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20 avril 2011 3 20 /04 /avril /2011 22:00
Extrait article paru sur le site du Parisien 77 :
 
Le labo qui lit l’avenir des centrales nucléaires

Depuis un an et demi, près de Moret-sur-Loing, un laboratoire d’EDF étudie le vieillissement des matériaux de 200 centrales nucléaires dans le monde, notamment au Japon.

 

Pascal Villebeuf | Publié le 20.04.2011, 07h00

Au milieu du vaste centre EDF des Renardières, qui emploie 600 personnes à Ecuelles, près de Moret-sur-Loing, se trouve un bâtiment à haute qualité environnementale de 1400 m2. Truffé de haute technologie, l’Institut international du vieillissement des matériaux (ou Materials Ageing Institute, MAI) a ouvert fin 2009.

 

EDF y a investi 15 M€. Il abrite 80 chercheurs, ingénieurs et techniciens du monde entier.

 

Jan Van Der Lee, son directeur, nous explique son fonctionnement. « L’Institut international du vieillissement des matériaux permet d’étudier la corrosion des tubes en nickel distribuant la vapeur d’eau dans une centrale, l’irradiation du matériel, les maladies du béton et aussi les polymères, isolants des câbles électriques. Nous analysons également, en collaboration avec Areva (NDLR : l’entreprise française qui fournit et retraite les combustibles de nombreuses centrales nucléaires du monde entier), les nouveaux alliages de demain. Toutes ces études visent à prolonger la durée de fonctionnement des réacteurs, notamment au-delà des quarante ans actuels. Ceux de Fukushima, au Japon, qui ont subi le tremblement de terre, le tsunami (et des explosions de leur enveloppe externe), ont cet âge-là. »

En France, les six plus vieux réacteurs en exploitation se trouvent à la centrale de Fessenheim, en Alsace — dont les deux cœurs sont en activité depuis mars et juin 1977. D’autres ont été mis en service dans les années 1980. Les deux réacteurs de la centrale de Nogent-sur-Seine, dans l’Aube, à 15 km de Provins, sont entrés en activité respectivement en septembre 1987 et septembre 1988.

Pour animer ce laboratoire, un partenariat financier et de recherche international a été constitué, avec Tepco et Kansai (Japon), Epi (Etats-Unis), British Energy (Grande-Bretagne) et maintenant Areva et les Chinois. « Nos recherches concernent 50% du parc nucléaire mondial (200 réacteurs). Nous sommes devenus la référence dans ce domaine en rassemblant une large communauté scientifique », estime fièrement Van Der Lee.

Au MAI d’Ecuelles, pas question de réagir à chaud sur le terrible accident de Fukushima au Japon. « Il faut attendre que tout redevienne normal. Après, en liaison avec les chercheurs de Tepco, il y aura sûrement des études de matériaux à faire. Mais on ne recevra pas d’éléments radioactifs à Ecuelles. Ce genre de test est effectué à Chinon (Indre-et-Loire). Mais nos chercheurs y sont associés. » Un an et demi après l’ouverture du MAI, les avancées sont notables. « Déjà, nous pouvons conseiller les inspecteurs des centrales sur les points sensibles à vérifier. On sait par exemple quel boulon à quel endroit va s’abîmer plus vite. Et d’ici fin 2011, nous annoncerons d’autres découvertes importantes », indique le directeur.

Manifestation lundi à Nogent-sur-Seine. Les sections seine-et-marnaise et auboise d’Europe Ecologie-les Verts espèrent faire pression sur le gouvernement pour le contraindre à sortir du nucléaire. Lundi, à 15 heures, elles organisent une manifestation, place de l’Eglise à Nogent-sur-Seine (Aube).

Le Parisien

  

Lien vers l'article :http://www.leparisien.fr/seine-et-marne-77/le-labo-qui-lit-l-avenir-des-centrales-nucleaires-20-04-2011-1414740.php



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