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22 mars 2012 4 22 /03 /mars /2012 13:01

Le Conseil Général de Seine et Marne

va-t-il créer une mission de surveillance sur le pétrole de schiste

comme le Lot et Garonne et bientôt le Gers ?

 

 

 

Paru sur le site du journal Sud Ouest :

jeudi 22 mars

 

6h00 | Mise à jour : 10h56
Par Maryan Charruau et Philippe Andréoulis

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Le Gers surveille l'exploration du gaz de schiste

Le Gers demain, après le Lot-et-Garonne hier, va créer une mission de surveillance

 «On peut penser que la loi nous protège. Mais on sait bien que les grands groupes pétroliers font feu de tout bois pour arriver à leur fin. » Sur les dangers de l'exploitation du gaz de schiste, Philippe Martin est incollable. En avril 2011, le président du Conseil général avait été corapporteur d'un rapport parlementaire sur le sujet. Et, estimant le danger grand, s'est arc-bouté contre tous les projets d'exploitation dans la région. Demain, lors de la session du Conseil général, il devrait renforcer son arsenal défensif.

Ses collègues élus du Conseil général du Lot-et-Garonne ont rejoint son combat. Hier, le Conseil général du Lot-et-Garonne a créé une mission d'information et d'évaluation sur l'exploration et l'exploitation des gaz de schiste. Ses membres devront rendre leur rapport sur les risques encourus dans six mois.

Première en France

La création de cette mission est une première en France. Elle intervient après la demande de deux permis d'exploration qui auraient été déposés à la préfecture de Tarn-et-Garonne, coordinatrice de l'instruction. Il y a d'abord le permis dit de Beaumont-de-Lomagne, dans le Tarn-et-Garonne, qui couvre une zone de 10 405 km² dans les départements du Gers, du Lot-et-Garonne, du Lot, de la Dordogne, du Tarn-et-Garonne, de la Haute-Garonne et de l'Ariège, ce qui en fait en superficie le plus grand permis demandé en France.

La demande concernant Mirande, faite en mars 2011, complétée le 10 août 2011, n'est qu'une extension du permis de Beaumont-de-Lomagne, décrypte Philippe Martin. « Ces permis ne sont pas une surprise pour moi. » Le site de Mirande intéresse les Australiens de Gas2Grid et celui de Beaumont-de-Lomagne, les Américains de BNK Petroleum.

« Rester mobilisés »

« Des demandes de permis de ce type, il y en a plus d'une soixantaine déposée au ministère de l'Écologie », explique Philippe Martin. « Mais, normalement, depuis le vote de la loi Jacob, une réponse négative est donnée dès que la technique indiquée est la fracturation hydraulique. Or il n'existe pas d'autres méthodes actuellement. » Mais Philippe Martin sait que l'excès d'optimisme peut nuire. « Nous allons engager une procédure du même type que le Lot-et-Garonne, précise-t-il. Car, avant tout, il faut rester mobilisés. »

Dans le Lot-et-Garonne, la mission auditionnera experts, industriels, scientifiques, collectifs, services de l'État… Elle entendra en juin les sociétés américaine et australienne. Elle présentera un rapport lors d'un débat public au second semestre 2012.

D'ores et déjà, son rapporteur, Michel Esteban, souligne : « L'inquiétude est légitime car il y a conflit d'intérêts entre l'énergie et l'environnement. » Les impacts sur la nature liés à la fracturation hydraulique sont nombreux : fuite de CO2, solubilisation du sous-sol et des nappes, microséisme, pollution par les additifs, usage d'eau massif…

Comme l'a relevé une autre élue du département voisin, Catherine Pitous : « Il ne faut pas écarter les atteintes à la santé sur les populations exposées » aux 500 principes chimiques contenus dans le liquide de fracturation des roches. Aux pollutions de l'air et de l'eau s'ajoute la dégradation du cadre de vie.

Si, sous l'entremise du ministère de l'Écologie, l'exploitation par fracturation est interdite depuis le 13 juillet 2011, la recherche est autorisée, au titre de l'exploration minière conventionnelle. « Soyons prudents, car il existe des vides juridiques en ce domaine », a relaté hier matin l'un des membres de la mission.

De toute façon, Philippe Martin a prévenu : « Je suis archi-contre. » Avant de terminer, sous forme d'avertissement aux candidats aux forages : « Avec moi à la manœuvre, ça m'étonnerait qu'ils y arrivent ! »

Lien vers l’article :

http://www.sudouest.fr/2012/03/22/de-l-eau-dans-le-gaz-665874-2277.php

 

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