Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
3 novembre 2016 4 03 /11 /novembre /2016 13:36
Vue sur Villeparisis et l'usine Placoplatre de Vaujours

Vue sur Villeparisis et l'usine Placoplatre de Vaujours

 On entend peu d’élus
du nord-ouest 77
évoquer ce dossier
 

 

Certains même comme à Claye-Souilly souhaitent implanter une piste BMX,  qui sera fréquentée par des enfants, près d’une décharge !
Si on parlait d'ADP Roissy dont les avions survolent cette zone et polluent notre air.
Si on parlait de Mitry-Mory, du terrain de rugby situé près d’une usine à bitume ou des nombreuses écoles primaires de cette commune implantées en bordure de la plus importante zone industrielle de l’Ile de France, sans oublier les enfants de l’école primaire du village rural de Compans.

 

Si on parlait aussi des écoles primaires construites au bord des champs où sont épandus des pesticides : St Mesmes, Fresnes sur Marne……
On pourrait  citer également le cas de Villeparisis dont certaines écoles primaires sont situées à proximité de l’usine Placoplatre de Vaujours, 4ème plus important émetteur de poussières d’IDF, ou ces écoles proches de Sita Villeparisis, la plus importante décharge de déchets dangereux de France
Pourrait être cité également le projet de carrière à ciel ouvert sur l’ancien site du CEA : le Fort de Vaujours, à proximité des écoles primaires de Courtry, Coubron, Vaujours, Villeparisis…. et proche de l’Ecole Fénelon qui scolarise près de 2000 enfants de la maternelle au lycée.
.....

 

 

 

Paru dans l’OBS :
Pollution: 300 millions d'enfants respirent de l'air toxique

 

Washington (AFP) - Quelque 300 millions d'enfants dans le monde, soit un sur sept, vivent dans un endroit où la pollution de l'air extérieur excède jusqu'à six fois les normes internationales, contribuant dans une large mesure à la mortalité infantile, selon un rapport de l'Unicef publié lundi.

Cette nouvelle étude du Fonds des Nations unies pour l'enfance paraît une semaine avant le début de la conférence de l'ONU sur le climat, la COP22, qui doit se tenir à Marrakech au Maroc du 7 au 18 novembre.

L'Unicef saisira cette occasion pour lancer un appel aux dirigeants mondiaux pour qu'ils agissent sans attendre pour réduire la pollution atmosphérique dans leur pays.

"La pollution de l'air contribue de façon importante à la mortalité de quelque 600.000 enfants de moins de cinq ans annuellement et menace la vie et l'avenir de millions d'autres", déplore le Directeur général de l'Unicef, Anthony Lake.

 

"Les substances polluantes, non seulement endommagent les poumons des enfants mais elles peuvent aussi franchir la barrière protectrice du cerveau et endommager irrémédiablement leur développement cérébral, compromettant leur avenir", ajoute-t-il, avant de souligner qu'"aucune société ne peut se permettre d'ignorer la pollution".

 

En s'appuyant sur l'imagerie satellite, cette étude montre qu'environ deux milliards d'enfants vivent dans des pays où la pollution atmosphérique résultant des émissions des véhicules, de l'utilisation intensive de carburants fossiles, de la poussière et de l'incinération des déchets, surpasse les normes acceptables de qualité de l'air établies par l'Organisation mondiale de la santé (OMS)…..

 

- Mieux protéger les enfants -

Les enfants en bas âge sont plus sensibles que les adultes à la pollution car leurs poumons, leur cerveau et leur système immunitaire ne sont pas encore complètement formés et leurs voies respiratoires sont aussi plus perméables.

Les jeunes enfants respirent également plus vite que les adultes et aspirent plus d'air relativement à leur masse corporelle….

 

L'agence préconise également que les sources de pollution comme les usines ne se trouvent pas à proximité des écoles et des terrains de jeu. Et souligne aussi qu'une meilleure gestion des déchets peut réduire la quantité de détritus brûlés dans les collectivités…

 

http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20161031.AFP0743/pollution-300-millions-d-enfants-respirent-de-l-air-toxique.html

 

Partager cet article
Repost0
2 novembre 2016 3 02 /11 /novembre /2016 18:53

 

 

 Au regard des études réalisées par  Airparif ces dernières années, nous nous apercevons :

 

 Que l’étude portant sur les pesticides effectuée en 2006 n’a pas été renouvelée en Seine et Marne, alors qu’elle l’a été à l’ouest parisien en Essonne (Bois Herpin)

 

Que Le dernier rapport sur la qualité de l’air d’Airparif date d’Octobre 2014 pour la Seine et Marne

 

Qu’Airparif n’a pas publié d’études en 2016 concernant les émissions de polluants atmosphériques et de gaz à effet de serre.

 

Au regard des points fixes de contrôle de la qualité de l’air la Seine et Marne n’en possède que 8 sur 70.

Alors que ce département couvre la moitié de l’IDF.

 

Le seul point de contrôle dans le bassin versant Beuvronne de Montgé en Goële,situé sous les avions de Roisssy ne contrôle que l’ozone.

Airparif n’a implanté aucuns points de contrôle fixes près de la plus importante zone industrielle  d’IDF de Mitry Compans, ni de la plus importante décharge de France de déchets dangereux de Villeparisis, pas plus que près de la plus importante décharge de déchets ultimes d’Europe à Claye-Souilly.

 

Ici on ne fait que des estimations

 

Une situation qui ne risque pas de s’arranger puisque

Jean-Jacques Barbaux président du CD 77

a décidé de ne plus subventionner

cette association

qui pourtant en a tant besoin.

