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23 septembre 2011 5 23 /09 /septembre /2011 14:28

 

Paru dans l’Echo Républicain :

 

Publié le 13-09-2011

Décharges suspectes en Beauce


Sporadiquement, des montagnes de déchets de chantiers venus d’ailleurs jaillissent dans la campagne beauceronne. Parfois au mépris de la réglementation. Dernier exemple en date, la décharge dite de Baronville, dont l’activité vient d’être suspendue par arrêté préfectoral.

L’Eure-et-Loir servirait-elle de dépotoir aux déchets du BTP d’Ile-de-France? On n’en est pas encore là, mais après la polémique qui avait entouré l’exploitation de la décharge «sauvage» de Villeau en 2009, voilà qu’un autre site fait parler de lui. Il est situé sur la commu
ne de Oinville-sous-Auneau, à droite de la Ferme de Baronville le long de la D122, en zone agricole, à proximité du château XIXème du même nom, connu pour abriter des mariages élégants. Là, sur une superficie d’environ 5.000 mètres carrés, s’étale une décharge à ciel ouvert, charriant des tonnes de déchets, issus majoritairement de la région parisienne si l’on en croit les plaques minéralogiques des camions qui alimentent le site. Il s’agit visiblement de déchets de chantier au milieu desquels on discerne de la ferraille, du bois, des plastiques, du carton, du verre, des tissus, des laines isolantes, du plâtre… Au milieu s’affaire une pelle mécanique, tandis qu’une autre machine passe l’ensemble au « crible » afin de séparer ce qui peut l’être. Vision peu ragoûtante, et odeur persistante de déchets mouillés par les dernières pluies…

L’activité a été autorisée par le propriétaire du foncier, le châtelain en l’occurrence, avec l’accord préalable du maire de Béville-le-Comte, commu
ne d’implantation de la ferme et l’aval de celui d’Oinville-sous-Auneau, commune d’implantation du site. La préfecture, quant à elle, n’a pas jugé suspect le dossier de déclaration émis par la société Agraser, ce qu’atteste un récépissé en date du 4 mars 2011.

Un prochain transfert sur Auneau?

«Il devait être question de terres végétales et on a vu arriver des déchets de chantier», regrette aujourd’hui Jean-Luc Thirouin, maire d’Oinville, accusant en outre la noria de camions d’avoir endommagé un carrefour routier. Il est aussi vite apparu que l’exploitant de la décharge de Baronville manquait à ses obligations réglementaires et environ
nementales : et sur la nature des déchets entrant effectivement sur le site, et sur les volumes traités, et enfin sur les aménagements préalables qui auraient dû être effectués (pas de revêtement étanche sur la zone d’exploitation, pas de dispositif de lutte contre l’incendie, pas d’affichage de sécurité ni de clôture). En juillet dernier, la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (DREAL) s’est rendue sur les lieux et n’a pu que constater les irrégularités. Ce qui a amené le préfet d’Eure-et-Loir à prendre le 5 septembre un arrêté suspendant l’activité de la décharge de Baronville. Mieux, celle-ci relève désormais d’un régime administratif bien plus contraignant : pour faire «repartir» le site, il faudra en passer par une enquête publique, soit une longue procédure…

«Unesorte de troc»

Mais si ça
ne repartait pas? Quid des détritus actuellement sur le site (on parle de leur prochain transfert dans un camp militaire sur Auneau)? Qui sera chargé de les enlever si la société exploitante, à la réputation discutée, faisait défaut? L’exemple tout récent de Limeil-Brévannes (Val-de-Marne), où la collectivité a dû prendra à sa charge les travaux d’évacuation d’une montagne de 25m de haut sur 200m de long à cause de la défaillance de l’exploitant, devrait en tout cas inciter à la prudence. Y compris en Eure-et-Loir, déjà marqué par l’affaire de Villeau.

On peut aussi se demander pourquoi des Beaucerons acceptent d’héberger sur leur foncier de pareils déchets, même momentanément. «C’est u
ne sorte de troc, résume un spécialiste du secteur sous couvert d’anonymat, des propriétaires cherchent, en contrepartie de l’accueil, des matériaux gratuits pour refaire des chemins, un parking, combler des trous ou des marnières».

 

http://www.lechorepublicain.fr/decharges-suspectes-en-beauce,1095.html

 

 

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