venez nombreux déposer vos observations sur les registres d'enquête
publique
PLAN REGIONAL D’ELIMINATION DES DECHETS
D’ILE DE FRANCE
Donnez-votre avis!
Du 2 juin au 31 juillet, donnez votre avis sur les trois plans de gestion des déchets. Retrouvez ici toutes les informations pratiques.
Les élus régionaux ont validé les trois projets de plans de gestion des déchets, le 6 mai 2009. Ils souhaitent, maintenant, recueillir vos avis, vos remarques.
► du 2 juin au 18 juillet lors de l’enquête publique duPLAN REGIONAL D’ELIMINATION DES DECHETS MENAGERS ET ASSIMILIES
► du 2 juin au 31 juillet lors de la consultation du public sur lePLAN REGIONAL D’ELIMINATION DES DECHETS DANGEREUXet
PLAN REGIONAL D’ELIMINATION DES DECHETS D’ACTIVITE
DE SOINS A RISQUES INFECTIEUX
Pourquoi donner votre avis ?
L’élaboration des plans a permis d’associer l’ensemble des acteurs de la gestion des déchets concernés. Dans le cadre du Predma, les franciliens ont également été consultés
lors d’une conférence de citoyens et de focus group (télécharger ci-dessous « la parole aux franciliens »).
Ces plans donnent les orientations pour la gestion des déchets pour les 10 ans à venir (jusqu’en 2019). Il est donc important que chacun, en tant que consommateur, gestionnaire ou riverain
d’installations de traitement, institutionnel ou associatif,… puisse se mobiliser et donner son avis sur ces projets qui deviendront opposables après leur approbation finale.
Paru sur le blog de la fédération environnementale de Seine et Marne
Nature Environnement 77
le 10 juillet 2009
Vous avez encore jusqu'au samedi 18 juillet pour donner votre avis sur le projet de plan régional élimination des déchets ménagers et assimilésarrêté par les élus régionaux le 6 mai 2009.
Voici les observations envoyées au président de la commission
d'enquête
par NE 77 :
1. Larépartition régionale des
équipements et le cas de la Seine-et-Marne
Notre département concentre les équipements d’éliminations et de stockage de déchets
les plus importants d’Ile de France, à savoir :
- 5 incinérateurs :
4 d’ordures ménagères : Monthyon, St Thibault-des-Vignes, Vaux-le-Pénil, Montereau.
1 de déchets dangereux : Gerep Mitry-Mory.
- 5 décharges de déchets ultimes(ordures ménagères, déchets
industriels) :
Rep Veolia Claye-Souilly-Fresnes sur Marne-Charny (la plus importante de France), Monthyon, Isles- les-Meldeuses, Soignolles-en-Brie, Fouju.
- 1 décharge de déchets dangereux:
Sita FD Villeparisis (la plus importante de France).
- 11 décharges de déchets inertes(gravats de bâtiments pour lesquels la composition est contrôlée uniquement « de visu » par l’exploitant)
Alors que le projet de PREDMA (p157) indique « aucun projet d’extension ou de création de capacité ne
devra être prévu dans les départements du Val d’Oise et de Seine et Marne jusqu’à 2019 », lors d’une commission régionale du 19 décembre 2008, une disposition a été ajoutée
« Cette disposition sera réexaminée lors d’un point d’étape au plus tard en 2013, en tenant compte de projections actualisées, afin de ne pas
compromettre l’adéquation au niveau régional des besoins et des capacités d’enfouissement », cette disposition risque de remettre en cause la précédente disposition qui semblait
plus favorable à notre département.
Par ailleurs, comme le signalait le Conseil Général de Seine-et-Marne dans son rapport PREDMA présenté lors de sa séance du 27 mars 2009, notre
département recevait en 2006 près de 70 % de déchets en provenance d’autres départements (Ile-de-France mais aussi de l’Yonne, l’Oise, l’Aube, l’Aisne…), situation qui a tendance à
s’amplifier à la suite des arrêtés préfectoraux accordés depuis 2006, à savoir :
- l’extension de la décharge Rep Veolia de Claye-Souilly,
- 11 autorisations d’exploitation de décharges de déchets inertes,
- l’extension de capacité de l’incinérateur de Montereau (nouvelle construction qui prévoit un « vide de four » basé sur des
prévisions de tonnages liés à l’augmentation de la population et contestables),
- une demande d’extension en cours du Centre d’Enfouissement Technique de Soignolles
- une demande d’exploitation d’une décharge de déchets inertes à Moissy-Cramayel.