 

 

La priorité de Jean-Jacques Barbaux  c’est, semble-t-il, les routes.

Construire ou améliorer les routes pour amener toujours plus d’ordures au nord-ouest 77 ?

 

Car les ordures ça rapporte GROS

et le CD 77

a bien besoin d’argent.

 

 

Alors le CD 77 ne va tout de même pas faire

implanter des points de contrôles

de la qualité de l'air

près des décharges.

 

Il ne faut rien faire

pour contrarier les exploitants de décharges.

 

 

Et la santé

des riverains des décharges ?

 

N'en parlez pas

 vous allez finir par fâcher Jean-Jacques Barbaux.

 

 

 

 

 

Partager cet article
Repost0
26 juillet 2016 2 26 /07 /juillet /2016 09:45

 

 

La dernière étude pesticides d’Airparif sortie en juin dernier s’intitule :

« Pesticides des Villes, Pesticides des Champs »

 

Pour ce faire Airparif a choisi 2 points de contrôle :

Pour le côté villes c’est Paris 18ème qui a été choisi.

Pour le côté champs c’est l’ouest parisien qui a été choisi : Bois Herpin au sud de l’Essonne.

 

 

Ironie du sort, les deux sites de Seine et Marne choisi dans la précédente étude de 2006 ont été supprimés, il s’agissait de Chelles et Coulommiers, mais Airparif a conservé celui de l’Ouest parisien Bois Herpin.

 

 

 

Est-ce

pour ne pas contrarier

le puissant lobby agricole 

de Seine et Marne ?

 

 

 

 

 

http://www.airparif.asso.fr/_pdf/publications/NUMERO43.pdf

Partager cet article
Repost0
4 juillet 2016 1 04 /07 /juillet /2016 21:07
 
 
Alors que 150 000 véhicules circulent journellement entre Collégien et Mitry-Mory aucuns points de contrôles fixes de la qualité de l’air n’ont jamais été implantés sur cette portion de route.
 
Pourquoi ?
Nous n’en savons rien
 
Ce que nous savons c’est que l’ETAT depuis des décennies a autorisé au nord-ouest 77 l’implantation du plus important aéroport de France, du plus important nombre de décharges de France, de carrières remblayées par des déchets, de 10  sites Seveso....
 
 
Les riverains de ce secteur
une population considérée
comme
d’aucun intérêt ?
 
A vous de juger
 
 
 
Paru dans le Parisien 77 :
Collégien-Mitry-Mory : dès ce lundi, la vitesse baisse de 20 km/h sur la A104

|03 juillet 2016, 19h56|

 

Vaires-sur-Marne, le 17 juin. La vitesse sur cette portion de l’A104, entre Collégien et Mitry-Mory, passe de 110 km/h à 90 km/h à partir de ce lundi. (LP/Gilles Cordillot.)

 

Conducteurs franciliens, pensez à surveiller votre compteur et à lever le pied. A partir de ce lundi, la vitesse va baisser de 20 km/h sur plusieurs portions de nationales et d’autoroutes, empruntées quotidiennement par près de 400 000 véhicules (voir infographie). En Seine-et-Marne, c’est le tronçon de l’A 104 reliant l’A 4 à la Nationale 2 qui passe de 110 km/h à 90 km/h sur les 19 km qui séparent Collégien au sud de Mitry-Mory au nord. Un secteur fréquenté chaque jour par 150 000 véhicules.

 

L’objectif affiché de cette mesure décidée par Manuel Valls est simple : réduire les embouteillages, le bruit et la pollution dans les zones concernées. Rien que sur la portion Seine-et-Marnaise, il y a eu 43 accidents corporels entre 2011 et 2015, provoquant 4 morts et 59 blessés.

 

« Pendant un an, nous observerons les effets de cette mesure et dresserons un bilan », indiquait dans nos colonnes Eric Tanays, le directeur des routes d’Ile-de-France, qui expliquait que le choix des secteurs avait été réalisé en concertation avec les élus locaux et les associations de riverains. Les automobilistes qui empruntent qui circulent régulièrement sur l’A104 sont circonspects, mettant plutôt en cause le rôle des camions dans l’accidentologie sur cette autoroute, très fréquentée par les poids-lourds. Enfin, précisons qu’aucun radar fixe supplémentaire ne sera installé sur les axes visés par cette réduction de vitesse de 20 km/h.

 

 

leparisien.fr

http://www.leparisien.fr/mitry-mory-77290/collegien-mitry-mory-des-ce-lundi-la-vitesse-baisse-de-20-km-h-sur-la-a104-03-07-2016-5936763.php

 

Partager cet article
Repost0
4 juillet 2016 1 04 /07 /juillet /2016 16:06

 

Dans un article intitulé « AIRPARIF en difficulté » écrit par le fédération d’Ile de France FNE IDF nous apprenons  que TOTAL s’est éclipsé.

 

 

Vous avez bien lu

TOTAL

ne finance plus AIRPARIF.

 

 

 

AIRPARIF

 un organisme qui gêne la multinationale ?

 

 

En 2014 la raffinerie TOTAL de Grandpuits était  pour l’Ile de France (1) :

- 1er émetteur de COVNM dans l’air

- 1er émetteur de Benzène dans l’air

- 2ème émetteur d’Oxyde d’Azote NO2 dans l’air

- 2ème émetteur d’Oxyde de soufre dans l’air SO2 ( 1er en Seine et Marne)

- 4ème émetteur de Protoxyde d’Azote dans l’air

 

En 2013 la raffinerie TOTAL de Grandpuits était  pour l’Ile de France (1) :

- 2ème émetteur de CO2 dans l’air.

