Deux communes de l'Aube retenues par l'Andra pour accueillir un site de stockage de déchets radioactifs ont officiellement rejeté le projet, après un vote négatif mardi soir du conseil municipal
d'Auxon
Le maire d'Auxon, Jean-Louis Caillet, toujours fervent partisan du projet, a indiqué hier qu'il avait adressé sa démission au préfet par lettre recommandée le 4 août, à cause du revirement des
élus. "Le préfet a jusqu'au 5 septembre pour donner sa réponse", a-t-il précisé. "Pour moi, la commune n'est pas gérable. Je n'ai plus confiance dans une grande partie du conseil
municipal", a-t-il ajouté.
L'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) avait annoncé le 24 juin la présélection de Pars-lès-Chavanges et Auxon, qui avaient fait acte de candidature pour la
construction d'un site de stockage souterrain de déchets radioactifs de faible activité à vie longue (FAVL) à l'horizon 2011. Mais face à l'opposition de la population, les élus ont fait depuis
marche arrière. Les élus d'Auxon, qui avaient voté à une très large majorité la candidature pour le site de stockage, ont finalement voté mardi soir à une large majorité contre le projet, lors
d'un conseil municipal extraordinaire.
Les élus de Pars-lès-Chavanges avaient aussi voté le 4 juillet à l'unanimité pour le retrait de la candidature "pour apaiser un climat délétère", selon les termes de la maire Joëlle
Pesme, qui dit avoir reçu des "menaces de mort".
Soulaines, Morvilliers, Epothémont (Daher) aujourd'hui, Bure et FAVL demain ; le Grand-Est se voit empoisonné par la multiplication de poubelles
nucléaires.
Une première rencontre, organisée en mars dernier à Colombey-les-deux-Eglises, symbole de la résistance s’il en est, a débouché sur la signature par dix-sept
collectifs « anti enfouissement déchets nucléaires » d’une charte de solidarité par laquelle ils prennent solennellement l’engagement de s’apporter un appui mutuel et de mener des
actions conjointes, quelle que soit la localisation du site ou des sites retenus.
Après cette première étape, onze groupes viennent de franchir un nouveau pas. L'union faisant la force, une fédération est en train de voir le jour. Objectif :
stopper l’implantation et l’exploitation de ces poubelles nucléaires dont les contaminations se jouent des frontières.
C'est déjà la réalité pour le Centre de stockage de Soulaines (Aube) : les gaz radioactifs rejetés par le site de l'Andra (1) ignorent les frontières administratives, portés par
les vents. Quant à la nappe phréatique, elle aussi se trouve "marquée" par des éléments radioactifs. Pour Bure et son enfouissement programmé, des études géologiques indépendantes se font
alarmistes : parles eaux souterraines les contaminations radioactives s'étendraient vers tout le
Bassin de la Meuse et plus encore vers le Bassin parisien dans son ensemble.
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Face à ce constat inquiétant, amplifié par la multiplication de ces stockages nucléaires dans la grande région, les groupes réunis ont décidé de se fédérer. Non plus contre le seul
projet 'FAVL' mais bien contre tous ceux (actuels ou programmés) qui empoisonnent le Grand Est : Soulaines, Morvilliers, Epothémont, Bure, FAVL, voire Valduc et
Pontfarver, etc. Bien que les résultats positifs soient déjà nombreux (re-délibérations de municipalités pour retirer leur candidature), chacun sait bien le pouvoir du
lobby nucléaire, et l'union faisant la force une fédération n'aura que plus d'efficacité pour faire entendre le bon sens. Associations et collectifs contre les 'FAVL', ceux contre
Bure, ceux contre Soulaines, composés de citoyens ou d'élus, tous s'unissent et créent donc ce premier noyau (liste ci-dessous) destiné à s'élargir.
La Fédération Grand-Est STOP déchets nucléaires est déjà sur le terrain et va multiplier ses actions.
