 février 2014 2 18 /02 /février /2014 16:55

Paru sur le site de l’association

de Défense de l’environnement de Pontfaverger et de sa région :

 

Centre d'Expérimentation Atomique

Comment un site d'expérimentation nucléaire a pu être installé à Pontfaverger-Moronvilliers       (22 km de Reims) ?

 

C'est en 1957, que le Commissariat à l'énergie atomique décide de chercher un terrain en toute discrétion, dans une zonemilitaire, aux environs de 150 km de Paris, avec un profil topographique accidenté pour pouvoir faire des explosions sans casser trop de carreaux dans les villages environnants et unedensité  de population identique au Sahel. Le lieu est trouvé, ce sera le terrain militaire de Moronvilliers

On était en pleineguerre froide, pas question que l'Urss soit informée que la France effectue des recherches sur la bombe atomique et pourtant le problème majeur réside dans le début du fonctionnement de l'arme nucléaire. Il faut une"explosion" de qualité pour que tout s'enchaine.

Tous les moyens avaient été mis en œuvre : le CEA créa unesociété "fantôme" qui s'appela : société de technologie nouvelle.

Les ingénieurs et techniciens profitèrent des recherches pétrolières (sismiques) dans la vallée de la Suippe. Pour être crédibles, ils firent uneformation chez un prospecteur pétrolier : Schlumberger. Ainsi le CEA pouvait faire ses explosions en toute discrétion. Ils couchaient à l'hôtel du « grand cerf » et la voiture avec les explosifs était en sécurité dans le garage Girard , bien sûr sans que le garagiste neconnaisse les risques encourus. Les vrais prospecteurs repartirent sans trouver de pétrole et les atomiques (comme on les nommait à l'époque) s'implantèrent au milieu du terrain militaire. Le centre prit le nom de Polygoned'expérimentation de Moronvilliers; ce nom neveut rien dire et le village de Moronvillers a disparu depuis la première guerre mondiale, Il faut reconnaitre que la transparence nucléaire a toujours été opaque

 Les élus et les habitants jouxtant ce centre, ne se sont jamais beaucoup préoccupés des retombées sanitaires de ce site. Il est vrai que cela créait de l'emploi, relativement bien payé, même si le CEA n'a jamais versé un € dans les trésoreries des communes environnantes. Aucuneinformation nefiltrait, le mensonge a été bien gardé pendant presque 50 ans. Et pourtant officiellement, c’est un site ou

 une installation d'expérimentation nucléaire. 

Classé 2° au monde par ses expérimentations en détonique, il volatilise au cours de ses explosions des matériaux tels que uranium, deutérium, tritium, béryllium, plutonium, hautement cancérigènes, radioactifs, chimiques dans l'air et dans les sols.

Comment la population pourrait être rassurée en sachant que l'Autorité de la Sécurité Nucléaire, la Dréal, la loi sur la Transparence de la Sécurité Nucléaire, les élus, la Commission Locale d'Information nepeuvent nous garantir de l'innocuité de ce centre vis à vis de notre santé et de celle des générations futures? Seule uneexpertise complète faite par la CRIirad (Commission de Recherche et d'Information Indépendantes sur la Radioactivité) ou l'ACRO (Association pour le Contrôle de la Radioactivité dans l'Ouest) faite dans et autour du site pourrait lever toutesuspicion vis à vis du CEA (Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives). 

 

 

http://pontfaverger-environnement.jimdo.com/centre-d-exp%C3%A9rimentation-atomique/

 

 
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12 janvier 2014 7 12 /01 /janvier /2014 13:45

Nous remercions   

les 31 000 personnes 

qui ont signé

 

la pétition du Collectif Sauvons la Dhuis


Pour la vérité 
sur la radioactivité et les pollutions  
du Fort de Vaujours

 

Les associations ont besoin de votre soutien

Signez la pétition 

http://www.change.org/fortdevaujours


Un article sur le même sujet paru sur le site de l’association des médecins français pour la prévention de la guerre nucléaire :

SARDAIGNE, MISSILES “MILAN”, THORIUM, BERGERS, UNE MIXTURE EXPLOSIVE.