 

 

 

(1) site IREP

 

 

 

Paru sur le site FNE IDF :

 Publication : 23 novembre 2015

 

Airparif en difficulté : le point de vue de Yorghos REMVIKOS, chargé de mission santé et environnement FNE Ile-de-France

 

Qualité de l’air : La surveillance en péril ou quand le massacre va-t-il s’arrêter ?

 

En plus de 5 ans de participation au CA, puis au bureau d’Airparif, je peux témoigner que le sujet de la pérennité du financement n’a cessé de revenir, réunion après réunion. Chaque exercice budgétaire a nécessité une montée au créneau de notre part (nous n’étions fort heureusement pas les seuls), pour alerter sur la contradiction entre des priorités politiques affichées et la pression sur le budget d’Airparif, dont l’expertise bénéficie d’une reconnaissance internationale.

Les discordances trouvent leur origine sur la superposition de textes législatifs incohérents et sur la pression exercée sur les collectivités qui voient leur dotation réduite. Ainsi, usant de ce prétexte, le département des Hauts de Seine s’est retiré, laissant un premier trou de 120 000€ sur le budget de fonctionnement. Le Val d’Oise est resté fidèle, mais a réduit sa participation de 2/3.

 

Plus récemment, le conseil départemental de Seine et Marne a annoncé son retrait (pas de cotisation pour 2015) et celui des Yvelines suivra à partir de janvier 2016. D’autres membres comme TOTAL se sont également éclipsés, créant un trou que les économies déjà poussées à l’extrême par Airparif ne pourraient plus combler.


Les efforts du groupe des industriels, autour d’Airparif, qui ont réussi à récolter plus de TGAP, malgré la réduction continue des émissions industrielles, n’apportera qu’un bol d’air éphémère. Pendant ce temps, les transports routiers sont toujours exonérés de toute contribution.

 

Notons enfin, le fâcheux épisode concernant le budget de fonctionnement de 2015, pour lequel la réduction de la dotation par le Ministère en charge de l’Ecologie (qui a particulièrement frappé Airparif, par rapport à la moyenne nationale), n’a été compensé in extremis, que grâce à l’intervention de la DRIEE, par la fongibilité avec les investissements. Soyons clairs, ces quelques 100 000€ injectés dans le fonctionnement, étaient retirés du budget investissement. A terme et si une autre garantie de pérennisation du budget n’est apportée, la qualité du système de surveillance en sera irrémédiablement affectée.

 

Allons-nous rester passifs devant cette dégradation, pendant que des épisodes de pollution marquants continuent à frapper l’Ile-de-France ? Le retrait des départements, dont la contribution à la surveillance est bien inscrite dans la LAURE1 - mais qui s’en souvient - va-t-elle continuer ? La redistribution des compétences avec la réforme territoriale offre un très bon prétexte pour réaliser des économies sur le dos du thermomètre, mais c’est bien la santé des franciliens qui est en cause et, en tant que représentants de la société civile, nous ne pouvons accepter que la surveillance de la qualité de l’air soit sacrifiée dans de simples calculs politiques.

 

Yorghos Remvikos, chargé de mission santé et environnement de FNE IdF, administrateur et membre du bureau d’Airparif

 

1.Loi sur l’Air et l’Utilisation Rationnelle de l’Energie

 

2. Faits générateurs : [123] Le fait générateur de la TGAP est l’émission de la substance taxable dans l’atmosphère par une installation assujettie. L’exigibilité de la taxe est concomitante au fait générateur. Le fait générateur de la taxe est constitué par l'émission dans l'atmosphère :

1- d’oxydes de soufre et autres composés soufrés ;

2- de protoxyde d’azote ;

 3- d'oxydes d'azote et autres composés oxygénés de l'azote, à l’exception du protoxyde d’azote ; 4 - d'acide chlorhydrique ;

 5- d'hydrocarbures non méthaniques, sovants et autres composés organiques volatils ;

 6- de poussières totales en suspension (PTS),

7- d'arsenic ;

8- de sélénium ;

9- de mercure ; 10- de benzène ;

11- d'hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) ;

12-de plomb ;

13-de zinc ;

14-de chrome ;

15-de cuivre ;

16-de nickel ;

17-de cadmium ;

 18-et de vanadium

 

p122 http://circulaires.legifrance.gouv.fr/pdf/2015/04/cir_39446.pdf

 

http://fne-idf.fr/2-non-categorise/675-airparif-en-difficulte-le-point-de-vue-de-yorghos-remvikos-charge-de-mission-sante-et-environnement-fne-idf

 

http://www.airparif.asso.fr/_pdf/liste-industriels-airasif.pdf

Partager cet article
Repost0
21 juin 2016 2 21 /06 /juin /2016 14:11

 

 

Dans ce département où l’espérance de vie est l’une des plus faibles d’Ile de France, pourquoi les 2 présidents du Conseil Départemental qui se sont succédés Vincent Eblé, puis Jean-Jacques Barbaux ont décidé de supprimer les subventions versées à Airparif (1), une association qui pourtant en a bien besoin pour effectuer des contrôles de la qualité de l’air ?

 

Pas de contrôles = pas de problèmes ?

