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29 août 2013 4 29 /08 /août /2013 21:40

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Veolia Claye-Souilly 2008

 

 

Paru dans la revue Anses • Bulletin de veille scientifique n° 20 • Santé /

Environnement / Travail • Mars 2013 : 

Article 2

Détermination des critères à prendre en compte dans l’évaluation des risques liés aux installations de stockage de déchets

 

 

Métaux lourds, sels et résidus organiques présents dans d’anciennes décharges de déchets urbains et dans les eaux de surface des zones de transfert : Paramètres déterminants pour la prise en compte de leur impact

 

Pastor J, Hernandez AJ. _Heavy metals, salts and organic residues in

old solid urban waste landfills and surface waters in their discharge

areas: Determinants for restoring their impact. J Environ Manage

2012;95:S42-S49.

 

Résumé

Même après leurs fermetures, de nombreuses décharges continuent de causer des dommages environnementaux,

notamment en ce qui concernela pollution des sols à proximité .Les travaux présentés dans cet article ont pour objectif de suivre l’évolution des paramètres physico-chimiques considérés comme déterminants afin de connaître les impacts sur l’environnement .Quinze sites situés en Espagneont été étudiés. Il s’agit d’anciens sites de stockage de déchets ménagers ou industriels fermés depuis au moins 20 ans. Pour chacun des sites, des prélèvements de sols ont été effectués afin de déterminer les teneurs en métaux lourds mais également en polluants organiques (hydrocarbures,

insecticides, HAP (7)). Des prélèvements d’eaux ont également été réalisés en vue de connaître les concentrations en polluants organiques et inorganiques. Par ailleurs, uneidentification des plantes présentes sur les sites, mais également des nématodes (8)a été réalisée. Concernant les éléments traces métalliques, les valeurs restent majoritairement inférieures à celles de référence.

Deux sites situés à San Lorenzo et El Escorial sont nettement au dessus de ces valeurs notamment en ce qui concernele zinc(respectivement, 185 et 693 contre 140 mg kg-1 pour la référence).

En ce qui concerneles anions, seules les concentrations en nitrates mesurées dans les sols sont supérieures aux valeurs de référence. Le maximum étant atteint pour le site d’Arganda avec uneconcentration de 19 795 mg kg-1. Certains sites se distinguent aussi par la présence de polluants organiques dans les sols, avec des dépassements de normes pour des phénols, le lindane, des hydrocarbures, des HAP et des PCB. Les eaux impactées contiennent de nombreux polluants et notamment des phtalates.

La diversité écologique est elle aussi affectée par ces anciens sites. Les auteurs mettent ainsi en évidence unediminution de la biodiversité, probablement due aux conditions défavorables, à la toxicité de métaux lourds, de sels ou de polluants organiques. Les eaux de surface à proximité de ces anciennes décharges sont également impactées, mais dans des proportions moindres.

Seul le site d’Aranjuez présentent des concentrations en cations largement supérieures aux normes avec des concentrations en Ca de 410 mg L-1, en sodium de 2 736 mg L-1 et en soufre de 270 mg L-1. Ces fortes concentrations associées à unediminution de la diversité sur les sites étudiés montrent que ces sites, même20 ans après leur fermeture, présentent des risques importantstant au niveau environnemental que sanitaire.

 

Commentaire

Si de nombreux travaux étudient le comportement des anciens sites de décharge au travers d’une même famille de polluants(métaux lourds, polluants organiques…), peu d’entre elles font une approche globale en combinant différents paramètres. Cette étude tire une grande partie de son originalité et de sa richesse de cette approche complémentaire. En étudiant, en effet, à la fois les concentrations (en métaux et polluants organiques) sur les sols des sites et dans les eaux à proximité, elle permet d’avoir une vision assez complète des polluants présents et de leurs transferts vers les eaux après leur fermeture. L’étude aborde aussi les effets sur les écosystèmes au travers de la biodiversité

du couvert végétal et des nématodes du sol. Le grand nombre de sites étudiés (15) permet d’éliminer des points particuliers et valide pleinement cette étude. Il est toutefois dommage que peu d’informations soient disponibles concernant les sites eux-mêmes. En effet, rien n’est mentionné sur les volumes stockés, sur le type de déchets, ou bien encore sur la durée de vie de chacune des décharges. La mise en comparaison des sites en est alors délicate. De plus, aucune carte n’est présente. Seules les coordonnées sont mentionnées. Si celles-ci permettent de constater que les différents sites sont peu éloignés les uns des autres, aucune information n’est faite concernant par exemple

les types de formations sous-jacents, ou bien encore la proximité des points d’eau ainsi que leurs nombres. Cela nuit un peu à la qualité de cette étude.

Conclusion générale

Conclusion générale

Les trois articles présentés dans le cadre de cette note ont pour objectif de pouvoir définir différents paramètres permettant de suivre l’évolution de centres de stockage de déchets, que ceux-ci soient encore en activité ou arrêtés depuis des dizaines d’années. Il apparaît clairement que la seule prise en compte des critères chimiques (concentrations en certains éléments…) n’est pas suffisante pour évaluer pleinement les risques engendrés par de telles exploitations. En intégrant les paramètres hydrodynamiques, notamment au niveau des masses d’eaux souterraines, et les transferts associés, il devient alors possible de réaliser des simulations à moyen et long terme du devenir des éventuels polluants  relargués  par ces décharges. La prise en compte des différents modes de gestion de ces installations, tant à l’échelle européenne qu’internationale, permettrait d’apporter un grand nombre de résultats en vue de contraindre ces simulations.

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http://www.anses.fr/fr/documents/BVS-mg-020.pdf

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