02/07/2012

Dr A.BEHAR
Quirra-poligono

En Sardaigne, “un territoire d’une superficie de 35.000 hectares est loué aux installations militaires. Sur l’île, on trouve des polygones de tir (Perdasdefogu), des exercices de feu (capo Teulada), des polygones pour exercices aériens (capo Frasca), des aéroports militaires (Decimomannu) et des dépôts de carburant (dans le cœur de Cagliari, alimentés par une conduite qui traverse la ville), sans compter de nombreuses casernes et sièges de commandement militaire (Aéronautique, marine) Il s’agit d’infrastructures des forces armées italiennes et de l’Otan.

Quelques chiffres : le polygone de Salto de Quirra- Perdasdefogu (Sardaigne orientale) de 12.700 hectares et le polygone de Teulada de 7.200 hectares sont les deux polygones italiens les plus étendus, alors que le polygone Otan de Capo Frasca (côte occidentale) en compte 1.400. A cela on doit ajouter l’ex-base Otan de “la Maddalena”, à jamais polluée. Pendant les exercices militaires, on y interdit la navigation et la pêche sur une étendue marine de plus de 20.000 km2, une superficie presque égale à celle de la Sardaigne”(1).

LE POLYGONE DE TIR DE QUIRRA – SARDAIGNE

“Non loin des eaux cristallines, du sable blanc et des petits villages sardes, le terrain d’entraînement préféré des militaires et des industriels de l’armement, se situe à QUIRRA.

 

Voyage en Bateau de la Sardaigne a la Sicile

Dans la vallée de Quirra, les soldats italiens mais aussi les forces de l’OTAN s’entraînent. L’armée loue aussi ces terrains aux industriels de l’armement contre rémunération. Ils y font leurs essais et leurs démonstrations de promotion.

L’état italien récupère ainsi jusqu’à 30 millions d’euros par an.

Une activité lucrative, qu’un procureur est en train de déranger” (2).

1- QUELS SONT LES FAITS ?

Tout commence dans le village sarde d’Escala plano. En 2005, un événement vient rompre la tranquillité de ses habitants.Un agneau mort est déposé devant la porte d’un photographe: Stefano Artitzu, Il s’agit d’un animal porteur de monstruosités physiques majeures. Pour la première fois, ce photographe va proposer un lien avec les tirs menés sur le polygone de Quirra, à proximité des moutons que  les bergers laissent paître en pleine zone militaire. A Turin, à l’institut polytechnique, Massimo Zuccheti professeur en radioprotection est contacté pour étudier l’agneau malformé. Voici ce qu’il découvre dans les ossements de l’animal. “Nous avons trouvé dans les os du crâne, dans les os du tibia, du radius et de l’humérus  une présence anormale d’uranium, en particulier une concentration importante d’uranium 234 par rapport à l’uranium 238, ce qui n’est pas habituel dans la contamination par l’uranium appauvri.

Janvier 2011: Au tribunal de Lanusei, le procureur Dominico Fiordalisi décide de se saisir de l’affaire. Une affaire qui deviendra le syndrome de Quirra.

. Le  27 janvier 2011, il donne une interview à la télévision locale pour lancer un appel à témoin. Il déclare:

” nous examinons les cas de  160 personnes malades de lymphomes et de tumeurs. Des gens qui avaient été dans cette zone contaminée. Sur ces 160 personnes, 100 sont déjà décédées. Elles avaient un contact direct ou indirect avec l’ exposition dangereuse de cette zone. Ceux qui avaient fait leur service militaire, ceux qui avaient une activité de bergers, ceux qui ont fait le guide touristique spécialement dans la zone de Quirra.”

Le procureur poursuit son enquête dans les cimetières, et demande l’exhumation des bergers  recensés Les résultats des autopsies tombent. Contre toute attente, ce n’est pas de l’uranium appauvri qui est mis en évidence, mais la présence d’un autre élément radiotoxique, le thorium.

 

les scientifiques en trouvent dans les ossements de 10 bergers sur les 12 .

la quantité de thorium 232 présente dans les tibias augmente avec l’âge des personnes décédées, qui ont exercé une activité de bergers dans les zones intérieures du polygone.

Pour le procureur Fiordalisi, cette découverte est déterminante.(2)

D’où vient ce thorium 232 ? Est-il lié à l’activité militaire?