 

Alors que 150 000 véhicules circulent chaque jour sur la Francilienne entre Mitry-Mory et Collégien, que l’on va réduire à 90 kms/heure la vitesse de circulation sur ce tronçon de route, nous constatons qu’aucun point de contrôle fixe de la qualité de l’air au bord de cette route n’y a été implanté.

Par contre Paris compte 21 points fixes de contrôle de la qualité de l’air dont 13 qui contrôlent la pollution du trafic.

 

Le nord-ouest 77 entre Moussy le Neuf et Torcy ne possède aucun point de contrôle fixe des particules dans l’air, Montgé en Goële, seul point fixe implanté dans ce secteur ne contrôle que l’ozone.

 

Pas de contrôles = pas de problèmes ?

 

Dans ce secteur ce sont des estimations que l’on pourra vous donner. Comme les initiés les appellent : modélisations.

Qu’est-ce qu’elle modélisation ?

C’est un système établi par des spécialistes avec des calculs numériques savants qui doit permettre de connaître la pollution atmosphérique approximative sur un secteur déterminé.

Cette modélisation devrait faire l’objet de contrôles réguliers sur le terrain pour constater la justesse de ce procédé mais Airparif n’a pas les moyens financiers de faire régulièrement ce type de contrôle.

 

C’est ce système que l’on applique au nord-ouest 77 entre Moussy le Neuf et Torcy et au bord de la francilienne entre Mitry-Mory et Collègien.

 

Pourtant  Villeparisis aurait bien besoin d'un point de contrôle, sur cette commune  on trouve, en bordure de la francilienne, un terrain de sport et un collège, Villeparisis est la commune qui possède la plus importante décharge de déchets dangereux de France, une carrière Placoplatre remblayée par des déchets et c’est la commune riveraine du fort de Courtry/Vaujours et de l’usine Placoplatre de Vaujours  classée 5ème plus important émetteur de particules d’Ile de France.

 

Mais vous êtes ici chez le petit peuple du nord-ouest 77

Celui chez qui on accumule un maximum de sites polluants et on l’on fait un minimum de contrôles air, bruit, eau.....

 

 

Les contrôles sont réservés en priorité à la capitale, qui envoie ses camions chargés d’ordures ici, en amont proche du plus important captage d’eau du 77 à Annet sur Marne, qui fournit en eau potable près de 500 000 habitants.

 

 

(1) http://www.airparif.asso.fr/_pdf/etat-reseau.pdf

 

 

 

 

 

Paru dans le journal le Monde :
La pollution de l’air est responsable de 9 % de la mortalité en France

LE MONDE | 21.06.2016 à 00h02 • Mis à jour le 21.06.2016 à 11h31 | Par Laetitia Van Eeckhout

 

La pollution de l’air est responsable de 48 000 morts chaque année en France. Une nouvelle « évaluation quantitative d’impact sanitaire », publiée mardi 21 juin par Santé publique France (agence issue de la fusion, le 3 mai, de l’Institut de veille sanitaire avec d’autres organismes), rappelle que la pollution atmosphérique constitue un problème de santé publique majeur. C’est la troisième cause de mortalité en France, derrière le tabac (78 000 décès) et l’alcool (49 000 décès).

 

A l’origine de 9 % des morts annuelles en France, les particules fines d’un diamètre inférieur à 2,5 micromètres – les PM2,5, qui pénètrent profondément dans le système respiratoire et provoquent de nombreuses pathologies – entraînent une perte d’espérance de vie à 30 ans pouvant dépasser deux ans dans les villes les plus polluées.

Et encore, « cet impact des particules fines sur la santé est probablement sous-estimé », selon Sylvia Médina, coordinatrice du programme Air et santé. « Nous utilisons dans notre étude les PM2,5 comme traceur, car il s’agit de l’indicateur de pollution le plus étudié en termes d’effets sur la santé, mais la pollution atmosphérique est un mélange complexe de milliers de polluants qui interagissent », rappelle-t-elle.

47 millions d’habitants touchés

Effectuée durant la période 2007-2008, cette évaluation confirme l’ordre de grandeur de la dernière estimation publiée en 2005 dans l’étude européenne « Clean Air for Europe » (« Air pur pour l’Europe »), menée en 2000 par la Commission européenne. Cette étude avait estimé à 42 000 morts prématurées l’impact de la pollution de l’air en France. A la différence de cette dernière, qui croisait les niveaux de concentration de PM2,5 avec des études épidémiologiques américaines, l’évaluation faite par Santé publique France s’appuie entièrement sur des données épidémiologiques françaises.

Les effets de la pollution sont, sans surprise, plus importants dans les grandes villes : dans les zones urbaines de plus de 100 000 habitants, la perte d’espérance de vie à 30 ans du fait des PM2,5 atteint quinze mois en moyenne, ce qui correspond à 26 000 morts annuelles.

Néanmoins, les villes moyennes et petites, de même que les zones rurales, ne sont pas épargnées, souligne l’étude, qui a porté sur la totalité des 36 219 communes de l’Hexagone. Quelques communes rurales, à proximité d’industries, comme autour de l’étang de Berre (Bouches-du-Rhône) ou dans l’est de la France, connaissent même des concentrations en polluants atmosphériques importantes. Ainsi, 800 000 personnes résidant dans des communes rurales sont exposées à des valeurs dépassant en moyenne 14 µg/m3.

