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25 janvier 2012 3 25 /01 /janvier /2012 10:11

 

 

 

 

 

 

Paru sur le site du nouvel observateur :
 

 

L'usine de la peur
Créé le 11-01-2012 à 11h20 - Mis à jour le 12-01-2012 à 13h33      3 réactions
 
Par Sophie Des Deserts
 

 

 

 

 

En 1990, Aprochim a installé un centre de retraitement de déchets souillés aux PCB à Grez-en-Bouère (Mayenne). Depuis des signes de contamination sont apparus.

L'usine d'Aprochim. En décembre dernier, le parquet de Laval a ouvert une information pour "mise en danger de la vie d'autrui et pollution. (Laetitia Notarianni-Abaca pour le Nouvel Observateur)......
 
 
"Pas d’inquiétude", a dit le pédiatre. En juillet, Anne consultait pour sa fille, Mélissa, 6 ans, qui se plaignait de douleurs aux "tétons" (1). Durant l’été, ils se sont mis à rougir et à grossir. Sur le torse frêle, une poitrine a surgi. Comme si, dans ce corps d’enfant, les hormones devenaient folles.
Du poison dans le bocage
Au CHU, les médecins ont découvert d’autres signes troublants : un kyste à l’ovaire, un utérus et des lèvres vaginales anormalement développées. Le diagnostic n’a pas tardé : puberté précoce. Immédiatement, Anne n’a songé qu’à elle : Aprochim, l’usine qui, toute sa jeunesse, à deux pas de la ferme familiale, a déversé ses odeurs âcres, ses fumées grisâtres. Et qui trône à moins d’un kilomètre à vol d’oiseau de la maison où elle vit aujourd’hui. Dans l’horizon de la jeune femme, il y a toujours eu ce bloc de béton blanc, comme un ovni tombé au cœur de la campagne mayennaise, à la sortie de Grez-en-Bouère, non loin des terres de François Fillon.
 

 

Au fil des ans, les gens avaient fini par oublier qu’on y traitait des déchets souillés au polychlorobiphényles, communément appelés PCB. Personne n’imaginait qu’au lieu d’éliminer le poison l’usine le disséminait tout autour. Il y a un an, des traces de PCB ont été retrouvées dans le lait des fermes voisines de l’usine.
 

 

"Mise en danger de la vie d'autrui..."
Depuis, le bourg de 990 habitants vit au rythme des contrôles et des mises sous séquestre. Dans ces contrées où les bêtes sont toute la richesse, on a d’abord pleuré les 400 bovins partis à l’équarrissage. Comme si le poison d’Aprochim ne menaçait pas les hommes. On ne sait rien, aucune étude épidémiologique n’a été menée, mais le cas de Mélissa et d’autres, le sort d’anciens ouvriers de l’usine, aujourd’hui décédés, plongent le village dans l’angoisse. Les PCB sont connus pour être des agents troubles fragilisant l’appareil reproducteur, affaiblissant le système immunitaire, générant un diabète avec risque d’infarctus et favorisant les cancers.
On est là face à un dossier extrêmement sensible", indique le directeur adjoint de l’Agence régionale de Santé.
Mi-décembre, le procureur de Laval a enfin annoncé l’ouverture d’une information judiciaire pour "mise en danger de la vie d’autrui et pollution". L’usine, elle, continue de tourner. [•••]
 

 

 

 

 

(1) Les prénoms ont été modifiés à la demande des intéressés
 

 

 

 

 

> Retrouver l'intégralité de l'enquête dans "le Nouvel Observateur" du jeudi 12 janvier, Sophie des Déserts raconte vingt ans d'illusions, de mensonges et d'aveuglement.

 

 

 

 

 

 

 

Lien vers l’article : http://tempsreel.nouvelobs.com/l-enquete-de-l-obs/20120111.OBS8517/l-usine-de-la-peur.html


Pour aller plus loin :  http://www.anjoumayenne-environnement.com/article-aprochim-temoignage-d-un-eleveur-contraint-d-abattre-ses-betes-86736515.html




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