Lorsqu’on consulte la liste des missiles expérimentées sur le polygone de Quirra depuis les années 70 on trouve parmi ces armes, le “HAWK” de fabrication américaine, ou encore  le “VETTERO alfa” conçu par les italiens.

Mais c’est le missile MILAN, qui retient l’attention du procureur.

Environ 2000 missiles Milan ont été tirés de 1984 à 2000. Ces missiles avaient du thorium dans leur système de guidage.  Jusqu’en 1999, chaque missile milan détenait 2,7 grammes de thorium soit 10989 Bq .Le thorium retrouvé dans les Missile Milan a  la même composition que le thorium retrouvé dans les os de Bergers.

Pourquoi le missile anti-char MILAN est pointé du doigt?

Le Milan, est un missile mis au point par l’industrie française et allemande dans les années 70 , un tueur de char qui a rencontré immédiatement un succès commercial.Cette arme sera utilisé au Liban, au Tchad, en Afghanistan ou encore dans le Golfe. 330 000 missiles sont vendus dans plus de 40 pays.

C’est le groupe industriel MBDA qui le produit aujourd’hui, le premier missilier d’Europe.  Sur leur site Internet, le Milan est toujours mis en avant.

Un des portes paroles de MBDA explique que le thorium 232 a depuis été enlevé du milan. Pourquoi en 1999 il a été retiré des missiles? Parce qu’il est radioactif pour éviter tout risque (2). Ce missile était équipé d’une système de guidage nocturne avec un marqueur visible en infrarouge; Il s’agit du thorium 232 qui couplé à un cristal émet ce signal par thermoluminescence.

Dans cette affaire, vingt personnes sont actuellement mises en cause par le procureur.Un élu, 7 scientifiques et 12 militaires sont poursuivis. Parmi eux, des généraux, anciens responsables du polygone.

Le thorium, un radionucléide inconnu ?

C’est un métal très dense (Poids spécifique=10) qui existe en abondance (4 fois plus que l’uranium) sur la croûte terrestre. Le thorium 232 est le chef de file d’une famille de radionucléides naturels au même titre que l’uranium 238 que nos lecteurs connaissent bien. Sa période radioactive est de 14 milliards d’années, c’est à dire plus longue que l’âge de la terre. Il y a dans sa filiation de l’uranium, du radium et un gaz appelé “thoron”. C’est un émetteur alpha qui ont un parcours très court, 40 µm, soit 4 fois le diamètre moyen d’une cellule humaine. Il est très peu soluble et très faiblement oxydé et se retrouve dans le sol souvent accroché à l’oxyde de fer. Il a une grande affinité pour les matières organiques et en particulier les colloïdes. Le thorium comme l’uranium a une double toxicité: chimique, comme tous les métaux lourds et radiotoxique. Cette toxicité liée à sa radioactivité est très élevée, bien au delà du plus grand toxique que nous connaissons c’est à dire le plutonium. La limite annuelle d’incorporation du plutonium est de 300 Bq/an alors que celle du thorium est de 90 Bq/an! Il s’y ajoute de plus la toxicité propre de ses descendants.

Sa migration dans le sol est très différente de l’oxyde d’uranium car le thorium est très peu soluble dans l’eau.Il reste à la surface, et migre essentiellement par échange isotopique avec des supports solides. Plus que l’uranium, le thorium 232 peut migrer sous formes de poussières.

La migration dans les organismes vivants est aussi très différente: Il y a très peu de pénétration dans les racines, mais une concentration significative dans les feuilles des plantes situés en zone thorique. L’étude comparée des concentrations végétales place en tête l’herbe mouillée, ce qui est en accord avec les constatations relevées en Sardaigne, puisque les moutons victimes de malformations se situent parmi les troupeaux directement présents dans le polygone de tir.

La migration du thorium dans les animaux se caractérise par une porte d’entrée respiratoire (pour les poussières) et digestive. L’accumulation se fait dans les différents filtres, le foie, le cerveau et surtout les os, avec une stagnation importante. L’élimination urinaire reste faible.

Pourquoi la découverte en Sardaigne d’une pollution au thorium 232 d’origine militaire nous interpelle?