Globalement, plus de 47 millions de personnes en France sont soumises à une concentration moyenne annuelle de PM2,5 dépassant la valeur guide de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), soit 10 µg/m3. Si cette valeur était respectée partout en France, 17 700 morts pourraient être évitées chaque année, souligne l’étude, qui s’est intéressée aux bénéfices attendus d’une amélioration de la qualité de l’air selon plusieurs scénarios. Cela correspondrait à une baisse de la mortalité en France de l’ordre de 4 %. « Si, dans toutes les communes, était respectée ne serait-ce que la valeur proposée par le Grenelle de l’environnement(15 µg/m3 de PM2,5), ce sont tout de même plus de 3 000 décès qui pourraient être évités chaque année », relève Mathilde Pascal, épidémiologiste de la direction santé environnement……

 

 

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/pollution/article/2016/06/21/la-pollution-de-l-air-est-responsable-de-9-de-la-mortalite-en-france_4954518_1652666.html#efjxoJUbpurB6og2.99

Partager cet article
Repost0
27 avril 2016 3 27 /04 /avril /2016 15:42

 

 

Dans son plan régional qualité de l'air le Conseil Régional IDF semble avoir oublié que parmi  les 5 plus importants émetteurs de Méthane de France se trouvent, depuis de nombreuses années, les 2 décharges Rep Veolia de Claye-Souilly 77 et Plessis-Gassot  95. 

 

En effet la région IDF, territoire de commandement, ne doit pas utiliser seulement la Seine et Marne et  le Val d'Oise  pour y envoyer ses ordures au titre de ladite « solidarité régionale déchets »  pour permettre à la majorité de vivre dans un environnement agréable en détruisant l’environnement des autres.

 

Le Conseil Régional doit protéger la qualité de l'air des populations de Seine et Marne et du Val d'Oise qui vivent à côté de toutes ces décharges  et doit se tenir au chevet de ces minorités complètement oubliées.

 

 

Une situation qui a créé 

des injustices environnementales

qui doivent cesser.

 

 

 

Paru sur le site de l’ORDIF :

 

Qualité de l’air : vers un plan régional


La Région Île-de-France organise une conférence les 11 & 12 avril.

Le 17 mars, à l’occasion de la séance plénière du Conseil régional, Valérie PECRESSE, présidente de la Région Île-de-France, a annoncé l’organisation d’une conférence sur la qualité de l’air dont l’organisation sera confiée à Chantal JOUANNO et qui se tiendra les 11 & 12 avrilprochains afin de déboucher sur un plan régionalambitieux pour sauvegarder la qualité de l’air que nous respirons.

L’objectif de cette conférence sera multiple :
• Faire un état des connaissances scientifiques les plus récentes
• Cartographier et dégager des solutions (transport, énergie, habitat)

Les opérations de collecte et de traitement des déchets génèrent des gaz et des particules pouvant impacter la qualité de l’air, cependant la contribution du secteur des déchets est relativement faible : 2 % des émissions franciliennes d’oxydes d’azote et 0.2% des émissions franciliennes de particules. Si l’incinération constitue le principal poste d’émissions liées à la gestion des déchets pour ces polluants, la collecte et le transport représente près de 40 % des émissions de particules liées à la gestion des déchets.

Il est important de rappeler que le secteur des déchets en Ile-de-France a réduit de manière significatives ces émissions de polluants, Airparif notant des baisses de 69% des NOx et de 97% des particules entre 2000 et 2012, notamment grâce à la mise aux normes des incinérateurs ainsi qu’à l’application de normes de rejets plus contraignantes pour les incinérateurs imposées par le Plan de Protection de l’Atmosphère. L’utilisation de plus en plus répandue de motorisation alternative (GNV, électricité…) permet également de limiter l’impact des opérations de collecte.»

En outre, le secteur des déchets peut contribuer à limiter l’impact des principaux postes d’émissions franciliens, à savoir le secteur résidentiel et tertiaire (dont le chauffage urbain) et les transports. Ainsi les incinérateurs franciliens fournissent environ 15% de la chaleur produite en Ile-de-France. En outre, le développement de la méthanisation des biodéchets pour en faire du carburant pour véhicule pourrait contribuer à produire localement un carburant renouvelable et dont l’utilisation est moins génératrice d’émissions atmosphériques que le diesel. C’est ce sur quoi le projet européen Bin2Grid se penchera jusqu’à fin 2017, afin de déterminer les possibilités de développement d’une telle filière.
 

http://www.ordif.com/public/actualite/qualite-de-l%E2%80%99air-vers-un-plan-regional.html?id=17389&rub=8986

 

Partager cet article
Repost0
21 avril 2016 4 21 /04 /avril /2016 14:29

 

 

Dans le rapport d’information n° 3580 Assemblée Nationale sur les nuisances aéroportuaires, on peut lire : (1) 

 

En Île-de-France, selon Airparif, la contribution des plateformes aéroportuaires aux émissions franciliennes de polluants est de :

– 7 % pour les NOx (monoxyde d'azote (NO), dioxyde d'azote (NO2)…)

– 3 % pour le SO2 et pour le carbone suie

– 2 % pour les PM10 et les PM2.5 (particules fines)

– 1 % pour les COVNM (Composés organiques volatiles non méthaniques)(1)

 

Mais Ironie du sort  dans la forêt de  Montgé en Goële, Airparif ne contrôle que l’Ozone, pourtant c’est la seule station située en Seine et Marne, à proximité de l’aéroport de Roissy.

Tandis qu’AIRPARIF contrôle dans la forêt de Fontainebleau le NOx, le SO2, le PM 2.5 ainsi que l’Ozone.

