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18 octobre 2010 1 18 /10 /octobre /2010 22:53

Article paru sur le site « Le Télégramme.com » :

Justice. Veolia Eau visée par une enquête

11 octobre 2010 -

 «Corruption, emplois fictifs»... Transmis à la Justice par un syndicat, le courriel accusateur d'une ancienne salariée de Veolia Eau a conduit le parquet de Rennes à ouvrir une enquête. Un ancien cadre dirigeant de Veolia, que Le Télégramme a rencontré, appuie ces accusations.

Le courriel accusateur de Laure J., ex-salariée de Veolia Ouest, est un vrai catalogue de la délinquance financière. Y figurent à peu près tous les délits financiers que peut contenir le code pénal : corruption de fonctionnaires, emplois fictifs, abus de biens sociaux, fausses factures, faux comptes de gestion, ententes sur travaux, non reversements de produits aux collectivités... Initialement destiné, en septembre 2009, à quelques salariés, à la direction et aux syndicats de Veolia, le courriel a vite fait le tour du groupe. Seul un syndicat - Force ouvrière (FO) - a pris l'affaire «très au sérieux».

L'épouse de l'ancien directeur financier

«Il se trouve que cette personne est l'épouse de l'ancien directeur financier du groupe pour la région Ouest, licencié en novembre 2008», explique le Rennais Christophe Mongermont, secrétaire général FO pour la branche eau du groupe Veolia. Non seulement, le responsable syndical trouve le courriel «crédible», mais les faits dénoncés ne le «surprennent pas». «Ils sont connus de tous au sein de l'entreprise, poursuit-il. Pour ma part, cela fait près de dix ans que je dénonce les pratiques illégales de cette entreprise.» C'est cette expérience qu'il a en partie évoquée dans un livre co-écrit sur «L'argent noir des syndicats» (Fayard, 2008). Livre qui lui a valu «le prix anticorruption de la résistance» décerné par l'association Anticor, dont le président d'honneur et co-fondateur est le juge Éric Halphen.

Deux premières auditions

Le dossier a été transmis, en mars dernier, au parquet de Rennes. Contacté fin juin, celui-ci assurait alors n'avoir rien reçu. «Je dispose pourtant de l'accusé de réception prouvant qu'il a bien été réceptionné», s'étonne Christophe Mongermont. Le syndicaliste décidait donc, le 2 juillet, de remettre le dossier «en main propre » au procureur de la République. Un mois plus tard, le parquet de Rennes ouvrait une enquête préliminaire pour préciser, dans un premier temps, les accusations lancées, et désigner clairement leurs auteurs. La police judiciaire, à qui l'enquête a été confiée, a déjà entendu à deux reprises le syndicaliste Christophe Mongermont. Elle devrait donc désormais s'intéresser à celle par qui les soupçons de scandale sont arrivés. Selon nos informations, l'ex-employée de Veolia, ainsi que son époux, devraient être entendus avant la fin du mois.

«J'ai tous les documents»

Nous avons pu entrer en contact avec cette ex-salariée. Elle maintient toutes les accusations lancées dans son courriel. «Tout est vrai et repose sur des justificatifs que j'ai moi-même pu voir (...) Je suis consciente de la gravité de ces accusations et des conséquences qu'elles pourraient entraîner.» Nous avons aussi pu rencontrer son époux, qui «valide tous ses propos». Dans sa résidence du Var, l'ancien directeur financier de Veolia Ouest nous a même assurés détenir les documents prouvant, selon lui, «chacune des accusations contenues dans le courriel». «Je me tiens à la disposition de la justice. Tous les documents sont prêts.»

Ces pièces comptables, dont nous avons pu consulter quelques exemplaires, font état de sorties d'argent qui auraient, selon ce cadre dirigeant, indument profité à des personnes exerçant une influence dans les décisions liées aux marchés de l'eau. Les libellés accompagnant ces ordres de paiement font état de frais de mission, frais de représentation, d'honoraires, de prestations (...). Dépenses qui auraient en fait servi à payer séjours touristiques, bateaux, etc. Des «montages financiers facilement vérifiables», selon notre interlocuteur. Un travail que seule la police judiciaire est en mesure d'accomplir. De son côté, Veolia, à travers son service communication, se «refuse à tout commentaire». Malgré notre insistance, le groupe se borne à répéter «ne pas vouloir ajouter de l'huile sur le feu». «Il s'agit d'un sujet déjà évoqué en interne. Il est clos et on ne souhaite pas revenir dessus.»

  • Hervé Chambonnière

 

Lien vers l’article :

http://www.letelegramme.com/ig/generales/france-monde/france/justice-veolia-eau-visee-par-une-enquete-11-10-2010-1077434.php

 

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