Nature Environnement 77demande, car elles en sont absentes actuellement,
que soient rajoutées dans le PREDMA des prescriptions claires concernant :
- l’instruction des nouvelles capacités d’enfouissement (les pétitionnaires devant préciser dans leur demande les pourcentages de déchets
ménagers et de déchets industriels ainsi que leur provenance),
- les seuils maxima de capacité,
- la durée d’exploitation.
Nature Environnement 77souhaite que le PREDMA valorise les communes dont le
tonnage de déchets par habitant est le plus faible ainsi que celles qui pratiquent le ramassage spécifique des déchets d’activités économiques.
Nature Environnement 77souhaite que Le PREDMA incite les départements non
ou peu impactés par les Centres d’Enfouissement Technique, incinérateurs et autres dispositifs de traitement de déchets, à montrer concrètement leur solidarité en étant exemplaires en
matière de réduction à la source et de tri sélectif.
2. Les déchets et leurs traitements
- Déchets d'activités économiques
Situation 2014-2019 :
Alors qu’il est prévu que les déchets d’activités économiques continueront à représenter près des ¾ des déchets enfouis dans les
Installation de Stockage de Déchets Non Dangereux, à savoir (p 156) :
77 % en 2014 (contre 23% déchets ménagers et assimilés)
74 % en 2019 (contre 26% déchets ménagers et assimilés)
Les prévisions font apparaître une valorisation de ces mêmes déchets d’activités économiques que dans une proportion de moins d’1/3, à savoir (p
128) :
28 % en 2014
31 % en 2019.
Les préconisations du PREDMA ne comportent pas d’objectif d’augmentation du pourcentage des déchets d’activités économiques valorisés et
recyclés alors que ces déchets sont peu valorisés et en grande partie enfouis dans notre département, notamment concernant les gravats de bâtiments, il n’y a pas d’objectif affirmé d’encourager
le recyclage. (p 102)
Nature Environnement 77demande que le PREDMA impose une réduction à la
source des déchets d’activités économiques et propose un objectif chiffré ambitieux pour leur valorisation, en commençant par des tris sélectifs sérieux. Et enfin, qu’il prévoie la création
de centres de recyclage au plus près des sites importants de production.
- Déchets ménagers et assimilés
Les objectifs de réduction des déchets par habitant sont plus que modestes, les moyens financiers et techniques pour les réaliser ne sont pas
évoqués. On annonce 490 kg/habitant en 2005 et 440 kg/habitant en 2019 soit seulement 10,2 % de réduction en 14 ans (p 90). Pourtant, l’exemple de la communauté de communes de la porte d’Alsace
pourrait être repris pour réduire de façon significative les déchets résiduels.
Recycleries, ressourceries
Il existe 3 recycleries recensées en Ile de France, le projet pour 2019 est de 30 recycleries sans obligation d’implantation à
proximité des sites de production de déchets (pas de projet recensé dans les départements 92, 78, 94, 95 (p 139).
Déchetteries
Il en existait 158 en 2006, le projet pour 2019 est de 300, sans obligation d’implantation de déchetteries fixes ou mobiles à proximité des
sites les plus importants de production de déchets.
Le déchet le mieux valorisé étant celui que l’on n’a pas produit,
Nature Environnement 77demande que le PREDMA hiérarchise par valeur
décroissante la prévention, la réutilisation, le recyclage, les autres opérations de valorisation et propose pour chaque
opération des objectifs chiffrés beaucoup plus ambitieux : ne pas enfouir ni incinérer tout ce qui peut être recyclé ou compostéà l’exemple de la communauté de communes de la porte d’Alsace.
Nature Environnement 77demande que le PREDMA affiche davantage la
volontéde favoriser la réutilisation et le recyclage par l’installation de ressourceries, recycleries et déchetteries
réparties dans l’espace régional au plus près des sites de production de déchets, de favoriser davantage le compostage individuel dans les zones rurales et, dans les zones d’habitat
plus dense, de généraliser le ramassage des déchets verts et humides en vue de leur compostage collectif.
3. Evaluation des impacts environnementaux
. Transports
Le principe de proximité est évoqué sans être défini.
Les transports de déchets sont effectués essentiellement par la route, par camions, sur de longues distances et sont fortement émetteurs
de nuisances (bruit, émissions de CO2, CO, NOx, et particules).
L’objectif de réduction des émissions de CO2 imposé par le Grenelle de l’environnement n’est pas pris en compte.