En premier lieu, parce qu’il s’agit encore du prix payé par la population des excès militaires dans les champs de tir, de leur légèreté concernant leur devoir d’élimination de leurs déchets, et parfois de leur inconséquence en qui concerne la destruction des munitions usées présentes sur le terrain de leurs entraînements.

Mais surtout, à cause d’un souvenir douloureux qui marque encore nos consciences médicales, surtout des radiologistes. C’est une catastrophe de la dimension du scandale du sang contaminé, celle du “THOROTRAST”. Ce produit à base de thorium fût utilisé largement comme produit de contraste par exemple pour visualiser les articulations. Les doses délivrées se sont échelonnées entre 2 milles à 2 millions de Bq. Le résultat fût terrible: il y eu une véritable floraison de cancer du foie (3,4,5), surtout des angiosarcomes (6) , des cancers du pancréas et des ostéosarcomes. Les particules de thorium étant très peu éliminées par les urines, cette radio induction tumorale a duré longtemps. On retrouve des cas similaires parmi les travailleurs exposés (7)

Malgré les efforts des médias italiens et en particulier “d’il MANIFESTO” (1), nous ne connaissons pas le devenir de la courageuse enquête du procureur FIORDALISI. Celui-ci rencontre beaucoup d’embûches, comme des tentatives d’étouffements de l’affaire, des enquêtes pseudo scientifiques pour nier les faits et innocenter l’OTAN ou l’armée italienne. Mais il restera les abus inacceptables en terme de santé publique de ses exercices de tirs très lucratifs pour l’état et les collectivités locales, à 50 000 euros l’heure!

La leçon pour nous est cruciale: nous avons beaucoup à faire pour protéger la santé des populations exposées malgré elles à toute cette pollution. La seule voie possible est la prévention, c’est à dire d’abord établir la transparence (celle qui manque toujours aux vétérans des essais nucléaires), l’information et finalement la dépollution autant que faire ce peux. Notre combat pour l’élimination des armes nucléaires comprends aussi la mise en lumière de la nocivité des radionucléides incorporés dans les armements sophistiqués actuels eu égard à leur double toxicité pour les victimes potentielles civiles même si leur utilisation se fait en dehors de tout conflit.

Article complet :

http://amfpgn.org/site/sardaigne-missiles-milan-thorium-bergers-une-mixture-explosive/

 

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8 janvier 2014 3 08 /01 /janvier /2014 17:19

Signez la pétition :

 

http://www.change.org/FortdeVaujours

 

 

Paru sur le site ASMSN  nouvellement dénommée NE 77 :

Le Centre d'Etudes Atomiques de Vaujours

Article issu de Nature Actualités n°80-81 (2000)

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Un peu d'histoire

Le centre de Vaujours couvre sur prés de 50 hectares sur s'étend les communes de Courtry en Seine et Marne, de Coubron et de Vaujours en Seine St Denis.

Le fort terminé en 1883 a accueilli des activités pyrotechniques et du stockage de produits explosifs. On peut noter en outre, que l'armée allemande y a entreposée des munitions avant de les détruire en 1944. En 1947, la poudrerie de Sevran réoccupe les lieux et en 1955 une équipe d'ingénieurs militaires s'installe pour faire du Vieux fort de Vaujours un centre d'études.

De 1955 à 1997, le centre fut un lieu d'études, de conception et d'expérimentation d'armement pyrotechniques et nucléaires sous le sceau du secret défense. La restructuration de la direction des applications militaires a décidé de fermer définitivement le centre le 31 décembre 1997.

Les activités

Un ancien ingénieur du CEA qui a exercé pendant 30 ans a révélé au grand jour que des expérimentations aux essais nucléaires ont été effectuées. On utilisait de l'uranium naturel ou appauvri pour tester des explosifs chimiques qui permettent de déclencher la réaction nucléaire. Ces essais appelés " Tir à froid " ont eu lieu dans des puits, et même en plein air, ces explosions dispersaient des morceaux d'uranium. Les divers déchets issus des expériences étaient incinérés à l'air libre et des rejets de mercure ont été effectués dans le réseau des eaux usées.

