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24 septembre 2010 5 24 /09 /septembre /2010 15:02

Extrait article paru dans bulletins-electoniques.com :

 

BE Danemark 28  >>  22/09/2010

 

Environnement
Quelle rançon pour le carbo
ne séquestré ?

http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/64531.htm

La séquestration du carbone est de plus en plus envisagée comme une solution, du moins provisoire, au problème du réchauffement climatique. L'Union Européenne, par exemple, planifie un investissement à hauteur de plusieurs milliards d'euros dans les 10 prochaines années pour développer la capture et la séquestration du carbone à proximité des sites de combustion où il est principalement rejeté dans l'atmosphère. Cependant, l'efficacité et les conséquences à long terme d'une fuite sur les océans et sur le climat ne sont pas connues. Une étude de l'Institut Niels Bohr donne aujourd'hui un éclairage plus précis sur ces questions. Cette étude a été publiée dans la revue scientifique Nature Geoscience…

La séquestration du carbone à grande échelle pourrait permettre d'éviter le réchauffement brutal prévu dans un scénario sans baisse drastique d'émissions de gaz à effet de serre. Cependant, les différents types de séquestration n'ont pas été testés ou modélisés sur le long terme, en particulier en cas de fuite. Les conséquences de telles fuites sur l'environnement et le climat sont également inconnues. Des calculs montrent que le stockage de dioxyde de carbone en haute mer pourrait causer des problèmes importants à la vie marine, et que le dioxyde de carbone pourrait par ailleurs très rapidement se retrouver dans l'atmosphère.

Gary Shaffer, professeur à l'Institut Niels Bohr, et directeur du Centre danois pour la Science du Système Terrestre, a fait des projections à long terme pour un certain nombre de scénarios de séquestration/fuite. Ses résultats montrent que les fuites du dioxyde de carbo
ne pourraient avoir pour conséquence un réchauffement atmosphérique, une augmentation du niveau de la mer et une diminution de la concentration en oxygène, une acidification et une augmentation du taux de CO2 dans les océans. Selon les signataires de l'étude, le stockage du CO2 dans les fonds océaniques est ainsi un mauvais choix, puisque cela crée de graves problèmes pour la vie marine profonde, et ne résout que peu de temps le problème, le dioxyde de carbone revenant relativement rapidement dans l'atmosphère, ramenant le problème du réchauffement climatique.

Le stockage géologique pourrait être plus efficace pour retarder le retour du réchauffement et les conséquences associées, mais seulement si les fuites restent inférieures à 1% tous les 1000 ans. Alternativement, on pourrait également compter sur les fuites provenant des réservoirs océaniques et géologiques pour re-séquestrer du dioxyde de carbo
ne afin de stabiliser le climat à un niveau désiré. Il serait dans ce cas cependant difficile de faire correspondre le niveau de fuites et le niveau de re-séquestration. De plus, la re-séquestration devrait alors se faire sur plusieurs milliers d'années, ce qui pourrait être un fardeau pour les générations futures, au même titre que la gestion des déchets nucléaires.

"La séquestration du CO2 a beaucoup d'avantages potentiels par rapport à d'autres formes de géo-ingénierie climatique. Cela paraît cohérent de remettre le carbo
ne à l'endroit d'où il provient. Le CO2 atmosphérique est une molécule de longue vie, distribuée de manière uniforme, ce qui la rend gérable à long terme, de manière contrôlée, en ayant moins de chances d'avoir des surprises climatiques désagréables. Cependant, il ne faut pas sous-estimer les problèmes potentiels à court et à long terme que peuvent poser les fuites dans les stockages de CO2. Le carbone trouvera une sortie du sol ou des fonds marins. La situation actuelle du Golfe du Mexique en est un poignant exemple", explique Gary Shaffer.
Le professeur Shaffer conclut que " les dangers de la séquestration du carbo
ne sont réels et le développement de cette technique ne devrait pas être utilisé comme un argument pour continuer de manière indéfinie les émissions de gaz à effet de serre. Au contraire, nous devrions limiter les émissions de CO2 aujourd'hui, afin d'éviter le recours à une séquestration massive de dioxyde de carbone, et ainsi réduire les conséquences et fardeaux laissés aux générations futures. "

 

Lien vers l'article : 

http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/64531.htm

 

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