 

 

 

 Jean-Jacques Barbaux, président du Cinseil Départemental 77 souligne, pour sa part, que :

«  dans le département de Seine-et-Marne, la contribution du secteur aéroportuaire aux émissions départementales de NOx est passée de 8 % en 2000 à 9 % en 2005 et 12 % en 2010, alors que, parallèlement, les émissions globales de NOx ont diminué de 38 %.(1)

 

Mais  ironie du sort, Jean-Jacques Barbaux a décidé de ne plus subventionner Airparif, qui probablement va devoir encore réduire ses contrôles.

 

 

 

 

PATHOLOGIES LIÉES AUX ÉMISSIONS DU TRANSPORT AÉRIEN

Ozone (O3)

Maladies respiratoires, irritation des yeux

Dioxyde de Soufre (SO2)

Maladies respiratoires

Monoxyde de Carbone (CO)

Intoxication du sang

Monoxydes d’azote (NO)

Diminution du pouvoir oxygénateur du sang

Dioxydes d’azote (NO2)

Hautement toxique, effets sur les poumons

Composés Organiques Volatiles (COV)

Irritation des yeux et des muqueuses, cancers (benzène)

Hydrocarbures

Irritation des yeux, toux, action cancérigène

Particules < 10 μm

Accumulation dans les bronches et le sang

Particules > 10 μm

Attaques des muqueuses nasales

 

Source : « Dossier noir du transport aérien », Convergence associative, 2015 d’après le ministère de la santé).

 

(1) pages 39, 41, 58 http://www.assemblee-nationale.fr/14/rap-info/i3580.asp

Partager cet article
Repost0
13 avril 2016 3 13 /04 /avril /2016 16:12
Paru dans le journal de l’environnement :
Air: mode d’emploi pour les pics de pollution

Le 11 avril 2016 par Marine Jobert

 

 

Sept ministères se sont portés au chevet de la qualité de l’air du pays: un arrêté vient d’être publié, qui modifie le mode de déclenchement des procédures préfectorales en cas d’épisode de pollution de l’air. La maire de Paris le juge notoirement insuffisant. La ministre de l’environnement remet la pastille verte en selle.

 

C’est un arrêté qui redonnera peut-être un peu d’air au million et demi de Franciliens qui, en 2015, ont été exposés à des niveaux de pollution ne respectant pas la réglementation, selon le dernier bilan d’Airparif. Venant modifier le mode de déclenchement des procédures préfectorales en cas d’épisode de pollution de l’air, l’arrêté du 7 avril 2016 –signé par 7 ministres- a évidemment vocation à s’appliquer sur l’ensemble du territoire, par l’intermédiaire des préfets de département, ou du préfet de zone de défense et de sécurité quand plusieurs départements sont concernés par l’épisode. Anne Hidalgo, la maire de Paris, a émis plusieurs réserves sur le texte.

 

 

TROIS CAS

Le dépassement d'un seuil de pollution sera désormais caractérisé à partir d'un critère de superficie (au moins 100 kilomètres carrés au total dans une région), d'un critère de population ou de circonstances locales (vallées encaissées ou mal ventilées, zones de résidence à proximité de voiries à fort trafic, bassins industriels), quand sera observé, même sur la base d’une modélisation, le dépassement des seuils d'ozone, de dioxyde d'azote ou de particules PM10.

 

 

 

MESURES À LA CARTE

Les mesures sont «adaptées, proportionnées et graduées pour tenir compte de la nature, de la durée, de l'intensité et de l'ampleur géographique de l'épisode de pollution». Le rôle des acteurs, le contenu de l'information à diffuser ainsi que les mesures réglementaires de réduction des émissions polluantes sont laissés à l’appréciation de chaque département (sur la base de l’arrêté du préfet de zone de défense), à charge pour eux «d’adapter ces mesures aux particularités locales». Ainsi, les mesures de restriction applicables aux secteurs agricole et industriel sont définies «en concertation avec les parties concernées, en tenant compte des impacts économiques et sociaux, des contraintes d'organisation du travail, le cas échéant des pratiques culturales et des impératifs liés aux cycles biologiques des végétaux et des animaux; et en s'assurant que les conditions de sécurité sont respectées et que les coûts induits ne sont pas disproportionnés au regard des bénéfices sanitaires attendus». La baisse d'activité doit rester une «possibilité alternative à l'arrêt total des activités si les conditions le permettent».

 

 

 

PASTILLE VERTE, LE RETOUR

En cas d’imminence du dépassement du seuil d'alerte ou d'épisode persistant de pollution aux particules PM10, le représentant de l'Etat dans le département peut imposer des baisses des vitesses sur certaines voiries (sans toutefois descendre en dessous de 70 km/h), limiter le trafic routier des poids lourds en transit dans certains secteurs géographiques, voire les en détourner (en évitant toutefois un allongement significatif du temps de parcours), ou restreindre la circulation des véhicules en fonction de leur numéro d'immatriculation ou des véhicules les plus polluants. Ségolène Royal a d’ailleurs indiqué le retour de la «pastille verte», sur la base du volontariat, à compter du 1erjuillet 2016, autorisant la circulation des véhicules ‘propres’ lors des pics de pollution. «Ceux qui ne l'auront pas, quand les maires décideront de la circulation restreinte, ne pourront pas rouler ces jours-là», a ajouté la ministre de l’environnement.

