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24 janvier 2012 2 24 /01 /janvier /2012 08:50

 

 

 

Paru dans le Bulletin Agora , bulletin de Liaison de Val d’Oise Environnement d’Octobre 2010 :
 

 

Veolia Propreté,
pas si propre que ça ?

 

Le Mesnil-Aubry est une petite commune rurale de 850 habitants située à l’ouest
de l’ancienne RN 16.
Le maire de la commune s’appelle Hervé Dezobry, il est agriculteur.
On pourrait donc s’attendre que l’agriculture soit bien protégée.
Eh bien non !
Le Grenelle de l’environnement n’est pas passé par là !


AINSI, EN CONTINUITÉ du village, de l’autre côté de la RD 316 (ex-RN 16), se trouve une énorme décharge qui a déjà détruit près de 325 hectares des meilleures terres à blé d’Île-de-France, soit, pour se faire une idée, la surface d’une seule commune commeBouqueval, Epinay-Champlâtreux ou Chatenay-en-France, ou bien encore les surfaces réunies de Lassy et du Plessis-Luzarches, et ce, sans même émouvoir la profession agricole ; mieux, le maire a été très favorable à sa récente extension.
Depuis que Veolia a mis la main sur la Routière de l’Est parisien (REP), rien ne va plus dans nos campagnes.
Jusque-là, les associations d’environnement n’avaient pas trop de problèmes avec le gestionnaire de la décharge : la REP, rachetée depuis par le groupe Veolia.
Mais cette décharge est devenue un vrai traumatisme pour tous les villages environnants. C’est ainsi qu’un permis d’aménager une déviation poids lourds et un merlon anti-bruit a été délivré par le maire à la demande de Veolia. Cette demande était justifiée par une prétendue « intégration d’une voie de desserte d’une zone d’activités située au nord de la commune (ainsi que celles qui pourront s’implanter dans cette partie de la commune dans le futur) ».
Or il n’existe absolument aucune zone d’activités au nord de la commune puisqu’elle avait déjà été refusée lors d’une révision simplifiée du POS par les pouvoirs publics bien antérieurement à cette demande. Cette desserte, au demeurant saugrenue dès lors qu’un simple rond-point sur la RD 316 aurait suffi, n’a donc plus de raison d’être. Bien plus, la zone d’activités, finalement transférée à l’est, a été annulée par le tribunal administratif de Cergy comme illégale sur demande du sous-préfet, annulation d’ailleurs confirmée par délibération du conseil municipal. De ce fait, la demande d’aménager est une manoeuvre totalement entachée de fraudes à double titre car il en est de même du prétendu merlon paysager qui n’est en réalité qu’une décharge déguisée de 7 hectares. Deplus, ce projet constitue donc un vrai gaspillage des meilleures terres agricoles.
À noter que les pratiques de la société Veolia de disperser ainsi ses déchets inertes un peu partout sous forme de « merlons paysagers » dans les champs, pour échapper à certaines dispositions de la loi, ne sont pasune première. Une tentative récente du même genre avait révolté les communes de Mareil-en-France, de
Chatenay-en-France et de Fontenay-en-Parisis. À la suite de l’intervention des maires et du PNR Oise-Pays de France, le projet avait été abandonné.
Il est donc tout à fait légitime qu’une association comme Citoyens vigilants au Mesnil-Aubry s’oppose en justice contre un projet de décharge implantée aux portes de leur commune. Malheureusement, une loi ignoble interdit depuis peu aux habitants de se regrouper en association pour se défendre lorsque l’intention de création intervient après le dépôt de la demande d’autorisation du projet, même si le projet est totalement illégal ou frauduleux.
Dans un but de conciliation, Les Amis de la Terre du Val d’Ysieux ont donc écrit au maire de la commune afin qu’il retire son autorisation illégale, manifestement entachée de fraude. Devant son refus, plusieurs associations* ont obtenu d’être reçues par Veolia afin qu’elle annule son projet, ce qu’elle refuse également,alors même qu’elle reconnaissait l’inutilité de la desserte.
Les associations devront-elles faire appel à la justice ? Il serait dommage que les rapports entre les associations d’environnement du département et la société Veolia s’enveniment sur un projet en dépit du bon sens d’une époque révolue.

 

Affaire à suivre.
 

 

ETIENNE BOHLER
LES AMIS DE LA TERRE DU VAL D’YSIEUX

 

 

 

*LES AMIS DE LA TERRE
DU VAL D’YSIEUX,
LES AMIS DE LA TERRE
VAL-D’OISE,
VAL-D’OISE ENVIRONNEMENT,
CITOYENS VIGILANTS
AU MESNIL-AUBRY

http://ioplace.pagesperso-orange.fr/agora%2023%20oct%2010_BD.pdf

   

 

 

 

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