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13 septembre 2011 2 13 /09 /septembre /2011 14:07

Stockage de déchets

à radioactivité naturelle renforcée

dans la décharge

 Sita Fd Villeparisis :

les seine et marnais servent de cobayes ?

 

 

 

 Article paru dans La Lettre IDEE / N° 55 de France Nature Environnement-

Septembre Octobre 2010 / p 6

 

 

RADIOACTIVITÉ NATURELLE RENFORCÉE ?

 

Qu'y-a-t-il sous le terme « Radioactivité naturelle renforcée » ou RNR ?

Par Maryse Arditi, pilote du réseau Risques Industriels

 

Nous savons tous que la radioactivité naturelle existe, que ce soit l'uranium, le radon ou le carbone 14 (qui permet d'estimer la datation sur des millénaires) pour ne citer que les noms les plus connus. La radioactivité naturelle présente quelques caractéristiques essentielles. La Terre ayant 5 milliards d'années, ne peuvent subsister aujourd'hui à l'état naturel que les éléments radioactifs à durée de vie très très longue (c'est le cas des éléments lourds uranium ou thorium avec des périodes qui se comptent en milliards d'années et de leurs produits de filiation (polonium, radium, radon, etc.) ou alors ceux qui sont produits en permanence par le rayonnement cosmique qui nous arrive du ciel (c'est le cas du carbone 14).

 

Pourquoi renforcée ?

Certains éléments très utiles à l'industrie, se trouvent dans des terres rares qui contiennent des éléments radioactifs à des taux plus ou moins élevés. Quand ces éléments utiles sont extraits des terres, il reste des déchets dans lesquels se concentre toute la radioactivité initiale. On se trouve en présence de radioactivité naturelle renforcée. A quel niveau ?

On trouve de tout : depuis des niveaux très faibles jusque des niveaux qui nécessiteraient le stockage dans le centre (qui n'existe pas ) de déchets faiblement radioactifs à vie longue.

 

Que faire de ces déchets ? Quelques repères réglementaires

Il s'agit souvent de quantités très importantes, de terres polluées et autres résidus de traitement. Dans le passé, ils ont souvent été stockés dans des décharges de classe 1 ou des décharges de déchets ménagers, voire des stockages d'inertes en provenance d'ICPE sans compter les dépôts simples sans aucune surveillance particulière. Le problème n'avait pas été repéré.

En 1996, une directive européenne (96/29 Euratom) demande de recenser ces activités et leur impact éventuel, transcrite dans l'article R1333-13 du code de la santé publique. Puis les arrêtés ministériels de décembre 2002 interdisent l'entrée de produits radioactifs dans les centres de stockage de déchets dangereux et non dangereux. Les centres s'équipent de portiques de détection et commencent à renvoyer les chargements qui font sonner les portiques.

 

 

Et aujourd'hui ?

La question de l'évacuation de ces déchets commence alors à se poser sérieusement. Dans la loi du 28 juin 2006, un article prévoit de recenser les déchets RNR et de proposer des solutions. La DGPR fait alors parvenir aux préfets une circulaire (du 25 juillet 2006) précisant les règles d'acceptation de ces déchets dans les centres de stockage avec essentiellement une étude de l'impact radiologique. Dans cette circulaire, les mêmes centres de stockages sont concernés: classe 1 ou classe 2 ou inertes en provenance d'ICPE. Aucunelimitation de radioactivité n'est posée. Aujourd'hui, on pourrait donc trouver ces déchets radioactifs dans les centres de stockage des ordures ménagères, y compris ceux qui seraient trop radioactifs pour être acceptés dans le centre de stockage spécialement dédié aux déchets très faiblement radioactifs.

En réalité aujourd'hui, seuls deux centres de stockage de classe 1 (Bellegarde et Villeparisis) ont commencé à accepter ces déchets.

 

 

Et demain ?

La France attend une quantité impressionnante de déchets faiblement et très faiblement radioactifs lors du démantèlement des centrales. Il n'existe pas de solution pour eux à ce jour, comme une décision juridique récente l'a démontré. Il est clair que la mise en décharge standard va être une solution tentante, même si dans ce cas, il ne s'agit pas de radioactivité naturelle. Un dossier à suivre de très près.

 

 

Lien vers l’article :

www.fne.asso.fr/dechets/lidee_septoct2010_n55.pdf

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