Les transports alternatifs :
- voie ferrée, il est dit p 72 « en 2008, le
transport ferroviaire de déchets n’existe plus en Ile-de-France…..De plus l’ouverture du marché ferroviaire est encore récente et demande une certaine maturité. Il faut laisser le temps aux
opérateurs pour se positionner et créer desconditions de rentabilité de leurs activités ».
- voie d’eau : aucun porteur de projet identifié.
Nature Environnement 77demande que le PREDMA affiche un objectif ambitieux
et chiffré de mise en place et d’utilisation des transports alternatifs incluant les déchets ménagers mais également les déchets d’activités économiques. La taxation des transports routiers
intégrant le coût de l’entretien du réseau routier permettrait de rendre visible la volonté de favoriser l’utilisation des autres modes de transport. La priorité clairement affichée et imposée
aux industriels doit être la réduction des émissions de CO2 et des polluants induits par les transports et non la rentabilité économique du moyen de transport.L’exemple du Syndicat Mixte de la Vallée de l’Oise qui achemine 56 % de ses déchets par train pourrait être repris.
. Impact sur la santé et la qualité de la vie des riverains des décharges et incinérateurs
La « solidarité intrarégionale » ne semble aller que dans un sens : permettre aux départements
d’Ile- de-France et départements limitrophes de l’Ile-de-France d’amener leurs déchets en Seine-et-Marne.
Alors qu’une récente étude indique que les seine-et-marnais (source indicateurs transversaux URSAM Ile-de-France) ont l’espérance de vie la plus
courte de l’Ile-de-France, l’impact sur la santé humaine des riverains de ces décharges et incinérateurs est évoqué sans que ne soit prévue d’étude sanitaire.
L’impact sur l’environnement et la qualité de la vie est peu évoqué : odeurs, atteinte aux paysages, bruit, pollution de l’eau
et de l’air dus aux installations, mais aussi aux transports routiers.
Nature Environnement 77demande que le PREDMA prévoie systématiquement, en
amont de tout projet d’incinérateur ou de décharge, un large travail avec les populations et associations locales concernées ainsi qu’avec les associations départementales, que des études
sérieuses sur les impacts en termes de qualité de la vie des riverains (odeurs, atteinte aux paysages, bruit, pollution de
l’eau et de l’air) soient réalisées et que, pour les communes, des compensations autres que financières soient recherchées et mises en place.
NE 77 DEMANDE qu’une fois les installations réalisées, des mesures de contrôle de ces différentes nuisances par un organisme indépendant
soient financées par la collectivité.
Nous demandons :
- la mise en place par AirParif de stations de contrôle de la qualité de l’air, sur la
RN3
entre les deux plus importantes décharges de France Sita FD Villeparisis et Rep Veolia
Claye-Souilly, ainsi que sous les vents dominants des différents incinérateurs.
- la mise en place par BruitParif d’une station de contrôle du bruit sur la RN3 entre les deux plus importantes
décharges de France Sita FD Villeparisis et Rep Veolia Claye-Souilly.
- la tenue de registres statistiques de surveillance de la santé des seine-et-marnais : registre de cancers (comme dans le val de
Marne).
. Disparition des terres cultivables
La Seine-et Marnereprésente en surface environ la moitié de l’Ile de France, les
terres de Brie ont été considérées de tous temps comme une partie du grenier de la France. Il n’est fait état à aucun moment de la nécessité de préserver ces terres pour permettre aux générations
futures de se nourrir dans le projet de Plan régional d’élimination des déchets.
La disparition de terres cultivables de grande valeur économique (Brie) engendrée par leur reconversion en CET devrait être évoquée dans le
PREDMA.
4. Commission consultative du PREDMA
Cette commission qui s’intéresse au suivi annuel de la gestion des déchets ménagers et assimilés est composée de collectivités, services
de l’état et acteurs privés, aucune association environnementale ne semble y être intégrée.
Nature Environnement 77demande la nomination au sein de la commission
consultative du PREDMA d’un représentant associatif par département impacté par des décharges ou des incinérateurs.
Pour terminer,
Nature Environnement 77estime qu’il serait
nécessaire de ne pas considérer la seule rentabilité économique : la priorité doit être la réduction des déchets à la source.
La rentabilité environnementale à très long terme est (et sera de plus en plus) à
prendre en compte elle aussi, afin de protéger le droit de chacun, pour les générations présentes et futures, de vivre dans un environnement propre à assurer sa santé et son
bien-être.