 

TRANSPORTS DOUX

Les entreprises ou les collectivités territoriales seront invitées à favoriser les mesures permettant une moindre émission dans les transports: covoiturage, transports en commun, réduction des déplacements automobiles non indispensables, adaptation des horaires de travail, télétravail, utilisation des parkings-relais aux entrées d'agglomération, gratuité du stationnement résidentiel, mesures incitatives pour l'usage des transports les moins polluants (bicyclette, véhicules électriques, transports en commun…). Le secteur industriel sera également sollicités, pour notamment remettre à plus tard des activités fortement émettrices, voire en réduisant son activité.

 

MESURES MAINTENUES

Autant de mesures qui ont vocation à être maintenues «tant que les prévisions météorologiques ou les prévisions en matière de concentration de polluants montrent qu'il est probable que le seuil d'information et de recommandation soit dépassé le lendemain ou le surlendemain».

 

HIDALGO MÉCONTENTE

La maire de Paris a salué du bout des lèvres le contenu de cet arrêté, lui reconnaissant deux qualités: l'assouplissement de la notion de persistance d'un épisode de pollution pour les particules (passage au seuil d'alerte dès trois jours de dépassement du seuil d'information au lieu de quatre) et l’introduction de l’obligation de consultation des collectivités concernées en cas de pic‎. Anne Hidalgo pointe l’absence de la notion de persistance pour la pollution à l'ozone, «ce qui ne permettra pas d'agir de façon efficace dans le cas d'une telle pollution, pourtant fréquente en Ile-de-France en période estivale». Sur les 16 jours de dépassement des seuils enregistrés l’an passé par Airparif, 4 concernaient l’ozone durant l’été. Sur l’année, les niveaux moyens de ce polluant ont augmenté dans l’agglomération parisienne. La maire de Paris regrette en outre que le préfet soit l’autorité décisionnaire: «Aucun pouvoir de décision n'est donné aux collectivités locales».

 

SEUILS BAFOUÉS

De façon plus globale, Anne Hidalgo constate l’inadéquation des seuils de déclenchement des procédures d’information et d’alerte, qui sont fixés bien en-deça des recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Avec pour résultat une procédure d’alerte qui n’est «que très rarement enclenchée, malgré la mise en danger fréquente de la santé des plus fragiles par les pics à répétition». Et d’exiger une déclinaison de cet arrêté interministériel via un arrêté interpréfectoral pour l'Ile-de-France, pour instaurer «un régime plus efficace, notamment par l’interdiction rapide de la circulation des véhicules les plus polluants en cas de pic».

http://www.journaldelenvironnement.net/article/air-mode-d-emploi-pour-les-pics-de-pollution,69024?xtor=EPR-9

 

Partager cet article
Repost0
22 janvier 2016 5 22 /01 /janvier /2016 09:48

 

 

Paru dans le journal de l’environnement :
La lutte contre les pollution de l’air: un fiasco français

 

Le 21 janvier 2016 par Valéry Laramée de Tannenberg

 

De l’avis de la Cour des comptes, la lutte contre la pollution de l’air n’est pas une priorité pour les pouvoirs publics. Démonstration à la clé.

 

La Cour des comptes a bien choisi son jour. Dans leur grande sagesse médiatique, les magistrats ont publié leur rapport évaluant les politiques nationales de lutte contre les pollutions atmosphériques le jour où l’air francilien était particulièrement chargé en particules fines (niveau d’information).

Un rapport dont les conclusions, comme souvent, sont assez désobligeantes pour les pouvoirs publics. D’entrée de jeu, le rapport souligne d’ailleurs que «la lutte contre la pollution de l’air ne constitue pas, de fait, une priorité de l’action publique».

Malgré l’importance de ses coûts sanitaires et économiques, jamais l’abaissement de l’exposition des populations aux particules fines, aux oxydes d’azote et encore moins au méthane ou aux pesticides n’a été au cœur de l’action gouvernementale. Pas étonnant, dès lors, que la France soit mal notée dans l’espace européen (15e sur 28).

 

LOURDES CONDAMNATIONS

Son laxisme pourrait conduire la France devant la Cour de justice européenne. Voilà des années que la Commission européenne tance l’Hexagone pour son incapacité à maîtriser les émissions de dioxyde d’azote (NO2) et de particules (PM10) dans de nombreuses agglomérations. Dans ces deux affaires, Paris pourrait être condamnée à des peines d’amendes pouvant atteindre 200 millions d’euros par an, selon les estimations du secrétariat général des affaires européennes.

Comment en est-on arrivé là? Malgré les dénégations des ministres, la pollution de l’air n’est pas considérée comme un sujet digne d’intérêt, contrairement à la lutte contre le changement climatique, par exemple. Raison pour laquelle, par exemple, on privilégie l’utilisation du bois-énergie (pour réduire les émissions de CO2 d’origine fossile), quitte à accroître les émissions de particules fines.

Juridiquement, l’arsenal français n’est d’ailleurs pas considérable. La loi Laure se borne essentiellement à transcrire la directive européenne du 27 septembre 1996. La loi Lepage a été complétée par des textes ne s’intéressant pas directement à la qualité de l’air: responsabilité environnementale (2008), Grenelle I & II (2009 et 2010), transition énergétique (2015).

Sans surprise, la législation française est des plus imparfaites. Le financement des associations de mesure de la qualité de l’air n’est pas pérenne. Résultat: Airparif (gestionnaire du réseau francilien) peut se trouver en grande difficulté quand, de leur propre chef, des élus locaux décident de leur couper les vivres.

Pour des raisons peu évidentes, c’est le ministre en charge de l’écologie qui fait office de maître d’œuvre de la politique anti-pollution de l’air. Sans prendre en compte les positions de son collègue de la santé. Mais en tendant toujours une oreille bienveillante aux titulaires des portefeuilles de l’économie, de l’industrie et de l’agriculture.

