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12 octobre 2009 1 12 /10 /octobre /2009 19:37

Extrait d’un article paru sur le site : Le Journal développement durable 

9.9.2008

 

Pétrochimie : La sécurité en question chez Total

 

300 employés d’une usine de Grandpuits (Seine-et-Marne) du groupe Total ont dû être évacués le 13 août après une fuite d’ammoniac ©DR

Déboires judiciaires et accidents industriels à répétition : le groupe français Total traverse une période de crise et encaisse les coups. Après plusieurs explosions et intoxications, c’est une fuite d’ammoniac qui a entraîné l’évacuation, jeudi 13 août, de 300 employés d’une usine de Grandpuits (Seine-et-Marne). Quatre salariés sont décédés depuis le début de l’année. La politique de sécurité du groupe est remise en cause.

L’incident serait sans doute resté cantonné dans les faits divers, s’il ne s’était pas ajouté à un ensemble de difficultés auxquelles Total doit faire face depuis le début de l’année. Une fuite d’ammoniac a entraîné l’évacuation, jeudi 13 août, de 300 employés de son usine de Grandpuits en Seine-et-Marne, spécialisée dans la fabrication d’engrais azotés et classée Seveso 2. À l’origine du problème, une erreur d’un technicien qui, vers 11h00, a « oublié de passer en mode manuel une vanne de compresseur ». La surpression a alors entraîné l’ouverture d’une soupape de sécurité et l’évacuation d’ammoniac à l’extérieur du bâtiment, « sans faire de blessés », selon la gendarmerie. La préfecture a pris dès le lendemain un arrêté demandant la suspension de la production dans l’atelier incriminé, en attendant la remise en état des installations. Une fuite avait déjà eu lieu dans l’usine, le 22 juillet dernier. Du coup, une réunion est prévue cette semaine en préfecture entre le directeur de Grandpuits, les pompiers, les gendarmes et les maires des communes voisines.

Des batailles judiciaires en cours

Car Total n’en est pas à son premier problème industriel cette année. Loin de là. Jeudi 13 août, un autre accident s’est produit dans l’usine pétrochimique de Lavéra (Bouches-du-Rhône), détenu par Total et le chimiste Ineos. Deux salariés ont été brûlés au deuxième degré lors de l’allumage d’un four. Une semaine plus tôt, trois employés avaient également été blessés à Gonfreville (Seine-Maritime), à la suite du renversement d’un bac d’acide sulfurique vide. Beaucoup plus grave, l’explosion survenue en juillet sur la plate-forme pétrochimique de Carling Saint-Avold (Moselle) avait fait deux morts et six blessés. Deux autres décès avaient déjà eu lieu en janvier dans les raffineries de Flandres et de Provence, à la suite d’une intoxication à l’hydrogène sulfuré et de l’explosion d’un camion-citerne.
A toutes ses défaillances, s’ajoutent des batailles judiciaires que doit mener le groupe. À commencer par celle de l’usine A ZF qui s’est ouverte à Toulouse en février dernier. Une gigantesque explosion avait ébranlé en septembre 2001 tout un quartier de la ville, faisant 31 morts et pas moins de 2 500 blessés. Le tribunal correctionnel a placé Total et son PDG de l’époque Thierry Desmarest au rang des prévenus. Le procureur a demandé en juin dernier, à la fin du procès, trois ans de prison avec sursis contre l’ex-directeur de l’usine et une amende de 225 000 euros contre Grande Paroisse (Groupe Total), propriétaire de l’usine. Le jugement du tribunal correctionnel sera rendu le 19 novembre prochain. 

Une multiplication d’accidents

Début 2008, Total avait déjà été jugé par la Haute Cour de Londres (Angleterre) qui avait reconnu la responsabilité du groupe français dans l’incendie d’un dépôt de carburant de Buncefield, fin 2005. Autre polémique : une fuite de fioul dans la raffinerie Total de Donges (Loire-Atlantique) qui a pollué un estuaire de la Loire en mars 2008. Le groupe a été mis en examen dans le cadre de l’enquête.
Face à la multiplication des accidents, il devient de plus en plus difficile aux salariés du groupe - et aux victimes - de croire en la fatalité. Des voix s’élèvent pour mettre en cause la politique de sécurité. « On aurait pu croire que Total tirerait les conséquences du procès AZF, mais on continue à sacrifier les vies des salariés », commente Jean-Michel Petit, secrétaire général de la Fédération de la chimie - CGT. D’autant que le 10 mars dernier, le pétrolier français a annoncé la suppression de 555 postes d’ici à 2013 dans le cadre d’une restructuration en France de ses activités de raffinage et pétrochimie. « Les objectifs de rentabilité à deux chiffres fixés aux branches d’activité par les dirigeants du Groupe et le retour aux actionnaires conduisent, pour les atteindre, à des plans de restructuration, des plans de réduction des coûts, à reporter des opérations de maintenance et de remplacement de matériel, à démarrer des installations avant même que l’ensemble des conditions d’instrumentation ne soit rempli, à l’externalisation pour reporter le coût du travail sur la sous-traitance, à des manques d’effectifs, de formation, d’anticipation des départs et de recouvrement des postes, à des dégradations des conditions de travail, à l’accroissement du stress », s’indigne la CGT qui réclame « davantage de droits d’intervention des salariés ».
……

18 août 2009, Patrick Cros

http://www.developpementdurablelejournal.fr/spip.php?article5073

 

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