Suggestion à transmettre à nos députés : Pour les installations industrielles, les normes de rejets de polluants dans l’air et dans l’eau sont de plus en plus strictes. Nature
Environnement 77 suggère que pour les activités économiques soient instituées des normes sur les masses des différents déchets produits, avec des objectifs de réduction progressive des
quantités.
Coordination Ile de France Dans le cadre de leur campagne "Modes de production et de consommation durables", les Amis de
la Terre ont choisi de s’impliquer dans l’élaboration du PREDMA.
En Ile de France le Contrat Terres Vives a servi à la mise aux normes des incinérateurs et la mise en conformité des décharges, ce qui est une bonne chose. Par contre les subventions de la Région
ont conduit à une augmentation des capacités des usines d’incinération, bridant ainsi les tentatives d’une gestion plus écologique des déchets.
En 2004 et 2005, les Amis de la Terre du Val d’Oise ont mandaté 10 bénévoles pour participer à l’élaboration du plan départemental des déchets. Ils ont participé aux groupes de travail et au
CLIS, ont organisé des réunions publiques. Leur action a permis d’éviter qu’un 4ème incinérateur soit construit dans le Val d’Oise, mais ils ont échoué sur la nécessaire limitation des quantités,
ainsi que sur l’exigence d’un meilleur rendement énergétique des incinérateurs, et une qualité irréprochable des composts (un compost fabriqué dans le Val d’Oise, reconnu juridiquement toxique en
2006 a continué pendant des mois d’être épandu dans le Vexin français et va maintenant… en décharge).
Ce qu’attendent les Amis de la Terre :
Des objectifs précis de la part des élus régionaux, basés sur les évaluations déjà réalisées. Donc des objectifs chiffrés pour la réduction de production des déchets (par type, par secteur,
moins d’emballages) ? Idem pour la performance à exiger des installations de traitement : l’efficacité énergétique des incinérateurs supérieure à 60% ; les taux de rebuts des
centres de tri, inférieurs à 15% ; des taux de compostage, des performances de recyclage précises pour les déchetteries et ressourceries… et un plan de passage à la redevance incitative pour
tout le territoire.
Le livre blanc prévu, sera-t-il mis à la disposition des associations après cette consultation ?
Une analyse des déséquilibres du territoire en ce qui concerne le nombre des installations de traitement de déchets et leurs nuisances : Seine et Marne et Vald’Oisesont très pourvus endécharges. Sur ce dernier point, la
solidarité régionale a de quoi inquiéter les populations.
Qui va collecter les arrêtés préfectoraux pour faire des bilans et harmoniser leur application ?
L’application des directives européennes sans attendre leur ratification car le plan doit anticiper cette étape, sinon les finances locales devront payer des amendes européennes.
…./…
Malgré notre demande, et la promesse de nous apporter une réponse, nous ne savons pas dans quelle mesure le PREDMA fera autorité et comment il se superposera au SDRIF.
Nous craignons qu’un schéma bien connu ne se reproduise : que le plan voté au Conseil régional soit soumis aux collectivités. Les plus influentes réussiront à échapper à touteinstallation susceptible de générer des
nuisances, et les autres hériteront d’installations aurabais au nom de la "solidarité régionale" avec quelques
compensations financières.Prétextant « l’acceptabilité » on les convaincra que la transformation de
leur village en centre d’enfouissement de milliers de tonnes de déchets n’est pas un si gros inconvénient que cela. Par ailleurs peu sera fait pour que des collectivités restées
passives jusqu’ici, assument enfin la responsabilité des déchets générés par leurs habitants ou les entreprises dont ils perçoivent les taxes professionnelles.
Cette absence de perspective nous laisse perplexes face à un plan qui multiplierait les installations nuisibles, continuerait de tolérer des composts toxiques, un faible rendement énergétique des
unités d’incinération. Un plan qui se contenterait de soutenir quelques opérations exemplaires sans volonté de doter des moyens adéquats les collectivités souhaitant "s’y mettre", tout en
continuant à apporter des subventions-chèque-en-blanc à d’autres.
Les Amis de la Terre s’associent aux projets le plus en amont possible afin de peser sur les choix. Au Nord comme au Sud ils oeuvrent pour des sociétés soutenables, dont les décideurs ne
reportent pas à plus tard ou sur d’autres la responsabilité, d’agir pour une consommation rationnelle et la réduction des déchets en quantité et en toxicité.
Anne Gellé
Membre du Conseil Fédéral et Présidente Les Amis de la Terre Val d’Oise