 

NO PESTICIDES

 

Pas question, par exemple, d’organiser la surveillance des pesticides dans l’air, bien que ces molécules (dont certaines sont classées cancérigènes) soient détectées par les réseaux de toutes les associations agréées pour la surveillance de la qualité de l’air (AASQA). Pas question, non plus, de toucher aux subventions ou aux aides fiscales qui favorisent l’émission de pollutions: tarif d’achat de l’électricité produite par cogénération, fiscalité du gazole, allègement de la TICPE pour les taxis et les agriculteurs. Sans oublier la suppression de la taxe poids lourds!

Exit également le suivi des politiques. Un consortium d’établissements publics devait mettre en œuvre un système national de modélisation et de cartographie de la qualité de l’air. Installé en 2003, ce dispositif Prév’air a finalement produit son premier inventaire 12 ans plus tard, avec des données datant de 2007. Ce qui sape sérieusement la pertinence de l’outil. Un retard qui rappelle celui de la révision du plan national de réduction des émissions de polluants atmosphériques (Prepa). Celle-ci devrait être finalisée, en juin prochain: 6 ans et demi après l’échéance du premier plan.

 

DES PLANS À TOUT VA

Prepa, plan Santé Environnement, plan Particules (2010), plan d’urgence pour la qualité de l’air, on ne compte plus, depuis une dizaine d’années, les programmes d’amélioration de la qualité de l’air. Mais servent-ils vraiment à quelque chose? A regarder les statistiques du Citepa[1], ce n’est pas évident: les émissions d’hydrocarbures aromatiques polycycliques sont stables depuis… 2007. De Bastia à Dunkerque, de Bayonne à Passy, l’Hexagone compte une trentaine de points noirs où l’on relève au moins 30 jours par an des concentrations excessives de polluants[2]«Les plans spécifiques à la qualité de l’air ne sont jamais évalués a posteriori, ni globalement, ni par action»,résume la Cour des comptes.

Ce genre de situation prévaut aussi sur le terrain. Plans Climat Energie territoriaux (PCET), schémas régionaux Climat Air Energie (SRCAE), plans de déplacements urbains, plan de protection de l’atmosphère: les territoires ont, eux aussi, un râtelier de textes bien garni. Hélas, soulignent les magistrats, «il n’y a pas de suivi réel des schémas régionaux». Par ailleurs, on l’a récemment vu en Ile-de-France, l’Etat n’hésite pas à s’inviter dans le bal des acteurs locaux, quitte à brouiller les responsabilités et l’efficacité des dispositifs.

Cette atomisation, façon puzzle, conduit inévitablement les pouvoirs publics à se tromper de cible. Ministres, préfets, élus s’agitent particulièrement lors des pics de pollution; surtout quand il y a un risque de circulation alternée à… Paris. Aussi médiatiques soient-ils, ces épisodes de forte concentration de polluant ne sont pas les plus problématiques au plan sanitaire. Contrairement à la pollution de fond.

«Le ministère chargé de la santé a mis en place un dispositif particulièrement lourd de suivi des pics de pollution, qui mobilise fortement les agences régionales de santé (ARS). Il ne s’avère sans doute pas indispensable au vu des effets constatés en 2014. En outre, il mobilise des forces vives au détriment des actions à mener sur le long terme contre la pollution de fond. Le ministère a d’ailleurs indiqué que ce dispositif est en cours de révision et qu’il pourrait être allégé et porter davantage sur les quelques jours postérieurs aux pics, car c’est le cumul des durées de pollutions qui apparait le plus nocif pour la santé», confirment les rédacteurs.

 

POLLUEURS-PAYEURS

Des propositions pour améliorer la qualité de l’air? La Cour des comptes n’en est pas avare. Les magistrats proposent, sans rire, que l’Etat insère dans le prochain Prepa des mesures l’obligeant à respecter les objectifs européens d’ici 2030. Plus sérieusement, les parties prenantes sont invitées à mettre les nombreux plans, schémas et autres programmes en cohérence, ainsi que leur calendrier. Sans oublier d’en évaluer l’efficacité par la suite. Pour éviter tout risque de propagation de lajurisprudence Devedjian, les rédacteurs préconisent de faire participer tous les pollueurs au financement des AASQA. Ces associations devraient par ailleurs systématiser le suivi de «nouveaux» polluants, tels les pesticides.

Plus difficile, la Cour des comptes enjoint Bercy de «taxer le gazole et l’essence en fonction de leurs externalités négatives respectives», ce qui se pratique déjà en Suisse. Encore plus fort: le gouvernement devra «revoir les taux de la taxe spéciale sur certains véhicules routiers», afin de compenser la disparition tragique de l’écotaxe poids lourds. Ce qui n’interdira pas au ministère de la santé de favoriser le partage de l’information entre la médecine du travail, les agences régionales de santé et les cellules interrégionales d’épidémiologie. Des fois que la pollution, ça serait mauvais pour la santé?

 


[1] Citepa: Centre interprofessionnel technique d'études de la pollution atmosphérique.

[2] Mentions spéciales à Aix-Marseille et Passy où l’air est impropre à une bonne respiration plus de 111 jours par an.

 

http://www.journaldelenvironnement.net/article/la-lutte-contre-les-pollution-de-l-air-un-fiasco-francais,66294?xtor=EPR-9

 

Partager cet article
Repost0

Recherche