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9 novembre 2018 5 09 /11 /novembre /2018 09:43

 

Paru dans Mag Journal 77 :
Fort de Vaujours ► Placoplatre tente de rassurer les associations environnementales

09NOV2018 

 

Placoplatre a tenu, mardi 6 novembre, une réunion publique sur son intention d’exploiter une carrière à ciel ouvert à l’intérieur du fort de Vaujours, dont il est propriétaire. Les associations environnementales ont réclamé des études complémentaires et des assurances sur la dépollution réelle du site.

Ils étaient cent-dix participants réunis, mardi soir, à la Maison du temps libre de Vaujours, dont des élus et représentants d’associations de défense de l’environnement, membres de la CSS (Commission de suivi de site) du fort de Vaujours.

La décontamination du site remise en question

Pour les associations, le fort n’a pas été totalement dépollué, soit un hectare seulement sur ses 45 hectares de surface. Elles soupçonnent une contamination résiduelle en matières uranifères, dont l’uranium 238. L’irradiation aurait été confirmée en 2001 par la Criirad (Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité) et par le CEA (Commissariat à l’énergie atomique) lui-même pour certains ouvrages qui ont été noyés dans le béton.

Les questions ont fusé dans la salle : « Pourquoi ne pas utiliser une exploitation en souterrain plutôt qu’à ciel ouvert ? Où iront les déblais du Grand Paris Express ? Quelles mesures seront prises pour la sécurité des ouvriers ? Quid des poussières du chantier et de leurs retombées alentour ? Qui contrôlera les pollutions des eaux souterraines et du sous-sol ? Quel suivi pour la faune et la flore… ? »

 

Les deux représentants de Placoplatre, Jean-Luc Marchand, directeur industriel et des carrières, et Gilles Bouchet, responsable des carrières, ont fait face au feu nourri des questions, sans réussir toutefois à convaincre leurs interlocuteurs. Le débat était encadré par deux garants de la CNDP  (Commission nationale du débat public), autorité administrative indépendante.

Domique Dellac, conseillère départementale PCF du canton de Tremblay-en-France, a demandé la levée du secret défense de 1955-1997, période correspondant aux expérimentations du CEA. « Il existe un livre rédigé par des ingénieurs du CEA, « Si Vaujours m’était conté ». Dans le cadre de la transparence, pourquoi ne pas le mettre en ligne sur votre site ? » a-t-elle lancé aux deux dirigeants.

Les impacts sur la santé

Pascal Barras, un habitant de Courtry, a invoqué l’application du principe pollueur-payeur. Grégory Jurado, élu FI à Courtry, revendique le principe de précaution sur ce dossier : « Le fort de Vaujours, c’est un scandale de l’État. Il est parti sans avoir dépollué le site. Sur la question des tumeurs, au-delà des chiffres de l’ARS (Agence de régionale de santé), je vous invite à aller demander à la pharmacie de Courtry combien elle délivre de Lévothyrox [Ndlr : médicament pour les malades de la thyroïde], en comparaison avec Meaux ».

Il poursuit : « Le métier de Placoplatre n’est pas de dépolluer un site contaminé par cinquante ans d’explosifs nucléaires. Cette réunion aurait dû avoir lieu il y a plus de quatre ans, avant les travaux de démolition. Il y a une convergence d’intérêts totale. Qui peut imaginer que la préfecture n’accorde pas l’autorisation après tous les travaux déjà entrepris ? »

Xavier Lemoine, maire de Montfermeil, a salué la transparence du carrier sur le dossier, mais attend néanmoins de sa part « des réponses que ni l’ARS ni l’ASN (Autorité de sûreté nucléaire) ne sont actuellement en mesure de donne».

 Jean-Marie Baty, président de MNLE 93, s’est tourné vers Dominique Bailly, le maire de Vaujours :« Pouvez-vous nous prêter cette salle pour que les associations d’environnement puissent faire leur propre présentation sur cette problématique ? …..

https://www.magjournal77.fr/fort-de-vaujours-placoplatre-tente-de-rassurer-les-associations-environnementales/

 

 

 

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