Aujourd'hui

Le site est soumis à la législation des installations classées. A ce titre et en application de l'article 34 du décret du 21/09/77, l'exploitant qui met à l'arrêt définitif de son installation doit indiquer les mesures de remise en état du site. Ici en raison d'une pollution des terrains, le préfet a demandé l'instauration de servitudes d'utilité publique qui doit faire l'objet d'une enquête publique.

L'enquête publique

Elle s'est déroulée du 09 mai au 10 juin 2000. On apprend à la lecture du dossier que la DRIRE reconnaît une contamination résiduelle par des substances radioactives et pyrotechniques. Ces contaminations sont confirmées par l'office de protection contre les radiations ionisantes et par l'inspection de l'armement pour les poudres et explosifs. L'aspect radiologique. On ne considère que la réhabilitation des terres et bâtiments de surface sans prendre en compte les expériences effectuées en sous sol. La DRIRE se contente de vagues recommandations qu'en cas de fouilles, il " faudra éviter que la contamination enfouie ne soit pas extériorisée. L'aspect pyrotechnique. La dépollution du site n'a pas été totale en raison notamment du défaut de moyens techniques capables de garantir l'absence de munitions à une profondeur supérieure de quelques centimètres.

Les servitudes proposées

- "L'occupation du site de Vaujours sera limitée à des activités d'industrie ou assimilés. En particulier un usage résidentiel, des activités agricoles ou entraînant la présence d'enfants sont proscrits " - " La dépollution du site des pollutions pyrotechniques …En conséquence tous travaux de terrassement … devront se faire en prenant les précautions prises habituellement lors de chantiers dans les zones susceptibles d'être contaminés par les munitions " - " ..toute démolition doit s'effectuer en respectant les précautions suivantes - procéder à un arrosage à grande eau…. - procéder à ces travaux …permettant au conducteur d'être relativement éloigné.. " - " En cas d'ouverture de carrière, les modalités d'extraction et les conditions des sortie de matériaux seront déterminées dans l'autorisation correspondante … "

Ses servitudes peu rassurantes sont orientées vers une exploitation du gypse, matériau raréfié en Ile de France. L'ouverture de la carrière permettrait de remplacer l'impact économique négatif du départ du CEA sur l'emploi et la taxe professionnelle.

Les réactions

La commune de Courtry demande une décontamination totale du site, une étude hydrogéologie et l'évacuation des transformateurs au PCB en distinguant la partie nord et la partie sud où des projets communaux pourraient voir le jour sans servitude. La commune de Vaujours se rallie aux observations des associations et considère qu'en cas de dépollution complète, il ne sera pas nécessaire d'instituer une zone de protection. La commune de Coubron met en avant le côté historique du fort et demande une réflexion intercommunale.

Les verts de Seine St Denis, les associations de Villeparisis, Claye Souilly, Coubron, le Pin, Environnement 93 et l' ASMSN ont réagi vivement pendant l'enquête publique.

En réponse à l 'enquête L'ASMSN a demandé :

-    la mise en place d'un périmètre de protection et l'interdiction des modifications de l'état du sol ou du sous-sol. Le site doit être absolument protégé, aucune occupation du sol ou du sous sol ne doit être permis

-    la modification du Plan d'occupation des sols avec la prise en compte du risque technologique, des pollutions nuisances et de l'insalubrité en application Le POS doit contenir dans les documents graphiques l'existence de risques naturels ou technologiques.

-    le droit à l'information sur les risques majeurs

-    une étude géologique et la mise en place de piézomètres pour surveiller la qualité des eaux souterraines .

-    l'inscription de ce site dans la base de données sur les sites industriels et d'activités de services anciens.

Devant l'importance du sujet , un collectif d'associations dont l'ASMSN fait partie s'est constitué et appelle à une manifestation le 18 novembre prochain pour exiger TOUTE la vérité sur les activités du C.E.A et sur son état actuel. pour exiger une contre expertise environnementale par des organismes indépendants pour exiger une enquête épidémiologique complète (béryllium, uranium, mercure…) pour exiger un moratoire afin de prendre le temps d'effectuer ces contrôles et répondre à ces exigences, selon le principe de précaution

http://www.asmsn.org/ancien_site/Risq%20ind/Vaujours.htm

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