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10 février 2010 3 10 /02 /février /2010 08:02
Paru sur le site Usine Nouvelle.com :
Le captage et le stockage du carbone, un procédé controversé

Le 02 février 2010 par Ana Lutzky

 

Commercialisable en 2015, la séquestration industrielle du CO2 doit répondre à deux défis : réduire la pénalité énergétique du captage et les risques du stockage

A côté des puits de carbone naturels, tels les océans ou les prairies, la séquestration industrielle du CO2 est une autre solution pour stocker sous terre ce gaz rejeté par les gros émetteurs, en attendant le développement des énergies renouvelables qui réduiraient l’émission à la source. Les États sont conscients de cet état de fait. La technologie du captage et du stockage de carbone (CCS en anglais), coûteuse, constitue un point d’achoppement des transferts de financements et de technologies des pays du Nord vers les pays du Sud. Les États-Unis s’activent sur ce secteur, la Chine a, bien sûr, commencé ses travaux de recherche en la matière. Parmi les pays les plus actifs, on doit citer la Norvège, la Grande-Bretagne, le Canada, l’Australie, l’Allemagne, mais aussi la France. …..

Le stockage en ligne de mire

Aujourd’hui, l’enjeu de la technologie s’est déplacé vers le stockage…... L’inconvénient majeur du captage, en dehors du coût, vient de la pénalité énergétique. Aujourd’hui, absorber le CO2 contenu par les fumées d’une centrale au charbon prend encore… un quart de l’énergie de la centrale !  De quoi attirer la méfiance des associations environnementales.

Mais c’est bien plus le stockage qui retient l’attention. Domai
ne de prédilection de la plupart des pétroliers et gaziers mondiaux et des sociétés de services pétrolières, telles Schlumberger, HalliBurton, CGG Veritas, ou des géologues comme le BRGM, la situation y est beaucoup moins compétitive, et plus coopérative. D’autant que le stockage dépend de permis venant des autorités étatiques. Transporté par pipeline ou par container jusqu’au lieu sous-terrain de stockage, le CO2 sera le plus souvent injecté en aquifère salin : une poche d’eau de mer préhistorique enterrée sous une couche imperméable d’argile à 2 000 mètres de profondeur. Il peut aussi être injecté dans un gisement de pétrole ou de gaz déplété (ndr. : vidé), voire dans une veine de charbon inexploitée. Des interrogations existent encore sur les risques de fuite et de pollution des nappes phréatiques : le CO2 acidifie l’eau, il est toxique à une concentration de 5 % dans l’air et mortel à 20 %.  Réinjecté dans des puits de pétrole déplétés, il peut migrer vers d’autres puits ouverts ou mal bouchés. Dès lors, les sites de stockage doivent faire l’objet d’études préalables poussées et d’une surveillance sur les milliers d’années qui suivent leur mise en service. D’autant que les lieux de stockage ne sont pas toujours les moins peuplés en surface : par exemple le Bassin parisien et Berlin constituent des sites privilégiés compte tenu de leur structure géologique !

Qui portera la responsabilité des risques ?

De nombreuses questions se posent à propos de la personne morale sur laquelle portera le risque. D’une part, les réservoirs souterrains seront sûrement partagés entre plusieurs opérateurs. D’autant plus qu’une directive européenne précise qu’un propriétaire ne pourra interdire l’accès à son stockage. D’autre part, la spécialité du stockage de carbone est souvent confiée à des filières des majors, plutôt destinées à être opératrices et non propriétaires : Geogreen pour le BRGM, Ruhrgas pour l’allemand E.ON. Les opérateurs sont trop petits pour prendre la responsabilité du stockage, même si ce sont eux qui gèrent, sur le terrain, les paramètres d’injection … et donc les risques.

A.L

 

Article complet :
http://www.usinenouvelle.com/article/le-captage-et-le-stockage-du-carbone-un-procede-controverse.N125609

 

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