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25 janvier 2012 3 25 /01 /janvier /2012 19:32

 

 

Paru sur le site le quotidien :
 

 

 

Florange: Le projet Ulcos fait débat
2012-01-24 09:05:00
 
 
Les associations environnementales préféreraient voir les subventions investies dans des puits de carbone ou dans la recherche sur les énergies renouvelables.
En cause? Ulcos et son système de captage et stockage de CO2. La communauté scientifique elle-même est divisée.
 

Sébastien Bonetti (Le Républicain lorrain)
 

Le président Nicolas Sarkozy vient de rappeler lors de sa dernière visite en Lorraine que le projet Ulcos (production d'acier à très basses émissions de CO2) de Florange était «une priorité stratégique absolue» et que l'État versera, dès que l'Europe aura donné le feu vert, les 150 millions d'euros nécessaires. Une déclaration qui fait suite au soutien affiché par François Hollande, le candidat socialiste, mais aussi à celui de la plupart des élus locaux et régionaux, des ouvriers et représentants syndicats des usines ArcelorMittal de Lorraine, de Luxembourg et de Belgique.
Difficile dans ce concert de soutiens au projet, considéré comme l'unique chance de sauver la sidérurgie lorraine, de faire entendre une voix dissonante.

«En forte concentration, le CO2 est bien mortel»
Les sept associations environnementales qui avaient dénoncé à l'été 2011 «un risque majeur pour l'environnement et les habitants de la zone concernée», ne désarment pourtant pas, sûres de leurs arguments et «rassurées» dans leur démarche par des publications scientifiques explicites sur la technologie de captage de CO2.
«Le 19 octobre, le ministre de l'Industrie a accordé à la société ArcelorMittal un permis exclusif de recherches de formations souterraines aptes au stockage géologique du dioxyde de carbone industriel en Lorraine. Cette décision, qui voudrait marchander la pérennité des emplois sur Florange avec les différentes phases du projet, a été prise sans information préalable du public quant aux risques environnementaux et sans aucune justification vis-à-vis de l'insertion d'Ulcos dans une quelconque politique énergétique cohérente. Les plus de 400 millions d'euros de subventions publiques sur ce dossier pourraient être utilisés à l'économie d'énergie, à la recherche et au développement des énergies renouvelables ou à la valorisation des puits de carbone naturels que sont les forêts», explique Isabelle Wolff, présidente de l'Association pour la préservation de la qualité de vie (Apequa).
En compagnie des représentants de Mirabel-LNE, association agréée pour la défense de l'environnement et la lutte contre la pollution en Moselle-Est, de Flore 54, d'Empreinte positive, de Meuse nature environnement, les membres d'Apequa, basée à Longuyon, ont commencé leur difficile travail d'information de la population. «On communique, on va informer les gens par tractage dans les villes du territoire concerné (NDLR : 3450m² du Pays-Haut à la Meuse en passant par la Moselle), on nourrit nos sites internet. Au niveau de la vallée de la Fensch, on essaie d'expliquer et d'avoir des discussions constructives. Mais c'est difficile, car c'est normal que les sidérurgistes défendent leurs emplois. On n'est pas contre eux, on leur dit simplement les choses. Des publications de scientifiques ou de journaux comme Science et vie le réaffirment, et même ArcelorMittal dans sa notice d'impact : le CO2 est un gaz mortel, à partir d'une certaine concentration, que certains estiment entre 7 et 20% dans l'air. Et on va nous en mettre sous les pieds pour contenter les industriels et élus? On ne va pas se laisser faire.»
Outre le fait de transformer la région en «région-poubelle, que nos enfants devront subir», un autre point excède Isabelle Wolff et ses collègues. «Les responsabilités en cas de problèmes ne sont pas définies dans ce dossier, tout comme le cadre législatif. On ne peut l'accepter. Qui payera en cas d'accident? Rien n'est dit. Et puis cette technologie de captage et de stockage est encore très fortement remise en cause par la communauté scientifique, car elle n'est pas sûre. Les forages peuvent provoquer des microséismes locaux.»
Du côté d'ArcelorMittal, qui fait partie du consortium d'industriels européens qui portent le projet Ulcos, on ne s'inquiète pas outre mesure. Chrystele Ivins, de la communication France : «Notre position reste la même. On a eu le permis d'explorer, le projet suit donc son cours. Si on doit un jour intervenir, on le fera lors des réunions qui se tiendront dans le futur. Le dossier n'a pas avancé, mais devrait s'accélérer en 2012.»

 

Lien vers l'article :  http://www.lequotidien.lu/region/31265.html

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