Premières structures composant la Fédération Grand-EST :
APELN(Association pour la Protection de l'Environnement et la
Lutte contre les Nuisances) : Roches-Bettaincourt (Haute-Marne)
ASODEDRA(Association pour la sensibilisation de l'opinion sur
les dangers de l'enfouissement des déchets radioactifs) : Grand (Vosges)
Association La Q.V. (la qualité de la Vie) :
Ville-sur-Terre (Aube) - www.villesurterre.com
CEDRA(Collectif contre l'enfouissement des déchets radioactifs)
: Saint-Dizier (Haute-Marne) - www.burestop.org
Collectif 57contre l'enfouissement des déchets nucléaires :
Uckange (Moselle)
Collectif Argonnecontre l'enfouissement des déchets nucléaires :
Braux-Saint-Rémy (Marne)
Pour le président du Conseil général de la Meuse, le développement économique passe forcément par la filière nucléaire. "La porte est ouverte", précise-t-il.
Les élus du Conseil général de la Meuse étaient simplement appelés, jeudi, à se prononcer sur la modification des statuts de l'établissement public de coopération
interdépartementale (EPCI) mis en place avec le conseil général de la Haute-Marne pour favoriser l'émergence d'un pôle scientifique et technologique à proximité du laboratoire de recherches sur
la gestion des déchets radioactifs de Bure. Ils l'ont d'ailleurs approuvée. Mais on n'approuve pas un rapport qui prévoit l'acquisition de 54 ha actuellement propriété de l'Agence nationale pour
la gestion des déchets radioactifs (Andra) et le lancement " au plus tôt" des premières études de faisabilité sans provoquer un débat.
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Pour l'heure, le président Namy préfère penser aux millions que la filière nucléaire, EDF en tête, verse chaque année au GIP
Objectif Meuse pour l'accompagnement du laboratoire. "J'ai l'appui d'Hubert Falco, le ministre de l'Aménagement du territoire pour faire passer la dotation annuelle de 20 à 30 millions d'euros", précise-t-il. "Pour
l'enfouissement, il faudra être beaucoup, beaucoup, beaucoup plus exigeants", prévient Arsène Lux. La Meuse
ne se vend tout de même pas pour si peu.
Pour plus amples informations consultez le blog accid :
Pourquoi en est-on arrivé là avec les décharges autour de Claye-Souilly, pour la même raison que ce qui se passe actuellement dans la
Meuse :l’argent.
La santé des riverains de ces installations n’intéresse personne, c’estl’argentrécupéré par les collectivités locales qui intéressent les élus et pour quoi faire ?
A cette question nous n’avons pas de réponse.
La qualité de vie des populations s’est-elle améliorée depuis l’arrivée des décharges, autour de Claye-Souilly, la réponse ne peut être que
négative.
Vendre son âme pour avoir des sous (Vosges Matin)1/3/2009
Le cap des 70 ans passé, Pierre-Jean Bourion voulait prendre un peu de temps pour lui. Et puis il y a eu cette histoire d'enfouissement des déchets nucléaires qui
lui est tombée dessus comme le ciel sur la tête d'un Gaulois. Alors il a repris l'étendard pour présider aux destinées de l'association des Sentinelles de Soulosse..
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Qu'attendez-vous du maire de Soulosse-sous-Saint-Elophe ?
"Qu'il retire la candidature de la commune. Cette décision a été prise sansconsultation de la population. Entre décider de faire un
tout-à-l'égout et celle d'enfouir des déchets radioactifs qu'on aura encore dans des dizaines de milliers d'années, il y a un fossé. Il est vrai que le maire est droit dans ses bottes au niveau
de la législation, mais il sait aussi que s'il organisait un referendum, la proposition serait rejetée. Vendre son âme pour avoir des sous, je suis contre. Et puis cet argent, nous en
ferions quoi ?"
Propos recueillis par O.S.
Contacté par téléphone, le maire de Soulosse-sous-Saint-Elophe, Patrick Roger, n'a pas souhaité s'exprimer sur le sujet.