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26 août 2010 4 26 /08 /août /2010 19:45

Extrait du livre « Le Grenier de Paris, histoire de la Brie du Multien et de la Goële »

Jean Michel  DERES 1979

 

« En guise de conclusion

Sans unité, le pays de Meaux doit néanmoins s’affirmer et imposer son identité.

Le moment est venu à chacun d’entre nous de penser à l’avenir au-delà du court terme et d’envisager, dès à présent, les possibilités d’extension raisonnable de l’urbanisme. C’est une nécessité, car la vie urbaine et  rurale est menacée.

En cinquante ans, la banlieue parisienne a atteint Chelles. Elle gagne maintenant Meaux avec l’implantation de Marne-la-Vallée et de la ville nouvelle de Beauval. Il faut avoir conscience que, dans un avenir plus ou moins lointain, notre région pourrait être absorbée par une métropole tentaculaire.

Le danger menace tout autant nos villages. Depuis quelques années, on constate la croissance rapide de bourgs ruraux à proximité des zones d’emplois. Il s’agit d’une population de type nouveau, même si elle a parfois des racines dans la région. Certes, ce phénomène est une chance pour nos villages : des maisons sont restaurées, des équipements collectifs sont possibles, une animation nouvelle se met en place, une communication entre ville et campagne est créée. Mais les risques sont grands : les paysages sont détruits, la population ancienne est noyée, les nouveaux venus sont déracinés, les finances des communes enfin sont déséquilibrés. On risque, à brève échéance, de voir nos bourgs se transformer en villages-dortoirs. Déjà certains d’entre eux se sont mutés en communautés de retraités et en lieux de week-end et de vacances.

Notre pays a pourtant une carte à jouer. Il doit être une terre d’enracinement ; pour cela, l’implantation de petites industries de transformation doit être envisagée. Au cœur même du village, ces entreprises seraient créatrices d’emplois et sources de revenus dans les bourgs ; une population jeune et active pourrait alors s’établir et prendre racine.

Ce pays doit être terre d’enracinement, certes. Mais il doit être aussi terre d’accueil. Le terroir possède encore de nombreuses forêts. Les grands défrichements de l’époque gallo romaine et ceux des XIIe et XIIIe siècles répondaient à une nécessité vitale. Il n’en est pas de même aujourd’hui. La forêt doit être sauvegardée et aménagée pour l’équilibre de chacun.

Ces problèmes d’aménagement du sol dont l’affaire de tous et doivent se concrétiser en termes politiques : aussi, la   « démocratie de clocher » doit s’épanouir dans un cadre administratif cohérent. De la nuit des temps à 1789, le pays de Meaux – sous la forme du pagus, du comté et du diocèse- a constitué une entité administrative et « politique » cohérente. D’un trait de plume l’administration révolutionnaire a supprimé une structure dans laquelle les habitants pouvaient se situer.

Certes, il n’est pas question de remettre en cause la cellule départementale. Mais il est souhaitable de « repenser la Seine et Marne ».

Aujourd’hui le département excentré vers le sud, amputé vers le nord, n’arrive pas à trouver son  « unité » culturelle et physique. La Seine et Marne d’aujourd’hui a deux têtes : Melun et Meaux sont deux villes aussi importantes l’une que l’autre, tant au plan démographique qu’industriel.

Le processus de revitalisation du pays ne peut se réaliser sans une profonde réforme administrative. Deux départements pourraient être créés à partir de l’actuelle Seine et Marne : celui de Seine et Loing au Sud, celui de Marne et Morins au nord. Le nouveau département aux limites calquées sur celles de l’ancien pays de Meaux renouerait alors avec l’histoire d’un pays vieux de plusieurs millénaires. »

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